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philosophie

Justice et force - Blaise Pascal

Rédigé par  Intégrer Sciences Po   Aucun commentaire   Mis à jour le  10/06/2019

Dans le fragment 94, Pascal livre une réflexion sur la relation qu'entretiennent justice et force. Voici en citations successives le texte originel, accompagnées d'un commentaire littéral du fragment, particulièrement instructif pour ceux qui s'intéressent au thème de la justice.

 

Justice, force.

 

Il est juste que ce qui est juste soit suivi ; il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi.

 

Ce qui est juste est en l'occurence suivi librement, par le choix de notre conscience. Tandis que ce qui est le plus fort est suivi par contrainte, sans possibilité de s'y soustraire.

 

La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique.

 

La justice a besoin de la force pour s'appliquer, pour être rendue : dans nos sociétés, l'état, le système judiciaire et ses insitutions sont une force. S'il y a emploi de la force sans souci de justice, il s'agit d'une tyrannie : un état qui use de sa force sans justice est tyrannique.

 

La justice sans force est contredite, parce qu'il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste.

 

La force est une nécessité pour garantir la justice, car il y aura toujours des hommes pour s'opposer à cette justice. Ces opposants à la justice ne peuvent être arrêtés qu'avec la force. Il y aura toujours des hommes pour contester une force sans justice. Il faut donc avoir à la fois force et justice en même temps.

 

La justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Aussi on n'a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice et a dit qu'elle était injuste, et a dit que c'était elle qui était juste.

 

La justice peut être discutée, débattue, tandis que la force s'impose indiscutablement. Aussi la force a-t-elle surpassé la justice, elle s'est imposée à elle.

 

Et ainsi, ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste.

 

La force s'étant imposée, le seul moyen était de rendre cette force installée juste, que la force soit juste.

 

-> Citations sur la justice

-> Le temps dans la pensée de Blaise Pascal

-> Vanité des Sciences - Blaise Pascal

-> Culture générale : la Justice <-


4 Citations de Platon sur la justice (Livre Ier de la République)

Rédigé par  Intégrer Sciences Po   1 commentaire   Mis à jour le  03/06/2019

Les citations suivantes sont tirées de la traduction de Victor Cousin, La République - (Platon), tomes neuvième et dixième, Livre Ier

 

Socrate parle d'une discussion qu'ont entretenu la veille chez Polémarque lui-même, Glaucon, Thrasymaque, Adimante et leurs deux invités.

 

Platon par Raphaël, dans la peinture L'École d'Athènes

 

La justice n'est pas forcément dire la vérité :

 

 

    « Par exemple, si un homme atteint de folie redemandait à son ami les armes qu'il lui a confiées dans le plein exercice de sa raison, tout le monde convient qu'il ne faudrait pas les lui rendre, et qu'il y aurait de l'injustice à le faire, comme à vouloir lui dire toute la vérité dans l'état où il se trouve.

    La justice ne consiste donc pas précisément à dire la vérité, et à rendre à chacun ce qui lui appartient. »

 

Citation de La République (Livre Ier) - Platon

 

La justice n'est pas faire du bien à ceux qu'on aime, et faire du mal aux ennemis

 

    « Si donc quelqu’un dit que la justice consiste à rendre à chacun ce qu’on lui doit, et s’il entend par là que l’homme juste doit du mal à ses ennemis comme il doit du bien à ses amis, ce langage n’est pas celui d’un sage, car il n’est pas conforme à la vérité : nous venons de voir que jamais il n’est juste de faire du mal à personne. »

 

Citation de La République (Livre Ier) - Platon

 

La justice est une vertu, l'injustice un vice

 

    « Après que nous fûmes tombés d’accord que la justice était vertu et habileté, et l’injustice vice et ignorance »

 

Citation de La République (Livre Ier) - Platon

 

L'injustice est moins avantageuse que la justice

 

    « Il est donc faux, divin Thrasymaque, que l’injustice soit plus avantageuse que la justice. »

 

Citation de La République (Livre Ier) - Platon

 

-> Citations sur la justice

 

-> Culture générale : la Justice <-


Correction : Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ?

Rédigé par  Intégrer Sciences Po   Aucun commentaire   Mis à jour le  17/06/2019

 

>> Définitions des termes du sujet

 

Le mot "devoirs", au pluriel, peut recevoir une définition assez large. Nous lui donnerons ici le sens d' "Obligation qu'impose, dans une circonstance particulière, la morale, la loi, la bienséance, etc.".

Le mot "reconnaître" dans ce contexte peut alors être présenté comme : "Admettre et proclamer le statut officiel, l'existence juridique de.", ce qui donne au mot "devoirs" une connotation juridique.

 

La liberté quant à elle est le coeur même du sujet. On lui donnera en introduction deux sens, qu'il faudra clarifier dans le développement du devoir : "Pouvoir d'exercer sa volonté ou d'opérer des choix." ou bien "État d'une personne qui peut agir et penser sans contrainte".

 

>> Enjeu du sujet

 

La liberté est-ce d'après la seconde définition donnée le pouvoir d'agir et penser sans contrainte ? Dans ce cas, les devoirs s'y opposent, puisqu'ils semblent être des contraintes.

Mais la liberté n'est-elle pas plutôt le pouvoir d'exercer sa volonté et d'opérer des choix, ce qui ne peut se faire qu'en établissant des règles et des principes précis sur lesquels s'appuyer et éclairer la raison ?

On soulève ici une question qui servira pour notre troisième partie, car elle permettrait de sortir de l'alternative en forme d'impasse de la confrontation entre liberté et devoirs.

 

>> Plan et développement

 

I. Les devoirs sont une contrainte qui limitent la liberté individuelle

On peut établir un parallèle entre la liberté morale et la liberté physique, entendue en un sens restreint.

Tout comme un animal en cage, les devoirs (la cage) limitent les capacités et l'étendue (les libertés) d'action de l'animal.

On peut soutenir également que l'homme n'est pas seulement limité dans sa liberté, mais qu'il est 100% déterminé et qu'il n'y a aucune place pour la liberté. Ainsi Spinoza fait-il voir que le libre-arbitre n'est qu'une illusion.

 

II. La liberté collective se trouve néanmoins garantie grâce aux devoirs

 

Rousseau dans son Contrat social ne dit pas autre chose : c'est en donnant sa liberté qu'on la conserve. Poser et reconnaître des devoirs, c'est créer un contrat social, et chacun donnant de sa liberté, ne la donne finalement à personne.

Aristote estime en ce sens que l'animal politique qu'est l'homme ne devient citoyen que parce qu'il obéit et reconnaît des devoirs égaux à tous.

 

III. La liberté se fonde et est éclairée par la contrainte

Kant situe la liberté au fait d'agir conformément avec sa raison, et la raison universelle. Ce n'est en ce sens pas faire n'importe quoi n'importe quand, mais bien par les devoirs que nous donne à connaître notre conscience et surtout notre raison, faire le bien.

Les Stoïciens et Spinoza trouvent une issue au dilemme de reconnaître ses devoirs pour gagner en liberté dans l'idée que la véritable liberté se trouve dans la connaissance que l'on a de la nature des choses. Or cette nature des choses est faite de contraintes et de devoirs. La liberté est alors la connaissance de la nécessité, et donc de reconnaître ses devoirs.

 

-> Correction : FREUD, L’Avenir d’une illusion (1927)

-> Correction : La pluralité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain ?


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