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Dernière actu : TOUS LES SUJETS 2019 CONCOURS SCIENCES PO (Paris, Bordeaux, Grenoble, Réseau IEP)

Culture Générale

Correction : La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain ?

Rédigé par Intégrer Sciences Po  Aucun commentaire   Mis à jour le  17/06/2019

 

>> Définitions des termes du sujet

 

Vous consulterez à profit ces 3 définitions de la culture :

On en retiendra la 3e définition, celle qui se base sur l'allemand Kultur et l'anglais culture :

A. Ensemble des acquis littéraires, artistiques, artisanaux, techniques, scientifiques, des mœurs, des lois, des institutions, des coutumes, des traditions, des modes de pensée et de vie, des comportements et usages de toute nature, des rites, des mythes et des croyances qui constituent le patrimoine collectif et la personnalité d'un pays, d'un peuple ou d'un groupe de peuples, d'une nation.
B. Ensemble des valeurs, des références intellectuelles et artistiques communes à un groupe donné ; état de civilisation d'un groupe humain.

 

Quant au genre humain, il peut être défini ainsi : Ensemble des êtres humains sans distinction. Ce qui double alors le sens de l'unité du genre humain, pour insister sur ce lien entre tous les êtres humains.

 

 

>> Enjeu du sujet

 

Les ethnologues a fortiori, mais encore tout observateur peut se rendre compte de la diversité des cultures dans notre monde.

Tous les domaines semblent touchés par cette diversité : l'humour, le style vestimentaire, la façon de manger, ou plus généralement l'art, l'urbanisme, la religion.

En face de cette diversité se trouve un bloc monolithique, un lien indissociable, qui relie tous les êtres humains, et qui fait qu'un être humain est un être humain.

Comment concilier les deux ? La diversité des cultures empêche-t-elle de pouvoir penser un unique genre humain ?

 

>> Plan et développement

 

I. L'unité du genre humain serait supérieure à la pluralité des cultures

C'est dans cette visée que se développent d'une part l'intention de Kant, Projet de paix perpétuelle, et d'autre part celles de Fichte ou de Hegel.

 

II. Malgré une pluralité de cultures qui font l'essence de l'être humain

Dans Race et Histoire, Lévi-Strauss dénonce le "faux-évolutionnisme". Ce faux-évolutionnisme cache le danger de l'humanisme, qui voudrait faire de l'histoire du genre humain un ensemble guidé par des valeurs suprêmes, et donc universelles.

Lévi-Strauss dans ses ouvrages écrit notamment : "la civilisation mondiale ne saurait être autre chose que la coalition, à l'échelle mondiale, de cultures préservant chacune son originalité".

 

III. L'histoire du genre humain surpasse les différentes cultures qui la fondent, et il ne nous appartient pas de pouvoir la juger déjà

 

Raymond Aron dans Mémoires rappelle en effet "[L'histoire] piétine les cadavres des cultures aussi bien que ceux des hommes."

En outre, Charles Taylor dans Multiculturalisme nous invite à une certaine humilité : "nous sommes très loin de cet ultime horizon du haut duquel la valeur relative des différentes cultures pourrait être évidente"

 

-> Correction : Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ?

-> Correction : FREUD, L’Avenir d’une illusion (1927)


Différence entre science et technique

Rédigé par Intégrer Sciences Po  1 commentaire   Mis à jour le  02/06/2019

Tout d'abord, il est important de revenir sur les deux définitions de la science et de la technique respectivement. Puis il faudra comprendre quelle est la place de la technique en philosophie, et le rôle de la technique de nos jours.

 

Définition de la science :

Connaissance exacte qu'on a de quelque chose. En particulier système de connaissances rationnelles ou expérimentales sur un objet déterminé.

Définition de la technique :

désigne l'ensemble des procédés qu'on doit méthodiquement employer pour un art, pour une recherche, dans un métier.

 

La technique en philosophie :

Aristote définit la technique comme « une disposition à produire accompagnée d'une règle vraie »

La technique est ainsi l'ensemble des règles définissant les moyens en vue d'une fin.

 

La technique de nos jours :

Pour Heidegger, la société moderne ne voit plus en la technique les règles nécessaires à un art, mais un mode de pensée de l'homme qui veut tout gérer, calculer.

 

Lien et distinction entre science et technique

La science est de l'ordre de la théorie, contemplative, tandis que la théorie est de l'ordre de la pratique, de l'action.

La technique suppose un savoir, une science. L'inverse n'est pas vrai : la science peut être une pure science et ne jamais s'appliquer à la technique.

La technique est la mise en oeuvre de la science.

 

-> Culture générale : la Science <-


La philosophie est-elle compatible avec la science ?

Rédigé par Intégrer Sciences Po  Aucun commentaire   Mis à jour le  02/06/2019

Une des questions récurrentes de la philosophie porte sur sa relation avec la science.

  • La philosophie est-elle est une science ?
  • La science est-elle une philosophie ?
  • Comment science et philosophie peuvent-ils s'harmoniser ? Quel lien les unit ? Sont-ils compatibles ?

 

I. La philosophie supplante la science

 

Durant l'Antiquité, la philosophie est la science suprême « des premiers principes et des premières causes ». Toutes les autres sciences découlent de la philosophie. Philosophie et science naissent au même moment, chez les Grecs.

 

Pour Platon, les sciences amènent à la philosophie, et la philosophie est le socle de ces sciences. Sur le fronton de l'Académie, son école, était inscrit : « Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre. »

 

II. La science s'émancipe de la philosophie

 

Au XVIIe siècle, le développement des sciences positives (fondées uniquement sur les faits réels, l'expérience) et la méthode expérimentale, qui définit un protocole strict pour construire la science à partir des expériences, donne une indépendance à la science vis-à-vis de la philosophie.

 

La science ne vise plus le savoir désintéressé, mais a un objectif utilitaire pour l'homme. Elle se rapproche ainsi de la technique, devenant techno-science : il s'agit de rendre l'homme « comme maître et possesseur de la nature », comme l'expliquait Descartes.

La philosophie devient superflue pour les scientistes (les scientistes font de la science un absolu) : engloutie par le progrès scientifique, elle n'a plus d'importance. Elle est considérée comme une « partie de la connaissance humaine qui n'a pas encore réussi à revêtir les caractères et à prendre la valeur de la science ». Auguste Comte, voit ainsi dans la métaphysique une « maladie chronique naturellement inhérente à notre évolution mentale et individuelle ou collective, entre l'enfance et la virilité », où l'enfance est l'esprit théologique et la virilité est l'esprit positif.

 

III. La philosophie et la science en harmonie

 

Selon Heidegger, la philosophie reste indispensable et ne doit pas vouloir s'assimiler à une science. Il écrit dans Lettre sur l'humanisme « La “philosophie” est dans la nécessité constante de justifier son existence devant les “sciences”. Elle pense y arriver plus sûrement en s'élevant elle-même au rang d'une science. Mais cet effort est l'abandon de l'essence de la pensée. La philosophie est poursuivie par la crainte de perdre en considération et en validité, si elle n'est science. On voit là comme un manque qui est assimilé à une non-scientificité ».

De même Nietzsche dans le Gai savoir dissipe l'illusion scientiste : « C'est sur une foi métaphysique que repose notre foi dans la science ; chercheurs de la connaissance, impies, ennemis de la métaphysique, nous empruntons encore nous-mêmes notre feu au brasier qui fut allumé par une croyance millénaire, cette foi chrétienne, qui fut aussi celle de Platon, pour qui le vrai s'identifie à Dieu et toute vérité divine. »

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