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philosophie

La philosophie est-elle compatible avec la science ?

Rédigé par  Intégrer Sciences Po   Aucun commentaire   Mis à jour le  02/06/2019

Une des questions récurrentes de la philosophie porte sur sa relation avec la science.

  • La philosophie est-elle est une science ?
  • La science est-elle une philosophie ?
  • Comment science et philosophie peuvent-ils s'harmoniser ? Quel lien les unit ? Sont-ils compatibles ?

 

I. La philosophie supplante la science

 

Durant l'Antiquité, la philosophie est la science suprême « des premiers principes et des premières causes ». Toutes les autres sciences découlent de la philosophie. Philosophie et science naissent au même moment, chez les Grecs.

 

Pour Platon, les sciences amènent à la philosophie, et la philosophie est le socle de ces sciences. Sur le fronton de l'Académie, son école, était inscrit : « Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre. »

 

II. La science s'émancipe de la philosophie

 

Au XVIIe siècle, le développement des sciences positives (fondées uniquement sur les faits réels, l'expérience) et la méthode expérimentale, qui définit un protocole strict pour construire la science à partir des expériences, donne une indépendance à la science vis-à-vis de la philosophie.

 

La science ne vise plus le savoir désintéressé, mais a un objectif utilitaire pour l'homme. Elle se rapproche ainsi de la technique, devenant techno-science : il s'agit de rendre l'homme « comme maître et possesseur de la nature », comme l'expliquait Descartes.

La philosophie devient superflue pour les scientistes (les scientistes font de la science un absolu) : engloutie par le progrès scientifique, elle n'a plus d'importance. Elle est considérée comme une « partie de la connaissance humaine qui n'a pas encore réussi à revêtir les caractères et à prendre la valeur de la science ». Auguste Comte, voit ainsi dans la métaphysique une « maladie chronique naturellement inhérente à notre évolution mentale et individuelle ou collective, entre l'enfance et la virilité », où l'enfance est l'esprit théologique et la virilité est l'esprit positif.

 

III. La philosophie et la science en harmonie

 

Selon Heidegger, la philosophie reste indispensable et ne doit pas vouloir s'assimiler à une science. Il écrit dans Lettre sur l'humanisme « La “philosophie” est dans la nécessité constante de justifier son existence devant les “sciences”. Elle pense y arriver plus sûrement en s'élevant elle-même au rang d'une science. Mais cet effort est l'abandon de l'essence de la pensée. La philosophie est poursuivie par la crainte de perdre en considération et en validité, si elle n'est science. On voit là comme un manque qui est assimilé à une non-scientificité ».

De même Nietzsche dans le Gai savoir dissipe l'illusion scientiste : « C'est sur une foi métaphysique que repose notre foi dans la science ; chercheurs de la connaissance, impies, ennemis de la métaphysique, nous empruntons encore nous-mêmes notre feu au brasier qui fut allumé par une croyance millénaire, cette foi chrétienne, qui fut aussi celle de Platon, pour qui le vrai s'identifie à Dieu et toute vérité divine. »

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La justice se réduit-elle aux lois ?

Rédigé par  Intégrer Sciences Po   Aucun commentaire   Mis à jour le  06/06/2019

Vaut-il mieux appliquer la loi rigoureusement ou prendre en compte les circonstances atténuantes, la légitimité pour quelqu'un de son comportement ? Faut-il préférer l'injustice au désordre ? La justice se réduit-elle au droit ? Un tel dilemme prend une tournure dramatique dans l'oeuvre Antigone de Sophocle.
 

>> Dans la tragérie Antigone de Sophocle :


Créon interdit à Antigone d'enterrer son frère, car ce dernier a trahi la cité et s'est rangé avec les ennemis.

Or pour Antigone, il s'agit d'un devoir moral, d'une légitimité divine : elle doit enterrer son frère. Ce qu'elle fait.

Quel comportement doit alors adopter Créon ? Antigone a désobéi à la loi, qui prévoit alors une peine de mort. Antigone est condamnée par Créon à la mort.

 

>> La justice transcendante au droit (La justice ne se réduit pas aux lois)


D'un côté, la justice pour Antigone allait au-delà des lois, il s'agissant d'honneur, de devoir moral.

En cela Antigone a une vision de la justice transcendante au loi, qui touche la légitimité.

 

 

 

>> La justice est l'application du droit : positivisme juridique (La justice se réduit aux lois)


De l'autre côté, la justice pour Créon est de respecter la loi, afin de préserver la paix dans la cité. Si l'on se permet de désobéir à la loi, il risque le désordre, or mieux vaut l'ordre pour la paix et le bien commun.

En celà, Créon a une vision de la justice qui se confond avec le droit : positivisme juridique de Kelsen (le droit est la justice).

De même, Goethe qui préfère l'ordre à la justice, mieux vaut obéir à des lois même injustes.

 

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La justice du droit (droit naturel et droit positif)

Rédigé par  Intégrer Sciences Po   2 commentaires   Mis à jour le  01/06/2019

  • Le droit est-il juste ?
  • Qu'est-ce que le droit naturel ?
  • Qu'est-ce que le droit positif ?
  • Quels auteurs défendent quelles thèses ?

Voici quelques pistes pour comprendre comment la justice "justifie" le droit : citations, philo et cours sur le droit naturel et positif

 
La justice rend le droit légitime : droit naturel, droit positif
 

Comment savoir ce qui dans le droit est juste ? Qu'est-ce qui fonde le droit, la justice ? Quelle légitimité pour le droit grâce à la justice ?

 

I. DROIT NATUREL

 

    A. Fondements du droit naturel

 

1. Le droit naturel signifie le droit qui vient de la "nature de l'Homme", le droit inaliénable et sacré de la nature humain, le droit qui existe parce que l'humain est humain. Il s'appuie sur une justice parfaite, la justice propre à la nature humaine.

 

2. La notion de droit naturel prit son essor à la Renaissance, par le philosophe et juriste Hugo Grotius (De jure belli ac pacis en 1625), puis par Thomas Hobbes, John Locke, Jean-Jacques Rousseau (théoriciens du contrat social).

 

3. Les fondements du droit naturel (parmi lesquels la liberté, l'égalité, la propriété) sont rappelés dans la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen en 1789, ou encore dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU en 1948.

 

    B. Contestation du droit naturel

 

Blaise Pascal1. Pascal écrit que même s'il y a un droit naturel, il est pour l'homme impossible de le définir, il perd donc son intérêt : "Il y a sans doute des lois naturelles, mais cette belle raison corrompue a tout corrompu." Pensées, 1670

 

 

Marx 2. Marx critique dans La question juive, en 1844, le droit naturel : il n'existe pas de droit qui serait absolu, inhérent à la nature humaine. Le droit ne s'établit que selon la société, le contexte et l'histoire de cette société.

 

 

Proudhon3. Proudhon explique clairement en 1858 dans De la justice dans la Révolution et dans l'Eglise : "La justice est humaine, tout humaine, rien qu'humaine. C'est lui faire tort que de la rapporter, de près ou de loin, directement ou indirectement, à un principe supérieur ou antérieur à l'humanité."

 

 

 

II. DROIT POSITIF

 

 

    A. Fondements du droit positif

 

1. Le droit positif désigne les législations, les règles, en vigueur. Contrairement au droit naturel (qui est ce qui devrait être), le droit positif est ce qui est, en effet, (qu'il soit juste ou injuste).

 

Hans Kelsen2. Le droit positif (positif = qui est posé, qui se fonde sur les faits), puisqu'il désigne les législations effectives, varie selon les contextes, la société, les régions, et est institué par les hommes.

 

3. Le droit positif ainsi théorisé prend son essor avec Hans Kelsen (1881-1973), bien que ce dernier conteste en être le représentantdans son ouvrage Théorie pure du droit en 1962.

 

 

    B. Contestation du droit positif

 

Cicéron1. « La loi vraie est la raison juste en accord avec la Nature ; elle est d'application universelle, invariable et éternelle. » La première partie de cette citation de Cicéron dans De Republica (entre 54 et 51 av.JC) postule la légitimité de la loi grâce à la Nature, la seconde partie s'oppose au droit positif quant à son instabilité et sa versatilité : ici la loi doit être la même partout et en tout temps.

 

Spinoza2. Spinoza rappelle que le droit positif ne peut se passer du droit naturel : « Les poissons sont déterminés, de par leur nature, à nager et les plus gros à manger les petits; en conséquence, les poissons sont maîtres de l'eau et les plus gros mangent les petits, en vertu d'un droit naturel souverain. » dans Traité théologico-politique, 1670.

 

 

Leo Strauss3. Leo Strauss prouve logiquement la complémentarité du droit positif et naturel. (Sans retenir la citation, comprendre le raisonnement suivant)  « Rejeter le droit naturel revient à dire que tout droit est positif, autrement dit que le droit est déterminé exclusivement par les législateurs et les tribunaux des différents pays. Or, il est évident et parfaitement sensé de parler de lois et de décisions injustes. En portant de tels jugements, nous impliquons qu'il y a un étalon du juste et de l'injuste qui est indépendant du droit positif et qui lui est supérieur: un étalon grâce auquel nous sommes capables de juger du droit positif. » Droit naturel et histoire, 1953

 

 

Conclusion : droit naturel et droit positif s'opposent tant et si bien que vous aurez remarqué que la partie "Contestation du droit naturel" est presque intégralement un argumentaire pour le droit positif et vice versa. Cependant, droits naturel et positif s'accordent probablement dans une cité juste et idéale.

 

 

 

 

 

 


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