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Corrigés : Extraits des mémoires de Charles de Gaulle

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 27 octobre 2015

Bac histoire 2013 : deux documents corrigés. Voici l'un des deux : Extraits des mémoires de Charles de Gaulle.

 

>> Document n°1 : Extraits des mémoires de Charles de Gaulle

 


 Charles de Gaulle
a guidé la France de 1944 à 1969


Dans ses mémoires Charles de Gaulle rappelle quelques grands traits du gouvernement de la France après la Seconde Guerre mondiale.

« On peut dire qu’un trait essentiel de la résistance française est la volonté de rénovation sociale. Mais il faut la traduire en actes. Or, en raison de mes pouvoirs etdu crédit (1) que m’ouvre l’opinion, j’ai les moyens de le faire. […] Étant donné que l’activité du pays dépend du charbon, du courant électrique,du gaz, du pétrole et dépendra un jour de la fission de l’atome, que pour porter l’économie française au niveau qu’exige le progrès ces sources doivent être développées, qu’il y faut des dépenses et des travaux que seule la collectivité est enmesure d’accomplir, la nationalisation s’impose. Dans le même ordre d’idée, l’État se voit attribuer la direction du crédit. En effet, dès lors qu’il lui incombe de financer lui-même les investissements les pluslourds, il doit en recevoir directement les moyens. Ce sera fait par la nationalisationde la Banque de France et des grands établissements de crédit. […] Enfin, pour amener l’économie nouvelle à s’investir, c’est-à-dire à prélever surle présent afin de bâtir l’avenir, le « Haut-commissariat au Plan d’équipement et demodernisation » sera créé pendant cette même année. Mais il n’y a pas de progrèsvéritable si ceux qui le font de leurs mains ne doivent pas y trouver leur compte. Le gouvernement de la Libération entend qu’il en soit ainsi, non seulement par des augmentations de salaires, mais surtout par des institutions qui modifientprofondément la condition ouvrière. L’année 1945 voit refondre entièrement et étendre à des domaines multiples le régime des assurances sociales. Tout salarié en sera obligatoirement couvert. Ainsi disparaît l’angoisse, aussi ancienne que l’espèce humaine, que la maladie, l’accident, la vieillesse, le chômage faisaient peser sur leslaborieux. […] D’autre part, un système complet d’allocations familiales est alors misen vigueur. »

Source : Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, Le Salut, 1944-1946, Plon, 1959

(1) « …crédit que m’ouvre l’opinion » : crédit a ici le sens de « confiance de l’opinion » et non le sens financier que le mot prend dans le reste du texte

 

>> Correction du document n°1 : Extraits des mémoires de Charles de Gaulle

 

Le Salut, 1944-1946, est le troisième tome des Mémoires de guerre de Charles de Gaulle publié en 1959.

Charles de Gaulle expose dans cet ouvrage la victoire de la France Libre.
Il apporte dans l'ensemble de l'ouvrage des cartes, des télégrammes, des lettres. Il s'agit donc d'un ouvrage particulièrement documenté et qui avait un but clairement historique.
Charles de Gaulle défend une vision des valeurs françaises traditionnelles.

 

 

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Corrigés : Déclaration de Jacques Chirac à l’Assemblée nationale le 9 avril 1986

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 18 juin 2013



Bac histoire en ES et L 2013 : deux documents corrigés. Voici la correction du document n°2, une déclaration du premier ministre Jacques Chirac.


>> Document n'°2 : Déclaration de Jacques Chirac


Document n°2 : Déclaration de politique générale du premier ministre Jacques Chirac devant l’Assemblée nationale, 9 avril 1986.

Le RPR, parti gaulliste, a remporté les élections législatives de 1986. Jacques Chirac, issu du RPR, est alors nommé premier ministre par le président François Mitterrand.

« Depuis des décennies – certains diront même des siècles -, la tentation française par excellence a été celle du dirigisme d’État. Qu’il s’agisse de l’économie ou de l’éducation, de la culture ou de la recherche, des technologies nouvelles ou de la défense de l’environnement, c’est toujours vers l’État que s’est tourné le citoyenpour demander idées et subsides (1). Peu à peu, s’est ainsi construite une société administrée, et même collectivisée (2), où le pouvoir s’est concentré dans les mains d’experts formés à la gestion des grandes organisations. Ce système de gouvernement, qui est en même temps un modèle social, n’est pas dénué de qualités : il flatte notre goût national pour l’égalité ; il assure pérennité et stabilité aucorps social ; il se concilie parfaitement avec le besoin de sécurité qui s’incarne dansl’État-Providence. Mais il présente deux défauts rédhibitoires (3) : il se détruit lui-même, parobésité (4) ; et surtout, il menace d’amoindrir les libertés individuelles. Les Français ont compris les dangers du dirigisme étatique et n’en veulent plus. Par un de ces paradoxes dont l’histoire a le secret, c’est précisément aumoment où la socialisation semblait triompher que le besoin d’autonomie personnelle, nourri par l’élévation du niveau de culture et d’éducation, s’exprime avecle plus de force. Voilà d’où naissent sans aucun doute les tensions qui travaillent notre société depuis des années : collectivisation (2) accrue de la vie quotidienne mais, inversement, recherche d’un nouvel équilibre entre les exigences de la justice pour tous et l’aspiration à plus de liberté pour chacun. »

Source : Serge Bernstein, Le gaullisme, documentation photographique n°8050, 2006.

(1) Subside : aide financière
(2) Collectivisée, collectivisation : références au modèle soviétique, utilisées comme argumentdans le débat politique
(3) Rédhibitoire : inacceptable
(4) Idée que le dirigisme accroîtrait le poids de l’État et le rendrait moins efficace

>> Correction du document n°2 Déclaration de Jacques Chirac


Le 16 mars 1986 ont lieu les élections légistlatives : scrutin proportionnel, départementales.
Le RPR et l'UDF sortent victorieux avec 286 sièges sur les 577.
C'est un nouveau cas de figure : une première cohabitation naît à ce moment, aussi appelée coexistence.
Jacques Chirac répond au Président de la République dans ce discours.

Voilà ce qu'en dit le site de l'assemblée nationale :

"Le Président François Mitterrand appelle alors Jacques Chirac à former un gouvernement. Alors que ce dernier vient solliciter la confiance des députés, le débat s’engage entre le Président de la République et le Premier ministre afin de définir la répartition des compétences entre le Chef de l’État et le Chef de gouvernement dans une situation politique inédite.

Le discours d’investiture de Jacques Chirac devant l’Assemblée nationale est construit en réponse au message du président de la République. Entrant en cohabitation, il dresse un bilan des gouvernements précédents et pointe le « mouvement d’espérance » que vit la France.

Face à un président de la République politiquement affaibli le nouveau Premier ministre se veut rassembleur : « Nous ne parlons pas à telle ou telle fraction du peuple mais au peuple de France tout entier » déclare-t-il devant les parlementaires.

L’opposition, par la voix des orateurs des groupes socialiste et Front National-RN, prend date pour les affrontements à venir entre les deux têtes de l’exécutif
"





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La critique de la justice par Kafka

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 12 avril 2013

 

Le Procès est un livre publié en 1925 à titre posthume, écrit par Kafka.

 

=> Télécharger et lire gratuitement l'ebook Le Procès - Kafka.

 

I. L'absurdité de la justice

 

Le livre de Kafka est assurément complexe et subtil, et les auteurs qui ont tenté d'en saisir toute la pensée n'ont pas épuisé toute la portée de l'oeuvre.

 

Cependant, l'aspect le plus direct que révèle cet ouvrage est une critique du judiciaire, de la bureaucratie qui l'entoure, donnant finalement son nom au livre : Le Procès.

En effet, il est question dans ce récit d'un homme appelé "Joseph K." qui est accusé et convoqué devant la justice, pour un motif inconnu.

 

"Pourquoi serais-je donc arrêté ? Et de cette façon, pour comble ?

- Voilà donc que vous recommencez ! dit l'inspecteur en plongeant une tartine beurrée dans le petit pot de miel. Nous ne répondons pas à de pareilles questions."

Chapitre I, Le Procès - Kafka

 

Tout au long du livre, Joseph K. doit se défendre pour un procès dont il ne connaît pas la cause. En parlant de l'organisation judiciaire :

"Et maintenant le sens, messieurs, de cette grande organisation ? C'est de faire arrêter des innocents et de leur intenter des procès sans raison et, la plupart du temps aussi - comme dans mon cas - sans résultat."

Kafka

Chapitre III, Le Procès - Kafka

 

Mais avoir ce procès, sans même savoir pourquoi, serait déjà la reconnaissance d'une culpabilité.

"A te voir, on croirait presque [que tu veux vérifier] le proverbe : "Avoir un pareil procès c'est déjà l'avoir perdu." "

Chapitre VI, Le Procès - Kafka

 

II. La justice irresponsable et incompétente

 

Cette absurdité se double de passages sur la lourdeur de la bureaucratie. Par exemple lors de son premier interrogatoire,le juge d'instruction se trompe en parlant de l'accusé :

"Voyons donc, dit le juge d'instruction en tournant les feuilles du registre et en s'adressant à K. sur le ton d'une constatation ; vous êtes peintre en bâtiments ?

- Non, dit K., je suis le fondé de pouvoir d'une grande banque."

Chapitre III, Le Procès - Kafka

 

Les hommes de justice sont aussi représentés comme complétement désintéressés de leur fonction, irresponsables. Ainsi Joseph K. s'étonne lorsqu'il consulte les livres utilisés par le juge lors de son procès :

"K. n'en feuilleta pas davantage ; il se contenta d'ouvrir le second livre à la page du titre ; il s'agissait là d'un roman intitulé Tourments que Marguerite eut à souffrir de son mari.

"Voilà donc, dit K., les livres de loi que l'on étudie ici ! Voilà les gens par qui je dois être jugé !" "

Chapitre IV, Le Procès - Kafka

 

III. Le sens de la justice et la liberté

 

 

Le livre invite constamment à s'interroger sur le sens de la justice, à l'instar de l'abbé qui apparaît au chapitre IX :

"J'appartiens donc à la justice, dit l'abbé. Dès lors, que pourrais-je te vouloir ? La justice ne veut rien de toi. Elle te prend quand tu viens et te laisse quand tu t'en vas."

Chapitre IX, Le Procès - Kafka

 

Ainsi, tout en préparant le procès, Joseph K. est laissé en liberté ; mais cette liberté se révèle finalement comme une peine en elle-même.

"Et il devait travailler pour la banque ! Il regarda son bureau. Il fallait faire introduire des clients et discuteur maintenant avec eux ? Pendant que son procès continuait, pendant que là-haut, dans le grenier, les employés de la justice restaient penchés sur le dossier de ce procès, il lui fallait régler les affaires du service ? N'était-ce pas une espèce de supplice approuvé par le tribunal comme complément du procès ?"

Chapitre VII, Le Procès - Kafka

 




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