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Qu'est-ce que le Tiers état ? - Abbé Sieyès - Résumé des Chapitres 1 et 2

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 27 mai 2016

Emmanuel-Joseph Sieyès est né en 1748. En 1774, il devient prêtre, mais sans vocation. Il occupe plusieurs postes d'importance, mais devient véritablement célèbre en 1788, en publiant l'Essai sur les privilèges, puis surtout le pamphlet Qu'est-ce que le Tiers état ? en 1789. Ce dernier ouvrage a un succès retentissant, et reste largement commenté jusqu'à aujourd'hui. L'abbé Sieyès joue un rôle profond à cette date dans la Révolution française, notamment lors de la convocation des Etats Généraux le 5 mai 1789, où il est envoyé.

 

>> Que dit l'abbé Sieyès dans Qu'est-ce que le Tiers état ?

 

L'abbé Sieyès donne lui-même le plan de son ouvrage en trois formules marquantes :

1° Qu’est-ce que le Tiers état? — TOUT.
2° Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? —RIEN.
3° Que demande-t-il? — À ÊTRE QUELQUE CHOSE.

Emmanuel-Joseph Sieyès, Qu'est-ce que le Tiers état ?

 

L'objectif de Sieyès est de montrer toute l'importance du peuple dans le royaume. Le peuple accomplit en effet selon Sieyès toutes les tâches du royaume, et les plus pénibles. Sieyès s'étonne alors que le peuple ne se rebelle pas contre les privilégiés, qui conservent sans être troublé leurs avantages. Il est ainsi facile de mesurer la portée contestataire de ce pamphlet, et de comprendre le rôle qu'a pu jouer Sieyès dans la Révolution française.

 

>> Résumé du 1er Chapitre - Qu’est-ce que le Tiers état? — TOUT.


Première page de Qu'est-ce que le Tiers état,
pamphlet de l'Abbé Sieyès

Sieyès désire tout d'abord montrer que le Tiers état, c'est-à-dire les hommes sans privilège, est le seul à être utile au royaume.

Sieyès pour cela commence par distinguer les travaux particuliers des travaux publiques.

Les travaux particuliers sont de 4 classes :

  1. travaux de la campagne
  2. travaux qui ajoutent une valeur seconde
  3. marchands et négociants
  4. soins à la personne

Ces 4 classes relèvent pour Sieyès toutes de l'activité du Tiers état.

Les travaux et fonctions publiques sont également de 4 sortes :

  1. Epée
  2. Robe
  3. Eglise
  4. Administration

Pour Sieyès, même ces fonctions sont assurées par le Tiers état, selon une proportion de 19/20e. En outre, le vingtième restant des activités sont les tâches les moins pénibles, le Tiers état assurant les plus pénibles.

L'ordre noble est étranger à la nation de 3 manières :

  1. par sa fainéantise
  2. par ses prérogatives civiles et politiques
  3. dans son principe (il ne vient pas du peuple) et dans son objet (il vise l'intérêt particulier au lieu de l'intérêt général)

Or la nation, c'est le Tiers état.

 

>> Résumé du 2nd Chapitre - Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? —RIEN.

 

L'abbé Sieyès définit le Tiers état comme l'ensemble des citoyens qui appartiennent à l'ordre commun. En sont exclus les privilégiés.

Or jusqu'alors, les représentants du Tiers état recevaient des privilèges. Ceci n'est pas acceptable pour Sieyès, les représentants n'étant plus issus du Tiers état.

Pour autant, Sieyès ne préconise pas un nivellement par le bas. Au contraire, il s'agit d'étendre les privilèges accordés aux représentants à l'ensemble du Tiers état.

Par ailleurs, on parle alors en France de trois aristocraties :

  1. L'aristocratie d'Eglise
  2. L'aristocratie d'Epée
  3. L'aristocratie de Robe

Loin de réfuter cette classification, Sieyès l'approuve et la généralise même à tout le régime. Depuis ses débuts, le Royaume de France est une aristocratie dans son ensemble, hormis quelques moments où il fut même despotique, notamment à l'occasion du règne de Louis XIV. C'est la cour qui règne, c'est la cour qui fait et défaits les hommes au pouvoir, c'est la cour qui est la tête de l'aristocratie en France.

 

L'abbé Sieyès résume lui-même ses propos, qui annoncent explicitement le caractère subversif voire révolutionnaire de ses constats :

Résumons : le Tiers état n’a pas eu jusqu’à présent de vrais représentants aux États généraux. Ainsi ses droits politiques sont nuls.

Emmanuel-Joseph Sieyès, Qu'est-ce que le Tiers état ?, chapitre 2

 

-> 5 livres sur la démocratie (bibliographie)

-> Résumé du 1er livre du Contrat social de Rousseau

 

-> Culture générale : la Démocratie <-

 

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : Sieyès, qu'est-ce que le Tiers état, Sciences Po, 1789, biographie, livre, ouvrage, résumé, court, récapitulatif, fiche, comprendre, explication, éclairage, abbé Sieyès, révolution, chapitres, 1, - aucun commentaire


Résumé du 1er livre du Contrat social de Rousseau

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 22 novembre 2014



Dans le Livre I du Contrat social, Rousseau commence par définir son projet. Il s’agit de trouver une règle d’administration qui soit légitime et sûre.

Prévenant les critiques qui interrogeraient la légitimité de sa démarche, Rousseau répond que c’est en sa qualité de citoyen qu’il a le droit de s’intéresser à la Politique.

 

=> Lire en intégralité le Contrat Social, Livre Premier - Rousseau (Gratuit)


>> Résumé Chapitre I - Sujet de ce premier Livre, Du Contrat social, Rousseau

 

Rousseau s’étonne :


L’homme est né libre, et partout il est dans les fers.


Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre premier. – Sujet de ce premier Livre.



C’est ce constat paradoxal qui pousse Rousseau à expliquer comment l’homme, alors qu’il est né libre et sans entrave, a pu s’enchaîner au cours de sa vie, de manière systématique.
 

>> Résumé Chapitre II - Des premières Sociétés, Du Contrat social, Rousseau



Rousseau voit dans la famille « la plus ancienne de toutes les sociétés et la seule naturelle ». Ce chapitre est notamment l’occasion pour Rousseau, comme il le fera plusieurs fois par la suite, de critiquer les thèses des auteurs qui le précèdent, comme Grotius, Hobbes, ou encore Aristote.
 

>> Résumé Chapitre III - Du droit du plus fort, Du Contrat social, Rousseau


 

Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir.

Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre 3. – Du droit du plus fort.



Pour subsister, la force doit se convertir en droit, et l’obéissance en devoir. Rousseau tâche de comprendre dans ce chapitre ce qu’il faut comprendre par l’expression « droit du plus fort ». Sa conclusion est que l’on est obligé d’obéir uniquement aux aux puissances légitimes.

 

>> Résumé Chapitre IV - De l’esclavage, Du Contrat social, Rousseau



D’une double constatation :

  1. Aucun homme n’a d’autorité naturelle sur un autre
  2. La force ne produit aucun droit

Rousseau en tire le principe que seule la convention peut constituer une autorité légitime.

Personne ne s’aliène, ne se fait esclave, volontairement, ce serait s’opposer au bon sens. Ou alors seuls les fous le font, mais en ce cas ils ne sont pas esclaves dans le droit, car « la folie ne fait pas droit ».
 

>> Résumé Chapitre V - Qu’il faut toujours remonter à une première convention, Du Contrat social, Rousseau



Avant de savoir comment sont institués les rois, il s’agit de comprendre « l’acte par lequel un peuple est un peuple ». C’est en l’occurrence par la convention.
 

>> Résumé Chapitre VI - Du pacte Social, Du Contrat social, Rousseau



Il s’agit ici du chapitre clé du Contrat social. Rousseau y explique vraiment comment se forme le pacte social, et ce qu’il est. Le problème à résoudre est le suivant, des mots de Rousseau :
 

Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant.» Tel est le problème fondamental dont le contrat social donne la solution.


Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre 6. – Du pacte social.



La solution se trouve donc dans le contrat social, qui nécessite le concours de plusieurs. C’est « l’aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté ».

Pour autant, ce n’est pas qu’un acte de soumission, chaque associé en sort gagnant :
 

Enfin chacun se donnant à tous ne se donne à personne, et comme il n'y a pas un associé sur lequel on n'acquière le même droit qu'on lui cède sur soi, on gagne l'équivalent de tout ce qu'on perd, et plus de force pour conserver ce qu'on a.


Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre 6. – Du pacte social.


Ce que l’on appelait autrefois la Cité devient désormais la République, ou corps politique.

Ce corps politique est désigné de trois manières différentes, selon qu’il est :

  • passif : Etat
  • actif : Souverain
  • comparable à ses semblables : Puissance


 

>> Résumé Chapitre VII - Du souverain, Du Contrat social, Rousseau



Le Souverain, donc le corps politique en tant qu’il est actif, ne peut violer l’acte du contrat qui l’a institué.

De plus, attaquer une partie du corps politique, c’est attaquer le corps politique dans son ensemble, et réciproquement.

Enfin, quand les intérêts personnels divergent de l’intérêt commun, alors on est en droit de contraindre celui qui s’y oppose : « ce qui ne signifie autre chose sinon qu’on le forcera d’être libre ».
 

>> Résumé Chapitre VIII - De l’état civil, Du Contrat social, Rousseau



Le passage de l’état de nature à l’état civil entraîne plusieurs changements :

  • L’instinct est remplacé par la justice
  • Les actions dénuées de moralité ont désormais une moralité.
  • L’homme écoute sa raison plutôt que ses penchants.


Rousseau parle de cet « instant heureux » qui « d’un animal stupide et borné, fit un être intelligent et un homme. »

Deux types de liberté sont alors distingués :

  1. La liberté naturelle, qui n’a pour bornes que les forces de l’individu.
  2. La liberté civile, qui a pour limites la volonté générale.


Il faut aussi établir une autre distinction entre la possession, faite par la force, et la propriété, qui est elle légitime et réglée par le droit.
 

>> Résumé Chapitre IX - Du domaine réel, Du Contrat social, Rousseau



Dans le cas d’un nouveau terrain, il existe un droit du premier occupant, qui répond en général à trois conditions :

  1. Le terrain n’est habité par personne.
  2. Celui qui le revendique ne prend que la quantité qui lui est nécessaire.
  3. Il doit en être pris possession par le travail et la culture, qui sont des signes de propriété



Rousseau conclut le Livre I du Contrat social en soulignant que l’égalité naturelle des hommes n’a pas été détruite ; mais elle a été remplacée par une autre égalité, qui est une égalité morale et légitime.

Tandis que la nature pouvait donner à voir des inégalités « en force ou en génie », le contrat social établit une égalité par « convention et de droit ».

 

En lien avec la Démocratie :

-> Critiques et défauts de la démocratie

 

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Classé dans : Culture Générale - Mots clés : Rousseau, contrat social, IEP, Sciences Po, philosophie politique, résumé, premier, livre, chapitre, explication, éclairage, analyse, commentaire, Jean-Jacques, Contrat, Pacte social, Etat, République, Cité, Souverain - 4 commentaires