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4 Techniques Fantastiques pour Trouver le Plan de TOUTES vos Dissertations TOUTE Votre Vie et en UN Instant

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 24 novembre 2016

Aujourd'hui, un article important s'il en est puisqu'il s'occupe du cœur de votre dissertation : le contenu !

Car plutôt que de vous aider sur la forme, sur la "beauté" de votre dissertation - 20 Préceptes pour une Meilleure Présentation de vos copies - nous parlerons davantage de ce qui soutient votre dissertation, ce qui le structure : le squelette !

D'où le titre très sobre de cet article : "4 Techniques Fantastiques pour Trouver le Plan de TOUTES vos Dissertations TOUTE Votre Vie et en UN Instant". Fantastiques, parce que vous allez voir qu'en faisant marcher votre imagination, vous pouvez aller beaucoup plus loin et réfléchir de manière beaucoup plus efficace que vous le croyez.

Nous vous offrons en effet une stratégie de guerre imparable, puisque après avoir lu notre article, vous n'aurez plus aucun problème pour structurer TOUS les devoirs / dissertations de TOUTES vos matières de TOUTE votre vie ! Rien de moins ! ;)

Comment trouver un plan ? Un plan en deux parties ou en trois parties ? Comment réussir sa dissertation ?

Ouvrez donc bien vos yeux, et apprenez par cœur ces 4 techniques qui vous donneront la clé pour structurer vos devoirs, donner de la cohérence à vos idées, et bien articuler les différents mouvements de votre devoir.

  • Technique n°1 : La Technique du Théâtre
  • Technique n°2 : La Technique du Serpent Barbu
  • Technique n°3 : La Technique du Vieux Philosophe
  • Technique n°4 : La Technique du Flemmard dans son Hammac

 

>> 1er plan : La Technique du Théâtre - Comment trouver un plan pour sa dissertation

 

Nous avons donné des noms imagés aux techniques pour trouver un plan, d'abord pour qu'ils soient faciles à identifier, mais en plus pour qu'ils soient faciles à mémoriser ! Imprégnez-vous bien de cette image que nous vous donnons dans le nom de la technique, et vous n'aurez absolument aucun mal pour vous souvenir de ce que signifie la technique.


Une technique efficace pour arriver à produire un plan rapidement : le Théâtre

 

Matières pour ce plan : Ce plan vous sera utile dans toutes les matières, et notamment pour l'explication de texte (français, philosophie, anglais, espagnol, allemand, langues étrangères, histoire...)

Nombre de parties du plan : Ce plan se construit toujours en 3 parties.

Démarche du plan : Il part du plus évident, du plus superficiel, vers le plus subtil, le plus profond.

Faites fonctionner le plan : Voici comment mettre en place ce plan, et en quoi il consiste réellement. Votre sujet (que ce soit un intitulé de dissertation, juste une phrase, ou tout un texte) est en fait une pièce de théâtre.

Imagininez le tout début de la pièce : vous vous asseyez dans les fauteuils et vous contemplez la scène. Le rideau s'ouvre. Vous remarquez les décors, où les personnages sont placés, qui sont ces personnages sur la scène, comment ils s'appellent, quels vêtements ils portent, à quelle époque se situe la pièce. Ceci est votre 1ère partie. Ce sont tous les éléments qui présentent votre sujet, qui présentent la situation.

La pièce de théâtre se poursuit, et l'intrigue prend véritablement place. Vous suivez avec attention l'histoire, les péripéties, les retournements de situation, les enjeux. Tel personnage est tombé amoureux de tel personnage, qui lui-même déteste tel autre personnage, etc. Pensez à votre série préférée, pensez Game of Thrones, le Seigneur des Anneaux, Harry Potter et toutes les intrigues qui s'imbriquent, toutes les relations complexes entre les personnages. Vous devez rendre compte de toutes les évolutions. Ceci est votre 2e partie. Ce sont toutes les interactions qui sont soulevées par votre sujet.

La pièce de théâtre touche à sa fin. Et c'est maintenant l'heure du bien nommé : coup de théâtre. C'est le retournement de situation finale, "la chute", et tout prend une dimension nouvelle. Vous comprenez tout de façon nouvelle. Pensez encore une fois à votre film, votre série préférée, lorsqu'à la fin le personnage fait une révélation qui remet en cause tout ce qui se passait depuis le début : c'était resté un secret jusqu'à maintenant, mais maintenant que vous le savez, ça explique beaucoup de choses ! C'est ce secret que vous devez révéler maintenant. Ceci est votre 3e partie. Il s'agit de tout ce que le sujet a de plus subtil et auquel on ne pense pas tout de suite, ce qui était caché depuis le tout début de votre devoir, depuis votre introduction, et qui maintenant éclate au grand jour.

 

Exemple pour ce plan : Le rayonnement culturel de la France depuis 1945

 

I. L'Etat providence français : nouveaux modèles économiques. - Vous décrivez ici la situation telle quelle est. Que est la situation sur rayonnement culture de la France entre 1945 et aujourd'hui, qu'est-ce que vous voyez au premier coup d'œil ?

II. Scolarisation, urbanisation, et politique culturelle en France. - C'est l'intrigue. Quelles sont les évolutions ? Comment se déroule ce rayonnement culturel, quelles sont les relations et les interactions à l'œuvre ?

III. La société de consommation et l'évolution des mœurs. - C'est la dynamique secrète. Qu'est-ce qui se tramait depuis le début et qu'on peut enfin révéler ? Avec le recul et à la fin, on découvre que c'est toute une mentalité, tout un système de pensée, qui a changé depuis le début et qui était la dynamique cachée du rayonnement culturel de la France. C'est cela dont on se rend compte à la fin, et qui donne sens à tout ce qu'on a décrit jusqu'ici.

 

-> A la fin de cet article, nous vous aidons à Trouver les sous-parties de votre plan rapidement.

 

>> 2e plan : La Technique du Serpent Barbu  - Comment trouver un plan pour sa dissertation

 

Le nom "Serpent Barbu" cache ce qu'est le véritable nom de ce plan, et qui n'est autre que "Chronos", le Dieu du temps. Et ce n'est pas un hasard si nous avons caché le nom du Dieu Chronos ! C'est parce qu'il faudra faire pareil dans votre copie. Chronos fut un temps représenté comme un serpent à trois têtes, et de nos jours il est parfois représenté comme un vieil homme barbu. En combinant les deux images, vous vous retrouvez en tête à tête avec un serpent barbu !


Certes, notre serpent a plus de fleurs sur lui que de barbe.
L'important, c'est de se souvenir du Dieu
qui sauvera votre dissertation : Chronos !

 

Matières pour ce plan : le serpent barbu, il vous sera surtout, surtout, surtout utile en... HISTOIRE ! Quasiment à chaque fois que vous vous retrouverez en face d'un sujet de dissertation d'histoire, le Serpent Barbu sera le plan le plus efficace ! Et par conséquent, c'est probablement aussi le plan le plus répandu.

Nombre de parties du plan :  3 parties, c'est l'idéal, par défaut. Mais si ça marche mieux en 2 parties comme nous allons l'expliquer, alors foncez pour le faire 2 parties.

Démarche du plan : le plan du Serpent Barbu n'est autre que... le plan chrono-thématique ! Il s'agit donc d'un plan qui va de l'ancien au plus récent, tout en thématisant chaque période.

Faites fonctionner le plan : Pour faire fonctionner ce plan, il vous faut avant tout délimiter les bornes chronologiques de votre sujet ! Prenons un exemple classique, votre sujet est : "La Première Guerre Mondiale". C'est à vous d'identifier les bornes, et comme vous avez quelques notions d'histoire, vous arrivez très vite à déterminer la borne de début 1914 et la borne de fin 1918. Il faut alors déterminer 2 ou 3 périodes dans ces bornes ! On a de la chance, parce que la Première Guerre mondiale est très souvent décrite en 3 phases successives. Il vous suffit donc de reprendre ces 3 périodes :

  1. automne-hiver 1914
  2. 1915-1917
  3. 1918

Tout comme nous avons maquillé le nom du Dieu Chronos, en le remplaçant par "Serpent Barbu", vous devrez maquiller le nom de vos 2 ou 3 parties en remplaçant la période par une image forte représentative de cette période. Qu'est-ce qui caractèrise cette période ? Qu'est-ce qui fait l'essence de cette période ? Lorsque vous avez fait votre division en 3 périodes, c'est bien qu'il y a eu un changement, un tournant, dans l'histoire. Comment c'était avant, et comment c'était après ? Ce sont les réponses à ces questions qui seront vos parties !

Pour la Première Guerre Mondiale, voici ce que seraient vos parties :

  1. la première Guerre de Mouvement. (automne-hiver 1914)
  2. la Guerre des Tranchées (1915-1917)
  3. la seconde Guerre de Mouvement. (1918)

C'est ainsi que vous ne vous contentez pas de réciter sans réflexion l'histoire, de raconter les évènements les uns après les uns sans les comprendre. En identifiant quels sont les tournants, quelles sont les caractéristiques de chaque période, ce qui a changé, qu'est-ce qui fait l'essence de chaque période de l'histoire par rapport à une autre, vous produisez une véritable analyse, une réflexion. Cette réflexion, c'est la valeur ajoutée que cherche le correcteur. Le correcteur a deux objectifs : 1) être sûr que vous connaissez bien votre cours, que vous connaissez les dates, vous savez par cœur les faits historiques. 2) vous pouvez trouver la cohérence du cours de l'histoire, l'analyser, et vous ne restez pas passifs : vous trouvez du sens à l'histoire.

 

Exemple pour ce plan : La puissance diplomatique de la France dans le monde de 1958 à 2007

Comme vous allez le voir, il est important pour un sujet aussi vaste de comprendre les tournants. Nous avons donc identifié 4 années charnières, c'est-à-dire les 4 années qui ont fait basculer le cours de l'histoire : 1958 - 1974 - 1991 - 2007. Parmi elles, 2 nous avaient déjà été données dans le sujet, et ce n'est bien sûr pas un hasard. Vous devez expliquer pourquoi le correcteur vous a donné ces bornes, pourquoi c'est important de commencer en 1958 et de finir en 2007. De ces années charnières, nous pouvons déduire qu'il y a eu 3 grandes périodes. Et c'est à nous / et désormais à vous de leur donner une couleur, de dire comment sont ces périodes, qu'est-ce qu'elles ont de spécial. Voici les couleurs que nous avons trouvées pour chaque période :

I. La politique de grandeur (1958-1974)

II. La France dépendante de l'affrontement bipolaire mondial (1974-1991)

III. La France face à la mondialisation (1992-2007)

 

-> A la fin de cet article, nous vous aidons à Trouver les sous-parties de votre plan rapidement.

Attention : Ce plan du Serpent Barbu, ou chrono-thématique, ne s'impose pas / ne convient pas à toutes les dissertations d'histoire.

Par exemple si le sujet est très resserré chronologiquement, ce n'est pas utile, et dans ce cas il vaut mieux utiliser la première technique que nous vous avons présentée, celle du Théâtre. En particulier, si comme cela s'est déjà vu, le sujet tient en une seule date. Exemple : "Sujet : L'année 1945".

Inversement, si le sujet porte sur une période très large, alors il y a énormément de chances que le Serpent Barbu soit le seul plan qui convienne ! Exemple : "Sujet : Le pouvoir royal de 1328 à 1792".

 

>> 3e plan : La Technique du Vieux Philosophe - Comment trouver un plan pour sa dissertation

 

 


Un philosophe classique pour un plan tout aussi classique,
et sûrement le plus redoutable et efficace encore aujourd'hui

Matières pour ce plan : le Vieux Philosophe, c'est probablement celui qui vous aidera le plus dans le plus de matières différentes ! Culture générale, Questions contemporaines, Histoire, Langues étrangères, et bien sûr Philosophie (car c'est quand même eux qui l'ont inventée). Vous pourrez l'utiliser dans de très nombreux cas, et il y a en particulier UN cas où vous devez absolument y penser : dès qu'une question peut être répondue par "Oui" ou par "Non", par exemple si le sujet peut être formulé avec "Est-ce que ... ?" -> le vieux philosophe !

Nombre de parties du plan : TOUJOURS 3 PARTIES. Cette fois-ci, c'est obligatoire, et c'est pour votre bien, même si la 3e partie sera bien souvent la plus délicate ! ;)

Démarche du plan : il s'agit tout simplement du plan dialectique. C'est donc une discussion : arguments en faveur, arguments en opposition, et solution. De manière encore plus concise, on pourrait résumer par la formule : Oui / Non / Dépassement. Mais attention, ce n'est pas aussi simple que ça en a l'air, lisez bien la suite.

Faites fonctionner le plan : En effet, il faut bien comprendre le Vieux Philosophe, sinon les conséquences pourraient être désastreuses. Historiquemenent, on peut faire remonter la dialectique au moins jusqu'à Platon (c'est en fait lui que l'on désigne par le Vieux Philosophe) : il s'agit alors d'une discussion. C'est comme s'il y avait 3 personnages en présence : le premier est pour telle mesure, le second est contre, et le troisième doit prendre en compte les arguments de tous et trouver la solution pour que tout le monde soit content ! Cela veut donc dire que tous les arguments sont valables, et que la discussion progresse. La troisième partie est donc très difficile puisque il faut reconnaître la pertinence de tout ce que vous avez dit jusqu'à maintenant, et résoudre des avis opposés. En somme, c'est à vous de régler les problèmes, c'est VOUS le Vieux Philosophe. Imaginez un dialogue sur le sujet improbable "Faut-il donner le biberon ?" :

I. Grand-Mère : Donner le biberon, c'est bien pour A. cette raison évidente B. encore plus pour cette deuxième raison C. finalement et surtout pour cette troisième raison.

II. Grand-Père : Donner le biberon, c'est mal pour A. cette raison évidente B. encore plus pour cette deuxième raison C. finalement et surtout pour cette troisième raison.

III. Vous-même : C'est vrai, Grand-Mère a raison, et à la fois Grand-Père a aussi raison. Dès lors, la solution c'est de bien comprendre que Donner le biberon ce n'est pas seulement une question de bien ou de mal : au-delà de tout ça il y a l'intérêt de l'humanité blablabla.

Oui, vous avez le droit d'imaginer deux grands-parents qui papotent pendant votre examen, si ça peut vous rapporter des points !

 

Exemple pour ce plan : Corrigé du sujet : Le Travail, facteur d'intégration ?

I. Le travail peut être encore aujourd'hui un facteur d'intégration sociale

II. Le travail n'est pas pour autant en permanence un facteur d'intégration sociale

III. L'intégration sociale doit être favorisée par une discipline souple mais régulée du travail

Attention : l'avantage, c'est que très souvent pour les dissertations de français ou de philosophie ou d'histoire ou d'autres matières, il n'y a pas besoin de faire apparaître le plan. Mais il faut tout de même annoncer le plan dans l'introduction, et en souligner l'articulation dans les transitions. Vos annonces de plan ne doivent pas être aussi brutes que nous l'avons exposé ici. Il ne faut pas que vous ayez l'air de dire quelque chose (I) et que juste après vous détruisiez ce que vous venez de dire (II) ! Nous vous rappelons que tous les arguments sont justes et le demeurent jusqu'au bout ! C'est là que réside toute la subtilité et la difficulté du plan dialectique, qui est pourtant le meilleur plan, le plus performant et le plus génial quand il est réussi ! C'est lui qui vous amènera le plus loin, c'est lui le plus classe.

Il faut donc que vous preniez un soin tout particulier à la formulation de vos annonces de plans, en montrant bien qu'il n'y a pas de contradiction brutale qui anéantirait votre travail, mais qu'il y a une progression. Ce que dit Grand-Mère est intéressant, et ce que dit Grand-Père est également intéressant, même si les deux ont un avis qui ne va pas dans le même sens. C'est bien sûr encore plus important pour votre troisième partie, puisqu'il doit y avoir conciliation, solution, dépassement de tous les arguments invoqués jusqu'à alors.

 

-> A la fin de cet article, nous vous aidons à Trouver les sous-parties de votre plan rapidement.

 

>> 4e plan : La Technique du Flemmard dans son Hammac - Comment trouver un plan pour sa dissertation


Si vous êtes aussi décontracté que le jeune homme
à l'idée d'utiliser ce plan en deux parties,
alors allez-y et récupérez la bonne note dont vous rêvez !

 

Matières pour ce plan : en Droit quasiment toujours, en Langues étrangères assez souvent, en Culture générale et Questions contemporaines.

Nombre de parties du plan : 2 parties ! Seulement 2 parties, d'où notre appellation tout à fait amicale en vérité du "Flemmard", parce qu'il s'agit du seul plan qui est uniquement en 2 parties. De manière un peu plus gratifiante, on aurait pu l'appeler : "le Gars Efficace qui n'a Besoin que de 2 parties", mais on trouvait plus amusant de charrier un peu.

Démarche du plan : Dit très simplement, toute la logique de ce plan du Flemmard dans son Hammac se résume en 2 mots : "OUI, MAIS". D'où notre appellation "du Hammac" : pensez au balancement du Hamac, très binaire : je vais d'un côté, et tout à coup je repars de l'autre côté.

Faites fonctionner le plan : Votre première partie correspond donc à la thèse la plus évidente. C'est le "OUI". Votre seconde partie, sera le lieu idéal pour nuancer. C'est le "MAIS". Dans la première partie, vous dites au correcteur :

Partie I. il faut bien que voir que telle mesure est bonne pour cette raison (A) et surtout pour cette raison (B).

Partie II. Toutefois, il faut faire attention. Car la raison A est vraie, mais il ne faut pas oublier que ça peut être dangereux (A'). Et la raison B est  aussi vraie, mais elle peut aussi être dangereuse (B')

En bref, vous affirmez votre thèse (I) grâce à deux arguments (A) et (B). Puis - pensez au Hammac - vous contrebalancez (II) cette thèse grâce à deux nouveaux arguments (A') et (B').

 

Exemple pour ce plan : Correction du sujet La Famille a-t-elle un avenir ?

I. Les racines familiales

A. L'enracinement de la famille

B. Le déracinement familial

II. Le déracinement familial comme avenir ?

A. Dissolution ou transformation de la famille ?

B. Quand la société se joue des influences idéologiques sur la famille

 

-> Juste ci-dessous, nous vous aidons à Trouver les sous-parties de votre plan rapidement.

 

>> Faites des sous-parties

 

Pour tous les plans que nous avons vus, les sous-parties sont beaucoup plus faciles.

Il suffit d'aller du moins important au plus important.

Sélectionnez 3 points importants que vous allez avancer. Parmi ces 3 arguments, lequel a le plus de poids ? Lequel permet de convaincre le plus votre correcteur que vous avez raison ? Ce point le plus important vous le gardez pour la fin, votre troisième sous-partie. Le second argument, qui est important mais pas tant que ça, ce sera votre deuxième sous-partie. L'argument le plus facile, celui auquel tout le monde pense et qui en fait n'est pas si fort que ça, vous l'expliquez tout de suite : c'est votre première partie.

Si vous n'avez que 2 arguments en tête, ce n'est pas grave : vous pouvez utiliser seulement 2 sous-parties. C'est beaucoup moins important quand il s'agit des sous-parties, mais faites toujours 2 ou 3 sous-parties, pas plus, pas moins.

Gardez enfin à l'esprit que toutes vos parties doivent être équilibrées ! L'idéal c'est ça :

  • Introduction 15% du devoir
    Transition
     
  • Partie I. 25% du devoir (A. 33% de la partie - B. 33% de la partie - C. 33% de la partie)
    Transition
  • Partie II. 25% du devoir (A. 33% de la partie - B. 33% de la partie - C. 33% de la partie)
    Transition
  • Partie III. 25% du devoir (A. 33% de la partie - B. 33% de la partie - C. 33% de la partie)
    Transition
     
  • Conclusion 10% du devoir

 

 

>> Appliquez ces techniques pour trouver un plan rapidement et efficacement

 

Connaître les techniques pour obtenir le meilleur plan possible pour son devoir, c'est très bien. Pouvoir les appliquer avec productivité, et gagner un maximum de temps dans votre devoir, c'est encore mieux ! Lisez ces 16 Moyens pour Être Extrêmement Productif (30 Secondes Chacun) pour être encore plus performant lors de votre examen.

N'oubliez pas qu'il existe d'autres plans, mais dans ces cas ils sont beaucoup plus simples et vous n'avez pas besoin de technique. C'est par exemple le cas du Commentaire de texte en Philosophie : certains professeurs préconisent le commentaire de texte linéaire, c'est-à-dire phrase par phrase, mot par mot. Dans ce cas, il vous faut juste découper le texte en 3 grandes parties équitables, et donner un titre qui résumé chaque partie.

 

Un dernier moyen mnémotechnique pour vous souvenir de toutes ces techniques : si vous hésitez le jour du devoir à quelle façon employer, souvenez-vous de cette petite histoire : vous êtes dans un grand théâtre à Paris (1ère technique pour trouver un plan), la salle est comble, il y a beaucoup de gens autour de vous qui éclatent de rire, qui s'ennuient, qui papotent en attendant le début du spectacle. Soudain, le rideau se lève : horreur ! Un immense serpent doté d'une longue barbe (2e technique pour trouver un plan) se déplace sur la scène. Toute la salle est prise de panique. Tous les spectateurs se lèvent d'un coup affolés, en se précipitant vers les sorties. Alors un vieil homme grec à sandales, s'avance péniblement vers l'estrade, le dos courbé (3e technique pour trouver un plan). Il monte les marche, s'approche du serpent et lui crie : "Dégage !". Le serpent est pris de peur et s'enfuit. Quand les spectateurs se rendent compte de ce qui vient de se passer, ils sont tous extraordinairement soulagés. Un fou rire les traverse alors très vite lorsqu'ils aperçoivent que le vieil homme s'est allongé dans le hamac qui se trouvait sur l'estrade (4e technique pour trouver un plan).

Allez, vous aurez peut-être une histoire un peu plus sérieuse et crédible pour vous souvenir de ces moyens, mais nous espérons en tout cas qu'à partir de maintenant vous saurez identifier rapidement votre plan, de manière efficace et ordonnée. N'hésitez pas à consulter nos articles de Méthodologie.

-> 7 Clés pour Lire 10 Fois Plus Rapidement et Plus Efficacement

-> Conseils méthodologiques

Classé dans : Méthodologie - Mots clés : comment trouver un plan de dissertation, plan, construire, dissertation, plannifier, structurer, grand un, grand deux, grand trois, titres, histoire, géographie, sciences politiques, droit, philosophie, littérature, technique, trouver un plan, comment - 1 commentaire


Résumé - La France sous le régime de Vichy (1939-1944)

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 06 novembre 2016

La France est profondément bouleversée par l'entrée dans la 2nd Guerre mondiale, sa défaite face aux Allemands, qui aboutit à l'Occupation et au régime de Vichy. Ce sont ces années mouvementées que nous vous proposons d'examiner, ainsi que toutes les tendances qui parcourent la France jusqu'à la Libération, en 1944.

Ce vaste cours sur la France sous le régime de Vichy s'intéressera successivement aux points suivants :

 

 

>> I. La défaite de la France (cours complet sur le régime de Vichy)



La France déclare la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939. L'objectif est dissuasif il s'agit d'éviter le conflit. Le gouvernement Daladier fait la déclaration suivante à l'Allemagne : « la France assumera ses obligations envers la Pologne »
Cependant aucune opération n'est engagée.

La ligne Maginot est une fortification de béton, construite pour éviter les tranchées de la première guerre mondiale. Il n'y a pas de combat jusqu'en mai 1940, c’est la drôle de guerre. Cependant cette drôle de guerre démoralise l'opinion et démoralise aussi le front. Comme il n'y a pas de combat il n'y a pas non plus d'union sacrée. On assiste à une montée du pacifisme en France. Ce mouvement pacifiste est surtout représenté par la CGT, certains syndicats, Paul Faure au PS, l'union nationale des combattants, les milieux convertis au fascisme, et en septembre 1939 le parti communiste.

Le 19 mars 1940 Daladier devient ministre de la guerre et Paul Reynaud le remplace en tant que préside du conseil. Cependant Paul Reynaud annonce sa démission dès le 9 mai 1940. Le lendemain, alors qu'il apprend l'attaque de l'Allemagne, il revient sur sa démission.



L'Allemagne attaque la Belgique et les Pays-Bas le 10 mai 1940. Les plans Dyle et Breda sont mis en œuvre pour les arrêter. Le 13 mai, une brèche est faite par la forêt des Ardennes. Sous le feu sous les bombes, 200 000 Anglais et 138 Français embarquent pour l'Angleterre. Le 4 juin la ville de Dunkerque est prise. La bataille de France est déjà perdue. Paris est occupé à son tour le 14 juin. Les Allemands peuvent prendre à revers la ligne Maginot se dirigeant vers l'Est. Dans les jours qui suivent, la Wehrmacht entre sans résistance dans les villes de Lyon Clermont Angoulême et Bordeaux. Un grand exode a lieu dans le désordre la panique sous les aides des avions. Fin juin, ce sont pas moins de 6 millions de Français qui sont sur les routes.

 

Pour Pétain, c'est « l'esprit de jouissance » qui a causé la défaite de la France. Implicitement, Pétain accuse la gauche. En fait, c'est plutôt la stratégie de l'état-major qui a conduit à la défaite la France.

 

>> II. De la IIIe République à l'Etat français (cours complet sur le régime de Vichy)

 

Le 19 mai Reynaud remplace Gamelin par le général Weygand. Le 18 mai, il relève Édouard Daladier de ses fonctions. Le 16 juin 1940 Paul Reynaud démissionne et conseille au président Lebrun de le remplacer par Pétain. C'est Pétain, qui demande aussitôt l'armistice à l'Allemagne. Le 17 juin 1940, dans un message radiodiffusé, Pétain déclare : « c'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat ».

Il est décidé de rester en métropole, plutôt que de déplacer le gouvernement en Afrique du Nord comme cela avait été suggéré. Le 22 juin, l'Allemagne fait savoir ces conditions pour l'armistice :

– une armée française réduite à 100 000 hommes

– que ceux qui ont déposé les armes soient prisonniers jusqu'à la paix

– la fabrication du matériel de guerre est interdite et le matériel qui existe déjà et livré à l'Allemagne

– les navires français sont désarmés

– le nord et l'ouest de la France est occupé

– frais d'occupation

L'armistice est signé avec l'Allemagne le 22 juin et avec l'Italie le 24 juin. Alors que Pierre Laval Philippe Pétain s'installe à Vichy le 1er juillet, 10 jours plus tard ils font voter l'article suivant :

« Article unique.
L’Assemblée nationale donne tout pouvoir au gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain, à l’effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle constitution de l’État français. Cette constitution devra garantir les droits du Travail, de la Famille et de la Patrie.
Elle sera ratifiée par la Nation et appliquée par les Assemblées qu’elle aura créées. La présente loi constitutionnelle, délibérée et adoptée par l’Assemblée nationale, sera exécutée comme loi de l’État »

— Fait à Vichy, le 10 juillet 1940
Par le président de la République,
Albert Lebrun
Le maréchal de France, président du conseil,
Philippe Pétain

 Ce texte est accepté par 569 personnes, 80 personnes refusent, et 17 s'abstiennent. Les votants étaient en fait désemparés et encore sous le traumatisme. Certains ne prennent conscience de la portée de ce vote qu'après.

 

>> III. La politique de Vichy (cours complet sur le régime de Vichy)

 

Le 15 juillet 1940, Pétain révèle les quatre premiers actes constitutionnels : la république n'existe plus, elle est remplacée par « l'État français ». Le Sénat et la Chambre des députés sont ajournés sine die. Ils disparaitront en juillet 1940. Un culte s'établit autour du Maréchal, qui est très populaire. Son portrait et dans tous les foyers, et son gouvernement reçoit la reconnaissance des pays étrangers.

Le 24 janvier 1941 est obtenue la création du Conseil national, pour représenter le peuple, mais elle n'a dans les faits presque aucune efficacité. Le régime promeut les principes chrétiens, la famille, travail, corporatisme, le paternalisme, centralisme autoritaire, et la puissance de l'administration.

Au début du régime, le gouvernement est surtout influencé par l'extrême droite, par les spiritualistes, par la gauche pacifiste et anticommuniste. Puis entre 1941 et 1942 ce sont les technocrates et amiraux qui exercent influence. Entre 1942 et 1943, ce sont plutôt les libéraux. Après 1943, le gouvernement devient plus autoritaire et extrémiste.

La vision d'une France comme terre d'accueil est rejetée. « La France aux Français ». En ce sens, des étrangers sont internés dans des camps de concentration, et des immigrés antinazi remis aux Allemands. Un vaste plan de dénaturalisations touche 15000 Français. Une politique antisémite mise en place.

En octobre 1941 en juin 1941, deux statuts sur les Juifs sont créés, devançant les désirs allemands. ces statuts sont mis en place pour deux raisons : l'antisémitisme de certains, qui sont soutenus par Pétain, et pour préserver la souveraineté française en prenant soi-même des mesures, plutôt que de recevoir les ordres des Allemands. Ces statuts s'inspirent des réglementations allemandes : les juifs sont exclus des fonctions d'influence comme la fonction publique, les arts, l'enseignement etc. ; l'accès à l'université et aux professions libérales se fait désormais par un numerus clausus. En juillet 1941 est décidé « l'aryanisation » des entreprises juifs. En 1942 une mention « juif » est ajouté sur la carte d'identité. Pour mettre en œuvre ces mesures, un commissariat aux questions juives est créé en mars 1941.

Mais les étrangers et les juifs ne sont pas les seuls visés, le régime s'en prend aussi aux francs-maçons. Le 13 août 1940, la franc-maçonnerie dissolue. Les responsables de l'ordre ancien sont aussi visés : les instituteurs laïques, l'administration qui est épurée, les Conseils municipaux des grandes villes qui sont dissous, et les anciens dirigeants de la IIIe République, parmi lesquels Léon Blum, Jean Zay, Daladier, Pierre Mendès-France, Raynaud, Georges Mandel et Édouard Herriot.

La mise en pratique des principes du catholicisme. La majorité des catholiques soutient le régime, mais au final, les mesures ne sont pas tant que ça en faveur des catholiques.

Quant à la question du contrôle de l'éducation de la jeunesse, elle est relative puisqu'il existe une diversité d'organisations de jeunesse. Mais ces organisations doivent respecter les idées du régime. En juillet 1940 sont créés les Compagnons de France et les Chantiers de jeunesse.

Le gouvernement favorise aussi les familles nombreuses et les femmes au foyer : des avantages sont accordés à la future épouse qui n'aura pas de profession, des cartes de priorités sont mises en place pour les familles nombreuses, les chefs de famille ont le droit de faire des heures supplémentaires, et le divorce est rendu plus difficile.

Les grandes confédérations syndicales ouvrières et patronales sont dissolues à l'été 1940. Le gouvernement veut une organisation corporative : c'est-à-dire une organisation fondée sur la collaboration des classes et permettant profession de se gérer seul. L'État veut se garder d'une action économique dans ce domaine.  Mais la présence de l'occupant et les pénuries transforment ces organisations corporatives en un moyen de contrôle et de répartition aux mains de l'État, en particulier dans le domaine agricole. En octobre 1940 et un est adopté une charte du travail mais sans portée pratique. La loi du 16 août 1940 établit des comités d'organisation, un par branche industrielle, ce qui permet une collaboration entre l'État, le grand patronat, et les technocrates.

Quant à l'État, Pétain travaille sur une constitution pendant toute l'Occupation. Il reste cependant à faire adopter tout ce programme par la population. C'est à cela que doit en partie servir la création de la Légion des combattants, qui rassemble toutes les associations des anciens combattants. Cette organisation hétérogène par ses membres, se montre parfois passive mais parfois active, ce qui entraîne des conflits de compétences avec les autorités. Ces conflits provoquent son arrêt ce qui a deux conséquences : en décembre 1941 un groupe activiste se détache : le service d'ordre légionnaire, et seconde conséquence, la libération de l'administration, dont les effectifs passent de 600 000 fonctionnaires à environ 1 million de fonctionnaires.

La politique culturelle du gouvernement doit permettre d'introduire les principes du retour à la tradition française, que ce soit par les arts, par la radio, par le théâtre, par le sport ou par le cinéma.

De novembre 1940 à mars 1942, l'association Jeune France promeut une culture populaire décentralisée.  L'État s'engage davantage dans le domaine culturel, mais cette propagande n'a que peu d'impact.

 

>> IV. Les victimes et dégâts de l'Occupation (cours complet sur le régime de Vichy)

 

Militaire

 

Vichy entend ignorer la présence allemande, mais celle-ci s'impose physiquement aux Français. Deux départements alsaciens et la Moselle ont été annexés en 1940 au Reich. La moitié de la France est occupée.

Les lois de Vichy s'appliquent comme en zone non-occupée. Toutefois cette souveraineté est soumise au bon vouloir allemand. En zone Sud la présence militaire allemande n'est pas visible et Vichy conserve les aspects extérieurs de sa souveraineté. La pression allemande s'exerce sur le gouvernement et non sur la population.

 

Économie

 

La France doit payer des indemnités :

– 400 millions par jour en 1940, pour entretenir 18 millions de soldats.

– 300 millions en 1941

– 500 millions en novembre 1942 à partir de l'invasion de la somme suite par l'Allemagne

– 700 millions en juin 1944 dès le débarquement.

 Mais l'Allemagne récupère aussi les ressources de la France : l'or, les prises de guerre, les achats nous somment défaits par les Allemands en France, la cession forcée de participation d'entreprises françaises.

Au total, les sommes prélevées par l'occupant s'élèvent à environ 700 milliards. Vichy ne peut pas soutenir un tel effort, il a donc recours à l'inflation par l'utilisation de la planche à billets.

L'Allemagne pèse aussi sur la production : 12 à 17 % de productions agricoles françaises sont expédiés en Allemagne. Quant à la production industrielle, les industries du bâtiment de l'automobile, de la chaux et du ciment, travail à 75 % pour l'Allemagne ; les industries de la peinture et du caoutchouc travaillent à 60 % pour l'Allemagne ; et les industries du textile à 55 % pour l'Allemagne.

La main-d'œuvre est aussi réquisitionnée par l'Allemagne : à la fin de l'année 1941,1,6 millions de Français travaillent au service de l'Allemagne, ils sont 2,6 millions à l'été 1944.

 

La répression

 

La répression est le fait des Allemands, des collaborateurs, et des autorités de Vichy. 200 000 à 250 000 personnes ont été appréhendées : surtout les juifs, les communistes, les résistants. À partir de l'été 1941, plus de 300 000 otages demeurent exécutés

Cette politique est menée en zone occupée par l'Allemagne avec l'aide de l'administration de Vichy, et en zone Sud par le gouvernement de Pétain.

En mai 1941 a lieu une première grande rafle des juifs en zone Nord. Les Allemands mettent en place la « solution finale » après 1942 : les 16 et 17 juillet, la rafle du Vel' d'Hiv' concerne 13 000 juifs.

En février 1943, le gouvernement de Vichy est encore à l'initiative d'une nouvelle rafle.

Au total, on compte près de 75 000 déportés « raciaux ».

 

Le quotidien des Français

 

À l'été 1940, toutes les denrées subissent un rationnement général : les aliments, les vêtements, chaussures, chauffage. En septembre 1940, les Français ont le droit à 350g par jour : et en avril 1941 à seulement 275g par jour de pain. Chaque Français reçoit des tickets de rationnement à échanger. Ceux-ci prennent en considération l'âge et l'activité professionnelle de chaque Français. La pénurie touche tous les produits, et notamment pour l'alimentaire, est encore plus sévère en ville. cela donne lieu au développement du marché noir, et à l'utilisation massive d'ersatz.

La population soutient le Maréchal, mais de manière passive et sentimentale : ils sont plus attachés à cette personne qu'à sa politique. Ils pensent en outre que le maréchal joue un double jeu vis-à-vis des Allemands.

Ce soutien s'amenuit avec le temps, mais davantage au détriment de l'entourage de Pétain, que de Pétain lui-même.

La résistance est diversement perçue : certains sont heureux mais sans y prendre part, d'autres y sont réfractaires. Globalement, la population est entièrement hostile à la collaboration, réservée quant à la résistance intérieure, de plus en plus sensibles à l'action de De Gaulle, mais ils fondent surtout leurs espoirs dans les alliés ; leur plus grande préoccupation reste les soucis du quotidien, comme les pénuries.

Cette population trouve un exutoire dans les activités culturelles : c'est l'âge d'or du cinéma, mais le théâtre, la radio, les musées, le sport restent de bons divertissements. La création culturelle demeure riche à cette époque.

 

>> V. La radicalisation de Vichy (cours complet sur le régime de Vichy)

 

Au printemps 1941, les premiers signes de désaffection touchent les Français. C'est à cette époque les premiers actes d'une guerre civile larvée, et les « V », signes de protestation, apparaissent en même temps que les tracts de mouvements de résistance. Cette situation conduit à une radicalisation de la politique de Pétain.

Le 12 août 1941 Pétain prononce un discours à Saint-Étienne où il fait le constat du « vent mauvais qui se lève sur plusieurs régions de France ».

Les partis politiques, ainsi que les indemnités des députés et des sénateurs qui ne siégeaient plus, sont supprimés. Les moyens de police sont renforcés, des « commissaires aux pouvoirs » sont nommés et une justice d'exception est mise en œuvre par les « sections spéciales ». Les ministres et les fonctionnaires doivent tous prêter serment de fidélité.

Les procès des hommes de la IIIe République ont lieu en février 1942. Ces procès de Riom sont rapidement considérés comme une mascarade : les hommes sont jugés sur des lois qui n'existaient pas, et certains sont même condamnés avant le procès. Devant les protestations, les Allemands incitent Vichy à mettre fin au procès en avril 1942. Le projet d'« ordre nouveau » est abandonné devant ce qui devient un État policier, où la pressée est muselée.

Le retour au pouvoir de Pierre Laval en avril 1942 marque une nouvelle montée de l'autoritarisme et la dominance du Reich, conduisant à la  collaboration.

 

La collaboration

 

En matière économique, la collaboration consiste à participer à l'économie allemande en échange de profit. Le collaborationnisme, qui réunit les admirateurs du fascisme, ne dépasse pas 40 000 à 50 000 personnes : c'est moins de 1 % de la population.

La collaboration d'État a pour source la certitude de la victoire allemande et donc la nécessité de collaborer pour un traité de paix qui serait favorable à Vichy : il s'agit de préserver la souveraineté française et non d'être un auxiliaire de l'Allemagne, de défendre les intérêts français dans ce qui sera peut-être une future Europe allemande. Mais Hitler, s'il est prêt à feindre la collaboration, ne veut rien consentir à la France, et veut exploiter ce pays sans contrepartie.

 

Il est possible de distinguer plusieurs phases dans la collaboration d'État :

– le 22 octobre 1940, Laval rencontre à Montoire Hitler et Ribbentrop, à qui il propose une collaboration. Il obtient une entrevue entre Hitler et Pétain, qui a lieu le 24 octobre, et qui a surtout pour effet d'accentuer la propagande. « J'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration » explique Pétain aux Français. Pétard révoque Laval le 13 décembre 1940, agacé des initiatives que prend Laval sans le tenir au courant.

– En février 1941, l'amiral Darlan essaie de renouer des contacts interrompus. En mai, les Protocoles de Paris s'apparentent à une cobelligérance entre la France et l'Allemagne. Darlan ne saisit apparemment pas la portée de ce texte, mais les nationalistes comme le général Weygand si, et ces derniers veulent faire échouer les protocoles.

– Les Allemands imposent le retour de Laval en avril 1940. En juin Laval déclare : « je souhaite la victoire allemande, parce que, sans elle, le bolchevisme, demain, s'installerait partout. » La France augmente ses livraisons à l'Allemagne d'aliments et de production industrielle. Tandis que la vassalisation de la France à l'Allemagne s'intensifie, les juifs sont davantage persécutés.

– le débarquement allié prend place en Algérie et au Maroc les 7 et 8 novembre. Le ralliement de l'amiral Darlan aux alliés entraîne celui des colonies d'Afrique occidentale française. L'Allemagne réplique le 11 novembre, en envahissant la zone sud. Le gouvernement doit de plus en plus céder à la collaboration, notamment lors de la mise en place du Service de travail obligatoire,  STO. Le Service d’ordre légionnaire devient la Milice française en janvier 1943, signe de sa fascisation. En 1944, un État milicien tente même de s'installer.

 

>> VI. La résistance (cours complet sur le régime de Vichy)

 

À l'origine, les Français qui refusent l'armistice de 1940 sont les premiers résistants. Le premier acte en ce sens est celui de De Gaulle le 18 juin 1940 : envoyé auprès de Churchill par Raynaud pour examiner les moyens de poursuivre la guerre, le général De Gaulle lance un appel à la BBC. Alors que les ralliements espérés ne se produisent pas, Churchill accepte de reconnaître De Gaulle comme « chef des Français libres ». Mais De Gaulle est inconnu et sans moyens, il apparaît comme une marionnette entre les mains anglaises. En septembre 1941, la « France libre » se dote d'un embryon de gouvernement, le Comité national français. Du ralliement de petits contingents coloniaux naît une armée : « les Forces Françaises Libres ». Toutefois, il n'y a toujours aucun contact avec la résistance intérieure.

En France, les actes isolés de résistance commencent à partir de l'été 1940 : des tracts, des graffitis, et les premiers mouvements de résistance, comme le Réseau du Musée de l'homme, démantelé par l'Allemagne début de l'année 1941.

En zone sud, il existe plusieurs grands mouvements de résistance

  • Combat, dirigée par Henri Frenay, qui réunit les démocrates-chrétiens.
  • Libération, dirigée par Emmanuel d'Astier de La Vigerie, qui réunit les milieux syndicalistes et socialisants.
  • Franc-Tireur,  dirigée par Jean-Pierre Lévy, qui réunit des républicain, souvent des francs-maçons
  • Front National, à partir de mai 1941, qui réunit le parti communiste et des clandestins

En zone Nord, il est beaucoup plus difficile d'organiser des mouvements de résistance mais quelques grands mouvements se dégagent aussi :

  • Front National, comme en zone Sud
  • Libération – Nord, qui réunit des hommes de gauche
  • Organisations civile et militaire, qui réunit quant à lui des hommes plutôt de droite
  • Ceux de la Résistance Libération,  qui comprend beaucoup d'anciens membres du PSF du colonel de La Rocque.
  • Défense de la France, qui réunit des jeunes gens, souvent chrétiens

Il existe bien sûr d'autres mouvements de résistance, parfois localisés dans certaines villes.

 

 L'unification des mouvements de Résistance

 

Le parti communiste entre dans la résistance après l'attaque de l'Allemagne contre l'URSS en juin 1941. Il propose de passer de la propagande, et du renseignement, à une lutte armée, inspiré de la guérilla, avec des actions rapides.

Les mouvements de résistance se dotent alors de petits groupes d'interventions militaires.

Dans les années 1941 et 1942, une tentative est faite pour lier la France libre avec ces mouvements de résistance. Les dirigeants des mouvements rencontrent De Gaulle, qui est considéré comme trop extrême droite, tandis que De Gaulle envoie quant à lui Jean Moulin.

Jean Moulin, ancien préfet, obtient la fusion des trois grands mouvements de la zone sud en un Mouvement uni de la Résistance. Il obtient également plus tard la fusion des corps en mouvement de la zone nord.

Ces mouvements reconnaissent De Gaulle, et les groupes paramilitaires sionistes dans l'Armée secrète. En juillet 1942, « la France combattante » devient « la France libre »

 

Pour les alliés, surtout Roosevelt, De Gaulle n'est qu'un apprenti dictateur. Des conflits naissent entre De Gaulle et les alliés, qui se portent par conséquent une méfiance mutuelle.

De Gaulle décide de s'appuyer sur la résistance.

Jean Moulin crée en mai 1943 le Comité National de la Résistance, qui reconnaît De Gaulle comme chef de la résistance. Jean Moulin meurt torturé peu après par la Gestapo.

Le 30 mai 1943, De Gaulle part à Alger où se met en place le 3 juin le CFLN, Comité français de libération nationale. C'est ce CFA qui prend en juin 1944 avant le débarquement le nom de « Gouvernement provisoire de la République Française », et qui constitue dès le printemps 1944 un contre-pouvoir étatique, par opposition à Vichy.

 

>> VII. La libération de la France (cours complet sur le régime de Vichy)

 

Les armées alliées remportent une victoire rapide. Le 6 juin 1944, a lieu le débarquement en Normandie, qui est contenu par les Allemands.

Cependant le 25 juillet, la percée d'Avranches pour le front allemand, et le refoule vers le nord.

Le 15 août, le débarquement en Provence est quant à lui encore plus efficace.

En novembre 1944, les Allemands ne contrôlent plus que quelques poches en France. Les résistants ont contribué à la victoire, mais ont aussi subi des pertes : notamment, le massacre des résistants du Vercors en juillet 1944.

Du 19 août au 25 août, Paris est le théâtre d'une insurrection générale. De Gaulle obtient des Américains envoie à Paris de la deuxième division blindée du Général Leclerc, qui rentrent dans Paris le 25 août. Le soir même, il reçoit la reddition des Allemands. Le lendemain, De Gaulle descend des Champs-Élysées après avoir allumé la flamme.

 

La question est alors de savoir qui occupera la place laissée vacante pour gouverner la France.

 

Trois groupes tournent autour du pouvoir à la Libération :

 – De Gaulle, qui le 14 juin, va à Bayeux la première ville française libérée, pour y révoquer le sous-préfet mis en place par les Américains, et mettre un dirigeant local de la résistance.

– Les Américains, dont le président Roosevelt se méfie de De Gaulle. Les Américains préféreraient le projet d'une administration militaire pour les territoires occupés. Ils envisagent l'élaboration d'une nouvelle monnaie.

– Les fonctionnaires de Vichy, mais qui par crainte des sanctions se retirent rapidement.

En août 1944, Pierre Laval redoute que De Gaulle soit au pouvoir, et redoute la résistance, qui est pour lui communiste. Il fait ramener stratégiquement les présidents de la Chambre et du Sénat, mais sa tentative échoue.

Il s'agit alors de savoir comment va réagir le CNR. De Gaulle, espérant renforcer sa légitimité, multiplie les signes symboliques pour montrer la continuité de l'État en son nom. C'est aussi pour cela qu'il se méfiait de l'insurrection qui a eu lieu à Paris, et qu'il se hâte d'intervenir à Paris avec la division Leclerc. En ce sens, alors que les dirigeants du CNR l'attendaient à l'hôtel de ville, De Gaulle se rend plutôt rue Saint-Dominique, au ministère de la guerre son ancien ministère. il commente cette décision dans ses mémoires : « l'État rentrait chez lui ».

A l'hôtel de ville, il refuse de proclamer la république, pour signifier que la république n'a jamais cessé d'être. Il parle comme un véritable chef d'État parlerait à des subordonnés. Le CNR ne fait pas obstacle au retour de De Gaulle. La consécration populaire que reçoit le général De Gaulle 26 août 1944 montre le soutien de la population. En septembre 1944, les Américains reconnaissent le GPRF gouvernement légal de la France.

Mais si le pouvoir est établi à Paris, il est plus difficile de gérer la situation ailleurs. Les locaux de la résistance imposent leur autorité dans les régions, refusant de s'incliner devant les préfets et commissaire du GPRF.  Les « colonels de la résistance » veulent châtier les traîtres : cette politique conduite à la tonte de femmes trop liées à l'occupant, à l'emprisonnement des hommes, et parfois à des exécutions. Le parti communiste laisse De Gaulle établir son autorité.

Entre août et décembre 1944, De Gaulle essaie de faire triompher son autorité. Il négocie avec les États-Unis une aide d'urgence, et voyage dans les différentes régions de France. Les FFI ici et les FTP sont intégrées dans une armée régulière. En octobre 1944, il décide de la dissolution des Milices patriotiques. Des Cours spéciales de justice sont créées. Une Haute Cour de justice est mise en place pour les grandes figures de la seconde guerre mondiale : Pétain est condamné à mort, mais sa peine est commuée plus tard en emprisonnement à vie ;  Laval veut s'empoisonner, mais il est fusillé ; Joseph Darnand, chef de la milice, est condamné à mort.

En tout, ce sont 2853 condamnations à morts qui sont prononcées, dont 767 sont exécutées, et 38 000 peines de prison. Les Chambres civiques privent 48 personnes de droit civil et politique pour indignité nationale.

 

-> HISTOIRE : Le monde et la France depuis 1945

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Réussir l'épreuve de Culture Générale en 10 commandements

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 17 mai 2016

Des dires mêmes de Sciences Po Bordeaux, l'épreuve de Culture générale vise trois objectifs :

- mesurer le niveau général des connaissances
- élaborer un argumentaire clair
- mesurer la maîtrise de l'expression écrite

Si vous voulez réussir l'épreuve de Culture Générale, il suffit de se concentrer sur ces trois objectifs et de suivre ces 10 commandements.
 

réussir la culture générale

>> Le niveau général des connaissances


1. Montrez que vous avez de la culture, que vous avez des connaissances. En particulier sur l'actualité, sur les enjeux politiques du monde, sur les problèmes économiques de nos sociétés, et sur l'importance 2. de la culture lors de ces deux derniers siècles.
3. Utilisez des références d'aujourd'hui, des événements qui se sont produits depuis 1945 jusqu'à aujourd'hui. Citez des auteurs actuels, de nos XXe et XXI siècles.
4. Ecrivez une dissertation de culture générale, pas une dissertation ni d'histoire ni de philosophie. Quelques dates, quelques philosophes, mais pas que : il s'agit d'une dissertation de culture générale. Vous réussirez facilement à rester dans le cadre de la culture générale si vous vous conformez aux points précédents, si vous évoquez des enjeux de la société actuelle.

 

 

>> Elaborer un argumentaire clair


5. Expliquez le sujet, les termes employés, l'étendue qu'il recouvre, et les différentes formes qu'il peut prendre.
6. Construisez un raisonnement clair : une introduction (définition du sujet, problématique, plan), un développement (deux ou trois parties avec des transitions), une conclusion.
7. Donnez une réponse à la problématique, et expliquez votre réflexion personelle

 

 

 

 

>> La maîtrise de l'expression écrite


8. Rédigez en bon français. Aucune familiarité, des termes précis, une bonne orthographe, et bien sûr en respectant bien les règles de grammaire.
9. Utilisez des références pertinentes, et par conséquent ne les multipliez pas. Dans le même esprit, employez avec parcimonie les termes techniques.
10. Illustrez vos idées avec des exemples concrets plutôt que des exemples abstraits. Expliquez-les clairement chaque fois et pour chaque idée. Rédigez bien la dissertation dans son intégralité, sans se faire prendre par le temps.

Vous avez la garantie de réussir votre épreuve de Culture Générale si vous suivez bien ces principes. En effet, vous vous hisserez ainsi immédiatement dans la première catégorie, la catégorie des meilleures copies. Sciences Po est à votre portée, vous allez réussir !


-> Réussir la dissertation d'histoire pour Sciences Po
-> Rédiger de bonnes conclusions pour Sciences Po

 

 

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