La réforme des retraites - Résumé

Un résumé de la réforme prévue par le gouvernement concernant le système de retraite, ainsi que de la réaction et des grèves depuis le 5 décembre 2019. Quelques éclaircissements supplémentaires sur le niveau de vie des retraités en France par rapport aux pays étrangers.

 

>> Les annonces d'Edouard Philippe le mercredi 11 décembre 2019

 

> Quelle année êtes-vous nés ?

La réforme ne touchera pas ceux qui sont nés avant 1975. 

La réforme touchera de manière progressive ceux qui sont nés entre 1975 et 2003 : ce sont les années travaillées à partir de 2025 qui seront calculées pour le régime universel, les années précédentes étant calculées selon l'ancien modèle.

Pour ceux qui sont nés en 2004, le régime universel commencera dès 2022.

 

> L'âge de départ à la retraite... 62 ans ou 64 ans ?

Vous pourrez toujours partir à la retraite dès 62 ans. 

Néanmoins l'âge d'équilibre est fixé à 64 ans : c'est-à-dire que si vous partez avant à la retraite, vous aurez un malus. Si vous partez plus tard que 64 ans, vous aurez un bonus. C'est ce qui est appelé l'âge "pivot" dans les médias.

(C'est d'ailleurs ce qui cause la colère de la CFDT, un syndicat favorable au système de répartition par points... mais contre l'âge pivot repoussé à 64 ans. Le dépassement de cette ligne rouge a eu pour conséquence d'appeler à manifester le 17 décembre.)

 

> Quoi qu'il arrive, vous aurez au moins 1 000 € de retraite

 

Ce minimum de 1000€/mois sera assuré dès 2022. L'objectif est d'atteindre 85% du smic net. Aujourd'hui, ce sont en moyenne 980€ qui sont versés.

 

> Les familles nombreuses favorisées

 

Si l'on réfléchit de manière froide, pour faire tourner le système, il faut que les nouvelles générations demeurent nombreuses. C'est peut-être ce qui a encouragé le gouvernement à faire un geste pour favoriser les familles nombreuses.

Concrètement, ce sont 5% supplémentaires en points qui seront accordés pour un enfant né après la mise en place du régime universel. Et même, 2% encore supplémentaires à partir du troisième enfant.

Il est intéressant de voir que ce calcul favorise les mères, puisque ce sont elles qui seront par défaut bénéficiaires de ces suppléments, sauf si les les parents décident de partager la somme, ou de les accorder au père. 

 

> Combien vaut un point ?

 

Toujours pas de réponse exacte à cette question.

Mais ce qui est assuré par le gouvernement, c'est que sa valeur ne baissera jamais. Au contraire les points pourront être revalorisés en fonction des salaires moyens et leur valeur sera décidée par les partenaires sociaux.

Cela n'ouvre pas à des augmentations irraisonnables, puisque la règle sera que le système universel doit être à l'équilibre tous les 5 ans.

 

> Des cas spéciaux dans ce régime "universel"

 

En tant que policier, personnel de l'administration pénitentiaire, ingénieur de contrôle de la navigation aérienne, le départ anticipé à la retraite est de 52 ans.

En tant que sapeur-pompier professionnel, surveillant des douanes, et policier municipal, le départ anticipé à la retraite est de 57 ans.

 

Les fonctionnaires, et donc les enseignants parmi eux, verront leurs primes prises en compte dans le calcul de leur retraite. C'est aussi en réaugmentant leur rémunération que le gouvernement souhaite assurer aux enseignants et chercheurs une retraite qui ne baisse pas.

 

Enfin, le compte pénibilité donnera lieu à des points de retraite en plus pour les professions concernées.

 

>> La réaction face à la réforme des retraites : résumé des manifestations

 

Des manifestations massives sont prévues à partir du 5 décembre 2019.

La grève du 5 décembre aurait rassemblé 806 000 manifestants selon l'Intérieur. 71 personnes ont été placées en garde à vue et 11 490 contrôles préventifs ont été effectués à Paris. 700 "ultras" auraient participé à la manifestation dans Paris.

La grève fait néanmoins des heureux chez les transports alternatifs : les trotinnettes, vélos ou scooters en libre-service ont été en forte progression.

Au deuxième jour de grève, on comptait 300 km de bouchons avant l'heure de pointe ce qui correspond au double du premier jour de grève. 500 km de bouchons cumulés le vendredi soir. Toutefois, presque toutes les écoles étaient ouvertes vendredi à Paris.

Jusqu'au 12 décembre, les grèves se maintiennent au même niveau, même si elles accusent une légère baisse. En ce sens, seulement 10% des TGV circulaient une semaine plus tôt, contre 25% au 12 décembre. Le traffic demeure partout (bus, métro, RER, TGV, Transilien, Ouigo, et TER) fortement perturbé.

 

 

Mais pourquoi toutes ces manifestations ? Est principalement mise en cause la réforme des retraites.

Dans le monde, on peut identifier deux grands systèmes de retraite :

 

>> Les deux systèmes de retraite principaux

 

La retraite par capitalisation : chaque travailleur accumule du capital (de l'argent, du patrimoine) pour les jours où il ne travaillera plus, quand il sera à la retraite.

La retraite par répartition : chaque travailleur cotise à un système de retraite. Ce qui est récolté par les travailleurs est reversé aux personnes plus âgées qui sont déjà à la retraite. Plus tard, lorsque les travailleurs partiront à la retraite, ce seront les nouvelles générations qui cotiseront au système de retraite pour eux.

 

Alors que la retraite par capitalisation était la voie classique, la retraite par répartition l'a remplacée notamment après la 1ère GM, et pendant la 2nd GM.

 

Ce qui est en jeu aujourd'hui, ce sont les règles du système par répartition. La question n'est plus de savoir s'il est préférable d'avoir une retraite par capitalisation ou par répartition, (chacun pouvant néanmoins mettre de côté pour sa propre retraite), mais de savoir comment doit s'organiser le système par répartition.

 

 

>> A quel âge les Français partent-ils à la retraite ?

 

En moyenne en 2018, et hors les départs anticipés, l’âge de départ à la retraite était 63,4 ans.

 

 

>> Le niveau de vie des plus de 65 ans

 

La France est extrêmement bien placée par rapport à la moyenne de l'OCDE (un groupe de pays riches), le revenu disponible des +65 ans étant supérieur en pourcentage (103,4%) à l'ensemble de la population en 2017. (La moyenne étant de 88% pour les pays de l'OCDE)

Cela veut dire que les +65 ans ont un niveau de vie supérieur par rapport à la population dans son ensemble.

 

>> Les changements annoncés du système de retraite en France en 2019 AVANT les annonces d'Edouard Philippe du 11 décembre 2019

 

Le système de retraite par répartition d'aujourd'hui en France est décomposé en 42 régimes.

L'effort principal de la réforme des retraites tend à les confondre en un seul régime, un seul système universel.

Un compte unique sera mis en place qui enregistre chaque jour de travail par un Français. Chaque euro cotisé sera récompensé par le même droit pour chaque Français, du moins comme le souhaite le gouvernement.

Si toutefois le système sera le même pour tous, le calcul se distingue pour les fonctionnaires, les militaires, les salariés des régimes spéciaux dont les primes seront prises en compte.

La grande idée est celle de calculer par points tout le système de retraite. Par exemple, selon le nombre d'enfants des points seront accordés, ou encore pour les interruptions de travail.

Autre aspect important, un minimum de pension est prévu (pour ceux qui ont travaillé à temps partiel toute leur vie, ou encore pour les revenus plus faibles).

Beaucoup de spécificités seront prises en compte, comme les carrières longues, les handicaps, les métiers à risque.

 

Enfin, le système de retraite ne s'appliquera pas immédiatement. Les Français qui sont à moins de 5 ans de l'âge de départ à la retraite ne seront pas concernés.

 

"Ich bin ein Berliner" Kennedy, explication, traduction, discours entier, Plantu et vidéo

Toutes les explications sur la formule « Ich bin ein Berliner ». D'abord l'explication du contexte et pourquoi cette expression.

Ensuite un point pour savoir si le Berliner est un beignet, erreur de Kennedy, ou bien le Berlinois.

Puis la traduction du discours intégral « Ich bin ein Berliner », suivi de l'intégralité du discours original, en anglais.

Un retour sur la caricature de Plantu parue dans Le monde à l'occasion de la chute du mur de Berlin.

Enfin la vidéo du discours « Ich bin ein Berliner », prononcé par Kennedy.

 

>> Ich bin ein Berliner : explication

 

John F. Kennedy prononce la formule « Ich bin ein Berliner » au cours de son discours à Berlin-Ouest le 26 juin 1963.

La capitale Berlin était alors séparée en effet séparée entre Berlin-Ouest et Berlin-Est.

Berlin-Ouest avait trois zones : une française, une anglaise, une américaine. Berlin-Est était communiste.

L'impact de ce discours, symbolisé par la formule « Ich bin ein Berliner » a été considérable durant cette période de la guerre froide. En affirmant qu'en tant que citoyen libre, il était fier de pouvoir dire "Je suis un Berlinois", le Président américain Kennedy montrait tout son soutien à la ville, enclavée dans l'Allemagne de l'Est communiste (nommée RDA : République démocratique allemande).

Posté au balcon de l'hôtel de ville de Schöneberg, non loin du mur de Berlin, Kennedy prononce ce discours devant une foule en liesse (voir vidéo ci-dessous).

 

>> Ich bin ein Berliner : erreur ?

Ich bin ein Berliner - Kennedy

« and therefore, as a free man, I take pround in the words
"Ich bin ein Berliner" » - John F. Kennedy

 

Etait-ce une erreur grammaticale de dire « Ich bin ein Berliner » ?

Coupons court aux rumeurs : « Ich bin ein Berliner » était bien correct.

Certains ont pu dire que la formule était un incorrecte, car « Berliner » désignait aussi un beignet en Allemagne. Les Allemands disent aussi plus spontanément « Ich bin Berliner ».

Mais les deux phrases sont bien correctes en allemand, tout comme en français l'on peut dire : « Je suis Berlinois » et « Je suis un Berlinois », « Je suis Français » et « Je suis un Français ».

 

>> Ich bin ein berliner : traduction

 

« Je suis fier d’être venu dans votre ville, invité par votre bourgmestre régnant. Votre bourgmestre symbolise aux yeux du monde entier l’esprit combattant de Berlin Ouest. Je suis fier d’avoir visité la République fédérale avec le chancelier Adenauer qui a depuis tant d'années engagé l'Allemagne dans la démocratie, la liberté et le progrès, et de venir ici en compagnie de mon compatriote américain le Général Clay, qui fut dans cette ville durant ses pires moments de crise et reviendra s'il en était un jour besoin.
Il y a deux mille ans, la fierté suprême était de dire : "civis Romanum sum". Aujourd'hui, dans le monde de la liberté, la fierté suprême est de dire : "Ich bin ein Berliner".
Je remercie mon interprète d'avoir traduit mon allemand !

Il ne manque pas de personnes au monde qui ne veulent pas comprendre ou qui prétendent ne pas vouloir comprendre quel est le litige entre le communisme et le monde libre. Qu’elles viennent donc à Berlin. D’autres prétendent que le communisme est l’arme de l’avenir. Qu’ils viennent eux aussi à Berlin. Certains, enfin en Europe et ailleurs, prétendent qu’on peut travailler avec les communistes. Qu’ils viennent donc ceux-là aussi à Berlin.

Notre liberté éprouve certes beaucoup de difficultés et notre démocratie n’est pas parfaite. Cependant nous n’avons jamais eu besoin, nous, d’ériger un mur pour empêcher notre peuple de s’enfuir. Je ne connais aucune ville qui ait connu dix-huit ans de régime d’occupation et qui soit restée aussi vitale et forte et qui vive avec l’espoir et la détermination qui est celle de Berlin-Ouest.

Le mur fournit la démonstration éclatante de la faillite du système communiste. Cette faillite est visible aux yeux du monde entier. Nous n’éprouvons aucune satisfaction en voyant ce mur, car il constitue à nos yeux une offense non seulement à l’histoire mais encore une offense à l’humanité.

La paix en Europe ne peut pas être assurée tant qu’un Allemand sur quatre serra privé du droit élémentaire des hommes libres à l’auto-détermination. Après dix-huit ans de paix et de confiance, la présente génération allemande a mérité le droit d’être libre, ainsi que le droit à la réunification de ses familles et de sa nation pacifiquement et durablement. Vous vivez sur un îlot de liberté mais votre vie est liée au sort du continent.

Je vous demande donc de regarder par-dessus les dangers d’aujourd’hui vers les espoirs de demain, de ne pas penser seulement à votre ville et à votre patrie allemande, mais d’axer votre pensée sur le progrès de la liberté dans le monde entier.

Ne voyez pas le mur, envisagez le jour où éclatera la paix, une paix juste. La liberté est indivisible et, tant qu’un seul homme se trouvera en esclavage, tous les autres ne peuvent être considérés comme libres. Mais quand tous les hommes seront libres, nous pourrons attendre en toute conscience le jour où cette ville de Berlin sera réunifiée et où le grand continent européen rayonnera pacifiquement.

La population de Berlin-Ouest peut être certaine qu’elle a tenu bon pour la bonne cause sur le front de la liberté pendant une vingtaine d’années. Tous les hommes libres, où qu’ils vivent, sont citoyens de cette ville de Berlin-Ouest et pour cette raison, en ma qualité d’homme libre, je dis : Ich bin ein Berliner.
»

John Fitzgerald Kennedy (1917–1963), le 26 juin 1963, balcon de l'hôtel de ville de Schöneberg, Berlin-Ouest

 

 

>> Ich bin ein berliner : discours entier

 

I am proud to come to this city as the guest of your distinguished mayor, who has symbolized throughout the world the fighting spirit of West Berlin. And I am proud to visit the Federal Republic with your distinguished chancellor, who for so many years has committed Germany to democracy and freedom and progress, and to come here in the company of my fellow American, General Clay, who has been in this city during its great moments of crisis and will come again if ever needed.
Two thousand years ago, the proudest boast was "civis romanus sum." Today, in the world of freedom, the proudest boast is "Ich bin ein Berliner."
I appreciate my interpreter translating my German!
There are many people in the world who really don't understand, or say they don't, what is the great issue between the free world and the communist world. Let them come to Berlin. There are some who say that communism is the wave of the future. Let them come to Berlin. And there are some who say in Europe and elsewhere we can work with the communists. Let them come to Berlin. And there are even a few who say that it is true that communism is an evil system, but it permits us to make economic progress. Lasst sie nach Berlin kommen. Let them come to Berlin.
Freedom has many difficulties and democracy is not perfect, but we have never had to put a wall up to keep our people in, to prevent them from leaving us. I want to say, on behalf of my countrymen, who live many miles away on the other side of the Atlantic, who are far distant from you, that they take the greatest pride that they have been able to share with you, even from a distance, the story of the last 18 years. I know of no town, no city, that has been besieged for 18 years that still lives with the vitality and the force and the hope and the determination of the city of West Berlin. While the wall is the most obvious and vivid demonstration of the failures of the communist system, for all the world to see, we take no satisfaction in it, for it is, as your mayor has said, an offense not only against history but an offense against humanity, separating families, dividing husbands and wives and brothers and sisters, and dividing a people who wish to be joined together.
What is true of this city is true of Germany--real, lasting peace in Europe can never be assured as long as one German out of four is denied the elementary right of free men, and that is to make a free choice. In 18 years of peace and good faith, this generation of Germans has earned the right to be free, including the right to unite their families and their nation in lasting peace, with good will to all people. You live in a defended island of freedom, but your life is part of the main. So let me ask you as I close, to lift your eyes beyond the dangers of today, to the hopes of tomorrow, beyond the freedom merely of this city of Berlin, or your country of Germany, to the advance of freedom everywhere, beyond the wall to the day of peace with justice, beyond yourselves and ourselves to all mankind.
Freedom is indivisible, and when one man is enslaved, all are not free. When all are free, then we can look forward to that day when this city will be joined as one and this country and this great Continent of Europe in a peaceful and hopeful globe. When that day finally comes, as it will, the people of West Berlin can take sober satisfaction in the fact that they were in the front lines for almost two decades.
All free men, wherever they may live, are citizens of Berlin, and therefore, as a free man, I take pride in the words "Ich bin ein Berliner."

John Fitzgerald Kennedy (1917–1963), le 26 juin 1963, balcon de l'hôtel de ville de Schöneberg, Berlin-Ouest

 

>> Ich bin ein Berliner : le dessin de Plantu

 

Ich bin ein Berliner - Plantu

Ce dessin de Plantu est paru dans le journal Le monde le 11 novembre 1989.

 

Analyse de la caricature de Plantu : Dans un bulldozer, un citoyen détruit un mur de Berlin qui semble infini en s'écriant : « Ich bin ein Berliner ». La foule en liesse le suit, tandis que les gardes communistes désemparés ne savent comment réagir.

 

 

>> Ich bin ein Berliner : vidéo

 

 

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La morale du jugement de Salomon

Le jugement de Salomon est une des plus célèbres illustrations de la justice.

 

Est-ce une bonne façon de rendre justice, vous serez plus à même de décider après avoir lu le résumé, puis le texte lui-même, et enfin d'en comprendre la morale.

 

>> Résumé du jugement de Salomon


Dans cet épisode de la Bible, le roi Salomon (2e fils du roi David) rend un jugement radical. Deux femmes ont chacune un fils. L'un des deux vient à mourir. Alors la mère de celui-ci le remplace avec le bébé encore vivant.

Et les deux mères prétendent que ce fils encore vivant est le leur.

Salomon décide alors de trancher le bébé en deux pour donner une part à chacune. La véritable mère préfère donner le bébé vivant à l'autre femme, tandis que celle qui n'est pas la mère est d'accord pour partager.

Le roi Salomon reconnait ainsi la véritable mère, et lui redonne son bébé.

 

>> Texte du jugement de Salomon

 

Alors deux prostituées vinrent se présenter devant le roi (Salomon). L'une dit : "Je t'en supplie, mon seigneur; moi et cette femme, nous habitons la même maison et j'ai accouché alors qu'elle s'y trouvait. Or, trois jours après mon accouchement, cette femme accoucha à son tour. Nous étions ensemble, sans personne d'autre dans la maison; il n'y avait que nous deux. Le fils de cette femme mourut une nuit parce qu'elle s'était couchée sur lui. Elle se leva au milieu de la nuit, prit mon fils qui était à côté de moi - ta servante dormait - et le coucha contre elle; et son fils, le mort, elle le coucha contre moi. Je me levai le matin pour allaiter mon fils, mais il était mort. Le jour venu, je le regardai attentivement, mais ce n'était pas mon fils, celui dont j'avais accouché". L'autre femme dit : "Non ! mon fils, c'est le vivant, et ton fils, c'est le mort"; mais la première continuait à dire : "Non ! ton fils, c'est le mort et mon fils, c'est le vivant". Ainsi parlaient-elles devant le roi. Le roi dit : " Celle-ci dit : "Mon fils, c'est le vivant, et ton fils, c'est le mort"; et celle-là dit : "Non ! ton fils, c'est le mort, et mon fils, c'est le vivant" ". Le roi dit : "Apportez-moi une épée !" Et l'on apporta l'épée devant le roi. Et le roi dit : "Coupez en deux l'enfant vivant et donnez-en une moitié à l'une et une moitié à l'autre". La femme dont le fils était le vivant dit au roi, car ses entrailles étaient émues au sujet de son fils : "Pardon, mon seigneur ! Donnez-lui le bébé vivant, mais ne le tuez pas ! " Tandis que l'autre disait : "Il ne sera ni à moi, ni à toi ! Coupez ! " Alors le roi prit la parole et dit : "Donnez à la première le bébé vivant, ne le tuez pas; c'est elle qui est la mère".
Tout Israël entendit parler du jugement qu'avait rendu le roi et l'on craignit le roi, car on avait vu qu'il y avait en lui une sagesse divine pour rendre justice.

Premier livre des Rois (3, 16-28)

 

>> La morale du jugement de Salomon

 

Pour rendre la justice, le récit de Salomon évoque deux méthodes :


1. La méthode qu'il semble d'abord vouloir employer :


Donner à chaque partie une portion de l'objet réclamé. Partager la récompense, le dû.

 

2. La seconde méthode qu'il emploie finalement :

Forcer par un choix radical au faux de se démasquer et au vrai de se révéler. Trouver le jugement raisonnable par la menace d'un jugement radical.

 

 

-> Culture générale : la Justice <-

 

Leonaert Bramer - Jugement de Salomon (MET Museum)