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Dernière actu : TOUS LES SUJETS 2019 CONCOURS SCIENCES PO (Paris, Bordeaux, Grenoble, Réseau IEP)

Culture Générale

4 Citations de Platon sur la justice (Livre Ier de la République)

Rédigé par Intégrer Sciences Po  1 commentaire   Mis à jour le  03/06/2019

Les citations suivantes sont tirées de la traduction de Victor Cousin, La République - (Platon), tomes neuvième et dixième, Livre Ier

 

Socrate parle d'une discussion qu'ont entretenu la veille chez Polémarque lui-même, Glaucon, Thrasymaque, Adimante et leurs deux invités.

 

Platon par Raphaël, dans la peinture L'École d'Athènes

 

La justice n'est pas forcément dire la vérité :

 

 

    « Par exemple, si un homme atteint de folie redemandait à son ami les armes qu'il lui a confiées dans le plein exercice de sa raison, tout le monde convient qu'il ne faudrait pas les lui rendre, et qu'il y aurait de l'injustice à le faire, comme à vouloir lui dire toute la vérité dans l'état où il se trouve.

    La justice ne consiste donc pas précisément à dire la vérité, et à rendre à chacun ce qui lui appartient. »

 

Citation de La République (Livre Ier) - Platon

 

La justice n'est pas faire du bien à ceux qu'on aime, et faire du mal aux ennemis

 

    « Si donc quelqu’un dit que la justice consiste à rendre à chacun ce qu’on lui doit, et s’il entend par là que l’homme juste doit du mal à ses ennemis comme il doit du bien à ses amis, ce langage n’est pas celui d’un sage, car il n’est pas conforme à la vérité : nous venons de voir que jamais il n’est juste de faire du mal à personne. »

 

Citation de La République (Livre Ier) - Platon

 

La justice est une vertu, l'injustice un vice

 

    « Après que nous fûmes tombés d’accord que la justice était vertu et habileté, et l’injustice vice et ignorance »

 

Citation de La République (Livre Ier) - Platon

 

L'injustice est moins avantageuse que la justice

 

    « Il est donc faux, divin Thrasymaque, que l’injustice soit plus avantageuse que la justice. »

 

Citation de La République (Livre Ier) - Platon

 

-> Citations sur la justice

 

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Correction : Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ?

Rédigé par Intégrer Sciences Po  Aucun commentaire   Mis à jour le  17/06/2019

 

>> Définitions des termes du sujet

 

Le mot "devoirs", au pluriel, peut recevoir une définition assez large. Nous lui donnerons ici le sens d' "Obligation qu'impose, dans une circonstance particulière, la morale, la loi, la bienséance, etc.".

Le mot "reconnaître" dans ce contexte peut alors être présenté comme : "Admettre et proclamer le statut officiel, l'existence juridique de.", ce qui donne au mot "devoirs" une connotation juridique.

 

La liberté quant à elle est le coeur même du sujet. On lui donnera en introduction deux sens, qu'il faudra clarifier dans le développement du devoir : "Pouvoir d'exercer sa volonté ou d'opérer des choix." ou bien "État d'une personne qui peut agir et penser sans contrainte".

 

>> Enjeu du sujet

 

La liberté est-ce d'après la seconde définition donnée le pouvoir d'agir et penser sans contrainte ? Dans ce cas, les devoirs s'y opposent, puisqu'ils semblent être des contraintes.

Mais la liberté n'est-elle pas plutôt le pouvoir d'exercer sa volonté et d'opérer des choix, ce qui ne peut se faire qu'en établissant des règles et des principes précis sur lesquels s'appuyer et éclairer la raison ?

On soulève ici une question qui servira pour notre troisième partie, car elle permettrait de sortir de l'alternative en forme d'impasse de la confrontation entre liberté et devoirs.

 

>> Plan et développement

 

I. Les devoirs sont une contrainte qui limitent la liberté individuelle

On peut établir un parallèle entre la liberté morale et la liberté physique, entendue en un sens restreint.

Tout comme un animal en cage, les devoirs (la cage) limitent les capacités et l'étendue (les libertés) d'action de l'animal.

On peut soutenir également que l'homme n'est pas seulement limité dans sa liberté, mais qu'il est 100% déterminé et qu'il n'y a aucune place pour la liberté. Ainsi Spinoza fait-il voir que le libre-arbitre n'est qu'une illusion.

 

II. La liberté collective se trouve néanmoins garantie grâce aux devoirs

 

Rousseau dans son Contrat social ne dit pas autre chose : c'est en donnant sa liberté qu'on la conserve. Poser et reconnaître des devoirs, c'est créer un contrat social, et chacun donnant de sa liberté, ne la donne finalement à personne.

Aristote estime en ce sens que l'animal politique qu'est l'homme ne devient citoyen que parce qu'il obéit et reconnaît des devoirs égaux à tous.

 

III. La liberté se fonde et est éclairée par la contrainte

Kant situe la liberté au fait d'agir conformément avec sa raison, et la raison universelle. Ce n'est en ce sens pas faire n'importe quoi n'importe quand, mais bien par les devoirs que nous donne à connaître notre conscience et surtout notre raison, faire le bien.

Les Stoïciens et Spinoza trouvent une issue au dilemme de reconnaître ses devoirs pour gagner en liberté dans l'idée que la véritable liberté se trouve dans la connaissance que l'on a de la nature des choses. Or cette nature des choses est faite de contraintes et de devoirs. La liberté est alors la connaissance de la nécessité, et donc de reconnaître ses devoirs.

 

-> Correction : FREUD, L’Avenir d’une illusion (1927)

-> Correction : La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain ?


Correction : FREUD, L’Avenir d’une illusion (1927)

Rédigé par Intégrer Sciences Po  Aucun commentaire   Mis à jour le  17/06/2019

Correction du bac de philo 2019, extrait de FREUD, L’Avenir d’une illusion (1927).

 

La science a beaucoup d’ennemis déclarés, et encore plus d’ennemis cachés, parmi ceux qui ne peuvent lui pardonner d’avoir ôté à la foi religieuse sa force et de menacer cette foi d’une ruine totale. On lui reproche de nous avoir appris bien peu et d’avoir laissé dans l’obscurité incomparablement davantage. Mais on oublie, en parlant ainsi, l’extrême jeunesse de la science, la difficulté de ses débuts, et l’infinie brièveté du laps de temps écoulé depuis que l’intellect humain est assez fort pour affronter les tâches qu’elle lui propose. Ne commettons-nous pas, tous tant que nous sommes, la faute de prendre pour base de nos jugements des laps de temps trop courts ? Nous devrions suivre l’exemple des géologues. On se plaint de l’incertitude de la science, on l’accuse de promulguer aujourd’hui une loi que la génération suivante reconnaît pour une erreur et remplace par une loi nouvelle qui n’aura pas plus longtemps cours. Mais ces accusations sont injustes et en partie fausses. La transformation des opinions scientifiques est évolution, progrès, et non démolition. Une loi, que l’on avait d’abord tenue pour universellement valable, se révèle comme n’étant qu’un cas particulier d’une loi (ou d’une légalité) plus générale encore, ou bien l’on voit que son domaine est borné par une autre loi, que l’on ne découvre que plus tard ; une approximation en gros de la vérité est remplacée par une autre, plus soigneusement adaptée à la réalité, approximation qui devra attendre d’être perfectionnée à son tour. Dans divers domaines, nous n’avons pas encore dépassé la phase de l’investigation, phase où l’on essaie diverses hypothèses qu’on est bientôt contraint, en tant qu’inadéquates, de rejeter. Mais dans d’autres nous avons déjà un noyau de connaissances assurées et presque immuables.

FREUD,L’Avenir d’une illusion(1927)

 

La science a beaucoup d’ennemis déclarés, et encore plus d’ennemis cachés, parmi ceux qui ne peuvent lui pardonner d’avoir ôté à la foi religieuse sa force et de menacer cette foi d’une ruine totale

La science, dont se revendique Freud, a infligé selon lui à la religion plusieurs humiliations. Que ce soit Copernic, Galilée, ou encore Darwin, tous ces auteurs ont contribué à limiter la sphère d'influence de la religion par rapport à la science.

Vous pouviez alors citer cette phrase de Galilée sur le duo science / religion : "L'intention du Saint-Esprit est de nous enseigner comment on va au ciel et non comment va le ciel." Galilée, Lettre à Christine de Lorraine, 1615.

 

On lui reproche de nous avoir appris bien peu et d’avoir laissé dans l’obscurité incomparablement davantage.

Freud fait part des reproches adressés à la science. Parmi les critiques, celle de nous faire voir incomparablement plus de mystères, plutôt que de résoudre les mystères qui se présentaient à nous. Mais n'est-ce pas en celà que consiste le progrès de la science ? Nous faire voir, chaque jour davantage encore à quel point nous sommes ignorant, reprenant en cela la pensée de Socrate : je sais que je ne sais rien, et qui devient alors la première science de l'homme : savoir son ignorance.

 

Ne commettons-nous pas, tous tant que nous sommes, la faute de prendre pour base de nos jugements des laps de temps trop courts ?

La question est celle du court terme et du long terme, ainsi que de la distance nécessaire pour analyser un objet. Nous sommes à une époque trop confondue avec celle des découvertes scientifiques, et nous manquerions de recul.

 

on l’accuse de promulguer aujourd’hui une loi que la génération suivante reconnaît pour une erreur et remplace par une loi nouvelle qui n’aura pas plus longtemps cours.

Il est à l'occasion de ce passage extrêmement pertinent de citer Kuhn, qui nous propose le concept de révolution scientifique, et celui de changement de paradigme.

 

une approximation en gros de la vérité est remplacée par une autre, plus soigneusement adaptée à la réalité

Pour Freud, ce n'est pas que les théories ou les enseignements scientifiques deviennent faux, à mesure qu'ils sont dépassés par le progrès, mais plutôt qu'ils s'affinent.

 

Dans divers domaines, nous n’avons pas encore dépassé la phase de l’investigation, phase où l’on essaie diverses hypothèses qu’on est bientôt contraint, en tant qu’inadéquates, de rejeter. Mais dans d’autres nous avons déjà un noyau de connaissances assurées et presque immuables.

Dans la conclusion de cet extrait, Freud nous appelle à l'humilité et à la modestie. Nous n'en sommes qu'aux prémices des découvertes scientifiques. Pour autant, le trésor que nous avons accumulé est dans certains domaines déjà très fort. La vérité immuable de Descartes, "je suis, j'existe", point de commencement de toute philosophie ou de toute connaissance ou encore de toute science pouvait être mentionné. Et la découverte ou redécouverte de l'inconscient, par Freud lui-même, aurait pu apporter alors du relief par rapport à cette affirmation.

 

-> Correction : Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ?

-> Correction : La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain ?

 


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