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Résumés d'ouvrages et de livres

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 07 novembre 2016

Le savoir, c'est des livres. Toute l'histoire du savoir s'est construite depuis le IVe siècle avant Jésus-Christ à partir des livres. Ce sont ces livres que nous vous proposons d'explorer. Tout le monde n'a pas forcément le temps de les lire in extenso, mais tout le monde se doit d'y avoir jeté un coup d'oeil, de les connaître, de les comprendre. C'est une formidable source pour enrichir son patrimoine culturel personnel, pour enrichir sa culture générale, pour développer soi-même une réflexion.

 

Résumés de livres en philosophie :

 

Résumés de livres parus dans l'actualité politique :

 

Résumés de livres en économie :

 

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Les sectes grecques : Écoles, Académie et Lycée

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 10 octobre 2016

Comment étudier l'histoire de la philosophie ? Alors que récemment, cette étude se fait en y voyant les continuités, le développement, le cours, les historiens de la philosophie n'ont pas toujours été aussi assidus à rendre compte de ces évolutions, de ces enchaînements.

L'histoire de la philosophie s'est d'abord racontée de manière plus ponctuelle, plus ciblée : par l'étude des sectes. Qu'entend-on par secte ? Ce n'est décidément pas la même acceptation que nous lui reconnaissons aujourd'hui en parlant des sectes religieuses. Explications ici.

 

>> Sectes ou Écoles ?

 

La définition que donne le CNRTL du mot Secte vous éclairera mieux que nous ne le pouvons sur le lien entre École et Secte :

Ensemble de personnes qui se réclament d'un même maître et professent sa doctrine philosophique, religieuse ou politique, ses opinions

Par les mots"maître" et "doctrine", la relation entre secte et école est d'emblée établie. Et pour cause, voici maintenant la définition du mot École d'après le CNRTL :

Ensemble des disciples d'un maître.

P. ext. Doctrine, courant, système, prôné par un maître ou un ensemble de personnes.

 

Voici ce que dit Émile Bréhier à propos des écoles et comment ces sectes, - mots qu'il semble employer de manière quasiment synonyme - ont façonné les vues sur l'histoire de la philosophie de manière éparpillée, ponctuelle, et désordonnée :

 

Notre histoire de la philosophie est véritablement née à l’époque de la Renaissance, lorsque l’on découvrit en Occident les compilateurs de la fin de l’antiquité, Plutarque, dont les écrits renferment un traité Sur les opinions des philosophes, Sextus Empiricus, Stobée, les Stromates de Clément d’Alexandrie et surtout les Vies des Philosophes de Diogène Laërce qui rassemble en un inexprimable désordre des débris de toutes les œuvres antiques d’histoire de la philosophie depuis les travaux des disciples d’Aristote. Par ces auteurs s’ouvraient, sur la diversité des sectes antiques, sur la succession des chefs d’école et des écoles elles-mêmes, des perspectives qui avaient entièrement échappé à la pensée médiévale.

Histoire de la Philosophie - Émile Bréhier - Tome 1 - Antiquité et Moyen Âge - INTRODUCTION

 

Dans cet essaimage d'écoles, que vous pouvez plus facilement vous représenter en vous référant au tableau à la fin de cet article, deux écoles retiennent l'attention, parce qu'ils ont également formé deux mots célèbres du vocabulaire éducatif : l'Académie de Platon et le Lycée d'Aristote.

Si les écoles du stoïcisme et de l'épicurisme sont également deux exemples mémorables, nous nous attarderons ici sur ces deux sectes : l'Académie et le Lycée.

 

>> Zoom sur l'Académie de Platon

 

Dates de l'Académie :  environ 387 av. J.-C. à 86 av. J.-C.

Fondateur : Platon

L'Académie était avant tout le nom d'un terrain, situé dans les alentours d'Athènes. Il y avait au moins deux lieux d'enseignement différents :

  1. le gymnase (pour les débutants)
  2. le jardin (pour les initiés)

En ces endroits, Platon donnait des leçons philosophiques voire ésotériques, comme une célèbre leçon sur le Bien. Mais plus précisément, en quoi consistait l’enseignement de Platon ?

C’est ce qu’il est difficile de savoir, parce que la plupart de ses œuvres, destinées à un large public, n’en doivent pas être le reflet ; il faut en excepter pourtant ces sortes d’exercices logiques que sont la seconde partie du Parménide et les débuts du Théétète et du Sophiste ; si l’on fait attention que ces exercices sont destinés à éprouver la vigueur logique de l’étudiant, que, en outre, Platon considère l’influence de la parole vivante comme bien supérieure à celle de l’écrit (Phèdre), enfin que la parole, tel que l’entend un socratique, est moins exposé suivi que discussion, nous pouvons sans doute conclure que l’exposé doctrinal ne doit pas y avoir eu la place qu’il a prise chez Aristote.

Histoire de la Philosophie - Émile Bréhier - Tome 1 - CHAPITRE III : PLATON ET L’ACADÉMIE

 

L'Académie a donné lieu à un héritage très important. Toutefois, les désaccords quant à ce qu'il faut faire et retenir de la doctrine de Platon semblent avoir causé assez tôt sa perte :

 

L’Académie, après Platon, eut successivement pour chefs, Speusippe, le neveu du maître (348-339), Xénocrate (339-315), Polémon (315-269). (...) il n’existe pas à ce moment d’orthodoxie platonicienne, et c’est même l’occasion d’un vif reproche que les néo-platoniciens firent aux successeurs directs de Platon. Aussi le platonisme, miné par les divergences d’école, est ruiné par l’attaque des nouveaux dogmatismes en formation ; Aristote, les Stoïciens et Épicure s’accordent pour le combattre.

Histoire de la Philosophie - Émile Bréhier - Tome 1 - CHAPITRE III : PLATON ET L’ACADÉMIE

 

> Zoom sur le Lycée d'Aristote

 

Si Aristote a aussi été professeur pour l'Académie de Platon, il a également fondé sa propre école divergente, comme évoqué ci-dessus : le Lycée.

Dates du Lycée :  en 335 av. J.-C. jusqu'en 47 av. J.-C.

Fondateur : Aristote

 

Le Lycée est également appelé "école péripatéticienne", tout simplement car Aristote marchait en enseignant à ses élèves. Ce qui est bien le sens du mot péripatéticien : "qui aime se promener en discutant".

 

En quelles circonstances le Lycée a-t-il été créé ? Il est indispensable de revenir sur le contexte politique de l'époque pour éclaircir cette question.

 

Lorsqu’il retourna, en 335, dans Athènes où le parti national, réduit au silence après la déchéance politique de la cité, subsistait pourtant encore, ce métèque devait être connu comme partisan de la Macédoine. Il ne rentra pas à l’Académie, mais fonda au Lycée une nouvelle école, où il enseigna pendant treize ans. A la mort d’Alexandre (323), le parti national athénien que dirigeait encore Démosthènes l’obligea à quitter la ville ; il se retira à Chalcis, en Eubée, dans une propriété héritée de sa mère, où il mourut en 322, à 63 ans. (...) d’Aristote au contraire, il ne reste que d’infimes fragments des ouvrages écrits pour un public étendu ; ce que nous avons de lui, ce sont des cours qu’il rédigea soit pour l’enseignement au Lycée, soit peut-être pour des leçons qu’il fit sans doute à Assos, avant d’être précepteur d’Alexandre : notes rédigées par un professeur pour lui-même, sans aucune recherche de la perfection littéraire, parfois simples points de repère pour le développement oral, où ont pu même, quand ces recueils furent publiés après sa mort, se glisser des notes d’élèves.

Histoire de la Philosophie - Émile Bréhier - Tome 1 - CHAPITRE IV : ARISTOTE ET LE LYCÉE

 

Tout comme Platon enseignint en au moins deux endroits différents selon le niveau des étudiants, Aristote donnait deux types de leçons :

  1. Un cours « exotérique » l'après-midi (pour tous)
  2. Un cours « acroamatique » le matin (pour les inités).

 

>> Tableau des écoles grecques en métaphysique

 

Le site chrétien christus.fr a réalisé ce tableau des écoles grecques en lien avec leur étude sur la métaphysique.

Ce tableau a le mérite de vous montrer la diversité des "écoles" dénombrables dans l'histoire de la philosophie grecque.

 

 

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La conscience de l'individu n'est-elle que le reflet de la société à laquelle il appartient ?

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 08 octobre 2016

Ce sujet est notamment tombé à l'épreuve de philosophie du bac 2015. Voir tous les sujets du bac 2015.

 

>> Introduction

 

Accroche

Difficile avec un tel sujet d'engager sur un évènement historique. Il était plus facile de commencer votre réflexion, d'accrocher votre lecteur - en l'occurrence le correcteur - soit par une citation, soit par une œuvre littéraire qui exposerait l'opposition entre individu et société comme nous allons le voir dans les définitions.

 

Définitions

conscience : très difficile à définir, il faudra revenir sur cette notion pendant tout votre développement. Malebranche définit la conscience comme le sentiment intérieur qu'on a d'une chose dont on ne peut former d'idée claire et distincte, et Rousseau comme le sentiment que l'être humain a de ses états et de ses actes

individu : Tout être concret, donné dans l'expérience, possédant une unité de caractères et formant un tout reconnaissable.

reflet : le reflet est une image renvoyée, une représentation. Elle peut aussi s'entendre comme une représentation affaiblie, un degré sur lequel vous pouviez jouer dans le plan.

société : État de vie collective; mode d'existence caractérisé par la vie en groupe

Il ne faut pas arrêter les définitions que nous venons de donner, elles peuvent évoluer. Cependant il est intéressant de ntoer l'opposition qu'il y a entre individu et société, deux termes présents dans le sujet, et qui déjà annoncés dans l'accroche conduisent également vers la problématique.

 

Problématique

Le problème soulevé par le sujet est le suivant : l'individu a-t-il une conscience qui lui est propre, irréductible, ou sa conscience est-elle façonnée par la société, le milieu dans lequel il vit ? En d'autres termes, la conscience de l'individu est-elle poreuse, laissant un passage entre l'environnement et l'individu ? Comment l'individu intègre-t-il son environnement en conscience, façonnant à son tour cet environnement ?

 

Plan

La petite formule "n'est-elle" est caractérisque des sujets qui appellent une réponse dialectique, plan en trois parties. Il y a bien sûr différentes approches, et nous vous proposons un plan classique mais efficace dans le développement ci-dessous.

 

>> Développement

 

I. La société influe sur la conscience des individus

"Ce n'est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience." expliquait Marx

La conscience se détermine par rapport à l'individu, comme le rappelle Freud de manière radicale : "Notre conscience, loin d’être le juge implacable dont parlent les moralistes, est, par ses origines, de «l’angoisse sociale» et rien de plus"

 

II. Mais le noyau de conscience de l'individu demeure irréductible

Descartes pour formuler sa célèbre formule Cogito ergo sum met d'abord le montre entre parenthèses. En faisait cela, il efface la société, il l'exclut. La conscience de l'individu se passe fondamentalement de la société. Voir plus d'explications sur le Discours de la méthode.

La conscience aspire à une paix, loin du tumulte de la société. Elle permet de comprendre ce qu'est le bien et le mal, elle est une "voix céleste". En cela, elle s'éloigne des influences de la société : "La conscience est timide, elle aime la retraite et la paix ; le monde et le bruit l'épouvantent", comme l'écrivait Rousseau dans La Profession de foi du vicaire savoyard, un extrait du livre IV de Émile.

 

III. La conscience de l'individu se construit par rapport à elle-même et par rapport aux rapports à la société qu'elle perçoit

Nietzsche s'oppose à la conception d'une permanence de la conscience. La conscience n'est pas un refuge dans lequel personne ni même la société ne pourrait rentrer : "On croit que c'est là le noyau de l'homme : ce qu'il a de permanent, d'éternel, d'ultime, de plus originel ! On tient la conscience pour une quantité stable donnée ! On nie sa croissance, ses intermittences ! On la conçoit comme « unité de l'organisme » ! Cette surestimation et cette méconnaissance ridicules de la Conscience ont eu pour heureuse conséquence d'éviter son élaboration trop rapide."

Sartre distingue "en soi" et "pour soi", ce qui permet de comprendre que le sujet conscience peut être différent de ce qu'il est, et que l'homme est un projet grâce à sa conscience.

 

Proposez vos plans et vos idées, il n'y a pas qu'une correction possible, surtout en philosophie. N'hésitez pas à commenter ci-dessous !

 

-> Sujets en philosophie du bac 2015

 

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