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Résumé du Chapitre I - Qu'est-ce que la propriété ? - Proudhon, 1840

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 21 juin 2016

 

>> Objectif de l'ouvrage Qu'est-ce que la propriété ?

 

Proudhon dès le début de Qu'est-ce que la propriété, publié en 1840, part de la thèse qu'il entend démontrer : la propriété c'est le vol.

« j'entreprends de discuter le principe même de notre gouvernement et de nos institutions, la propriété ; je suis dans mon droit »

Annonçant déjà deux grandes parties de son ouvrage, Proudhon écrit : « je prétends que ni le travail, ni l'occupation, ni la loi, ne peuvent créer la propriété »

Proudhon a conscience des "murmures" qu'il soulève, des réactions qu'il suscite, lorsqu'il annonce : « la propriété, c'est le vol ! »

 

>> L'étude des croyances et des représentations

 


Proudhon a écrit Qu'est-ce que la propriété ? en 1840

 

 

Pierre-Joseph Proudhon dans ce premier chapitre analyse comment les représentations qu'avaient les hommes pouvaient affecter leurs connaissances. Il prend l'exemple d'Augustin d'Hippone, dont l'ignorance des lois de la gravitation, lui faisait penser que la terre était plate ou que les étoiles étaient comme accrochées.

Il critique avant cela également les théories qu'ont élaborées des penseurs comme Aristote, et plus encore Kant, notamment concernant les catégories.

Pour Pierre-Joseph Proudhon, « les jugements les plus faux, quand ils ont pour base des faits isolés ou seulement des apparences, embrassent toujours une nombre d'inductions, au-delà desquelles nous tombons dans l'absurde ».

C'est en fait le même processus qui est à l'œuvre dans le passage au monde moral. Pourtant, en ce qui concerne la morale, nous y ajoutons une forme d'obstination. Lorsque nous en arrivons à une connaissance plus générale, un conflit secret entre ses anciennes connaissances et les nouvelles connaissances. Comme on ne veut pas remettre en cause le temps où ces connaissances ne permettaient d'être heureux, on s'en prend aux divinités, aux forces de la nature.

« Au lieu de chercher la cause du mal dans sa raison et dans son cœur, l'homme s'en prend à ses maîtres, à ses rivaux, à ses voisins, humaines »

 

Tous les hommes croient en Dieu, c'est une idée primitive pour l'humanité. Mais qu'est-ce que Dieu ? D'abord, Dieu fut représenté comme un homme, c'est l'anthropomorphisme. Mais Dieu fut aussi traité par l'homme comme un patrimoine. « Avec la liberté des cultes et la séparation du spirituel et du temporel, l'influence des idées religieuses sur la marche de la société est purement négative, aucune loi, aucune institution politique et civile ne relevant de la religion. » Par conséquent, la cause de l'inégalité des conditions, la cause de la souffrance universelle, ne peut pas être la religion, mais la cause vient avant.

 

>> L'étude de la volonté de conscience et de la justice

 

Il faut donc se demander ce qu'il y avait avant la religion. Or, avant la religion, il y avait l'homme lui-même : « c'est-à-dire la volonté la conscience, le libre arbitre et la loi, opposés dans un antagonisme perpétuel. »

Pierre-Joseph Proudhon  tente de trouver pourquoi l'homme se trompe originellement, selon la Bible : pour lui, il faut dire : « l'homme se trompe parce qu'il apprend. »

Qu'est-ce que la justice ? La sagesse humaine enseigne : « fais aux autres ce que tu veux qu'on te fasse ; ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qui te sois fait. » Mais pour Proudhon, il faut préciser. Selon lui, la justice bien avant la loi : « la justice n'est point l'œuvre de la loi ; au contraire, la loi n'est jamais qu'une déclaration est une application du juste »

Proudhon insiste sur le fait que la législation a évolué selon les siècles.  Il raconte comment il y a 1800 ans, à Rome, « l'humanité se mourait dans le sang et la luxure ».  puis il parle de Jésus sans jamais citer son nom, écrivant : un homme parut, se disant parole de Dieu : on ne sait pas encore aujourd'hui ce qui n'était ni d'où il venait, ni qui avait pu lui suggérer ses idées. » Jésus aurait produit la thèse suivante : « le maître et l'esclave sont égaux, que l'usure et tout ce qui lui ressemble est un vol »

Mais pour Proudhon, cette nouvelle religion ne fait que produire une certaine mythologie, et engendré des discordes. Proudhon regrette que l'on se soit concentré sur des détails de doctrine, et que l'interprétation qu'on en est faite est éloigné l'Évangile de sa vraie signification.

 

>> L'émancipation du peuple contre la monarchie en France

 

En 1789, en France, trois formes d'oppression sont combattues :

– l'absolutisme royal

– la tyrannie des seigneurs et des parlements

– l'intolérance sacerdotale

Proudhon raconte après comment le tiers État est passé de rien, selon les mots de Sieyès, à tout. Mais le nouvel ordre de choses, né de la haine et de la colère, ne pouvait être qu'irréfléchi.

 Proudhon fait une distinction entre la révolution et le progrès : la révolution a lieu quand les idées changent totalement, complètement, alors qu'il y a progrès quand il y a seulement une extension des idées, une modification des idées qui existaient déjà.

« Le peuple, si longtemps victime de l'égoïsme monarchique, crissant délivrer à jamais en déclarant que lui seul était souverain. Mais qu'était-ce que la monarchie ? La souveraineté d'un homme. Qu'est-ce que la démocratie ? La souveraineté du peuple, ou, pour mieux dire, de la majorité nationale. Mais c'est toujours la souveraineté de l'homme mis à la place de la soudaineté de la loi, la souveraineté de la volonté mise à la place de la souveraineté de la raison, en un mot, les passions à la place du droit. »

 

>> L'élaboration de trois concepts par les hommes

 

Proudhon revient sur l'époque de la Convention, puis du Directoire, puis du consul, et de l'empire. Trois notions sont étudiées :

1. La souveraineté dans la volonté de l'homme

La souveraineté était considérée comme le pouvoir de faire des lois. La loi, elle, était considéré comme l'expression de la volonté du souverain. Donc on arrive à la conclusion qu'il n'y a pas de différence entre la monarchie et la république, puisque dans une monarchie « la loi l'expression de la volonté du roi » et que dans la république la loi est « expression de la volonté du peuple » : ce qui revient pour Proudhon à la même chose,  si ce n'est le nombre des volontés.

2.  Inégalité des fortunes et des rangs

Proudhon revient sur le concept d'égalité : il montre que ce qui est entendu par égalité, c'est l'égalité politique et civile. Toutefois, les constitutions de 1790 et 2793 n'ont pas réussi à définir l'égalité devant la loi.

3. Propriété

Proudhon examine ensuite le concept de propriété, que le peuple a consacré, mais que le peuple n'a pas compris. « le peuple voulu que la condition de propriétaire fut la même pour tous ; que chacun put jouir et disposer librement de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie. »

 

>> Comment faire correspondre ces trois concepts à la justice

 

 il faut alors savoir comment ces concepts peuvent répondre à la définition de justice.

1. La question est : « l'autorité de l'homme sur l'homme est-elle juste ? »  Tout le monde répond non à cette question.

2.  « inégalité politique et civile est-elle juste ? » Les uns répondent : oui, les autres : non. À ceux qui pensent que l'inégalité politique et civile et juste, Proudhon rappelle que lorsque le peuple a mis fin aux privilèges de naissance et de caste, cela leur parut bon parce qu'ils en tiraient du profit. À ceux qui pensent que l'inégalité politique et civile n'est pas juste, Proudhon leur demande : « si vous voulez jouer de l'égalité politique, abolissait la propriété, sinon de quoi vous plaignez-vous ? »

3. « La propriété est-elle juste ? » Tout le monde répond que la propriété est juste.

Pour Proudhon, tous les raisonnements que l'on a imaginés pour défendre la propriété, utilise toujours le principe d'égalité, hors l'égalité c'est la négation de la propriété. En ce sens, le droit d'occupation empêche la propriété, tandis que le droit du travail détruit la propriété.

Il s'agit alors de montrer pourquoi est-ce que la prétendue égalité dont se sert la propriété n'existe pas. La propriété peut se manifester en tant que que accident, mais la propriété est impossible mathématiquement, en logique, en tant qu'elle est une institution est en principe.

 

 

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : proudhon, qu'est-ce que la propriété, c'est le vol, pourquoi, comprendre, comment, cours, fiches, 1840, ouvrage, philosophie, résumé - aucun commentaire


Qu'est-ce que le Tiers état ? - Abbé Sieyès - Résumé des Chapitres 1 et 2

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 27 mai 2016

Emmanuel-Joseph Sieyès est né en 1748. En 1774, il devient prêtre, mais sans vocation. Il occupe plusieurs postes d'importance, mais devient véritablement célèbre en 1788, en publiant l'Essai sur les privilèges, puis surtout le pamphlet Qu'est-ce que le Tiers état ? en 1789. Ce dernier ouvrage a un succès retentissant, et reste largement commenté jusqu'à aujourd'hui. L'abbé Sieyès joue un rôle profond à cette date dans la Révolution française, notamment lors de la convocation des Etats Généraux le 5 mai 1789, où il est envoyé.

 

>> Que dit l'abbé Sieyès dans Qu'est-ce que le Tiers état ?

 

L'abbé Sieyès donne lui-même le plan de son ouvrage en trois formules marquantes :

1° Qu’est-ce que le Tiers état? — TOUT.
2° Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? —RIEN.
3° Que demande-t-il? — À ÊTRE QUELQUE CHOSE.

Emmanuel-Joseph Sieyès, Qu'est-ce que le Tiers état ?

 

L'objectif de Sieyès est de montrer toute l'importance du peuple dans le royaume. Le peuple accomplit en effet selon Sieyès toutes les tâches du royaume, et les plus pénibles. Sieyès s'étonne alors que le peuple ne se rebelle pas contre les privilégiés, qui conservent sans être troublé leurs avantages. Il est ainsi facile de mesurer la portée contestataire de ce pamphlet, et de comprendre le rôle qu'a pu jouer Sieyès dans la Révolution française.

 

>> Résumé du 1er Chapitre - Qu’est-ce que le Tiers état? — TOUT.


Première page de Qu'est-ce que le Tiers état,
pamphlet de l'Abbé Sieyès

Sieyès désire tout d'abord montrer que le Tiers état, c'est-à-dire les hommes sans privilège, est le seul à être utile au royaume.

Sieyès pour cela commence par distinguer les travaux particuliers des travaux publiques.

Les travaux particuliers sont de 4 classes :

  1. travaux de la campagne
  2. travaux qui ajoutent une valeur seconde
  3. marchands et négociants
  4. soins à la personne

Ces 4 classes relèvent pour Sieyès toutes de l'activité du Tiers état.

Les travaux et fonctions publiques sont également de 4 sortes :

  1. Epée
  2. Robe
  3. Eglise
  4. Administration

Pour Sieyès, même ces fonctions sont assurées par le Tiers état, selon une proportion de 19/20e. En outre, le vingtième restant des activités sont les tâches les moins pénibles, le Tiers état assurant les plus pénibles.

L'ordre noble est étranger à la nation de 3 manières :

  1. par sa fainéantise
  2. par ses prérogatives civiles et politiques
  3. dans son principe (il ne vient pas du peuple) et dans son objet (il vise l'intérêt particulier au lieu de l'intérêt général)

Or la nation, c'est le Tiers état.

 

>> Résumé du 2nd Chapitre - Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? —RIEN.

 

L'abbé Sieyès définit le Tiers état comme l'ensemble des citoyens qui appartiennent à l'ordre commun. En sont exclus les privilégiés.

Or jusqu'alors, les représentants du Tiers état recevaient des privilèges. Ceci n'est pas acceptable pour Sieyès, les représentants n'étant plus issus du Tiers état.

Pour autant, Sieyès ne préconise pas un nivellement par le bas. Au contraire, il s'agit d'étendre les privilèges accordés aux représentants à l'ensemble du Tiers état.

Par ailleurs, on parle alors en France de trois aristocraties :

  1. L'aristocratie d'Eglise
  2. L'aristocratie d'Epée
  3. L'aristocratie de Robe

Loin de réfuter cette classification, Sieyès l'approuve et la généralise même à tout le régime. Depuis ses débuts, le Royaume de France est une aristocratie dans son ensemble, hormis quelques moments où il fut même despotique, notamment à l'occasion du règne de Louis XIV. C'est la cour qui règne, c'est la cour qui fait et défaits les hommes au pouvoir, c'est la cour qui est la tête de l'aristocratie en France.

 

L'abbé Sieyès résume lui-même ses propos, qui annoncent explicitement le caractère subversif voire révolutionnaire de ses constats :

Résumons : le Tiers état n’a pas eu jusqu’à présent de vrais représentants aux États généraux. Ainsi ses droits politiques sont nuls.

Emmanuel-Joseph Sieyès, Qu'est-ce que le Tiers état ?, chapitre 2

 

-> 5 livres sur la démocratie (bibliographie)

-> Résumé du 1er livre du Contrat social de Rousseau

 

-> Culture générale : la Démocratie <-

 

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : Sieyès, qu'est-ce que le Tiers état, Sciences Po, 1789, biographie, livre, ouvrage, résumé, court, récapitulatif, fiche, comprendre, explication, éclairage, abbé Sieyès, révolution, chapitres, 1, - aucun commentaire


Ouvrage Sciences Po Grenoble 2016 - Composition française de Mona Ozouf

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 11 mars 2016

Si vous passez le concours 2016 de Sciences Po Grenoble pour entrer en 1ère année voici le livre qu'il vous faudra absolument lire et commander le plus vite possible :

 

Commandez dès maintenant l'ouvrage officiel Sciences Po Grenoble 2016 :
Composition française: Retour sur une enfance bretonne

 

Le livre Composition française est à lire dans le cadre de l'épreuve sur un ouvrage d’histoire contemporaine.

Vous aurez 4h pour répondre à deux questions sur l’ouvrage (chaque question notée sur 3) et une dissertation d’ouverture (à partir des thèmes de l’ouvrage) sur l’histoire et l’actualité (notée sur 14).

 

>> Résumé très court du livre : Composition française de Mona Ozouf

 

Thèmes de Composition française - Mona Ozouf :

universalisme, identités, Bretagne, France, histoire, enfance, religion, République

 

Cours résumé de Composition française - Mona Ozouf :

D'abord, Mona Osouf dresse le portrait de sa famille, en particulier ses parents (dont son père qui meurt très tôt), et de ses liens avec la Bretagne.

L'histoire se précise en racontant le parcours personnel de l'auteur : ses études à Saint Brieuc et Rennes, mais aussi son engagement politique en faveur du communisme dès 21 ans.

 C'est également l'occasion pour Mona Ozouf de critiquer le livre de Françoise Morvan, Le Monde comme si, de réaffirmer ses propres valeurs, et d'analyser le lien entre universalisme, communautarisme, identités.

 

>> Fiche technique de l'ouvrage : Composition française de Mona Ozouf

 

Composition française. Retour sur une enfance bretonne
Mona Ozouf

Première parution en 2009
Collection Folio (n° 5137), Gallimard
Parution : 21-10-2010

 

>> Synopsis de l'ouvrage : Composition française de Mona Ozouf



La France a toujours vécu d’une tension entre l’esprit national et le génie des pays qui la composent, entre l’universel et le particulier. Mona Ozouf se souvient l’avoir ressentie et intériorisée au cours d’une enfance bretonne. Dans un territoire exigu et clos, entre école, église et maison, il fallait vivre avec trois lots de croyances disparates, souvent antagonistes. À la maison, tout parlait de l’appartenance à la Bretagne. L’école, elle, au nom de l’universelle patrie des droits de l’homme, professait l’indifférence aux identités locales. Quant à l’église, la foi qu’elle enseignait contredisait celle de l’école comme celle de la maison.

En faisant revivre ces croyances désaccordées, Mona Ozouf retrouve des questions qui n’ont rien perdu de leur acuité. Pourquoi la France s’est-elle montrée aussi rétive à accepter une pluralité toujours ressentie comme une menace? Faut-il nécessairement opposer un républicanisme passionnément attaché à l’universel et des particularismes invariablement jugés rétrogrades? À quelles conditions combiner les attachements particuliers et l’exigence de l’universel? En d’autres termes, comment vivre heureusement la «composition française»?

 

 

-> Dates des concours Sciences Po <-

 

Classé dans : IEP Grenoble - Mots clés : composition française, mona ozouf, ouvrage, sciences po grenoble, livre, lecture, sciences po, résumé, acheter, ozouf, littérature - aucun commentaire


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