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Des villes d'Utopie - Thomas More

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 14 mai 2018

Dans L'Utopie ou le traité de la meilleure forme de gouvernement, Thomas More critique certains traits de son époque.

C'est l'occasion pour lui de donner une description des villes, ces villes qui ont d'après le titre même la meilleure forme de gouvernement.

Il suffit pour Thomas More d'en décrire une pour donner un compte rendu de toutes les autres, comme il l'explique au début de ce chapitre 1 du Livre 2 :

 

Qui connaît cette ville les connaît toutes, car toutes sont exactement semblables, autant que la nature du lieu le permet. Je pourrais donc vous décrire indifféremment la première venue ; mais je choisirai de préférence la ville d’Amaurote, parce qu’elle est le siège du gouvernement et du sénat, ce qui lui donne la prééminence sur toutes les autres. En outre, c’est la ville que je connais le mieux, puisque je l’ai habitée cinq années entières.

Thomas More, L'Utopie

 

La ville idéale est entourée de remparts. Les rues sont parfaitement agencées, pour favoriser le transport et pour lutter contre le vent.

Les demeures sont ouvertes à tous, elles "laissent entrer le premier venu".

Une ceinture de murailles hautes et larges enferme la ville, et, à des distances très rapprochées, s’élèvent des tours et des forts. Les remparts, sur trois côtés, sont entourés de fossés toujours à sec, mais larges et profonds, embarrassés de haies et de buissons. Le quatrième côté a pour fossé le fleuve lui-même. Les rues et les places sont convenablement disposées, soit pour le transport, soit pour abriter contre le vent. Les édifices sont bâtis confortablement ; ils brillent d’élégance et de propreté, et forment deux rangs continus, suivant toute la longueur des rues, dont la largeur est de vingt pieds. Derrière et entre les maisons se trouvent de vastes jardins. Chaque maison a une porte sur la rue et une porte sur le jardin. Ces deux portes s’ouvrent aisément d’un léger coup de main, et laissent entrer le premier venu.

Thomas More, L'Utopie

 

En outre, la "possession commune" est la loi.

Les Utopiens appliquent en ceci le principe de la possession commune. Pour anéantir jusqu’à l’idée de la propriété individuelle et absolue, ils changent de maison tous les dix ans, et tirent au sort celle qui doit leur tomber en partage.

Thomas More, L'Utopie

 

S'il y a possession commune, il n'y en a pas moins une certaine concurrence, dans le sens où chacun fait du mieux qu'il peut par rapport aux autres :

il y a émulation entre les différents quartiers de la ville, qui luttent à l’envi à qui aura le jardin le mieux cultivé

Thomas More, L'Utopie

 

Le grand architecte de ces villes n'est autre qu'Utopus. Car tout ne fut pas parfait dès le commencement. Il fallait du temps pour arriver à la perfection.

Les Utopiens attribuent à Utopus le plan général de leurs cités. Ce grand législateur n’eut pas le temps d’achever les constructions et les embellissements qu’il avait projetés ; il fallait pour cela plusieurs générations. Aussi légua-t-il à la postérité le soin de continuer et de perfectionner son œuvre.

Thomas More, L'Utopie

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Classé dans : Culture Générale - Mots clés : utopie, ville, ville parfaite, la ville idéale, possession commune, communisme, tyrannie, thomas more, meilleure forme de gouvernement - aucun commentaire