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Alexis de Tocqueville - Richesse et pauvreté

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 14 décembre 2018

Pourquoi Alexis de Tocqueville est-il souvent classé à droite ?

Ces extraits vous donneront le début d'une réponse.

 

>> La solidarité entre pauvres et riches à l'avenir

 

En peu de mots, résumons qu'Alexis de Tocqueville prédit et démontre deux tendances :

  1. Optimisme sur l'avenir : à mesure que le temps passera, les richesses s'accumuleront pour de plus en plus de personne et la vie leur sera plus douce.
  2. Pessimisme sur la répartition des richesses : le nombre de personnes qui devront demander de l'aide à leurs concitoyens sera lui aussi de plus en plus important.

 

Voici la conclusion d'Alexis de Tocqueville :

 

A mesure que le mouvement actuel de la civilisation se continuera, on verra croître les jouissances du plus grand nombre ; la société deviendra plus perfectionnée, plus savante ; l'existence sera plus aisée, plus douce, plus ornée, plus longue ; mais en même temps, sachons le prévoir, le nombre de ceux qui auront besoin de recourir à l'appui de leurs semblables pour recueillir une faible part de tous ces biens, le nombre de ceux-là s'accroîtra sans cesse. On pourra ralentir ce double mouvement ; les circonstances particulières dans lesquelles les différents peuples sont placés précipiteront ou suspendront son cours ; mais il n'est donné à personne de l'arrêter.

Alexis de Tocqueville, Mémoire sur le paupérisme (1835), Première partie

 

>> Disctinction de deux formes de charité

 

Alexis de Tocqueville sépare deux sortes de bienfaisances :

  1. La première consiste, dit de manière plus simple, à aider individuellement les autres autant qu'on le peut. Elle est soutenue par le catholicisme.
  2. La seconde est institutionnalisée. Elle vient de l'Etat, qui soulage les maux des citoyens. Elle est née du protestantisme.

Il y a deux espèces de bienfaisances : l'une, qui porte chaque individu à soulager, suivant ses moyens, les maux qui se trouvent à sa portée. Celle-là est aussi vieille que le monde ; elle a commencé avec les misères humaines ; le christianisme en a fait une vertu divine, et l'a appelée la charité.

L'autre, moins instinctive, plus raisonnée, moins enthousiaste, et souvent plus puissante, porte la société elle-même à s'occuper des malheurs de ses membres et à veiller systématiquement au soulagement de leurs douleurs. Celle-ci est née du protestantisme et ne s’est développée que dans les sociétés modernes.

Alexis de Tocqueville, Mémoire sur le paupérisme (1835), Seconde partie

 

 

>> Les conséquences de la charité légale

 

Brièvement, Alexis de Tocqueville identifie les deux ressorts qui portent à travailler :

  1. le besoin de vivre
  2. le désir d’améliorer les conditions de l’existence

Or, explique Alexis de Tocqueville, les établissements charitables détruisent cette première motivation et ne laissent que la deuxième.

 

Le pauvre, ayant un droit absolu aux secours de la société, et trouvant en tous lieux une administration publique organisée pour les lui fournir, on vit bientôt renaître et se généraliser dans une contrée protestante les abus que la Réforme avait reprochés avec raison à quelques-uns des pays catholiques. L'homme, comme tous les êtres organisés, a une passion naturelle pour l'oisiveté. Il y a pourtant deux motifs qui le portent au travail : le besoin de vivre, le désir d’améliorer les conditions de l’existence. L’expérience a prouvé que la plupart des hommes ne pouvaient être suffisamment excités au travail que par le premier de ces motifs, et que le second n’était puissant que sur un petit nombre. Or un établissement charitable, ouvert indistinctement à tous ceux qui sont dans le besoin, ou une loi qui donne à tous les pauvres, quelle que soit l’origine de la pauvreté, un droit au secours du public, affaiblit ou détruit le premier stimulant et ne laisse intact que le second. Le paysan anglais comme le paysan espagnol, s’il ne se sent pas le vif désir de rendre meilleure la position dans laquelle il est né et de sortir de sa sphère, désir timide et qui avorte aisément chez la plupart des hommes, - le paysan de ces deux contrées, dis-je, n’a point d’intérêt au travail, ou, s’il travaille, il n’a pas d’intérêt à l’épargne ; il reste donc oisif, ou dépense inconsidérément le fruit précieux de ses labeurs. Dans l’un ou l’autre de ces pays, on arrive par des causes différentes à ce même résultat, que c’est la partie la plus généreuse, la plus active, la plus industrieuse de la nation, qui consacre ses secours à fournir de quoi vivre à ceux qui ne font rien ou font un mauvais usage de leur travail.

Alexis de Tocqueville, Mémoire sur le paupérisme (1835), Seconde partie

 

Alexis de Tocqueville conclut de tout cela que les travailleurs sont utilisés pour secourir les plus pauvres qui par conséquent demeurent oisifs.

Sa sentence est sans appel, un peu plus loin dans cette Seconde partie de son Mémoire sur le paupérisme :

 

Toute mesure qui fonde la charité légale sur une base permanente et qui lui donne une forme administrative crée donc une classe oisive et paresseuse, vivant aux dépens de la classe industrielle et travaillante.

 

 

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-> Analyse du lien entre démocratie et étude des sciences - Alexis de Tocqueville

 

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Classé dans : Culture Générale - Mots clés : pauvreté, richesse, IEP, Sciences Po, Alexis de Tocqueville, Tocqueville, mémoire, paupérisme, nation, travailleurs, travail, oisif, charité, générosité, aider, christianisme, protestantisme, catholicisme - Aucun commentaire


II.B. La vocation au travail

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 04 février 2014

Cours sur le travail : Le travail entre mythes et croyances

 

I. Le travail, une terrible nécessité

I. A. Le travail s'oppose au loisir

I. B. L'esclavage pour s'affranchir du travail

 

 

II. Le travail permet à l'homme de s'accomplir

 

 

II. A. Le travail permet aux hommes de survivre et de progresser

 

II. B. La vocation au travail

 

Max Weber, dans L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, montre comment le travail est devenu une valeur fondamentale de la religion protestante.

 

Weber

« L'unique moyen de vivre d'une manière agréable à Dieu n'est pas de dépasser la morale de la vie séculière par l'ascèse monastique, mais exclusivement d'accomplir dans le monde les devoirs correspondant à la place que l'existence assigne à l'individu dans la société [Lebensstellung], devoirs qui deviennent ainsi sa « vocation » [Beruf].

Cette idée se développe chez Luther au cours de la première décennie de son activité de réformateur. »

 

Max Weber, L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme (1904-1905)

 

Martin Luther (1483 - 1546) en traduisant la Bible donne au mot Beruf (« travail ») une nouvelle signification : « vocation ». « L'accomplissement dans le monde de la besogne professionnelle est pour lui l'expression extérieure de l'amour du prochain » et par conséquent, le seul moyen de plaire à Dieu est de travailler. Le travail est alors défini comme une vocation de l'homme.

 

 

Les croyances et les mythes ont donc forcé les valeurs du travail et la considération des hommes à son égard.

D'après les croyances grecques et latines, le travail est bien un processus nécessaire et douloureux, auquel il est mieux de se dérober en cherchant le loisir.

Les mythes et la religion ont donné au travail une nouvelle dimension, montrant combien le travail peut se révéler bénéfique, par l'aménagement de la nature et comme signe de l'élection divine.

Le travail se définit donc principalement comme une activité susceptible de souffrance, mais ouverte sur des bénéfices, en tant qu'elle modifie la nature, dans son sens le plus large. Comment le travail se confronte-t-il à la nature ? Cette question est l'objet du second chapitre consacré au travail.

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