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La transformation des mass media par le numérique

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 08 décembre 2018

 

>> Qu'est-ce que sont les Mass media ?

 

D'après la définition du CNRTL : Ensemble des moyens de diffusion de masse de l'information, de la publicité et de la culture, c'est-à-dire des techniques et des instruments audiovisuels et graphiques, capables de transmettre rapidement le même message à destination d'un public très nombreux

 

Mass media peut être francisé en l'expression Médias de masse.

 

>> Les transformations Mass media engendrées par internet

 

Ce passage de Wikipédia identifie les points clés des transformations engendrées par les nouvelles technologies et plus particulièrement par internet.

 

Dans un second temps, depuis l'arrivée des nouvelles technologies — et en particulier de l'Internet, — l'univers des médias de masse a été considérablement révolutionné du fait d'un recul des contraintes techniques. Il devient désormais possible de combiner « action de masse » avec :

  •     une logique de diffusion plus sélective en fonction de la cible segmentée et visée (ex : ciblage marketing) ;
  •     une interactivité accrue (alors qu'elle était très limitée jusque-là) ;
  •     une logique pull où l'information est tirée par le destinataire ;
  •     une approche plus souple de l'information via la navigation et la recherche en mode hypertexte ;
  •     un coût de conception, de transport et de diffusion de l'information abaissé à des niveaux sans précédents, du fait de l'utilisation de procédés de numérisation.

>> Réflexion sur les transformations par les Médias sociaux et la sortie des Mass media

 

L'apparition des médias sociaux, dont voici la définition, nous fait sortir des Mass media :

les médias internet qui identifient leurs usagers et leurs relations sociales pour un contenu personnalisé, contrairement aux médias traditionnels (radio, télévision, journaux) qui diffusent le même contenu pour tous (Wikipedia)

 

La particularité fondamentale des médias sociaux est la pluralité des sources pour une pluralité de destinataires. Contrairement aux Mass media. On passe du One to many vers le many to many.

 

 

 

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L'amour - Sade - La Philosophie dans le boudoir

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 11 mai 2018

Le Marquis de Sade, outre le langage abondamment cru de son ouvrage, nous éclaire sur un aspect de l'amour.

Ici, le Marquis de Sade par l'intermédiaire de Dolmancé tente de définir l'amour.

Il en établit la cause (le désir) et la conséquence (la folie).

Pour Dolmancé, tout amour peut être vaincu par une réflexion saine. Car l'amour nous saisit de façon foudroyante, il nous "enflamme".

Dolmancé répondant à Eugénie :

Vous me parlez des liens de l’amour, Eugénie ; puissiez-vous ne les jamais connaître ! Ah ! qu’un tel sentiment, pour le bonheur que je vous souhaite, n’approche jamais de votre cœur ! Qu’est-ce que l’amour ? On ne peut le considérer, ce me semble, que comme l’effet résultatif des qualités d’un bel objet sur nous ; ces effets nous transportent ; ils nous enflamment ; si nous possédons cet objet, nous voilà contents ; s’il nous est impossible de l’avoir, nous nous désespérons. Mais quelle est la base de ce sentiment ?… le désir. Quelles sont les suites de ce sentiment ?… la folie. Tenons-nous-en donc au motif, et garantissons-nous des effets. Le motif est de posséder l’objet : eh bien ! tâchons de réussir, mais avec sagesse ; jouissons-en dès que nous l’avons ; consolons-nous dans le cas contraire : mille autres objets semblables, et souvent bien meilleurs, nous consoleront de la perte de celui-là ; tous les hommes, toutes les femmes se ressemblent : il n’y a point d’amour qui résiste aux effets d’une réflexion saine. Oh ! quelle duperie que cette ivresse qui, absorbant en nous le résultat des sens, nous met dans un tel état que nous ne voyons plus, que nous n’existons plus que par cet objet follement adoré !

Sade - La Philosophie dans le boudoir

 

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Saint Thomas d'Aquin - L'amour se trouve en Dieu

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 01 mai 2018

Si l'amour est une passion, et que Dieu n'a pas de passion, alors pourquoi Saint Jean dit-il que Dieu est amour ?

C'est cette question très délicate que soulève Saint Thomas d'Aquin, et à laquelle il tache de répondre.

Saint Thomas procède en trois temps :

1. Tous les mouvements appétitifs (vouloir, désirer, etc) ont nécessairement pour racine l'amour.

2. Or il y a en Dieu de la volonté.

3. Donc il y a en Dieu de l'amour.

 

Vous pouvez lire la réflexion de Saint Thomas d'Aquin telle qu'elle suit :

 

Article 1 — L’amour se trouve-t-il en Dieu ?

Objections :

1. Il semble que non. Car il n’y a en Dieu aucune passion. L’amour est une passion. Donc il n’y a pas d’amour en Dieu.

2. L’amour, la colère, la tristesse, etc. se distinguent comme des contraires dans le même genre. Or la tristesse et la colère ne s’attribuent à Dieu que par métaphore. Donc aussi l’amour.

3. On lit dans Denys : “ L’amour est une force unificatrice et un principe de cohésion. ” Mais cela ne peut trouver place en Dieu, puisqu’il est simple. Une telle force ne peut trouver à s’employer dans un être absolument simple.

En sens contraire, on lit dans S. Jean (1 Jn 4, 16) : “ Dieu est amour. ”

Réponse :

On trouve nécessairement l’amour en Dieu. En effet, le premier mouvement de la volonté ou d’une faculté appétitive quelconque est l’amour. Car l’acte de la volonté, ou l’acte de l’appétit quel qu’il soit, se porte comme à son propre objet vers le bien et vers le mal. Mais le bien est principalement et par soi l’objet de la volonté comme de tout appétit ; le mal secondairement en vertu d’autre chose, c’est-à-dire du bien auquel il s’oppose. Il faut donc que les actes de volonté et de tout appétit qui regardent le bien aient une priorité naturelle sur ceux qui regardent le mal : ainsi la joie sur la tristesse, et l’amour sur la haine ; car ce qui est tel par soi est toujours antérieur à ce qui ne l’est que par autre chose.

En outre, ce qui est plus général est premier par nature ; c’est pourquoi l’intelligence se rapporte d’abord au vrai universellement, et seulement ensuite à des vérités particulières. Or, il est des actes de volonté ou d’appétit qui concernent le bien envisagé sous quelque condition particulière : ainsi la joie, la délectation, est relative au bien présent et possédé ; le désir et l’espérance au bien non encore obtenu. Au contraire, l’amour a rapport au bien en général, qu’il soit possédé ou non. C’est donc l’amour qui est par nature l’acte premier de la volonté ou de l’appétit.

C’est pour cette raison que tous les mouvements appétitifs présupposent l’amour comme leur première racine. On ne désire rien d’autre, en effet, que ce qui est bon et qu’on aime ; en rien d’autre on ne trouve sa joie. Quant à la haine, elle ne s’adresse qu’à ce qui fait obstacle à la chose aimée. Il est tout aussi évident que la tristesse et les autres mouvements semblables se réfèrent à l’amour comme à leur principe premier. On doit conclure de là qu’en tout être où il y a quelque faculté appétitive, il doit y avoir amour ; car en supprimant ce qui est premier, on supprime tout ce qui vient après. Or, on a montré qu’il y a en Dieu une volonté : il est nécessaire d’affirmer qu’il y a en lui de l’amour.

Solutions :

1. La puissance cognitive ne meut que par l’intermédiaire de la puissance appétitive. Et de même qu’en nous la raison qui conçoit l’universel ne meut qu’au moyen de la raison particulière, comme il est dit au traité De l’Ame : ainsi l’appétit intellectuel appelé volonté nous met en mouvement par le moyen de l’appétit sensitif. Ainsi ce qui, immédiatement, fait se mouvoir le corps, en nous, c’est l’appétit sensitif. D’où il suit qu’un acte de l’appétit sensitif est toujours accompagné d’une modification corporelle, principalement touchant le cœur, qui est le premier principe du mouvement chez le vivant. C’est pour cela que les actes de l’appétit sensitif, en tant que liés à une altération corporelle, sont des “ passions ”, et non des actes de volonté. L’amour donc, et la joie ou délectation, quand il s’agit d’actes de l’appétit sensitif, sont des passions ; mais non pas s’il s’agit d’actes de l’appétit intellectuel. Or c’est ainsi que nous les attribuons à Dieu. Ce qui fait dire au Philosophe : “ Dieu jouit d’une action une et simple. ” De même, et pour la même raison, il aime sans que ce soit là une passion.

2. Dans les passions de l’appétit sensitif, il y a lieu de distinguer ce qui est en quelque façon matériel, à savoir l’altération corporelle, et ce qui est formel, qui vient de l’appétit. Ainsi, dans la colère, comme le note le traité De l’Ame, ce qu’il y a de matériel, c’est l’afflux du sang au cœur, ou quoi que ce soit de ce genre ; le formel, c’est l’appétit de vengeance. Mais en outre, du côté de ce qui est formel, quelques-unes de ces passions impliquent une certaine imperfection ; et par exemple, dans le désir est incluse l’idée d’un bien non possédé, dans la tristesse, celle d’un mal subi. Et il en est de même de la colère, qui suppose la tristesse. D’autres passions, comme l’amour et la joie, n’impliquent aucune imperfection. Donc, puisque rien dans ces mouvements appétitifs ne convient à Dieu quant à ce qui s’y trouve de matériel, comme on vient de le dire, on ne peut attribuer à Dieu que par métaphore ce qui implique une même imperfection du côté de ce qui est formel, pour exprimer la similitude des effets, ainsi qu’on l’a expliqué. Mais ce qui ne comporte aucune imperfection peut être attribué à Dieu au sens propre, comme l’amour et la joie, mais en excluant la passion, comme on vient de le dire.

3. L’amour tend toujours vers deux termes : la chose bonne qu’il veut pour quelqu’un, et celui pour qui il la veut. Aimer quelqu’un, c’est proprement en effet vouloir pour lui ce qui est bon. C’est pourquoi s’aimer soi-même, c’est vouloir pour soi ce qui est bon, de sorte qu’on cherche à se l’unir autant qu’on le peut. C’est ce qu’on veut dire quand on appelle l’amour une force unificatrice, même en Dieu, mais sans qu’il y ait alors composition d’éléments, car le bien que Dieu veut pour lui n’est autre que lui-même, qui est bon par essence, comme on l’a montré précédemment. Mais aimer un autre que soi, c’est vouloir ce qui est bon pour lui. Ainsi, c’est en user avec lui comme avec soi-même, rapportant à lui la chose bonne qu’on aime, comme à soimême. C’est en ce sens qu’on appelle l’amour un principe de cohésion : parce que celui qui aime intègre l’autre à son moi, se comportant avec lui comme avec soimême. L’amour divin, lui aussi, est une force de cohésion, non qu’il introduise en Dieu une composition quelconque, mais en tant que Dieu veut pour les autres ce qui est bon.

 

 

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