La culture politique en anglais

Cours de politique en anglais pour Sciences Po ! Les sciences politiques en anglais : comment est perçue la culture politique en anglais, quelle est la légitimité des gouvernements, comment les citoyens participent ou ne participent pas à la politique, en quoi cela change la société. Une merveille pour vos copies de Sciences Po, que ce soit en anglais ou en culture générale.

 

Understanding political culture

 


The "classic" approach to political culture :
- Almond and Verba's The Civic Culture (1963) is the first classic in the field.
Political Culture : attitudes, beliefs, values of citizens with respect to their political regimes
3 parts of the political system :
 

1. Attitude toward the political system (legitimacy)

A.Sources of legitimacy
Sources of legitimacy are : traditionnal, elections, personnality (on their vision, on their trust, on their wisdom), ideology (totalitarian regimes)

B. Reasons for a regime's lack of legitimacy may be :
Citizens dispute the physical bounderies of the political system.
Citizens dispute about process
Citizens dispute about outcomes
 

2. Attitudes toward the political process

A. Participant culture, Subject culture or Parochial culture
Participant culture are those who are informed about politic and participate. High voting rate. People provide supports and make demands on the system.
Subject political culture. People who obey government's rule but don't necessary vote or participate.
Parochial : someone who knows very little, and don't care about politic.
In USA and UK, a study showed there were 60% Participants 30% Subject 10% Parochial
German political culture in the 1960s was more subject than participant.

B. The ideal "Civic Culture"
Not too much participation and not too much parochial. A democracy would be more stable if there was a mix of participants and subjects.
 

3. Attitudes toward political outcomes

A. What kind of society should regimes try to achieve ?
Consensual or conflictual ? Consensual : most people share the same values. Conflictual : fondamental conflicts about what the government should do. Nowadays, countries are less and less consensual.

B. Is the country's political culture consensual or conflictual ? Political subcultures
In France, after WWII : two poles did not speak to each other. Different newspapers
Political subculture because of geographic reasons. Melting pot of the USA : mixture geographically in terms of schools.
 

Political Socialization

 

1. What is political socialization : the process by which people

The first place of political socialization is the family.

A. Political socialization can be direct or indirect :
School is direct political socialization.

B. Political socialization continues throughout the life span

C. Political socialization can be unifying or diversifying :
Conflictual political culture : socialized into a subculture
 

2. Agents of political socialization


A. Family, school, religious, affiliations, peer groups (people who group together because of political culture) , parties, interest groupes

B. Medias
"Conventional" media and the Internet
Politically-oriented blogs
 

3. Contemporary approaches to political culture and change


A. Modernization, secularization, globalization leads to increased political efficacy (countercurrent of localism and ethnic politics)
Political efficacy : you feel you understand the politic of the government and you can impact on it

B. Inglehart, Welzel, Dalton
Three basis of the World Values Survey (wordvaluessurvey.org).

C. Emphasis on processes of cultural and resulting political change

D. Post-materialism : begins with Maslow's hierarchy of needs
Maslow's Needs Hierarchy : 1943 "Theory of Human Motivation"
Physiological > Safety > Love/belonging > Esteem > Self-actualization
Physiological : breathing, food, water, sex, sleep, homeostasis, excretion
Safety : security of body, employment, ressources, morality, the family, health, property
Love/belonging : friendship, family, sexual intimacy
Esteem : self-esteem, confidence, achievement, respect of others, respect by others
Self actualization : morality, creativity, spontaneity, problem solving, lack of prejudice, acceptance of facts

 

How do these developments in culture and socialization impact political regimes ?


A. People become increasingly critical of institutionalized authority.
Elite mandating : give permission to elite to run the country. That's what elections are.
Elite challenging : challenging what elite makes, questionning their politic

B. Regimes subject to demands for more popular empowerment.

C. Emergence of "dissatisfied democrats" (Dalton) or "critical citizens" (Norris)

Clearly, there is a criticism going on among citizens who feel an increasement of political efficacy.
 

Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais de démocratie ! - Jean-Jacques Rousseau

 

Qu'est-ce que la Démocratie ? Une question bien difficile, à laquelle beaucoup se sont essayés, dont... Jean-Jacques Rousseau. Le célèbre citoyen de Genêve dans son texte le Contrat social décrit un certain nombre de systèmes politiques, notamment l'aristocratie, la monarchie, et bien sûr... la démocratie.

C'est dans le Livre III, Chapitre 2, que l'on trouve une étude courte mais particulièrement critique et efficace de la Démocratie en tant que forme de gouvernement.

=> Lire en intégralité le Contrat Social, Livre Premier - Rousseau (Gratuit)

 

La démocratie n'est pas critiquée en tant qu'elle est un mauvais régime, une mauvaise forme de gouvernement, mais en tant qu'elle ne convient pas aux hommes, qu'elle est inaccessible pour l'humanité.

-> Critiques et défauts de la démocratie

 

D'où la formule si célèbre de Rousseau : "S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes."

S'arrêter à cette conclusion, sans comprendre les arguments qu'avancent Rousseau pour y aboutir serait un travail contreproductif. C'est pourquoi il est particulièrement intéressant de lire ce chapitre qu'il consacre à la Démocratie, et les raisons qui font de la Démocratie un régime inaccessible.

 

>> L'irréconciliable partage des pouvoirs

 

C'est un paradoxe que soulève Rousseau : faire la loi, c'est en même comprendre comment appliquer et exécuter cette loi. Le plus simple serait donc que la même personne se charge à la fois de l'écriture et de l'application des lois. Mais ce serait contredire de manière tout à fait inacceptable les principes de la séparation des pouvoirs, décrits à la même époque par Montesquieu.

Rousseau craint absolument tout conflit d'intérêt, et notamment les cas où des affaires personnelles prendraient le pas sur les activités publiques. Il est en revanche plus indulgent envers le gouvernement et les abus possibles du gouvernement. Entre les deux, le plus grand danger est pour Rousseau sans conteste la corruption du législateur, comme il l'explique parfaitement dans le Chapitre 4 de son ouvrage :

 

Celui qui fait la loi sait mieux que personne comment elle doit être exécutée et interprétée. Il semble donc qu'on ne saurait avoir une meilleure constitution que celle où le pouvoir exécutif est joint au législatif : mais c'est cela même qui rend ce gouvernement insuffisant à certains égards, parce que les choses qui doivent être distinguées ne le sont pas, et que le prince et le souverain, n'étant que la même personne, ne forment, pour ainsi dire, qu'un gouvernement sans gouvernement.
Il n'est pas bon que celui qui fait les lois les exécute, ni que le corps du peuple détourne son attention des vues générales pour les donner aux objets particuliers. Rien n'est plus dangereux que l'influence des intérêts privés dans les affaires publiques, et l'abus des lois par le gouvernement est un mal moindre que la corruption du législateur, suite infaillible des vues particulières. Alors, l'état étant altéré dans sa substance, toute réforme devient impossible. Un peuple qui n'abuserait jamais du gouvernement n'abuserait pas non plus de l'indépendance ; un peuple qui gouvernerait toujours bien n'aurait pas besoin d'être gouverné.

Jean-Jacques Rousseau - Du Contrat social ou Principes du droit politique - Livre III, Chapitre 4. – De la démocratie.

 

 

 


Du Contrat social
de Jean-Jacques Rousseau
fut publié en 1762
 

>> Un gouvernement concrètement impossible : les raisons pratiques

 

Rousseau fait une lecture très stricte du mot "Démocratie", qui implique que l'ensemble des citoyens soient réunis par exemple pour faire les lois. Il n'y a pas de représentation possible dans cette vision stricte de la démocratie : tous les citoyens doivent être présents et participer. Autrement, ce n'est pas une véritable démocratie, d'autant que cette nouvelle administration, cette nouvelle façon de gouverner par commissions, ou par représentations, conduirait à des dérives inévitables comme le montre l'expérience.

D'où au moins 6 limites matérielles évidentes qui font s'écrouler le rêve d'une démocratie sur Terre :

  1. Limite de temps : le peuple n'est pas constamment disponible.
  2. Limite de lieu : l'état ne doit pas être trop grand, si l'on veut rassembler le peuple entier.
  3. Limite des cas particuliers : le peuple se perdrait à vouloir régler tous les cas particuliers, qui sont une multitude, voire infinis ; cela suppose que le peuple se contente des principes généraux et donc d'une "grande simplicité de mœurs".
  4. Limite des inégalités : le peuple, en fonction de son rang et de la loi, doit être très égal. -> Voir ce que Rousseau entend par égalité.
  5. Limite du luxe : le luxe est une conséquence inévitable de la richesse, et gangrène à la fois les riches et les pauvres.
  6. Limite des guerres : la démocratie, parce qu'il s'agit d'un système qui se renouvelle et s'adapte sans cesse, qui fait constamment place au débat, est particulièrement sujette aux guerres civiles et aux conflits internes.

 

À prendre le terme dans la rigueur de l'acception, il n'a jamais existé de véritable démocratie, et il n'en existera jamais. Il est contre l'ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné. On ne peut imaginer que le peuple reste incessamment assemblé pour vaquer aux affaires publiques, et l'on voit aisément qu'il ne saurait établir pour cela des commissions, sans que la forme de l'administration change.
En effet, je crois pouvoir poser en principe que, quand les fonctions du gouvernement sont partagées entre plusieurs tribunaux, les moins nombreux acquièrent tôt ou tard la plus grande autorité, ne fût-ce qu'à cause de la facilité d'expédier les affaires, qui les y amène naturellement.
D'ailleurs, que de choses difficiles à réunir ne suppose pas ce gouvernement ! Premièrement, un état très petit, où le peuple soit facile à rassembler, et où chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres ; secondement, une grande simplicité de mœurs qui prévienne la multitude d'affaires et de discussions épineuses ; ensuite beaucoup d'égalité dans les rangs et dans les fortunes, sans quoi l'égalité ne saurait subsister longtemps dans les droits et l'autorité ; enfin peu ou point de luxe, car ou le luxe est l'effet des richesses, ou il les rend nécessaires ; il corrompt à la fois le riche et le pauvre, l'un par la possession, l'autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l'état tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l'opinion.

Jean-Jacques Rousseau - Du Contrat social ou Principes du droit politique - Livre III, Chapitre 4. – De la démocratie.

 

>> La démocratie n'est pas source de tout repos

 

Ce chapitre est également l'occasion pour Rousseau de rappeler un point important : la démocratie est faite d'agitation, d'inquiétude, de changement. Elle est dangereuse, et elle demande une vigilance constance. C'est pourquoi tout citoyen d'une démocratie aurait à se répéter à vivre selon le principe : "Malo periculosam libertatem quam quietum servitium", ce qui peut se traduire par : "Mieux vaut la liberté et les dangers que la paix qui rend esclave".

Voilà pourquoi un auteur célèbre a donné la vertu pour principe à la république, car toutes ces conditions ne sauraient subsister sans la vertu ; mais, faute d'avoir fait les distinctions nécessaires, ce beau génie a manqué souvent de justesse, quelquefois de clarté, et n'a pas vu que l'autorité souveraine étant partout la même, le même principe doit avoir lieu dans tout état bien constitué, plus ou moins, il est vrai, selon la forme du gouvernement.
Ajoutons qu'il n'y a pas de gouvernement si sujet aux guerres civiles et aux agitations intestines que le démocratique ou populaire, parce qu'il n'y en a aucun qui tende si fortement et si continuellement à changer de forme, ni qui demande plus de vigilance et de courage pour être maintenu dans la sienne. C'est surtout dans cette constitution que le citoyen doit s'armer de force et de constance, et dire chaque jour de sa vie au fond de son cœur ce que disait un vertueux palatin dans la diète de Pologne : Malo periculosam libertatem quam quietum servitium.
S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes.

Jean-Jacques Rousseau - Du Contrat social ou Principes du droit politique - Livre III, Chapitre 4. – De la démocratie.

 

 

+ d'articles sur Jean-Jacques Rousseau :

  1.  3 sortes d'éducation, but et origines - Jean-Jacques Rousseau
  2.  Résumé du 1er livre du Contrat social de Rousseau
  3.  La Famille, la plus ancienne des sociétés - Rousseau
  4.  Un état de nature chez Rousseau ?
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  6.  La meilleure législation au monde ? La devise française ! - Rousseau

 

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Citations de Culture générale