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La santé contre les maladies et les pestes

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 15 septembre 2016

>> Réflexion sur la santé et la médecine

Sénèque au Ier siècle avant Jésus-Christ rappelait l'importance de la santé dans ses Lettres à Lucilius, commme valeur supérieure à toute richesse ou gloire.

Dans le même sens au XIXe siècle, Arthur Schopenhauer dans Aphorismes sur la sagesse dans la vie en 1886 expliquait "Une santé parfaite, voilà un avantage que nul rang, nulle richesse ne sauraient remplacer."

Georges Canguilhem dans Le Normal et le Pathologique en 1966 donne une définition nouvelle de la santé : "la santé c'est la possibilité de dépasser la norme qui définit le normal momentané, la possibilité de tolérer des infractions à la norme habituelle" Être en bonne santé c'est donc pouvoir être malade, être capable de surmonter les infractions à la norme de la santé. "Être en bonne santé c'est pouvoir tomber malade et s'en relever, c'est un luxe biologique".

>> Historique des grandes épidémies :

1337-1375 : Grande Peste qui touche l'Europe et l'Asie et fait 75 millions de mort

1720 : Peste à Marseille, dernière apparition de la peste en France

1896-1917 : Grande Peste aux Indes

1914-1915 : Epidémie de typhus en Russie et en Pologne

1918 : La grippe espagnole dans le contexte de guerre mondiale ravage l'Europe

1982 : Premiers cas de SIDA identifiés

>> Aller plus loin

Le célèbre ouvrage de Albert Camus, La Peste, présente une réflexion intéressante sur les épidémies, et sur les conséquences des mesures adoptées. Il s'agit aussi de comprendre les différentes réactions de l'être humain face au fléau tel que la peste. Enfin, l'ouvrage doit bien sûr être étudié par analogie avec la "peste brune" des extrémismes du XXe siècle.

Bonaparte visitant les pestiférés

Bonaparte visitant les pestiférés

 

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Sénèque sur le bonheur de méditer et l'importance de la liberté, toujours d'actualité

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 14 septembre 2016

>> Sénèque sur le bonheur de méditer, et sur la liberté

Sénèque (4 av. J.-C. - 65 ap. J.-C.), conseiller sous Caligula, précepteur de Néron, est un des plus grands représentants du courant stoïciste. Dans une de ses lettres à Lucilius, dont voici ci-dessous l'extrait, Sénèque présente ces positions stoïcistes : il évoque d'abord le bonheur de prendre du temps pour méditer, sans être interrompu. Il livre ensuite l'objet de sa réflexion : pour lui, la liberté ne saurait ni se vendre ni s'acheter, se libérer ne peut venir que de soi-même. Il faut d'abord se débarasser de la crainte de mourir, puis de celle de tomber dans la pauvreté. En effet, il constate que les pauvres sourient plus facilement, et de manière plus franche : ils ont moins de soucis, et ceux-ci passent plus vite. Au contraire des riches, qui apparaissent souriant en public, de manière hypocrite, car la tristesse est davantage présente au fond d'eux.

 

Sénèque

 

>> Texte original de Sénèque

 

Le bonheur de méditer – Sénèque


Sénèque salue son cher Lucilius,
Aujourd'hui je dispose de mon temps moins grâce à moi-même que grâce à un spectacle qui a écarté d'ici tous les gêneurs en les menant à un match de ballon.
Personne ne fera irruption chez moi ; personne ne mettra d'entrave à ma pensée qui, grâce à cette assurance, chemine plus hardiment.
La porte d'entrée ne grincera pas à chaque instant, la tenture ne se soulèvera pas. [...]
Serait-ce donc que je ne suis pas les anciens ? je le fais mais je me permets de trouver du nouveau, de modifier et d'abandonner quelques points, je n'en suis pas esclave mais je plie à leur avis. Mais j'en ai trop dit moi qui me promettais le silence et une retraite sans irruption : voici qu'une immense clameur arrive du stade et pourtant elle ne m'expulse pas de moi-même mais me porte à une méditation de ce spectacle lui-même. Je médite en moi-même combien de gens exercent leur corps, combien par leur esprit quelle grande foule il y a à un spectacle sans valeur durable et ludique et à quel point est importante la solitude qui écrase tous les hommes dont même nos esclaves de la plus basse condition et nés dans cette misère s'efforcent de se dégager par tous les moyens. Leur pécule qu'ils ont amassé au détriment de leur ventre, ils le donnent en paiement pour racheter leur tête : et toi tu ne souhaiteras pas parvenir à la liberté à tout prix toi qui penses que tu es né libre ? Pourquoi regardes-tu ton coffre-fort ? elle ne peut pas s'acheter. C'est pourquoi, ce nom de liberté est inscrit vainement sur les registres, ceux qui l'ont achetée ne la possèdent point ni ceux qui l'ont vendue, il n'y a que toi pour te donner ce bien, c'est à toi qu'il te faut le demander.
Libère-toi d'abord de la crainte de la mort, elle nous impose son joug ; ensuite de la crainte de la pauvreté. Si tu veux savoir à quel point elle n'implique aucun mal, compare la figure que font les pauvres et les riches : le pauvre sourit plus souvent et plus franchement ; il n'y a pas d'inquiétude au fond de lui ; même s'il tombe dans quelque souci, celui-ci passe comme un léger nuage, chez ceux que l'on appelle des gens heureux, la gaieté est feinte, mais la tristesse et présente et suppure en eux, d'autant plus pesante certes qu'ils n'ont parfois pas le droit de se montrer malheureux publiquement, mais qu'au milieu des ennuis qui dévorent leur cœur il faut qu'il joue le rôle d'un homme heureux.

 

Sénèque, Lettres à Lucilius, livre IX, lettre 80

 

>> Actualiser la pensée de Sénèque

C'est bien connu, le monde va de plus en plus vite, les gens sont de plus en plus pressés. Il en est ainsi des transports - rien qu'au XIXe siècle les chemins de fer, des navires à vapeur, du télégraphe multipliaient les vitesses. Il pourrait en être aussi de la vie : chacun vit la montre au poignet, il s'agit de ne pas perdre une minute, toujours occupé.

Pourtant, un des plus grands biens nous enseigne Sénèque, est la méditation. Prendre du temps, en retrait du monde, hors de l'agitation, pour réfléchir.

Aussi Blaise Pascal constatait dans ses Pensées, 139 : "Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer au repos, dans une chambre."

Cette attitude, loin d'être une perte de temps, ne serait-elle pas même le seul moyen pour aller plus vite ? En effet, elle nous apprend la valeur véritable du temps, se consacrer aux priorités, à ce qu'il y a de plus important. En terme de rendement, dans une existence humain, Sénèque et Pascal avaient probablement trouvé la plus efficace des activités.

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