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politique

La justice est-elle morale ou politique ?

Rédigé par  Intégrer Sciences Po   2 commentaires   Mis à jour le  02/06/2019

La justice est-elle morale ou politique ?

Nous étudierons d'abord la justice politique (I), puis la justice morale (II).

Attention, ce plan est valable pour un cours. Il ne l'est pas pour une dissertation.

 

Vous trouverez des définitions de la justice, importantes pour savoir de quoi l'on parle, ici.

Une fiche sur la justice et des citations sur la justice sont également disponibles.

 

>> La justice politique

 

La justice entendue comme les institutions d'Etat chargées de trancher est politique.

John Locke (1632-1704) et Montesquieu théorisent la séparation des pouvoirs.

MontesquieuDans De l'Esprit des lois, XI, 4, Montesquieu déclare en particulier sur la justice :

« Il n'y a point encore de liberté, si la puissance de juger n'est pas séparée de la puissance législative et de l'exécutrice. Si elle était jointe à la puissance législative, le pouvoir sur la vie et la liberté des citoyens serait arbitraire ; car le juge serait législateur. Si elle était jointe à la puissance exécutrice, le juge pourrait avoir la force d'un oppresseur. »

Il exprime clairement l'importe de la justice come pouvoir indépendant et limité par les contre-pouvoirs législatifs et exécutifs. Il s'agit alors d'une justice politique

Aristote affirmait lui aussi le caractère politique de la justice : « Or la vertu de justice est politique, car la justice introduit un ordre dans la communauté politique, et la justice démarque le juste de l’injuste ». (Les politiques, Livre I, chapitre 2)

 

>> La justice morale

 

La justice est aussi une vertu morale.

Platon qui distingue en effet quatre vertus principales : la sagesse, le courage, la tempérance et la justice. La justice est la plus importante et la plus difficile des quatre pour Platon. (La République, Livre IV)

Aristote établit un autre classement des vertus, au sommet duquel il pose lui aussi la justice. Il définit la vertu comme : « disposition à agir d’une façon délibérée consistant en un juste milieu relative à nous, laquelle est rationnellement déterminée et comme la déterminerait l’homme prudent ». (Livre II, chapitre 6, de l'Ethique à Nicomaque)

Saint Ambroise (vers 340-397), catholique, fixe les quatre vertus cardinales : la tempérance, la prudence, la force et la justice, reprise jusqu'à aujourd'hui par l'église.

Saint Augustin

Saint Augustin approfondit et définit ces vertus « la justice, l'amour soumis au seul objet aimé, et par suite régnant sur tout le reste avec droiture ». La justice se comprend comme un amour, amour qui est amour de Dieu. « la justice, c'est l'amour ne servant que Dieu seul et par suite régissant avec droiture tout ce qui est soumis à l'homme ».

 

La vertu de la justice se définit encore comme l'aptitude à restituer chaque chose à la place qui lui convient, à distinguer le bien et le mal, et donc inclut le sens de la mesure : donner ni trop ni pas assez, juste ce qu'il faut.

 

-> Culture générale : la Justice <-


Sujet corrigé - La politique échappe-t-elle à l'exigence de vérité ?

Rédigé par  Intégrer Sciences Po   4 commentaires   Mis à jour le  21/02/2019

Ce sujet est notamment tombé à l'épreuve de philosophie du bac 2015. Voir tous les sujets du bac 2015.

 

>> Introduction

 

Accroche

Un discrédit pèse sur les politiques. Si les exemples sont nombreux l'année passée, il aurait été judicieux de choisir plutôt une citation un ou évènement historique, déjà vieux. En ce cas, l'histoire de France ne manque pas d'exemples, comme la propagande de guerre. Etait-il juste pour l'Etat, lors de la Première Guerre mondiale, de diffuser des affiches et de propager dans les journaux l'idée que la victoire arrivait, afin de ne pas relâcher l'effort de guerre, au risque de mentir ? Aurait-il fallu diffuser des photos de la guerre, au risque de démobiliser l'opinion publique ?

 

Définitions

La politique : Notez bien le féminin, qui est un élément essentiel pour comprendre le mot "politique". En général, la politique peut se définir comme l'art de conduire les affaires de l'État, science et pratique du gouvernement de l'État.

Exigence : l'exigence a rapport au devoir, qui est aussi un aspect du programme de philosophie.

Vérité : sans doute le mot le plus difficile à déterminer, et qu'il faudra explorer le long du développement. De manière générale, en philosophie la vérité désigne une connaissance reconnue comme juste, comme conforme à son objet et possédant à ce titre une valeur absolue, ultime.

 

Problématique

La problèmatique n'est pas la question du sujet, mais plutôt ce qui est impliqué par cette question, ce qui se cache derrière cette question. En effet derrière cette question c'est l'articulation entre vérité et politique qui est interrogée, dans le sens où la politique nécessiterait forcément de cacher une part de la vérité.

La vérité est-elle un devoir auquel il serait possible de déroger pour des raisons d'Etat ? La politique est-elle nécessairement incompatible avec un discours rigoureux et exhaustif de vérité ? Comment la politique peut-elle se conjuguer avec un devoir et une recherche de la vérité auprès du citoyen ?

 

Plan

Le sujet de type "échappe-t-il" / "échappe-t-elle" se prête à un plan dialectique. Voir le plan que nous avons choisi dans le développement. Pourtant, il faut garder à l'esprit qu'une multitude d'approches étaient possibles, il n'y a pas de réponse nécessaire en philosophie, il n'y a pas de barème prédéfini sur les idées développées. N'hésitez pas à partager vos propres plans en commentaires ci-dessous.

 

 

>> Développement

 

I. Le mensonge est parfois nécessaire pour pouvoir gouverner

Platon dans La République montre la nécessité qui pousse les politiques à mentir à leur peuple, pour le bien de la cité. Mais c'est un "mensonge noble" car c'est un mensonge de paroles, réservé aux gouvernants, et qui a des vertus thérapeutiques. Il permet le bien d'autrui, contrairement au mensonge proféré de façon délibérée qui installe dans l’âme de celui que l’on trompe l’ignorance.

« ce qui est absolument nécessaire, c’est de savoir bien déguiser cette nature de renard, et de posséder parfaitement l’art et de simuler et de dissimuler » - Machiavel, Le Prince. Pour Machiavel, le prince doit forcément mentir pour diriger aux mieux les affaires du pays.

D'Alembert a ces mots lapidaires et sans illusion concernant la politique : « L’art de la guerre (…) est l’art de détruire les hommes, comme la politique est celui de les tromper. »

 

II. Mais une politique saine se fonde nécessairement sur la vérité et vise la vérité

Saint Augustin condamne radicalement toute forme de mensonge, y compris en politique. Pour Saint Augustin, le mensonge « consiste à parler contre sa pensée avec l’intention de tromper ». Or, même le mensonge qui serait profitable à quelqu'un d'autre ne trouve pas grâce aux yeux de Saint Augustin : "mendacium iniquitas est", il y aurait inéquité.

Kant réfute de manière tout aussi radicale le droit qu'aurait la politique de mentir, d'échapper à l'exigence de vérité. Dans l'article « D’un prétendu droit de mentir par humanité » (1797), en réponse à Benjamin Constant, Kant explique que même en politique, même par un texte juridique, il serait contradictoire d'autoriser dans certains cas le mensonge. "Celui qui ment, si généreuse puisse être son intention en mentant, doit répondre des conséquences de son mensonge"

 

III. L'articulation politique/vérité n'a de sens qu'au regard des citoyens qui l'appréhendent

Blaise Pascal permet de mieux saisir cette question de la vérité et de la politique à travers la perception qu'en a le peuple. Dans les Pensées, il distingue 5 catégories, qui sont de la plus basse à la plus élevée : le peuple, les demi-habiles, les habiles, les dévots, et enfin les Chrétiens parfaits.

Or chaque catégorie est établie selon le dégré de crédulité des sujets vis-à-vis de la politique : ainsi le peuple croit fermement que les lois de son pays sont à peu près justes, les demi-habiles sont "déniaisés", c'est-à-dire qu'ils sont moins crédules, les habiles ont compris ce qu'ont compris les demi-habiles, mais parle comme le peuple.

C'est par l'éducation et la réflexion que les citoyens comprennent ce rapport ambigü entre politique et souci de vérité. C'est ainsi seulement par ce rapport critique qu'il peut identifier ce qui est de l'ordre de la vérité, du mensonge, et du bienfondé de cette vérité ou de ce mensonge. C'est aussi seulement par cette distance que le citoyen peut éviter les dangers et les dérives d'une politique trop éloignée de la vérité, comme le théorise Hannah Arendt : « Dans le domaine politique, où le secret et la tromperie délibérée ont toujours joué un rôle significatif, l’autosuggestion représente le plus grand danger : le dupeur qui se dupe lui-même perd tout contact, non seulement avec son public, mais avec le monde réel, qui ne saurait manquer de le rattraper, car son esprit peut s’en abstraire mais non pas son corps. »

La politique, en volant loin de l'exigence de vérité, risque de se prendre au piège elle-même. Il s'agit donc de conserver une distance critique et de maintenir éveillé sans cesse ce besoin de vérité, et ce recul entre les citoyens et la politique.

 

 

 

-> Sujets en philosophie du bac 2015

 


Courte biographie d'Alain Juppé

Rédigé par  Intégrer Sciences Po   Aucun commentaire   Mis à jour le  01/06/2019

Ci-dessous, retrouvez une courte biographie d'Alain Juppé.

 

>> Courte biographie d'Alain Juppé

 

Alain Marie Juppé naît en août 1945 à Mont-de-Marsan. Il étudie au lycée Victor-Duruy, puis en classe préparatoire littéraire au lycée Louis-le-Grand à Paris, et en 1964, l’École normale supérieure. Il épouse Christine Leblond, avec qui il aura deux enfants. Son agrégation de lettres classiques en poche, il rejoint Sciences Po Paris en 1968, puis l'ENA de 1970 à 1972. Les quatre années suivantes sont passées à l'Inspection générale des finances.

Après un premier échec électoral, lors des législatives de 1978, il perd de nouveau les élections cantonales un an après. En 1979, il est élu au conseil national du RPR, et est nommé adjoint à la direction des finances et des affaires économiques de la ville de Paris. Il est directeur adjoint de la campagne de Jacques Chirac à l'élection présidentielle de 1981. Alain Juppé gagne dans le 18e arrondissement de Paris les élections municipales de 1983 et 1989. Il devient secrétaire national du RPR chargé du redressement économique et social de 1984 à 1986.

Du 20 mars 1986 au 11 mai 1988, Alain Juppé prend le poste de ministre délégué au Budget auprès du ministre d'État, ministre de l'Économie, des Finances et de la Privatisation, Édouard Balladur, et devient porte-parole du gouvernement, durant la première cohabitation.
De 1988 à 1994, Alain Juppé prend les fonctions de secrétaire général du RPR.

De la fin du mois de 1993 à mai 1995, il est ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Édouard Balladur, lors de la seconde cohabitation.

Ce n'est qu'en 1995 qu'il est nommé officiellement Premier ministre par le nouveau président Jacques Chirac.

A la tête du RPR, Alain Juppé est également élu maire de Bordeaux le 19 juin 1995 et député de la 2e circonscription de la Gironde en 1997.

Son premier gouvernement de mai à novembre 1995 est marqué par le nombre de femmes, surnommées les "juppettes" par la presse. Un second gouvernement est mis en place de novembre 1995 au 2 juin 1997, avec un nombre de femmes réduit.

Cette réduction du nombre de femmes lui vaut un certain nombre de critiques, qui s'ajoutent à celles contre son projet de réforme de la Sécurité sociale en 1995. Son impopularité est plombée à cause d'un appartement parisien dont il fait réduire le loyer pour son fils.

Sur le plan personnel, Alain Juppé épouse en avril 1993 Isabelle Legrand-Bodin avec qui il a une fille en 1995.

De nombreuses privatisations sont menées jusqu'aux élections législatives de 1997, qui sont perdues par la droite et marquent la fin du gouvernement Juppé.

Une deuxième affaire éclabousse Alain Juppé, l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Il est condamné en janvier 2004, mais cette sentence est réduite en appel en décembre 2004. Alain Juppé démissionne de son poste de maire de Bordeaux. Il part alors au Canada.

Ce n'est qu'à la fin d'août 2006 qu'Alain Juppé annonce son retour dans la vie politique. Une élection municipale anticipée a lieu à Bordeaux en octobre la même année, qu'Alain Juppé remporte.

En 2007, Alain Juppé est brièvement ministre dans le gouvernement de François Fillon.

Les élections municipales de 2014 à Bordeaux sont une nouvelle victoire pour Alain Juppé.

En août de la même année, Alain Juppé annonce grâce à son blog qu'il sera candidat à la primaire de l'UMP (devenue primaire Les Républicains), organisée en 2016, pour la présidentielle de 2017.

 


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