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Les 4 amours pour Stendhal

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 11 mai 2018

Stendhal distingue 4 amours :

  1. L'amour-passion
  2. L'amour-goût
  3. L'amour physique
  4. L'amour de vanité

 

Cet extrait, qui se situe au tout début de l'ouvrage, est une tentative pour analyser le sentiment amoureux.

 

Je cherche à me rendre compte de cette passion dont tous les développements sincères ont un caractère de beauté.

Il y a quatre amours différents :

1° L’amour-passion, celui de la Religieuse portugaise, celui d’Héloïse pour Abélard, celui du capitaine de Vésel, du gendarme de Cento.

2° L’amour-goût, celui qui régnait à Paris vers 1760, et que l’on trouve dans les mémoires et romans de cette époque, dans Crébillon, Lauzun, Duclos, Marmontel, Chamfort, madame d’Épinay, etc., etc.

C’est un tableau où, jusqu’aux ombres, tout doit être couleur de rose, où il ne doit entrer rien de désagréable sous aucun prétexte, et sous peine de manquer d’usage, de bon ton, de délicatesse, etc. Un homme bien sait d’avance tous les procédés qu’il doit avoir et rencontrer dans les diverses phases de cet amour ; rien n’y étant passion et imprévu, il a souvent plus de délicatesse que l’amour véritable, car il a toujours beaucoup d’esprit ; c’est une froide et jolie miniature comparée à un tableau des Carraches ; et, tandis que l’amour-passion nous emporte au travers de tous nos intérêts, l’amour-goût sait toujours s’y conformer. Il est vrai que, si l’on ôte la vanité à ce pauvre amour, il en reste bien peu de chose ; une fois privé de vanité, c’est un convalescent affaibli qui peut à peine se traîner.

3° L’amour physique.

A la chasse, trouver une belle et fraîche paysanne qui fuit dans le bois. Tout le monde connaît l’amour fondé sur ce genre de plaisir ; quelque sec et malheureux que soit le caractère, ou commence par à seize ans.

4° L’amour de vanité.

L’immense majorité des hommes, surtout en France, désire et a une femme à la mode, comme on a un joli cheval, comme chose nécessaire au luxe d’un jeune homme. La vanité plus ou moins flattée, plus ou moins piquée, fait naître des transports. Quelquefois il y a l’amour physique, et encore pas toujours ; souvent il n’y a pas même le plaisir physique. Une duchesse n’a jamais que trente ans pour un bourgeois, disait la duchesse de Chaulnes ; et les habitués de la cour de cet homme juste, le roi Louis de Hollande, se rappellent encore avec gaieté une jolie femme de la Haye qui ne pouvait se résoudre à ne pas trouver charmant un homme qui était duc ou prince. Mais, fidèle au principe monarchique, dès qu’un prince arrivait à la cour, on renvoyait le duc : elle était comme la décoration du corps diplomatique.

Stendhal, De l’amour

 

Toutefois, Stendhal relativise son classement :

Au reste, au lieu de distinguer quatre amours différents, on peut fort bien admettre huit ou dix nuances. Il y a peut-être autant de façons de sentir parmi les hommes que de façons de voir

Stendhal, De l’amour

 

 

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L'épicurisme de Lucrèce toujours d'actualité

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 03 mai 2016

>> L'épicurisme selon Lucrèce.

 

Lucrèce évoque d'abord le plaisir que l'on ressent à éviter des tourments, puis le plaisir, le bonheur qu'apportent le savoir et la connaissance. Il plaint ces hommes attirés seulement par les richesses et le pouvoir, et qui ne comprennent pas que l'âme n'a besoin que d'une seule chose, l'absence de souci : l'ataraxie.

 

>> Extrait d'oeuvre originale

 

 

« Sérénité épicurienne » – Lucrèce

Il est doux, quand les vents tourmentent les flots sur la grande mer,

de contempler depuis la terre le grand tourment d'autrui,

non parce qu'il y a un agréable plaisir à voir souffrir quelqu'un

mais parce qu'il est doux de comprendre quelles épreuves on évite soi-même.

Il est doux encore de regarder les grands combats guerriers

se déployer dans les plaines sans prendre part au danger.

Mais rien n'est plus doux que de bien tenir

des positions fortifiées établies par la science sereine des sages

d'où l'on peut contempler les autres hommes

les voir errer en tout sens et chercher en errant le chemin de la vie

rivaliser de talent, lutter pour la célébrité,

travailler nuits et jours

par un remarquable effort à s'élever au comble des richesses et à s'emparer du pouvoir.

Ô pauvres âmes humaines, Ô cœurs aveugles !

Dans quelles ténèbres et dans quel danger

de passer le peu de temps de leur vie quel qu'il soit ! Ne voyez-vous pas

que la nature ne réclame rien d'autre pour elle si ce n'est que

la douleur soit absente et éloignée du corps, et que l'âme

jouisse de sensations agréables, à l'abri des soucis et de la crainte ?

 

>> Actualiser le texte

 

Aujourd'hui encore, tout est semblable. L'homme est confronté exactement aux mêmes ambitions : chercher la célébrité - exemple des émissions de téléréalité -, la richesse - toujours plus de croissance, plus d'argent -, le pouvoir - se faire élire, contrôler les autres.

Ce comportement dénoncé par Lucrèce apparait donc comme un combat incessant ; il faut retrouver le vrai plaisir - celui d'éviter ces tentations, ces tourments - pour être conduit au vrai bonheur, se laisser éclairé par la science des sages, la garder comme trésor pour ne pas retomber aveugle.

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Texte du testament de Louis XVI

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 21 janvier 2015

 

Voici le testament retrouvé de Louis XVI, qui fut rédigé le jour de Noël en 1792. La Convention nationale juge Louis XVI coupable et le condamne à mort. Louis XVI est guillotiné le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution (place de la Concorde aujourd'hui) à Paris.

 

Au nom de la très Sainte Trinité, du Père, du fils et du Saint Esprit. Aujourd'hui vingt-cinquième de décembre mil sept cent quatre vingt douze. Moi, Louis, XVIème du nom, Roi de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille. De plus impliqué dans un Procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées, et auquel je puisse m’adresser. Je déclare ici en sa présence, mes dernières volontés et mes sentiments.

 

Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, et je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes, quelque indignes que nous en fussions, et moi le premier.

 

Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Église Catholique, Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de Saint Pierre auquel Jésus-Christ les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Église, les Sacrements et les Mystères tels que l’Église Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de Jésus-Christ, mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours, si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Église Catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie depuis Jésus-Christ. Je plains de tout mon coeur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.

 

Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés, j’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique. Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Église Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de coeur. Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique, pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.

 

Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.

 

Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

Je pardonne de tout mon coeur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m’ont fait beaucoup de mal.

Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma Soeur, mes Tantes, mes Frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma soeur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.

 

Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux ; je lui recommande surtout d’en faire de bons Chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Éternité. Je prie ma soeur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.

 

Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma soeur comme une seconde mère.

 

Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve. Qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son coeur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement, étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.

 

Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent, dans les moment de troubles et d’effervescence, on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.

 

Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté si j’étais sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux et à leurs parents ou amis, de l’autre, j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements ; dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.

 

Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait portés à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie MM de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.

 

Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J'ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.

 

Je prie MM de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l'expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu'ils se sont donnés pour moi.

 

Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant Lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.

Louis


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La rigueur scientifique - Pierre Desproges

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 14 décembre 2012

Si vous voulez passer le concours IEP 2013, vous serez intéressés par ces écrits de Pierre Desproges.

« La rigueur scientifique » par Pierre Desproges est consultable ici gratuitement

Un extrait fameux : « Une civilisation sans la Science, ce serait aussi absurde qu'un poisson sans bicyclette. » Pierre Desproges dans Vivons heureux en attendant la mort

>> Explication de la vision de Pierre Desproges dans La rigeur scientifique

 

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