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Faut-il aimer le travail ?

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 19 juin 2013


Comme nous l'a signalé un lecteur de la page facebook d'Intégrer Sciences Po (merci à lui), l'émission de France Culture, Les nouveaux chemins de la connaissance, consacre une semaine à l'épreuve du bac de philo. Un des thèmes abordés aborde la question du travail, thème des IEP 2014.


La question posée est la suivante : faut-il aimer le travail ?


Voici une transcription pour vous lecteurs du blog Intégrer Sciences Po de l'émission, qui n'est pas exhaustive, et qui pourra aisément être complétée par l'écoute du podcast.

- Il faut oublier la réponse qui vient spontanément, car ce n'est pas le bon moyen pour établir un plan de philosophie.
- Documentaire : "j'ai très mal au travail" Témoignages : Le travail, c'est au sens étymologique une torture. Alors est-ce qu'on peut aimer le travail ? Mais le travail permet de nourrir la famille, de s'occuper des enfants, il est vital. Le travail donne un sens à la vie, établit un lien avec les autres qui s'avère fondamental. Ne pas avoir de travail, avoir un travail mal payé : le travail est une servitude volontaire, nous allons tous les jours au travail.
- L'ambivalence du travail : à la fois une source de bonheur et une source de malheur. Caractère ambivalent du travail. Qu'est-ce que le travail ? Le travail doit-il être en lui-même aimable ou pourquoi faudrait-il que l'amour du travail soit l'objet d'une obligation ?
- On s'intéresse là au 1er mot du sujet, car il faut s'interroger sur tous les mots du sujet. La philosophie est une matière scolaire normale : il n'y a pas de mystère, il y a un programme. Dans la dissertation faut-il aimer son travail, il faut définir le travail.
- On trouvera la problématique si en face d'une question, on se pose une deuxième question : pourquoi me pose-t-on cette question ? L'amour peut-il être l'objet d'une obligation ?

Aimer le travail ?
Les Temps modernes - Charlie Chaplin


- 1ère partie : le travail est considéré comme une souffrance.


- Hannah Arendt, Condition de l'homme moderne

"Dire que le travail et l'artisanat étaient méprisés dans l'antiquité parce qu'ils étaient réservés aux esclaves, c'est un préjugé des historiens modernes. Les Anciens faisaient le raisonnement inverse : ils jugeaient qu'il fallait avoir des esclaves à cause de la nature servile de toutes les occupations qui pourvoyaient aux besoins de la vie. C'est même par ces motifs que l'on défendait et justifiait l'institution de l'esclavage. Travailler, c'était l'asservissement à la nécessité, et cet asservissement était inhérent aux conditions de la vie humaine. Les hommes étant soumis aux nécessités de la vie ne pouvaient se libérer qu'en dominant ceux qu'ils soumettaient de force à la nécessité. La dégradation de l'esclave était un coup du sort, un sort pire que la mort, car il provoquait une métamorphose qui changeait l'homme en un être proche des animaux domestiques. C'est pourquoi si le statut de l'esclave se modifiait, par exemple par la manumission, ou si un changement des conditions politiques générales élevait certaines occupations au rang d'affaires publiques, la « nature » de l'esclave changeait automatiquement."


- L'agriculteur produit ce qu'il va consommer. Les Anciens n'avaient pas de mot équivalent au notre : le travail désignait l'activité à laquelle nous sommes absolument contraints pour pouvoir vivre. Donc la consommation, indispensable à vivre, est travail. Le repos est un travail. Le trajet pour aller à son travail relève aussi du travail. Les Anciens appelaient travail essentiellement une activité contrainte. Ne pas travailler pour un Grec, ce n'est pas rien faire pour autant. C'est avoir le temps d'accomplir des activités non contraintes, des activités libres.
- Nous sommes tous contraints à devoir travailler, pour avoir un salaire, pour vivre. Donc en intégrant la conception antique, le travail n'est en soi pas aimable. On peut aimer une activité libre.


- 2e partie : conception moderne du travail.

Locke, Ricardo, Smith. Pour les Modernes, le travail est productif, il est source de valeurs. Le travail permet d'enrichir. Le caractère contraint du travail n'épuise pas la conception du travail : il faut uen réflexion plus approfondie. Par exemple Hegel montre que le travail est une activité proprement humaine, le travail est la réalisation de l'humanité, de la liberté de l'humanité. Car par le travail, l'homme transforme la nature. A travers l'œuvre que l'homme produit, l'homme se reconnaît. C'est le sens de la distinction d'Hannah Arendt entre travail et œuvre.
- Travailler, c'est participer à l'effort collectif de l'humanité. Pour les Modernes, c'est une activité humaine, mais aussi une activité qui humanise. Le travailleur peut acquérir un certain nombre de vertus. Le travail aussi laborieux et stérile qu'il puisse être à son résultat, permet pourtant de se former. Une nouvelle conception, qui fait du travail toutes les activités humaines.


- Karl Marx, Les Manuscrits de 1844
"Or, en quoi consiste la dépossession du travail ? D'abord, dans le fait que le travail est extérieur à l'ouvrier, c'est-à-dire qu'il n'appartient pas à son être ; que, dans son travail, l'ouvrier ne s'affirme pas, mais se nie ; qu'il ne s'y sent pas satisfait, mais malheureux; qu'il n'y déploie pas une libre énergie physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit. C'est pourquoi l'ouvrier n'a le sentiment d'être à soi qu'en dehors du travail; dans le travail, il se sent extérieur à soi-même. Il est lui quand il ne travaille pas et, quand il travaille, il n'est pas lui. Son travail n'est pas volontaire, mais contraint. Travail forcé, il n'est pas la satisfaction d'un besoin, mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail. La nature aliénée du travail apparaît nettement dans le fait que, dès qu'il n'existe pas de contrainte physique ou autre, on fuit le travail comme la peste."


- 3e partie : Marx dit que le travail est une activité sociale. Il faut tenir compte de la division du travail. Il ne faut plus parler du Travail avec un T majuscule, mais il faut savoir de quel travail précis l'on parle. Il faut tenir compte de la division du travail historique et concrète. Marx avec Hengel a découvert le concept de travail aliéné, avec une double aliénation. Le travail aliéné n'est pas aimable. Car l'ouvrier ne se reconnait pas dans la tâche spécifique qu'il accomplit : Les Temps modernes, Charlie Chaplin.
- Qu'est-ce que l'amour ? Descartes dit que l'amour est le plus grand des biens des hommes. Ce n'est pas une source de joie quelconque, c'est la plus grande source des joies de l'existence. Donc le travail serait une activité qui rentrerait en harmonie avec nos sensibilités, nos facultés, source de reconnaissance sociale.


- Conclusion : ça n'a pas de sens de dire que l'on peut aimer le travail si l'on a pas défini le travail. Il faut avoir la possibilité, la liberté de choisir un travail aimable.



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Classé dans : Culture Générale - Mots clés : aimer, travail, philo, sujet, bac, IEP, 2014, Sciences Po, cours - 1 commentaire


Sujet corrigé : Le travail permet-il de prendre conscience de soi ?

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 17 juin 2013

Sujet corrigé : Le travail permet-il de prendre conscience de soi ?
Ce sujet était à la fois un sujet du bac philo 2013 mais aussi un sujet possible au concours commun des IEP 2014, dont un des deux thèmes est bien le travail.

Analyse du sujet (Le travail permet-il de prendre conscience de soi ?) :

Deux notions clés : travail et conscience.
- Le travail : le travail est une notion vaste qu'il faudra préciser tout au long du devoir : retrouvez toutes les définitions du travail qu'il faudra utiliser
- Permet-il : appelle un plan dialectique (I. II. III)
- Prendre conscience de soi :  La conscience en générale est l'organisation du psychisme de l'homme qui, en lui permettant d'avoir connaissance de ses états, de ses actes et de leur valeur morale, lui permet de se sentir exister, d'être présent à lui-même. Cependant la conscience est une notion tout aussi vaste et débatue qu'il faudra préciser dans la dissertation.
Hegel
Hegel théorise la dialectique
du maître et de l'esclave

Problématique du sujet (Le travail permet-il de prendre conscience de soi ?) :


Il faut trouver le problème qui est posé par le sujet. Pourquoi pose-t-on cette question ?
Le travail, l'homme qui agit sur la nature, a-t-il ainsi conscience d'être soi ? Ou au contraire le travail ne tendrait-il pas à lui faire perdre sa conscience de soi ?

Plan du sujet (Le travail permet-il de prendre conscience de soi ?) :

I. Le travail permet de prendre conscience de soi

- Hegel est celui qui a le mieux théorisé la prise de conscience par le travail. Le travail pour Hegel est anthropogène : il fait que l'homme est homme. Confronté au réel, l'homme distingue l'en-soi (c'est à dire le réel) du pour-moi (ce qu'il pense être le réel). Et mieux, par l'action, c'est-à-dire le travail, la conscience prend conscience d'elle-même. Se manifeste par le travail le désir de transformation de la nature.
- Le travail permet même de soigner sa conscience : « Le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin.» Voltaire dans Candide. Par le travail, l'homme épargne à sa conscience, l'homme s'épargne des maux, le travail garantit donc de prendre conscience de soi et garder sa conscience intacte.

II. Mais le travail pourrait aussi lui faire perdre sa conscience de soi

- les Anciens, notamment les Grecs, considéraient le travail comme l'asservissement aux nécessités de la vie. Si le travail est seulement une basse nécessité, il n'y a pas de place pour l'épanouissement de la conscience de soi.
- Plus grave, Marx pensait que le travail  pouvait faire perdre la conscience de soi. Le travail aliène l'homme, c'est-à-dire le rend étranger à lui même, et donc lui fait perdre sa conscience : "Le caractère étranger du travail apparaît nettement dans le fait que, dès qu'il n'existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fui comme la peste. Le travail extérieur, le travail dans lequel l'homme s'aliène, est un travail de sacrifice de soi, de mortification. Enfin, le caractère extérieur à l'ouvrier du travail apparaît dans le fait qu'il n'est pas son bien propre, mais celui d'un autre, qu'il ne lui appartient pas, que dans le travail l'ouvrier ne s'appartient pas lui-même, mais appartient à un autre."


III. Le travail permet de prendre conscience de soi, conscience qui doit définir les limites de ce travail pour ne pas se perdre

- la dialectique du maître et de l'esclave montre bien cette ambiguïté : Hegel, La Phénoménologie de l'Esprit : "l'esclave la transforme donc par son travail. Inversement, par cette médiation le rapport immédiat devient pour le maître la pure négation de cette même chose ou la jouissance; ce qui n'est pas exécuté par le désir est exécuté par la jouissance du maître; en finir avec la chose; mais le maître, qui a interposé l'esclave entre la chose et lui, se relie ainsi à la dépendance de la chose, et purement en jouit. Il abandonne l'indépendance de la chose à l'esclave, qui l'élabore." Pour garder sa conscience de soi, il faut que le travail ne rende pas esclave.



-> Tous les autres corrigés et sujets du bac philo 2013 <-
-> Tous les sujets ou cours sur le thème du travail pour les IEP <-
-> Le second sujet de S de philo au bac 2013 :  Peut-on agir moralement sans s'intéresser à la politique ? <-
-> Sujet 3 : Corrigé du commentaire de l'extrait de La pensée et le mouvant  de Henri Bergson <-

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : philo, bac 2013, le travail, prendre conscience, Sciences Po, IEP 2014, thème IEP, conscience, corrigés, correction - 3 commentaires


Fiche IEP VII. C. Les nouveaux défis pour le monde

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 13 juin 2013

VII. 1991 jusqu'à nos jours

C. Les nouveaux défis pour le monde


-> La société de consommation en question

Faillite de Lehman Brothers
Faillite de Lehman Brothers en 2008
Evolution du niveau de vie :
- diffusion des innovations technologiques, des produits ménagers (réfrigérateur, machines à laver), des moyens de locomotion (automobiles)
- alimentation de plus en plus accessible, augmentation des cas d'obésité (21% de la population mondiale obèse, contre 16% de sous-alimentés)
- vacances de plus en plus accessibles
- fortes inégalités, au sein des pays, et entre pays

Transformations de la société :
- développement de l'enseignement, arrivée massive dans les universités qui doivent s'adapter
- affirmation croissante de l'individu
- culte du corps, transformation de la sexualité qui n'est plus perçue de la même façon
- les femmes aspirent à jouer un rôle plus grand dans les sociétés, favorisées par le confort libère des tâches ménagères (entre 35% et 50% des femmes de plus de 15 ans occupent un emploi en fonction des pays)
- essor des moyens de communication (75% de la population mondiale a un téléphone portable, 30% internet)
- uniformisation des modes de vie, véhiculés par une culture dominante

Crises économiques :
- crise financière mondiale à partir de 2007 (crise de liquidité et crise de solvabilité, raréfaction du crédit)
- crise des subprimes, crise bancaire de 2008 (Lehman Brothers en faillite le 15 septembre 2008), crise des dettes dans les pays d'Europe notamment


-> Retour du fondamentalisme religieux et inquiétudes mondiales

Défense écologique :
- manifestations écologiques, contre la croissance sauvage (en 1972 slogan "halte à la croissance !" du Club de Rome)
- débât sur le réchauffement climatique
- protocole de Kyoto (175 pays) qui prévoyait avant 2012 une diminution de 5% des gaz à effet de serre
- Grenelle de l'environnement à Paris en 2007
- sommet de Copenhague en 2009 qui n'aboutit pas à de réelles décisions
11 septembre 2001
11 septembre 2001

Retour du religieux :
- vitalité avec du catholicisme avec le Pape Jean-Paul II
- nouveaux mouvements charismatiques (en France, aux Etats-Unis, au Canada) ou intégristes (autour de Mgr Lefebvre)
- l'interprétation à la lettre des écrits religieux (fondamentalismes) conduit à des traumatismes dont le plus marquant se produit le 11 septembre 2001 (Ben Laden tué en 2011)
- développement de l'islam extrémiste (en Arabie Saoudite, Iran, dans les Emirats du Golfe, en Algérie, en Tunisie, en Egypte, en Libye, au Mali) avec parfois application de la charia
- éclosion de nombreuses sectes

Soulèvements, terrorisme et guerres :
- 3000 morts lors des attaques contre le World Trade Center le 11 septembre 2001
- attentats à Madrid en 2004, à Londres en 2005
- conflit israélo-palestinien toujours virulent : opération Plomb surci en 2009, tensions entre Israël et Palestiniens en 2011, opération Pilier de défense en 2012
- Printemps arabe à partir de décembre 2010 (Tunisie, Egypte, Libye, Yemen, Syrie, Bahreïn, Algérie, Jordanie, Maroc, Irak, Palestine)



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Classé dans : Histoire - Mots clés : fiche, iep, sciences po, histoire, contemporaine, XXe siècle, résumé, monde, 1945, 1991, printemps, arabe, attentats, terrorismes, société, consommation, religieux, économique, crises - 2 commentaires


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