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Les 3 idées de Claude Lévi-Strauss sur la culture

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 15 mars 2014

Qu'est-ce que la culture ? C'est la question à laquelle tente de répondre Claude Levi-Strauss dans ses écrits Race et Histoire.

 

>> 3 enseignements sur la culture de Claude Lévi-Strauss

Lévi-Strauss a étudié la culture
Claude Lévi-Strauss a étudié la notion de culture

 

Dans son analyse, Claude Levi-Strauss relève en particuliers trois points concernant la culture :

1. L'homme refuse les autres cultures que la sienne, et tend à les fuir, il les "répudie".

2. Ainsi l'homme appelle culture tout ce qui ne correspond aux normes qu'il a fixées

3. C'est donc en refusant d'autres cultures, en refusant cette pluralité des cultures, que l'homme institue sa propre culture

 

>> Extrait d'un texte de Claude Lévi-Strauss sur la culture

 

L'attitude la plus ancienne, et qui repose sans doute sur des fondements psychologiques solides puisqu'elle tend à réapparaître chez chacun de nous quand nous sommes placés jans une situation inattendue, consiste à répudier purement et simplement les formes culturelles : morales, religieuses, sociales, esthétiques, qui sont les plus éloignées de celles auxquelles nous nous identifions. "Habitudes de sauvages cela n'est pas de chez nous ", " on ne devrait pas permettre cela ", etc., autant de réactions grossières qui traduisent ce même frisson, cette même répulsion, en présence de manières de vivre, de croire ou de penser qui nous sont étrangères. Ainsi l'Antiquité confondait-elle tout ce qui ne participait pas de la culture grecque (puis gréco-romaine) sous le même nom de barbare ; la civilisation occidentale a ensuite utilisé le terme de sauvage dans le même sens. Or derrière ces épithètes se dissimule un même jugement : il est probable que le mot barbare se réfère étymologiquement à la confusion et à l'inarticulation du chant des oiseaux, opposées à la valeur signifiante du langage humain ; et sauvage, qui veut dire " de la forêt ", évoque aussi un genre de vie animale, par opposition à la culture humaine. Dans les deux cas, on refuse d'admettre le fait même de la diversité culturelle ; on préfère rejeter hors de la culture, dans la nature, tout ce qui ne se conforme pas à la norme sous laquelle on vit.

Claude Levi-Strauss, Race et Histoire, Unesco, 1952

 

-> La culture : tous les cours pour les IEP <-

 

l'inarticulation du chant des oiseaux
"il est probable que le mot barbare
se réfère étymologiquement à la confusion et à l'inarticulation du chant des oiseaux,
opposées à la valeur signifiante du langage humain
"

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : culture, Claude Lévi-Strauss, étudier, Sciences Po, réviser, cours, homme, sauvage, barbare, apprendre - 3 commentaires


Les familles, les villages, et l'Etat - Aristote (Politique I)

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 05 février 2014

Aristote au premier chapitre de La Politique lie à la fois la famille, le village, et l'Etat. Selon Aristote, l'homme est "naturellement sociable", c'est-à-dire naturellement voué à se réunir dans des villes. Ces villes, par assemblement, forment l'Etat, et par conséquent l'Etat est un fait de nature.

 

§ 7. L'association première de plusieurs familles, mais formée en vue de rapports qui ne sont plus quotidiens, c'est le village, qu'on pourrait bien justement nommer une colonie naturelle de la famille; car les individus qui composent le village ont, comme s'expriment d'autres auteurs, « sucé le lait de la famille »; ce sont ses enfants et « les enfants de ses enfants ». Si les premiers États ont été soumis à des rois, et si les grandes nations le sont encore aujourd'hui, c'est que ces Etats s'étaient formés d'éléments habitués à l'autorité royale, puisque dans la famille le plus âgé est un véritable roi; et les colonies de la famille ont filialement suivi l'exemple qui leur était donné. Homère a donc pu dire: « Chacun à part gouverne en maître Ses femmes et ses fils. »

Dans l'origine, en effet, toutes les familles isolées se gouvernaient ainsi. De là encore cette opinion commune qui soumet les dieux à un roi; car tous les peuples ont eux-mêmes jadis reconnu ou reconnaissent encore l'autorité royale, et les hommes n'ont jamais manqué de donner leurs habitudes aux dieux, de môme qu'ils les représentent à leur image.

Livre I, chapitre I, La Politique - Aristote

 

Aristote donne dans cet extrait une explication aux régimes monarchiques. Le régime monarchique trouve une origine dans les rapports familiaux, et dans l'habitude de considérer l'aîné comme un roi. Par ailleurs, le village est défini comme l'association de plusieurs familles qui a pour finalité des rapports qui ne sont plus quotidiens.

 

 

§ 8. L'association de plusieurs villages forme un Etat complet, arrivé, l'on peut dire, à ce point de se suffire absolument à lui-même, né d'abord des besoins de la vie, et subsistant parce qu'il les satisfait tous.

Ainsi l'État vient toujours de la nature, aussi bien que les premières associations, dont il est la fin dernière; car la nature de chaque chose est précisément sa fin; et ce qu'est chacun des êtres quand il est parvenu à son entier développement, on dit que c'est là sa nature propre, qu'il s'agisse d'un homme, d'un cheval, ou d'une famille. On peut ajouter que cette destination et cette fin des êtres est pour eux le premier des biens; et se suffire à soi-même est à la fois un but et un bonheur.

Livre I, chapitre I, La Politique - Aristote

 

Plusieurs familles forment un village, et plusieurs villages forment un Etat. Comme les familles sont naturellement poussées à s'assembler en village, il s'ensuit que les villages sont naturellement poussés à former un Etat, et donc l'Etat est un faire de nature.

Cette déduction est possible en considérant que la nature de quelque chose est sa fin, c'est-à-dire sa finalité.

 

§ 9. De là cette conclusion évidente, que l'Etat est un fait de nature, que naturellement l'homme est un être sociable,et que celui qui reste sauvage par organisation, et non par l'effet du hasard, est certainement, ou un être dégradé, ou un être supérieur à l'espèce humaine. C'est bien à lui qu'on pourrait adresser ce reproche d'Homère: « Sans famille, sans lois, sans foyer.... »

L'homme qui serait par nature tel que celui du poète ne respirerait que la guerre; car il serait alors incapable de toute union, comme les oiseaux de proie.

Livre I, chapitre I, La Politique - Aristote

 

L'homme est donc pour Aristote sociable par nature : il est voué à vivre en relation avec autrui du fait même de sa nature humaine.

Ainsi, pour celui qui s'exclue de la société, qui reste sauvage, il s'agit toujours d'un acte voulu, et non un acte dû au hasard. Cet homme qui s'exclue de la société est pour Aristote soit supérieur soit inférieur aux autres hommes.

De la même façon, l'Etat, qui est une association de villages, et donc de familles, est un fait de nature : il se constitue naturellement.

 

Voir aussi :

->Que pense Aristote de l'esclavage ? (Politique, livre I) <-

-> Quel est l'intérêt des villes ? (Aristote) <-

 

 

village

 

 

-> Best-Of des articles sur la VILLE

-> Best-Of des articles sur l'ENGAGEMENT

-> Best-Of des articles sur la FAMILLE

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : villages, villes, sciences po, Aristote, familles, pourquoi, sauvage, sociable, nature, Etat, Homère, fin, cause, espèce humaine, foyer, lois, philosophie, philo, culture générale, questions contemporaines, culture, IEP - Aucun commentaire