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2016, l'année Jean-Jacques Rousseau des IEP

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 18 mai 2016

En choisissant les 2 thèmes "École" et "Démocratie", les IEP communs n'avaient peut-être pas en tête le nom de Jean-Jacques Rousseau, mais ici, nous pensons que Jean-Jacques Rousseau est bien la star 2016 des IEP communs.

 

C'est pourquoi nous vous donnons ce conseil, et encore ce serait un ordre si nous en avion les moyens et que nous étions à côté de chacun de  vous au moment de passer les concours :

 

CITEZ JEAN-JACQUES ROUSSEAU AU MOINS 1 FOIS DANS VOTRE COPIE D'EXAMEN !

 

Voilà, en gras et souligné ! Laissez-nous vous le dire encore une fois, peut-être plus élégamment : soyez sûr des bonnes grâces dans lesquelles vous mettriez votre correcteur en mentionnant Jean-Jacques Rousseau dans votre copie lors du concours commun des IEP entrée en 1ère année !

 

>> Pourquoi Rousseau est-il la star 2016 des IEP ?

 

Rousseau n'a pas besoin de quoi que ce soit pour être déjà parmi les favoris des professeurs d'IEP. Ce n'est pas pour rien qu'il repose tranquillement au cœur du Panthéon à Paris depuis 1794, soit seulement 16 années après son décès.

Jean-Jacques Rousseau
Jean-Jacques Rousseau a contribué de manière exceptionnelle
à la réflexion sur l'éducation et sur la démocratie

Mais ce qui rend l'auteur si spécial en cette année 2016, c'est le choix des 2 thèmes École et Démocratie, pour lesquels il a grandement contribué. Nous placions déjà ses œuvres n°2 pour la démocratie et n°4 pour l'école dans notre sélection des meilleurs ouvrages :

 

C'est bien sûr particulièrement sur la démocratie et plus généralement sur la politique qu'il a développé les réflexions les plus mémorables.

Voici pourquoi Rousseau est si important en 2016, pourquoi vous devez le citer dans vos copies, quels apports nécessitent que vous écriviez son nom en mai prochain, que ce soit en introduction ou dans le développement, et peu importe le thème que vous choisirez.

 

Sur la politique et la démocratie :

 

Sur l'éducation et l'école :

À quoi sert l'école ? ou plutôt que de parler d'école, mieux vaut parler d'éducation pour Rousseau ! En effet, l'école n'est pas forcément ce qu'il y a de meilleur pour éduquer un enfant, c'est Rousseau lui-même qui le dit. Mais pourquoi ?

 

Mixez les deux !

Voici quelque chose que les IEP n'ont encore jamais fait, mais 2016 pourrait très bien inaugurer la pratique, tant les thèmes école et démocratie sont enrichissants mis en relation : vous proposer un sujet qui mêle à la fois le premier thème école et le second thème démocratie. En effet, les communiqués des IEP prennent bien soin de séparer les deux thèmes avec la formule : "et/ou". Vous aurez donc toujours 2 sujets, mais ceux-ci peuvent très bien se mélanger. Vous pourriez ainsi vous retrouver avec un tel sujet : "L'école est-elle le seul moyen de préserver la démocratie ?"

Si vous n'avez révisé qu'un sujet sur deux, votre copie ne pourra faire que pâle figure face aux concurrents qui auront approfondi les deux thèmes. Et ce qui est génial avec Rousseau, c'est qu'il mêle très souvent les deux thèmes. Son œuvre est tellement inspirée de philosophie politique, que l'école et l'éducation ne sont jamais loin de la démocratie, et vice versa.

Vous vous en rendrez compte facilement en lisant ne serait-ce que quelques paragraphes des œuvres originales.

Ceci est vrai, pour le Contrat social...

Il est pour les nations comme pour les hommes un temps de jeunesse ou, si l'on veut, de maturité, qu'il faut attendre avant de les soumettre à des lois : mais la maturité d'un peuple n'est pas toujours facile à connaître ; et si on la prévient, l'ouvrage est manqué. Tel peuple est disciplinable en naissant, tel autre ne l'est pas au bout de dix siècles. Les Russes ne seront jamais vraiment policés, parce qu'ils l'ont été trop tôt. (...) C'est ainsi qu'un précepteur français forme son élève pour briller au moment de son enfance, et puis n'être jamais rien. L'empire de Russie voudra subjuguer l'Europe, et sera subjugué lui-même. Les Tartares, ses sujets ou ses voisins, deviendront ses maîtres et les nôtres, cette révolution me paraît infaillible. Tous les rois de l'Europe travaillent de concert à l'accélérer.

Du Contrat social ou Principes du droit politique - Jean-Jacques Rousseau - Chapitre 8. – Du peuple.

 

... mais surtout pour l'Émile, en espérant vous convaincre définitivement d'étudier Rousseau en profondeur cette année.

 

Voulez-vous prendre une idée de l'éducation publique, lisez la République de Platon. Ce n'est point un ouvrage de politique, comme le pensent ceux qui ne jugent des livres que par leurs titres : c'est le plus beau traité d'éducation qu'on ait jamais fait.
(...)
Je n'envisage pas comme une institution publique ces risibles établissements qu'on appelle collèges. Je ne compte pas non plus l'éducation du monde, parce que cette éducation tendant à deux fins contraires, les manque toutes deux : elle n'est propre qu'à faire des hommes doubles paraissant toujours rapporter tout aux autres, et ne rapportant jamais rien qu'à eux seuls. Or ces démonstrations, étant communes à tout le monde, n'abusent personne. Ce sont autant de soins perdus.

Émile ou de l'Éducation - Jean-Jacques Rousseau - Livre Premier

 

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Classé dans : IEP Régions - Mots clés : Rousseau, IEP, concours, 2016, école, démocratie - Aucun commentaire


3 sortes d'éducation, but et origines - Jean-Jacques Rousseau

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 28 février 2016

 

Jean-Jacques Rousseau, lorsqu'il commença à écrire sur ce qu'est une bonne éducation, pensait n'écrire qu'un court texte de bons principes, qui ne ferait pas plus que quelques pages. Finalement, c'est un imposant ouvrage tout consacré à l'école, à l'éducation, à ce que signifie être et devenir un homme ou une femme auquel aboutit l'auteur.

Le tout début de son ouvrage intitulé Emile, ou de l'Education éclaire déjà sur ce que pense Rousseau de l'éducation. Ce sont ces quelques réflexions que nous nous attecherons à examiner ici pour comprendre quel est le rôle de l'éducation, et comment celle-ci intervient pour chaque être humain.

 

>> Rôle et but de l'éducation

 

Pour Jean-Jacques Rousseau, le rôle de l'éducation est de faire grandir, de façonner, de développer. C'est ainsi qu'il compare le développement des plantes avec le développement des hommes. C'est en jardinant, en cultivant, que les plantes se développent ; de même, c'est en éduquant qu'un homme se développe.


L'ouvrage de Jean-Jacques Rousseau
Émile, ou de l'Éducation
fut brûlé lors de sa publication en 1762 à Paris et Genêve

Toutefois, Rousseau rappelle le rôle essentiel de l'enfance. C'est un stade primordial dans lequel l'homme est dénué de tout, et qui a pour bienfait de laisser les autres hommes assister, aider, porter secours à l'enfant. Cette interaction ne serait pas possible si l'homme n'avait pas cette fragilité propre à l'enfance. Or c'est une interaction importante et bénéfique pour la société humaine.

Ainsi, l'éducation a un double rôle : non seulement celui de faire grandir l'homme, mais aussi de lier les hommes entre eux, dépendants les uns des autres depuis l'enfance.

 

On façonne les plantes par la culture, et les hommes par l'éducation. Si l'homme naissait grand et fort, sa taille et sa force lui seraient inutiles jusqu'à ce qu'il eût appris à s'en servir ; elles lui seraient préjudiciables, en empêchant les autres de songer à l'assister ; et, abandonné à lui-même, il mourrait de misère avant d'avoir connu ses besoins. On se plaint de l'état de l'enfance ; on ne voit pas que la race humaine eût péri, si l'homme n'eût commencé par être enfant.
Nous naissons faibles, nous avons besoin de force ; nous naissons dépourvus de tout, nous avons besoin d'assistance ; nous naissons stupides, nous avons besoin de jugement. Tout ce que nous n'avons pas à notre naissance et dont nous avons besoin étant grands, nous est donné par l'éducation.

Jean-Jacques Rousseau - Émile ou de l'Éducation - Livre Premier

 

>> Les 3 sortes d'éducation

 

Jean-Jacques Rousseau distingue 3 sortes d'éducation, que nous maîtrisons par divers degrés :

  1. L'éducation grâce à la nature : développement physique de notre corps et de nos facultés intellectuelles (aucune maîtrise)
  2. L'éducation grâce aux hommes : apprendre à utiliser notre corps et nos facultés intellectuelles  (grande maîtrise)
  3. L'éducation grâce aux choses : notre propre expérience en fonction de notre environnement (maîtrise partielle)

 


Cette éducation nous vient de la nature, ou des hommes ou des choses. Le développement interne de nos facultés et de nos organes est l'éducation de la nature ; l'usage qu'on nous apprend à faire de ce développement est l'éducation des hommes ; et l'acquis de notre propre expérience sur les objets qui nous affectent est l'éducation des choses.
Chacun de nous est donc formé par trois sortes de maîtres.

Jean-Jacques Rousseau - Émile ou de l'Éducation - Livre Premier

 

 

>> Comment exploiter ces 3 sortes d'éducation et vers quoi diriger ses efforts

 

Après avoir pris soin d'expliquer ces différentes sources d'éducation, il s'agit de savoir quelles sortes d'éducation sont importantes pour l'homme, et vers quel but elles doivent tendre.

La règle est la suite : il ne doit pas y avoir de contradiction entre ces 3 sortes d'éducation.

De cet impératif, il découle que l'homme doit orienter les éducations dont il a la maîtrise dans le même sens que la seule éducation dont il n'a pas la maîtrise : l'éducation de la nature.

C'est donc l'éducation de la nature qui fixe la direction, qui trace le chemin que les deux autres éducations doivent poursuivre.

 

Le disciple dans lequel leurs diverses leçons se contrarient est mal élevé, et ne sera jamais d'accord avec lui-même ; celui dans lequel elles tombent toutes sur les mêmes points, et tendent aux mêmes fins, va seul à son but et vit conséquemment. Celui-là seul est bien élevé.
Or, de ces trois éducations différentes, celle de la nature ne dépend point de nous ; celle des choses n'en dépend qu'à certains égards. Celle des hommes est la seule dont nous soyons vraiment les maîtres ; encore ne le sommes-nous que par supposition ; car qui est-ce qui peut espérer de diriger entièrement les discours et les actions de tous ceux qui environnent un enfant ?
Sitôt donc que l'éducation est un art, il est presque impossible qu'elle réussisse, puisque le concours nécessaire à son succès ne dépend de personne. Tout ce qu'on peut faire à force de soins est d'approcher plus ou moins du but, mais il faut du bonheur pour l'atteindre.
Quel est ce but ? c'est celui même de la nature ; cela vient d'être prouvé. Puisque le concours des trois éducations est nécessaire à leur perfection, c'est sur celle à laquelle nous ne pouvons rien qu'il faut diriger les deux autres.

Jean-Jacques Rousseau - Émile ou de l'Éducation - Livre Premier

 

Finalement, Rousseau rappelle que l'homme ne peut prévoir et satisfaire à 100% une bonne éducation. En effet, l'homme ne maîtrise pas l'éducation de la nature, il ne maîtrise que peu et par certains égards l'éducation des choses, et il n'est même pas certain de maîtriser totalement l'éducation des hommes. "qui peut espérer de diriger entièrement les discours et les actions de tous ceux qui environnent un enfant ?"

C'est donc en partie au hasard et à la chance que l'homme aura une bonne éducation, qui est ici le véritable sens du mot "bonheur" employé par Rousseau. "il faut du bonheur pour l'atteindre" ne signifie pas qu'il faut être heureux, rempli de joie, pour recevoir une bonne éducation ; cette phrase sous la plume de Rousseau signifie bien que les alés de la vie présideront aussi à la bonne ou la mauvaise éducation, et que tout l'objectif des hommes est de tout mettre en oeuvre pour se rapprocher le plus près possible de la bonne éducation, pour favoriser l'éducation.

 

+ d'articles sur Jean-Jacques Rousseau :

  1.  Résumé du 1er livre du Contrat social de Rousseau
  2.  La Famille, la plus ancienne des sociétés - Rousseau
  3.  Un état de nature chez Rousseau ?
  4.  La plus utile et importante règle pour élever un enfant - Jean-Jacques Rousseau
  5.  La meilleure législation au monde ? La devise française ! - Rousseau
  6.  Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais de démocratie ! - Jean-Jacques Rousseau

 

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Résumé du 1er livre du Contrat social de Rousseau

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 22 novembre 2014



Dans le Livre I du Contrat social, Rousseau commence par définir son projet. Il s’agit de trouver une règle d’administration qui soit légitime et sûre.

Prévenant les critiques qui interrogeraient la légitimité de sa démarche, Rousseau répond que c’est en sa qualité de citoyen qu’il a le droit de s’intéresser à la Politique.

 

=> Lire en intégralité le Contrat Social, Livre Premier - Rousseau (Gratuit)


>> Résumé Chapitre I - Sujet de ce premier Livre, Du Contrat social, Rousseau

 

Rousseau s’étonne :


L’homme est né libre, et partout il est dans les fers.


Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre premier. – Sujet de ce premier Livre.



C’est ce constat paradoxal qui pousse Rousseau à expliquer comment l’homme, alors qu’il est né libre et sans entrave, a pu s’enchaîner au cours de sa vie, de manière systématique.
 

>> Résumé Chapitre II - Des premières Sociétés, Du Contrat social, Rousseau



Rousseau voit dans la famille « la plus ancienne de toutes les sociétés et la seule naturelle ». Ce chapitre est notamment l’occasion pour Rousseau, comme il le fera plusieurs fois par la suite, de critiquer les thèses des auteurs qui le précèdent, comme Grotius, Hobbes, ou encore Aristote.
 

>> Résumé Chapitre III - Du droit du plus fort, Du Contrat social, Rousseau


 

Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir.

Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre 3. – Du droit du plus fort.



Pour subsister, la force doit se convertir en droit, et l’obéissance en devoir. Rousseau tâche de comprendre dans ce chapitre ce qu’il faut comprendre par l’expression « droit du plus fort ». Sa conclusion est que l’on est obligé d’obéir uniquement aux aux puissances légitimes.

 

>> Résumé Chapitre IV - De l’esclavage, Du Contrat social, Rousseau



D’une double constatation :

  1. Aucun homme n’a d’autorité naturelle sur un autre
  2. La force ne produit aucun droit

Rousseau en tire le principe que seule la convention peut constituer une autorité légitime.

Personne ne s’aliène, ne se fait esclave, volontairement, ce serait s’opposer au bon sens. Ou alors seuls les fous le font, mais en ce cas ils ne sont pas esclaves dans le droit, car « la folie ne fait pas droit ».
 

>> Résumé Chapitre V - Qu’il faut toujours remonter à une première convention, Du Contrat social, Rousseau



Avant de savoir comment sont institués les rois, il s’agit de comprendre « l’acte par lequel un peuple est un peuple ». C’est en l’occurrence par la convention.
 

>> Résumé Chapitre VI - Du pacte Social, Du Contrat social, Rousseau



Il s’agit ici du chapitre clé du Contrat social. Rousseau y explique vraiment comment se forme le pacte social, et ce qu’il est. Le problème à résoudre est le suivant, des mots de Rousseau :
 

Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant.» Tel est le problème fondamental dont le contrat social donne la solution.


Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre 6. – Du pacte social.



La solution se trouve donc dans le contrat social, qui nécessite le concours de plusieurs. C’est « l’aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté ».

Pour autant, ce n’est pas qu’un acte de soumission, chaque associé en sort gagnant :
 

Enfin chacun se donnant à tous ne se donne à personne, et comme il n'y a pas un associé sur lequel on n'acquière le même droit qu'on lui cède sur soi, on gagne l'équivalent de tout ce qu'on perd, et plus de force pour conserver ce qu'on a.


Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre 6. – Du pacte social.


Ce que l’on appelait autrefois la Cité devient désormais la République, ou corps politique.

Ce corps politique est désigné de trois manières différentes, selon qu’il est :

  • passif : Etat
  • actif : Souverain
  • comparable à ses semblables : Puissance


 

>> Résumé Chapitre VII - Du souverain, Du Contrat social, Rousseau



Le Souverain, donc le corps politique en tant qu’il est actif, ne peut violer l’acte du contrat qui l’a institué.

De plus, attaquer une partie du corps politique, c’est attaquer le corps politique dans son ensemble, et réciproquement.

Enfin, quand les intérêts personnels divergent de l’intérêt commun, alors on est en droit de contraindre celui qui s’y oppose : « ce qui ne signifie autre chose sinon qu’on le forcera d’être libre ».
 

>> Résumé Chapitre VIII - De l’état civil, Du Contrat social, Rousseau



Le passage de l’état de nature à l’état civil entraîne plusieurs changements :

  • L’instinct est remplacé par la justice
  • Les actions dénuées de moralité ont désormais une moralité.
  • L’homme écoute sa raison plutôt que ses penchants.


Rousseau parle de cet « instant heureux » qui « d’un animal stupide et borné, fit un être intelligent et un homme. »

Deux types de liberté sont alors distingués :

  1. La liberté naturelle, qui n’a pour bornes que les forces de l’individu.
  2. La liberté civile, qui a pour limites la volonté générale.


Il faut aussi établir une autre distinction entre la possession, faite par la force, et la propriété, qui est elle légitime et réglée par le droit.
 

>> Résumé Chapitre IX - Du domaine réel, Du Contrat social, Rousseau



Dans le cas d’un nouveau terrain, il existe un droit du premier occupant, qui répond en général à trois conditions :

  1. Le terrain n’est habité par personne.
  2. Celui qui le revendique ne prend que la quantité qui lui est nécessaire.
  3. Il doit en être pris possession par le travail et la culture, qui sont des signes de propriété



Rousseau conclut le Livre I du Contrat social en soulignant que l’égalité naturelle des hommes n’a pas été détruite ; mais elle a été remplacée par une autre égalité, qui est une égalité morale et légitime.

Tandis que la nature pouvait donner à voir des inégalités « en force ou en génie », le contrat social établit une égalité par « convention et de droit ».

 

En lien avec la Démocratie :

-> Critiques et défauts de la démocratie

 

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-> Culture générale : la Démocratie <-

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La Famille, la plus ancienne des sociétés - Rousseau

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 08 novembre 2014

Jean-Jacques Rousseau dans le Contrat social fait de la famille la plus ancienne de toutes les sociétés, et la seule naturelle. Juste après avoir expliqué le projet de son ouvrage, Du Contrat social, Rousseau prend parti d'expliquer immédiatement ce qu'est la famille. La famille est donc le premier temps dans l'explication que fait Rousseau de tout système politique, et de toute société. Autant dire que la famille revêt une importance particulière dans la réflexion de Rousseau.

Les enfants restent liés au père, tant qu'ils sont dans le besoin. Rousseau compare alors en gardant sa prudence le père avec le chef, les enfants avec le peuple. Toutefois, la relation entre le père et les enfants n'est pas celle de l'Etat, la différence résidant dans l'amour que se portent mutuellement le père et les enfants, tandis que le chef n'éprouve pas le même amour pour son peuple, plutôt attiré par le pouvoir que lui procure simplement le commandement.

 

 

La plus ancienne de toutes les sociétés, et la seule naturelle, est celle de la famille : encore les enfants ne restent-ils liés au père qu’aussi longtemps qu’ils ont besoin de lui pour se conserver. Sitôt que ce besoin cesse, le lien naturel se dissout. Les enfants, exempts de l’obéissance qu’ils devaient au père ; le père, exempt des soins qu’il devait aux enfants, rentrent tous également dans l’indépendance. S’ils continuent de rester unis, ce n’est plus naturellement, c’est volontairement ; et la famille elle-même ne se maintient que par convention.

Cette liberté commune est une conséquence de la nature de l’homme. Sa première loi est de veiller à sa propre conservation, ses premiers soins sont ceux qu’il se doit à lui-même ; et sitôt qu’il est en âge de raison, lui seul étant juge des moyens propres à le conserver, devient par là son propre maître.

La famille est donc, si l’on veut, le premier modèle des sociétés politiques : le chef est l’image du père, le peuple est l’image des enfants ; et tous, étant nés égaux et libres, n’aliènent leur liberté que pour leur utilité. Toute la différence est que, dans la famille, l’amour du père pour ses enfants le paye des soins qu’il leur rend ; et que, dans l’État, le plaisir de commander supplée à cet amour que le chef n’a pas pour ses peuples.

Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, Livre I, Chapitre II

 

 

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-> Culture générale : la Famille <-

 

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Culture générale : Les sondages et l'opinion publique

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 29 septembre 2014

>> La philosophie s'intéresse aux sondages et à l'opinon publique

 

Platon : critique l'opinion publique
-> danger de la versatilité, sujette à de trop brusques changements
-> danger de la superficialité 

Rousseau :
-> La volonté générale ne peut pas se tromper.

 

>> Débât actuel sur les sondages et l'opinion publique

 

En France, les sondages sont assurés par plusieurs instituts de sondage IFOP, CSA, SOFRES, INSEE... Ils sont commandés par les journaux, les politiques, les associations, le gouvernement
 

Gustave Le Bon dans Psychologie des foules :

-> Le suffrage universel est défaillant : il concerne le caractère sentimental des foules et non ses capacités de raisonnement
-> Un groupe de personnes éclairées ne serait pourtant pas la solution : il s'agirait quand même d'une foule, même plus dangereuse car elle serait une caste dominante plutôt qu’une foule hétérogène.
-> Au final, le résultat des votes est représentatif de « l’âme moyenne de [la] race [de chaque nation] »

 

Le sociologue Pierre Bourdieu critique les sondages :

Le sondage d'opinion est « un artefact pur et simple dont la fonction est de dissimuler que l'état de l'opinion à un moment donné du temps est un système de forces, de tensions et qu'il n'est rien de plus inadéquat pour représenter l'état de l'opinion qu'un pourcentage »
(« L'opinion publique n'existe pas », 1972, Les Temps modernes)

 

« l'effet fondamental de l'enquête d'opinion [est de] constituer l'idée qu'il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible »
(« L'opinion publique n'existe pas », 1972, Les Temps modernes)

Le sociologue Alain Accardo le reprend :

Il parle d'« étiquette abusivement globalisante et homogénéisante sur une série limitée d'opinions individuelles artificiellement provoquées par leurs questions et de surcroît arbitrairement considérées comme interchangeables »
(Introduction à une sociologie critique, 2006)


Jean Baudrillard dénonce les sondages comme possible moyen de contrôle :

Dans La Société de consommation en 1970, il décrit comment les sondages sont exploités pour manipuler les clients : « L'effet général est soit par les moyens antérieurs à l'acte même de production (sondages, études de marché), soit postérieurs (publicité, marketing, conditionnement) d'"enlever à l'acheteur - chez qui il échappe à tout contrôle - le pouvoir de décision pour le transférer à l'entreprise, où il peut être manipulé »

 

Principaux instituts de sondage en France : IFOP, CSA, SOFRES, INSEE

IFOP : Institut français d'opinion publique, 1er institut de sondage créé en France
CSA : fondé en 1999
SOFRES : estimait pour l'ORTF dès les années 60 les résultats lors des élections (l'édition 2012 de Etat de l'Opinion est dirigée par Olivier Duhamel, Professeur des Universités à Sciences Po)
INSEE : orienté économie, comme le nom complet le précise : Institut national de la statistique et des études économiques

 

>> Citations

 

Citations anciennes et modernes sur les sondages et l'opinon publique

« Opinion publique : règne sans partage de la pensée temporaire induite par les émotions et consacrée par les médias » Romain Guilleaumes (Dictionnaire singulier)

« Le comptoir d'un café est le parlement du peuple. » Honoré de Balzac

« Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques. »  Benjamin Disraëli (1804-1881)

Citations contemporaines sur les sondages et l'opinon publique

« La statistique est la première des sciences inexactes. » Edmond et Jules de Goncourt

« Dans toute statistique, l’inexactitude du nombre est compensée par la précision des décimales.  » Alfred Sauvy

« Les sondages ne votent pas, ce sont les gens qui votent. » Hillary Clinton

« Faites attention, la statistique est toujours la troisième forme du mensonge.  » Jacques Chirac dans Le Nouvel Observateur, 1980

Citation bonus sur les sondages et l'opinion publique, à ne pas placer dans une copie ;)

« Les sondages, c'est comme la mini-jupe, ça fait rêver, mais ça cache l'essentiel. » Alexandre Sanguinetti 

« Par définition les sondages ne se trompent jamais, car ils n’ont pas vocation à prédire. » - Laurence Parisot, dans Les Echos, 2007

« Les sondages, c'est pour que les gens sachent ce qu'ils pensent. » - Coluche

 

>> Les sondages s'intéressent à la philosophie

Sondage IPSOS concernant le lien entre politique et philosophie, lors de l'élection opposant François Hollande à Nicolas Sarkozy : http://www.sondages-en-france.fr/sondages/Actualité/Philosophie

Pour un "Echantillon national représentatif de 969 individus âgés de 18 ans et plus." :
 

Les Français plus proches de Rousseau que de Hobbes

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