Définitions des Révolutions

 

>> Étymologie des Révolutions

 

Le mot révolution est ambigü, puisqu'il désigne une modification tout en étant un retour à un état initial.

Cette idée vient de l'astronomie.

Ainsi dès le début du XIIIe siècle Révolution signifiait : « retour périodique d'un astre à un point de son orbite »

 

 

>> Définition dans le domaine des idées de Révolutions

 

Cette idée du retour à un état initial disparaît peu à peu lorsque l'on s'aventure dans des domaines plus théoriques.

Le mot Révolutions marque alors seulement un "bouleversement, une transformation profonde". Il en est ainsi à propos de l'histoire des idées :

« Évolution des opinions, des courants de pensée, des sciences; découvertes, inventions entraînant un bouleversement, une transformation profonde de l'ordre social, moral, économique, dans un temps relativement court »

 

>> Définition à connotation politique et historique

 

Enfin, de façon toujours théorique, le retour à un état initial semble ne plus exister, et au contraire il s'agit en politique ou en histoire de parler d'un régime qui diffère totalement de son état initial.

« Renversement soudain du régime politique d'une nation, du gouvernement d'un état, par un mouvement populaire, le plus souvent sans respect des formes légales et entraînant une transformation profonde des institutions, de la société et parfois des valeurs fondamentales de la civilisation »

 

 

Qu'est-ce que le Roi Philosophe ?

Le roi philosophe est un concept qui nous vient de Platon.

Dans la République, livre V, 473d, Platon insiste sur le fait que philosophie et royauté doivent coïncider. Sans quoi, le royaume sera toujours sujet aux troubles.

Ainsi écrit Platon :

« À moins que, dis-je, les philosophes n'arrivent à régner dans les cités, ou à moins que ceux qui à présent sont appelés rois et dynastes ne philosophent de manière authentique et satisfaisante et que viennent coïncider l'un avec l'autre pouvoir politique et philosophie ; à moins que les naturels nombreux de ceux qui à présent se tournent séparément vers l'un ou l'autre n'en soient empêchés de force, il n'y aura pas, mon ami Glaucon, de terme aux maux des cités ni, il me semble, à ceux du genre humain »

 

Dans le cadre du Concours des IEP sur le thème des Révolutions, il est alors possible de se demander si dans le cas où royauté et philosophie coïncideraient ainsi que le souhaite Platon, les Révolutions cesseraient d'être nécessaires, et donc disparaîtraient ?

 

Eviter les Révolutions - Machiavel

Machiavel a une méthode à la fois simple et complexe pour éviter les Révolutions.

Simple, parce qu'elle peut s'obtenir de deux façons. Complexe, parce qu'encore faut-il être capable de mettre en oeuvre ces directives.

Quoi qu'il en soit, voici le secret de Machiavel pour éviter aux dirigeants d'un pays une révolution :

Gouverner, c'est mettre les sujets hors d'état de nuire et même d'y penser ; ce qui s'obtient soit en leur ôtant les moyens de le faire, soit en leur donnnant un tel bien être qu'ils ne désirent pas un autre sort.

Machiavel, Discours sur la première décade de Tite-Live, II, 23

 

C'est une critique régulière de notre société, l'argument selon lequel les gouvernants tentent d'endormir le peuple pour se maintenir. Cette réflexion remonte donc au plus tard à Machiavel. On peut penser à la société de consommation dans tous ses aspects, et par exemple la télévision, comme un système permettant de satisfaire les appétits des citoyens, pour les détourner des vraies questions politiques.

Quant à ôter les moyens de faire une révolution, de gouverner à la place des gouvernants, on peut songer aux mesures de plus en plus répressives contre les manifestants, et par exemple l'interdiction de manifester à visage caché.