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Société au réseau omniprésent

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 27 octobre 2018

Nous avons choisi de traduire THE UBIQUITOUS NETWORK SOCIETY par ce terme un peu obscur de Société au réseau omniprésent.

Ubiquitous signifie en effet : "Present, appearing, or found everywhere.".

 

Plusieurs articles sont parus comportant ce terme comme ceux de T. Murakami, "Ubiquitous Society in Japan" ou encore J. S. Youm "Ubiquitous Society Experiences in Korea".

 

L'article qui nous intéresse aujourd'hui est celui de Mr. dr. Bart W. Schermer, professeur à l'université de Leiden (Pays-Bas) sur la vie privée et la surveillance dans une société au réseau omniprésent.

Mr. dr. Bart W. Schermer explique que nous sommes passés d'une société industrielle en une société de l'information en à peine 30 ans.

 

D'après Wooldridge, 5 tendances se sont dessinées avec l'avènement de l'ordinateur : "ubiquity, interconnection, intelligence, delegation, and human-orientation".

Pour Mark Weiser, "Les technologies les plus profondes sont celles qui disparaissent. Elles se confondent avec la vie de tous les jours jusqu'à ne plus pouvoir en être distinguées."

 

>> Omniprésence des technologies

 

La distinction entre sphère privée et sphère publique sera de plus en plus floue, à mesure que l'omniprésence des technologies avance.

Dans la société au réseau omniprésent, des technologies telles que Radio Frequency Identification (RFID), Near Field  Communication (NFC),  2D matrix  codes contribuent à l'internet des objets.

Avec l'intelligence artificielle, l'interactivité dans notre monde est augmentée grâce à la technologie, et en répondant à nos souhaits et nos désirs.

 

Un concept est développé par Mr. dr. Bart W. Schermer, celui de Mondes miroirs. Ce sont des reflets de notre monde physique augmentés de l'information. Un exemple en est Google Earth. Ces mondes miroirs nous permettent de mieux comprendre notre réalité, ce qui est autour de nous.

 

La réalité augmentée enfin vient rendre ces informations disponibles en les superposant à notre monde physique.

 

>> Les dangers

Mr. dr. Bart W. Schermer

 

Jeremy Bentham, un philosophe, a imaginé en 1791 le Panopticon, un nouveau système de punition. Les détenus sont alors scrutés et observés dans leurs moindres faits et gestes. Ils n'ont aucune sphère privée. Panopticon veut en effet dire en grec un lieu partout observable. Il y a deux risques : la discipline directe, et la discipline indirecte. Concernant cette discipline indirecte, Foucault remarquait que l'exercice dans les faits de l'autorité n'était plus nécessaire, puisque les détenus se savaient toujours observés. Les détenus se disciplinent donc eux-mêmes.

On peut faire un parallèle avec ce qui se produit en ce moment, dans la multiplication des caméras de surveillance.

Un autre danger est le manque de transparence. Dans une Société au réseau omniprésent, il sera de plus en plus difficile de distinguer qui a accès aux données, ainsi que pourquoi et comment ces données sont utilisées.

Encore un autre danger réside dans la discrimation numérique. Comme les êtres humains ne peuvent pas gérer l'intégralité des informations qui leur sont présentées, ils devront se concentrer sur un filtre opéré par la machine. Ce filtre laissera de côté des informations qui pourraient être importantes, et compter sur la machine pour faire la part des informations utiles pourrait être plus préjudiciables que si l'on avait agi sans l'aide de ces machines.

 

En outre, les faux négatifs et les faux positifs. Les faux positifs sont par exemple ces personnes qui seront identifiées à tort comme causant du tort. Même avec un taux de 99%, il reste 1% de faux positifs et c'est tout à fait conséquent à l'échelle d'un pays ou du monde. Par ailleurs, les faux négatifs arriveront lorsque les terroristes ou malfaiteurs emploiront des nouvelles méthodes, qui n'avaient pas été considérées auparavant. Ceux-ci savent en effet innover.

 

La vie privée est également importante depuis probablement la naissance de l'humanité. Les traditions et les tabous créent une séparation entre sphère privée et sphère publique.

 

>> Conclusion

 

Il s'agira de repenser la vie privée. Les technologies promises par la société au réseau omniprésent simplifiront grandement nos vies. Mais elles ne sont pas sans danger.

 

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Classé dans : Culture Générale - Mots clés : dangers, numérique, ordinateurs, technologie, nouvelles technologies, vie privée, danger des nouvelles technologies, société au réseau omniprésent, ubiquitous network society, tendances, points négatifs, problèmes - Aucun commentaire


Critiques et défauts de la démocratie

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 23 avril 2016

La démocratie est un régime répandu, vanté par beaucoup, mais qu'en est-il des critiques qui peuvent lui être adressées ? Voici un compte-rendu des principaux défauts et méfaits des régimes démocratiques. Pour approfondir le thème de la Démocratie avec d'autres ressources, cliquer ici.

 

>> Les problèmes selon le type de démocratie

 

Parmi les critiques les plus récurrentes contre la démocratie se trouvent celles qui sont liées au type même de la démocratie. Celle-ci en effet s'envisage soit sous la forme d'une démocratie directe, soit d'une démocratie indirecte. Ces deux types de démocraties ont leurs propres défauts, qui se font souvent échos.

 

1. Les problèmes de la démocratie directe

 

On parle de démocratie directe quand l'ensemble du peuple est impliqué pour prendre les décisions (à la majorité par exemple), nommer des responsables, rédiger les lois, etc. Pour bien fonctionner  ce type de démocratie doit répondre à plusieurs exigences :

  • Un peuple qui soit bon et prenne les bonnes décisions : un peuple éclairé
  • Un peuple dont le nombre soit gérable : il faut s'imaginer les Athéniens réunis pour voter à main levée. Au-delà d'un certain nombre, le compte des voix est ingérable dans ces conditions.
  • Un peuple curieux, informé de tout, et intéressé par tout : il doit prendre part à chaque décision dans chaque domaine.
  • Un peuple qui a du temps libre, pour s'occuper des affaires et pour gouverner.

 

2. Les défauts de la démocratie indirecte

 

La démocratie indirecte s'installe principalement au vu des exigences trop difficiles à réaliser de la démocratie directe. Des représentants sont élus par le peuple pour gérer les affaires, rédiger les lois. Ces représentants ont un mandat du peuple, et exercent la démocratie au nom du peuple.

 Ce système est aujourd'hui répandu dans le monde entier, comme en France : l'Assemblée nationale et le Sénat sont les deux chambres qui représentent le peuple.

 

Le principal défaut est bien sûr qu'il ne répond pas à l'idéal démocratique pur que pouvait souhaiter Jean-Jacques Rousseau dans le Contrat social.

De là le risque que les lois, les questions en débat, les équilibres se tournent en faveur des représentants du peuple et non du peuple lui-même.

-> Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais de démocratie ! - Jean-Jacques Rousseau

-> Lire l'ebook gratuit : Du Contrat social ou Principes du droit politique - Jean-Jacques Rousseau

 

3. L'équilibre des pouvoirs

 

L'équilibre des pouvoirs, cher à Montesquieu, pose de nombreux défis aux démocraties.

 

Le régime parlementaire donne davantage de pouvoir au législatif. 2 problèmes majeurs se posent : si de nombreux partis politiques ou représentants se disputent le pouvoir, des coalitions sont nécessaires. Second problème, le régime parlementaire a tendance à paralyser le pouvoir, puisqu'il faut réunir un accord entr une grande diversité d'individus.

 

Le régime présidentiel permet d'éviter ces deux problèmes en donnant davantage de pouvoir à un chef unique, élu au suffrage universel, pour passer outre la paralysie et les freins que posent le régime parlementaire. Mais le régime présidentiel présente les défauts réciproques : le risque d'un régime plus tyrannique, plus absolu, dans lequel la personne du président concentrerait trop de pouvoirs et pourrait se passer des représentants du peuple.

 

L'équilibre à trouver entre ces deux régimes est très fagile, et demeure la menace principale et persistante des démocraties.

 

>> Des problèmes liés à l'essence même de la démocratie

 

1. L'assoupissement du peuple propre à la démocratie

C'est une critique célèbre relevée par Alexis de Tocqueville dans De la démocratie en Amérique : le peuple se replie sur soi, sur ses propres petits plaisirs, et délaisse les affaires politiques.

"je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme" écrit-il dans le second volume daté de 1840.

-> Lire l'ebook gratuit : De la Démocratie en Amérique - Alexis de Tocqueville - Tome 2 - parties 1 et 2

 

Ce repli du peuple laisse place à une puissance tutélaire, résultant en un despotisme démocratique : "un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort".

 

Le peuple tente de répondre à "deux passions ennemies: ils sentent le besoin d'être conduits et l'envie de rester libres", ce qui les conduit à cette situation de despotisme démocratique. "Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple."

 

Pour répondre à cette menace, Tocqueville propose une solution : les associations. Ce sont les associations qui doivent jouer un contre-pouvoir, et garder constamment éveillée la conscience démocratique des citoyens.

 

2. Le problème posé par l'égalité

 

Le manque d'égalité est un problème en démocratie. Mais l'inverse, l'extrême égalité, le devient aussi, comme le relève Montesquieu :

"Le principe de la démocratie se corrompt, non-seulement lorsqu’on perd l’esprit d’égalité ; mais encore quand on prend l’esprit d’égalité extrême, et que chacun veut être égal à ceux qu’il choisit pour lui commander. Pour lors, le peuple, ne pouvant souffrir le pouvoir même qu’il confie, veut tout faire par lui-même, délibérer pour le sénat, exécuter pour les magistrats, et dépouiller tous les juges.

Montesquieu (1689-1755), De l’Esprit des lois, 1748. Livre VIII, chapitre II.

 

3. Le problème de la démogagie

 

La démagogie correspond à la recherche de la faveur du peuple pour obtenir ses suffrages et le dominer.

"Toutes les sociétés démocratiques sont hypocrites et elles ne peuvent pas ne pas l’être. A notre époque, on ne peut établir de régime autoritaire qu’au nom de la démocratie, parce que tous les régimes modernes sont fondés sur le principe égalitaire. On n’établit un pouvoir absolu qu’en prétendant libérer les hommes." écrit Raymond Arond dans Dix-huit leçons sur la société industrielle (Paris, 1962).

 

Une opposition se forme entre les gouvernants éclairés, conscients des difficultés, et l'idéal et la soif de plaisirs immédiats du peuple. Le peuple exige des élus qu'ils réalisent toutes leurs promesses, tandis que les élus sont poussés à mentir et à faire des promesses impossibles à tenir.

 

-> 5 livres sur la Démocratie

 

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Classé dans : Culture Générale - Mots clés : problèmes, démocratie, démocratie directe, danger, Tocqueville, présidentiel, parlementaire, démagogie, faiblesses, déomcrates, définition, égalitarisme, points négatifs - Aucun commentaire