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Sujets & Correction Sciences Po Grenoble 2019

 

Comment Schopenhauer renvoie les philosophes sur l'amour

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 09 mai 2018

 

Schopenhauer est un penseur indépendant.

Il le prouve une fois de plus en écartant tour à tour les conceptions philosophiques de l'amour de ses prédécesseurs.

Sont ainsi évacuées les analyses de (les noms ont été mis en gras dans le texte) :

  • Platon
  • Rousseau
  • Kant
  • Platner
  • Spinoza

Ce sont autant d'auteurs vers qui nous vous renvoyons pour creuser davantage ce thème de l'amour.

On ne peut donc douter, d'après les faits que je viens de rappeler, ni de la réalité ni de l'importance de l'amour ; aussi, au lieu de s'étonner qu'un philosophe n'ait pas craint, pour une fois, de faire sien ce thème éternel des poètes, devrait-on s'étonner plutôt qu'une passion qui joue dans toute la vie humaine un rôle de premier ordre n'ait pas encore été prise en considération par les philosophes et soit restée jusqu'ici comme une terre inexplorée. Celui qui s'est le plus occupé de la question, c'est Platon, surtout dans le Banquet et le Phèdre : mais tout ce qu'il avance à ce sujet reste dans le domaine des mythes, des fables et de la fantaisie, et ne se rapporte guère qu'à la pédérastie grecque. Le peu que dit Rousseau sur ce point dans le Discours sur l'inégalité est faux et insuffisant. Kant traite la question, dans la troisième section de son écrit Sur le sentiment du beau et du sublime ; mais son analyse est superficielle, faute de connaissance du sujet, et se trouve ainsi en partie inexacte. Quant à l'examen qu'en fait Platner dans son Anthropologie (§§ 1347 et suiv.), chacun le trouvera faible et sans profondeur. La définition de Spinoza mérite d'être rapportée pour son extrême naïveté, ne serait-ce que par plaisir : « Amor est titillatio, concomitante idea causæ externæ. » [L'amour est un chatouillement, accompagné de la représentation d'une cause extérieure] (Éthique, IV, proposit. XLIV, dem.) On voit que je n'ai ni à me servir de mes prédécesseurs, ni à les combattre. Le sujet s'est de lui-même imposé à moi et est venu prendre place dans l'ensemble de ma conception du monde. Je ne peux guère compter d'ailleurs sur l'approbation de ceux mêmes que cette passion domine et qui cherchent à exprimer la violence de leurs sentiments par les images les plus sublimes et les plus éthérées : ma conception de l'amour leur paraîtra trop physique, trop matérielle, si métaphysique et si transcendante qu'elle soit au fond. Qu'ils veuillent bien considérer au préalable que l'objet chéri qui leur inspire aujourd'hui des madrigaux et des sonnets, s'il était né dix-huit ans plus tôt, aurait à peine obtenu d'eux un regard.

Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation, Chapitre « XLIV : MÉTAPHYSIQUE DE L'AMOUR »

 

 

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Résumé du Banquet de Platon

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 07 mai 2018

 

 

>> I.

On comprend tout d'abord que c'est Apollodorre qui va raconter le témoignage d'Aristodème.

Apollodore : Eh bien donc ! les voici à peu près ; mais il vaut mieux essayer de reprendre les choses au commencement, dans l'ordre où Aristodème me les a racontées

Le Banquet - Platon

 

>> II.

Socrate, qui a pris soin de son apparence pour aller dîner chez Agathon, convie Aristodème à l'accompagner pour le repas. Mais au moment d'arriver, il reste en retrait.

Suis-moi donc, dit-il, et disons, en modifiant le proverbe, que des gens de bien vont dîner chez des gens de bien sans être priés.

Le Banquet - Platon

 

>> III.

Agathon veut faire chercher Socrate, mais Aristodème lui dit de le laisser tranquille, car celui lui arrive régulièrement. En effet, Socrate paraît au milieu du dîner.

Agathon lui propose de s'assoir à côté de lui, en lui disant qu'en le touchant ses sages pensées arriveront jusqu'à lui. Mais Socrate lui retourne le compliment, en disant qu'il serait à souhaiter que la sagesse puisse se transmettre ainsi, auquel cas c'est lui-même qui en serait bénéficiaire car il récupérerait la sagesse d'Agathon.

 

>> IV.

Tous les invités conviennent de ne point trop boire.

tout le monde fut d'accord de ne point passer la présente réunion à s'enivrer et de ne boire qu'à son plaisir

Le Banquet - Platon

 

>> V.

Ils décident de faire chacun à leur tour l'éloge d'Eros.

N'est-il pas étrange (...) que personne encore parmi les hommes n'ait entrepris jusqu'à ce jour de célébrer Eros comme il le mérite ?

Le Banquet - Platon

 

>> VI.

Phèdre commence par faire son éloge en disant "qu'une armée d'amants et d'aimés" pourrait "vaincre le monde entier".

 

>> VII.

Il en appelle à la mythologie pour montrer des exemples des "amants [qui] seuls savent savent mourir l'un pour l'autre".

 

>> VIII.

Après d'autres, c'est au tour de Pausanias. Pour lui, il y a plusieurs Eros.

 

>> IX.

L'Eros de l'Aphrodite poplaire est véritablement populaire et ne connaît pas de règles ; c'est l'amour dont aiment les hommes vulgaires. L'amour de ces gens-là s'adresse d'abord aux femmes aussi bien qu'aux garçons, au corps de ceux qu'ils aiment plutôt qu'à l'âme, enfin aux plus sots qu'ils puissent rencontrer.

Le Banquet - Platon

 

L'autre, au contraire, vient de l'Aphrodite céleste, qui ne procède que du sexe masculin, à l'esclusion du féminin, qui est la plus vieille et qui ne connaît point la violence.

Le Banquet - Platon

 

>> X.

L'amour n'est par lui-même ni beau ni laid : "pratiqué honnêtement, il était beau, malhonnêtement, laid".

 

>> XI.

Pausanias continue sa réflexion et conclut notamment :

La conclusion est qu'il est parfaitement honorable de se donner en vue de la vertu.

Le Banquet - Platon

C'est cette forme d'amour qui est le meilleur pour Pausanias, il appartient à l'Aphrodite céleste, tandis que les autres formes d'amour appartiennent à l'Aphrodite populaire.

 

>> XII.

C'est au tour d'Eryximaque. Pour Eryximaque, Eros règne non seulement sur les humains, mais aussi "sur les corps de tous les animaux, sur les plantes, en un mot sur tous les êtres"

La médecine, en effet, pour la définir d'un mot, est la science des mouvements amoureux du corps relativement à la réplétion et à la vacuité, et celui qui discerne dans ces mouvements le bon et le mauvais amour est le médecin le plus habile.

Le Banquet - Platon

 

Ainsi la médecine, comme la gymastique, la musique, ou l'agriculture, est gouvernée par le dieu Eros.

 

>> XIII

 

La connaissance des influences de l'amour sur les révolutions des astres et les saisons de l'année s'appelle astronomie.

 

>> XIV.

C'est au tour d'Aristophane de parler.

c'est le dieu le plus ami des hommes

Le Banquet - Platon

 

Auparavant il y avait 3 espèces d'hommes :

  1. le mâle (tire son origine du soleil)
  2. la femelle (tire son origine de la terre)
  3. l'espèce androgyne : composée du mâle et de la femelle (tire son origine de la lune)

Chaque homme était de forme ronde avec quatre mains, quatre jambes, deux visages.

 

>> XV.

Le problème survient lorsque ces hommes décident d'escalader le ciel pour combattre les dieux.

Les dieux ne veulent pas les tuer, pour ne pas réduire à néant les hommages qu'ils leur portent. Mais ils ne peuvent tolérer tant d'effronterie. Ils décident donc de les affaiblir, sur la proposition de Jupiter : ils vont tout simplement les couper en deux.

si l'étreinte avait lieu entre un homme et une femme, ils enfanteraient opur perpétuer la race, et, si elle avait lieu entre un mâle et un mâle, la sitiété les séparerait pour un temps, ils se mettraient au travail et pourvoiraient à tous les besoins de l'existence.

Le Banquet - Platon

 

>> XVI.

Quand donc un homme, qu'il soit porté pour les garçons ou pour les femmes, rencontre celui-là même qui est sa moitié, c'est un prodige que les transports de tendresse, de confiance et d'amour dont ils sont saisis.

Le Banquet - Platon

 

>> XVII

C'est au tour d'Agathon de parler.

 

>> XVIII

Au contraire de Phèdre, Agathon dit qu'Eros est le plus jeune des dieux. Il est aussi le plus délicat.

 

>> XIX

Eros est juste, il est le plus brave, et il a la tempérance. Il est habile, est "la gloire des dieux et des hommes, le guide le plus beau et le meiller, que tout homme doit suivre"

 

(...)

 

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Quels sont le thème et les oeuvres des prépas scientifiques 2019

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 07 mai 2018

Les oeuvres au programme des prépas scientifiques 2019 sont les suivantes :

 

 

Le thème quant à lui est : "L'amour".

 

Le Banquet est quelquefois désigné sous le nom de Discourssur l’amour. C’est en effet une suite de discours qui furent censés tenus au banquet donné par le poète Agathon, quand il remporta le prix au concours de tragédie, avec son premier ouvrage (416 av.J.-C.).

 

Le Songe d’une nuit d’été peut être regardé comme le pen-dant  de  laTempête.  C’est  encore  ici  une  pièce  de  féerie,  oùl’ imagination semble avoir été le seul guide de Shakspeare. Aus-si  ,  pour  la  juger,   faut-il  ne  pas  oublier  son  titre  et  se  livrer  aucaprice  du  poëte,   qui  a  dû  sentir  lui-même  tout  ce  qu’aurait  dechoquant pour un esprit méthodique et froid le mélange bizarrede  la  mythologie  ancienne  et  de  la  mythologie  moderne,  letransport rapide du spectateur d’un monde réel dans un mondefantastique,  et  de  celui-ci  dans  l’autre.  LaVie  de  Thésée,  dansPlutarque,  et  deux  contes  de  Chaucer,  ont  peut-être  fourni  àShakspeare  quelques  traits  de  son  ouvrage,  mais  l’imitation  yest très-difficile à reconnaître.

 

C’est  dans  l’hiver  de  1830  et  àtrois  cents  lieues  de  Paris  quecette  nouvelle  fut  écrite  ;  ainsi  aucune  allusion  aux  choses  de1839.Bien  des  années  avant  1830,  dans  le  temps  où  nos  arméesparcouraient  l’Europe,  le  hasard  me  donna  un  billet  de  logementpour  la  maison  d’un  chanoine  :  c’était  à  Padoue,  charmante  villed’Italie ; le séjour s’étant prolongé, nous devînmes amis.Repassant à Padoue vers la fin de 1830, je courus à la maisondu  bon  chanoine  :  il  n’y  était  plus  ;  je  le  savais,  mais  je  voulaisrevoir  le  salon  où  nous  avions  passé  tant  de  soirées  aimables,  et,depuis,  si  souvent  regrettées.  Jetrouvai  le  neveu  du  chanoine  etla  femme  de  ce  neveu  qui  mereçurent  comme  un  vieil  ami.Quelques personnes survinrent, et l’on ne se sépara que fort tard ;le  neveu  fit  venir  du  Café  Pedroti  un  excellent  zambajon.  Ce  quinous fit veiller surtout, ce fut l’histoire de la duchesse Sanseverinaà  laquelle  quelqu’un  fit  allusion,  et  que  le  neveu  voulut  bienraconter tout entière, en mon honneur.

 

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Les sectes grecques : Écoles, Académie et Lycée

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 10 octobre 2016

Comment étudier l'histoire de la philosophie ? Alors que récemment, cette étude se fait en y voyant les continuités, le développement, le cours, les historiens de la philosophie n'ont pas toujours été aussi assidus à rendre compte de ces évolutions, de ces enchaînements.

L'histoire de la philosophie s'est d'abord racontée de manière plus ponctuelle, plus ciblée : par l'étude des sectes. Qu'entend-on par secte ? Ce n'est décidément pas la même acceptation que nous lui reconnaissons aujourd'hui en parlant des sectes religieuses. Explications ici.

 

>> Sectes ou Écoles ?

 

La définition que donne le CNRTL du mot Secte vous éclairera mieux que nous ne le pouvons sur le lien entre École et Secte :

Ensemble de personnes qui se réclament d'un même maître et professent sa doctrine philosophique, religieuse ou politique, ses opinions

Par les mots"maître" et "doctrine", la relation entre secte et école est d'emblée établie. Et pour cause, voici maintenant la définition du mot École d'après le CNRTL :

Ensemble des disciples d'un maître.

P. ext. Doctrine, courant, système, prôné par un maître ou un ensemble de personnes.

 

Voici ce que dit Émile Bréhier à propos des écoles et comment ces sectes, - mots qu'il semble employer de manière quasiment synonyme - ont façonné les vues sur l'histoire de la philosophie de manière éparpillée, ponctuelle, et désordonnée :

 

Notre histoire de la philosophie est véritablement née à l’époque de la Renaissance, lorsque l’on découvrit en Occident les compilateurs de la fin de l’antiquité, Plutarque, dont les écrits renferment un traité Sur les opinions des philosophes, Sextus Empiricus, Stobée, les Stromates de Clément d’Alexandrie et surtout les Vies des Philosophes de Diogène Laërce qui rassemble en un inexprimable désordre des débris de toutes les œuvres antiques d’histoire de la philosophie depuis les travaux des disciples d’Aristote. Par ces auteurs s’ouvraient, sur la diversité des sectes antiques, sur la succession des chefs d’école et des écoles elles-mêmes, des perspectives qui avaient entièrement échappé à la pensée médiévale.

Histoire de la Philosophie - Émile Bréhier - Tome 1 - Antiquité et Moyen Âge - INTRODUCTION

 

Dans cet essaimage d'écoles, que vous pouvez plus facilement vous représenter en vous référant au tableau à la fin de cet article, deux écoles retiennent l'attention, parce qu'ils ont également formé deux mots célèbres du vocabulaire éducatif : l'Académie de Platon et le Lycée d'Aristote.

Si les écoles du stoïcisme et de l'épicurisme sont également deux exemples mémorables, nous nous attarderons ici sur ces deux sectes : l'Académie et le Lycée.

 

>> Zoom sur l'Académie de Platon

 

Dates de l'Académie :  environ 387 av. J.-C. à 86 av. J.-C.

Fondateur : Platon

L'Académie était avant tout le nom d'un terrain, situé dans les alentours d'Athènes. Il y avait au moins deux lieux d'enseignement différents :

  1. le gymnase (pour les débutants)
  2. le jardin (pour les initiés)

En ces endroits, Platon donnait des leçons philosophiques voire ésotériques, comme une célèbre leçon sur le Bien. Mais plus précisément, en quoi consistait l’enseignement de Platon ?

C’est ce qu’il est difficile de savoir, parce que la plupart de ses œuvres, destinées à un large public, n’en doivent pas être le reflet ; il faut en excepter pourtant ces sortes d’exercices logiques que sont la seconde partie du Parménide et les débuts du Théétète et du Sophiste ; si l’on fait attention que ces exercices sont destinés à éprouver la vigueur logique de l’étudiant, que, en outre, Platon considère l’influence de la parole vivante comme bien supérieure à celle de l’écrit (Phèdre), enfin que la parole, tel que l’entend un socratique, est moins exposé suivi que discussion, nous pouvons sans doute conclure que l’exposé doctrinal ne doit pas y avoir eu la place qu’il a prise chez Aristote.

Histoire de la Philosophie - Émile Bréhier - Tome 1 - CHAPITRE III : PLATON ET L’ACADÉMIE

 

L'Académie a donné lieu à un héritage très important. Toutefois, les désaccords quant à ce qu'il faut faire et retenir de la doctrine de Platon semblent avoir causé assez tôt sa perte :

 

L’Académie, après Platon, eut successivement pour chefs, Speusippe, le neveu du maître (348-339), Xénocrate (339-315), Polémon (315-269). (...) il n’existe pas à ce moment d’orthodoxie platonicienne, et c’est même l’occasion d’un vif reproche que les néo-platoniciens firent aux successeurs directs de Platon. Aussi le platonisme, miné par les divergences d’école, est ruiné par l’attaque des nouveaux dogmatismes en formation ; Aristote, les Stoïciens et Épicure s’accordent pour le combattre.

Histoire de la Philosophie - Émile Bréhier - Tome 1 - CHAPITRE III : PLATON ET L’ACADÉMIE

 

> Zoom sur le Lycée d'Aristote

 

Si Aristote a aussi été professeur pour l'Académie de Platon, il a également fondé sa propre école divergente, comme évoqué ci-dessus : le Lycée.

Dates du Lycée :  en 335 av. J.-C. jusqu'en 47 av. J.-C.

Fondateur : Aristote

 

Le Lycée est également appelé "école péripatéticienne", tout simplement car Aristote marchait en enseignant à ses élèves. Ce qui est bien le sens du mot péripatéticien : "qui aime se promener en discutant".

 

En quelles circonstances le Lycée a-t-il été créé ? Il est indispensable de revenir sur le contexte politique de l'époque pour éclaircir cette question.

 

Lorsqu’il retourna, en 335, dans Athènes où le parti national, réduit au silence après la déchéance politique de la cité, subsistait pourtant encore, ce métèque devait être connu comme partisan de la Macédoine. Il ne rentra pas à l’Académie, mais fonda au Lycée une nouvelle école, où il enseigna pendant treize ans. A la mort d’Alexandre (323), le parti national athénien que dirigeait encore Démosthènes l’obligea à quitter la ville ; il se retira à Chalcis, en Eubée, dans une propriété héritée de sa mère, où il mourut en 322, à 63 ans. (...) d’Aristote au contraire, il ne reste que d’infimes fragments des ouvrages écrits pour un public étendu ; ce que nous avons de lui, ce sont des cours qu’il rédigea soit pour l’enseignement au Lycée, soit peut-être pour des leçons qu’il fit sans doute à Assos, avant d’être précepteur d’Alexandre : notes rédigées par un professeur pour lui-même, sans aucune recherche de la perfection littéraire, parfois simples points de repère pour le développement oral, où ont pu même, quand ces recueils furent publiés après sa mort, se glisser des notes d’élèves.

Histoire de la Philosophie - Émile Bréhier - Tome 1 - CHAPITRE IV : ARISTOTE ET LE LYCÉE

 

Tout comme Platon enseignint en au moins deux endroits différents selon le niveau des étudiants, Aristote donnait deux types de leçons :

  1. Un cours « exotérique » l'après-midi (pour tous)
  2. Un cours « acroamatique » le matin (pour les inités).

 

>> Tableau des écoles grecques en métaphysique

 

Le site chrétien christus.fr a réalisé ce tableau des écoles grecques en lien avec leur étude sur la métaphysique.

Ce tableau a le mérite de vous montrer la diversité des "écoles" dénombrables dans l'histoire de la philosophie grecque.

 

 

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Culture générale : Les sondages et l'opinion publique

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 29 septembre 2014

>> La philosophie s'intéresse aux sondages et à l'opinon publique

 

Platon : critique l'opinion publique
-> danger de la versatilité, sujette à de trop brusques changements
-> danger de la superficialité 

Rousseau :
-> La volonté générale ne peut pas se tromper.

 

>> Débât actuel sur les sondages et l'opinion publique

 

En France, les sondages sont assurés par plusieurs instituts de sondage IFOP, CSA, SOFRES, INSEE... Ils sont commandés par les journaux, les politiques, les associations, le gouvernement
 

Gustave Le Bon dans Psychologie des foules :

-> Le suffrage universel est défaillant : il concerne le caractère sentimental des foules et non ses capacités de raisonnement
-> Un groupe de personnes éclairées ne serait pourtant pas la solution : il s'agirait quand même d'une foule, même plus dangereuse car elle serait une caste dominante plutôt qu’une foule hétérogène.
-> Au final, le résultat des votes est représentatif de « l’âme moyenne de [la] race [de chaque nation] »

 

Le sociologue Pierre Bourdieu critique les sondages :

Le sondage d'opinion est « un artefact pur et simple dont la fonction est de dissimuler que l'état de l'opinion à un moment donné du temps est un système de forces, de tensions et qu'il n'est rien de plus inadéquat pour représenter l'état de l'opinion qu'un pourcentage »
(« L'opinion publique n'existe pas », 1972, Les Temps modernes)

 

« l'effet fondamental de l'enquête d'opinion [est de] constituer l'idée qu'il existe une opinion publique unanime, donc légitimer une politique et renforcer les rapports de force qui la fondent ou la rendent possible »
(« L'opinion publique n'existe pas », 1972, Les Temps modernes)

Le sociologue Alain Accardo le reprend :

Il parle d'« étiquette abusivement globalisante et homogénéisante sur une série limitée d'opinions individuelles artificiellement provoquées par leurs questions et de surcroît arbitrairement considérées comme interchangeables »
(Introduction à une sociologie critique, 2006)


Jean Baudrillard dénonce les sondages comme possible moyen de contrôle :

Dans La Société de consommation en 1970, il décrit comment les sondages sont exploités pour manipuler les clients : « L'effet général est soit par les moyens antérieurs à l'acte même de production (sondages, études de marché), soit postérieurs (publicité, marketing, conditionnement) d'"enlever à l'acheteur - chez qui il échappe à tout contrôle - le pouvoir de décision pour le transférer à l'entreprise, où il peut être manipulé »

 

Principaux instituts de sondage en France : IFOP, CSA, SOFRES, INSEE

IFOP : Institut français d'opinion publique, 1er institut de sondage créé en France
CSA : fondé en 1999
SOFRES : estimait pour l'ORTF dès les années 60 les résultats lors des élections (l'édition 2012 de Etat de l'Opinion est dirigée par Olivier Duhamel, Professeur des Universités à Sciences Po)
INSEE : orienté économie, comme le nom complet le précise : Institut national de la statistique et des études économiques

 

>> Citations

 

Citations anciennes et modernes sur les sondages et l'opinon publique

« Opinion publique : règne sans partage de la pensée temporaire induite par les émotions et consacrée par les médias » Romain Guilleaumes (Dictionnaire singulier)

« Le comptoir d'un café est le parlement du peuple. » Honoré de Balzac

« Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques. »  Benjamin Disraëli (1804-1881)

Citations contemporaines sur les sondages et l'opinon publique

« La statistique est la première des sciences inexactes. » Edmond et Jules de Goncourt

« Dans toute statistique, l’inexactitude du nombre est compensée par la précision des décimales.  » Alfred Sauvy

« Les sondages ne votent pas, ce sont les gens qui votent. » Hillary Clinton

« Faites attention, la statistique est toujours la troisième forme du mensonge.  » Jacques Chirac dans Le Nouvel Observateur, 1980

Citation bonus sur les sondages et l'opinion publique, à ne pas placer dans une copie ;)

« Les sondages, c'est comme la mini-jupe, ça fait rêver, mais ça cache l'essentiel. » Alexandre Sanguinetti 

« Par définition les sondages ne se trompent jamais, car ils n’ont pas vocation à prédire. » - Laurence Parisot, dans Les Echos, 2007

« Les sondages, c'est pour que les gens sachent ce qu'ils pensent. » - Coluche

 

>> Les sondages s'intéressent à la philosophie

Sondage IPSOS concernant le lien entre politique et philosophie, lors de l'élection opposant François Hollande à Nicolas Sarkozy : http://www.sondages-en-france.fr/sondages/Actualité/Philosophie

Pour un "Echantillon national représentatif de 969 individus âgés de 18 ans et plus." :
 

Les Français plus proches de Rousseau que de Hobbes

Classé dans : Actualités, Culture Générale - Mots clés : sondages, opinion, publique, culture, générale, philosophie, réflexion, citations, débât, Platon, Rousseau, Pierre Bourdieu, Jean Baudrillard, IFOP, CSA, SOFRES, INSEE, statistiques - Aucun commentaire


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