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4 Techniques Fantastiques pour Trouver le Plan de TOUTES vos Dissertations TOUTE Votre Vie et en UN Instant

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 24 novembre 2016

Aujourd'hui, un article important s'il en est puisqu'il s'occupe du cœur de votre dissertation : le contenu !

Car plutôt que de vous aider sur la forme, sur la "beauté" de votre dissertation - 20 Préceptes pour une Meilleure Présentation de vos copies - nous parlerons davantage de ce qui soutient votre dissertation, ce qui le structure : le squelette !

D'où le titre très sobre de cet article : "4 Techniques Fantastiques pour Trouver le Plan de TOUTES vos Dissertations TOUTE Votre Vie et en UN Instant". Fantastiques, parce que vous allez voir qu'en faisant marcher votre imagination, vous pouvez aller beaucoup plus loin et réfléchir de manière beaucoup plus efficace que vous le croyez.

Nous vous offrons en effet une stratégie de guerre imparable, puisque après avoir lu notre article, vous n'aurez plus aucun problème pour structurer TOUS les devoirs / dissertations de TOUTES vos matières de TOUTE votre vie ! Rien de moins ! ;)

Comment trouver un plan ? Un plan en deux parties ou en trois parties ? Comment réussir sa dissertation ?

Ouvrez donc bien vos yeux, et apprenez par cœur ces 4 techniques qui vous donneront la clé pour structurer vos devoirs, donner de la cohérence à vos idées, et bien articuler les différents mouvements de votre devoir.

  • Technique n°1 : La Technique du Théâtre
  • Technique n°2 : La Technique du Serpent Barbu
  • Technique n°3 : La Technique du Vieux Philosophe
  • Technique n°4 : La Technique du Flemmard dans son Hammac

 

>> 1er plan : La Technique du Théâtre - Comment trouver un plan pour sa dissertation

 

Nous avons donné des noms imagés aux techniques pour trouver un plan, d'abord pour qu'ils soient faciles à identifier, mais en plus pour qu'ils soient faciles à mémoriser ! Imprégnez-vous bien de cette image que nous vous donnons dans le nom de la technique, et vous n'aurez absolument aucun mal pour vous souvenir de ce que signifie la technique.


Une technique efficace pour arriver à produire un plan rapidement : le Théâtre

 

Matières pour ce plan : Ce plan vous sera utile dans toutes les matières, et notamment pour l'explication de texte (français, philosophie, anglais, espagnol, allemand, langues étrangères, histoire...)

Nombre de parties du plan : Ce plan se construit toujours en 3 parties.

Démarche du plan : Il part du plus évident, du plus superficiel, vers le plus subtil, le plus profond.

Faites fonctionner le plan : Voici comment mettre en place ce plan, et en quoi il consiste réellement. Votre sujet (que ce soit un intitulé de dissertation, juste une phrase, ou tout un texte) est en fait une pièce de théâtre.

Imagininez le tout début de la pièce : vous vous asseyez dans les fauteuils et vous contemplez la scène. Le rideau s'ouvre. Vous remarquez les décors, où les personnages sont placés, qui sont ces personnages sur la scène, comment ils s'appellent, quels vêtements ils portent, à quelle époque se situe la pièce. Ceci est votre 1ère partie. Ce sont tous les éléments qui présentent votre sujet, qui présentent la situation.

La pièce de théâtre se poursuit, et l'intrigue prend véritablement place. Vous suivez avec attention l'histoire, les péripéties, les retournements de situation, les enjeux. Tel personnage est tombé amoureux de tel personnage, qui lui-même déteste tel autre personnage, etc. Pensez à votre série préférée, pensez Game of Thrones, le Seigneur des Anneaux, Harry Potter et toutes les intrigues qui s'imbriquent, toutes les relations complexes entre les personnages. Vous devez rendre compte de toutes les évolutions. Ceci est votre 2e partie. Ce sont toutes les interactions qui sont soulevées par votre sujet.

La pièce de théâtre touche à sa fin. Et c'est maintenant l'heure du bien nommé : coup de théâtre. C'est le retournement de situation finale, "la chute", et tout prend une dimension nouvelle. Vous comprenez tout de façon nouvelle. Pensez encore une fois à votre film, votre série préférée, lorsqu'à la fin le personnage fait une révélation qui remet en cause tout ce qui se passait depuis le début : c'était resté un secret jusqu'à maintenant, mais maintenant que vous le savez, ça explique beaucoup de choses ! C'est ce secret que vous devez révéler maintenant. Ceci est votre 3e partie. Il s'agit de tout ce que le sujet a de plus subtil et auquel on ne pense pas tout de suite, ce qui était caché depuis le tout début de votre devoir, depuis votre introduction, et qui maintenant éclate au grand jour.

 

Exemple pour ce plan : Le rayonnement culturel de la France depuis 1945

 

I. L'Etat providence français : nouveaux modèles économiques. - Vous décrivez ici la situation telle quelle est. Que est la situation sur rayonnement culture de la France entre 1945 et aujourd'hui, qu'est-ce que vous voyez au premier coup d'œil ?

II. Scolarisation, urbanisation, et politique culturelle en France. - C'est l'intrigue. Quelles sont les évolutions ? Comment se déroule ce rayonnement culturel, quelles sont les relations et les interactions à l'œuvre ?

III. La société de consommation et l'évolution des mœurs. - C'est la dynamique secrète. Qu'est-ce qui se tramait depuis le début et qu'on peut enfin révéler ? Avec le recul et à la fin, on découvre que c'est toute une mentalité, tout un système de pensée, qui a changé depuis le début et qui était la dynamique cachée du rayonnement culturel de la France. C'est cela dont on se rend compte à la fin, et qui donne sens à tout ce qu'on a décrit jusqu'ici.

 

-> A la fin de cet article, nous vous aidons à Trouver les sous-parties de votre plan rapidement.

 

>> 2e plan : La Technique du Serpent Barbu  - Comment trouver un plan pour sa dissertation

 

Le nom "Serpent Barbu" cache ce qu'est le véritable nom de ce plan, et qui n'est autre que "Chronos", le Dieu du temps. Et ce n'est pas un hasard si nous avons caché le nom du Dieu Chronos ! C'est parce qu'il faudra faire pareil dans votre copie. Chronos fut un temps représenté comme un serpent à trois têtes, et de nos jours il est parfois représenté comme un vieil homme barbu. En combinant les deux images, vous vous retrouvez en tête à tête avec un serpent barbu !


Certes, notre serpent a plus de fleurs sur lui que de barbe.
L'important, c'est de se souvenir du Dieu
qui sauvera votre dissertation : Chronos !

 

Matières pour ce plan : le serpent barbu, il vous sera surtout, surtout, surtout utile en... HISTOIRE ! Quasiment à chaque fois que vous vous retrouverez en face d'un sujet de dissertation d'histoire, le Serpent Barbu sera le plan le plus efficace ! Et par conséquent, c'est probablement aussi le plan le plus répandu.

Nombre de parties du plan :  3 parties, c'est l'idéal, par défaut. Mais si ça marche mieux en 2 parties comme nous allons l'expliquer, alors foncez pour le faire 2 parties.

Démarche du plan : le plan du Serpent Barbu n'est autre que... le plan chrono-thématique ! Il s'agit donc d'un plan qui va de l'ancien au plus récent, tout en thématisant chaque période.

Faites fonctionner le plan : Pour faire fonctionner ce plan, il vous faut avant tout délimiter les bornes chronologiques de votre sujet ! Prenons un exemple classique, votre sujet est : "La Première Guerre Mondiale". C'est à vous d'identifier les bornes, et comme vous avez quelques notions d'histoire, vous arrivez très vite à déterminer la borne de début 1914 et la borne de fin 1918. Il faut alors déterminer 2 ou 3 périodes dans ces bornes ! On a de la chance, parce que la Première Guerre mondiale est très souvent décrite en 3 phases successives. Il vous suffit donc de reprendre ces 3 périodes :

  1. automne-hiver 1914
  2. 1915-1917
  3. 1918

Tout comme nous avons maquillé le nom du Dieu Chronos, en le remplaçant par "Serpent Barbu", vous devrez maquiller le nom de vos 2 ou 3 parties en remplaçant la période par une image forte représentative de cette période. Qu'est-ce qui caractèrise cette période ? Qu'est-ce qui fait l'essence de cette période ? Lorsque vous avez fait votre division en 3 périodes, c'est bien qu'il y a eu un changement, un tournant, dans l'histoire. Comment c'était avant, et comment c'était après ? Ce sont les réponses à ces questions qui seront vos parties !

Pour la Première Guerre Mondiale, voici ce que seraient vos parties :

  1. la première Guerre de Mouvement. (automne-hiver 1914)
  2. la Guerre des Tranchées (1915-1917)
  3. la seconde Guerre de Mouvement. (1918)

C'est ainsi que vous ne vous contentez pas de réciter sans réflexion l'histoire, de raconter les évènements les uns après les uns sans les comprendre. En identifiant quels sont les tournants, quelles sont les caractéristiques de chaque période, ce qui a changé, qu'est-ce qui fait l'essence de chaque période de l'histoire par rapport à une autre, vous produisez une véritable analyse, une réflexion. Cette réflexion, c'est la valeur ajoutée que cherche le correcteur. Le correcteur a deux objectifs : 1) être sûr que vous connaissez bien votre cours, que vous connaissez les dates, vous savez par cœur les faits historiques. 2) vous pouvez trouver la cohérence du cours de l'histoire, l'analyser, et vous ne restez pas passifs : vous trouvez du sens à l'histoire.

 

Exemple pour ce plan : La puissance diplomatique de la France dans le monde de 1958 à 2007

Comme vous allez le voir, il est important pour un sujet aussi vaste de comprendre les tournants. Nous avons donc identifié 4 années charnières, c'est-à-dire les 4 années qui ont fait basculer le cours de l'histoire : 1958 - 1974 - 1991 - 2007. Parmi elles, 2 nous avaient déjà été données dans le sujet, et ce n'est bien sûr pas un hasard. Vous devez expliquer pourquoi le correcteur vous a donné ces bornes, pourquoi c'est important de commencer en 1958 et de finir en 2007. De ces années charnières, nous pouvons déduire qu'il y a eu 3 grandes périodes. Et c'est à nous / et désormais à vous de leur donner une couleur, de dire comment sont ces périodes, qu'est-ce qu'elles ont de spécial. Voici les couleurs que nous avons trouvées pour chaque période :

I. La politique de grandeur (1958-1974)

II. La France dépendante de l'affrontement bipolaire mondial (1974-1991)

III. La France face à la mondialisation (1992-2007)

 

-> A la fin de cet article, nous vous aidons à Trouver les sous-parties de votre plan rapidement.

Attention : Ce plan du Serpent Barbu, ou chrono-thématique, ne s'impose pas / ne convient pas à toutes les dissertations d'histoire.

Par exemple si le sujet est très resserré chronologiquement, ce n'est pas utile, et dans ce cas il vaut mieux utiliser la première technique que nous vous avons présentée, celle du Théâtre. En particulier, si comme cela s'est déjà vu, le sujet tient en une seule date. Exemple : "Sujet : L'année 1945".

Inversement, si le sujet porte sur une période très large, alors il y a énormément de chances que le Serpent Barbu soit le seul plan qui convienne ! Exemple : "Sujet : Le pouvoir royal de 1328 à 1792".

 

>> 3e plan : La Technique du Vieux Philosophe - Comment trouver un plan pour sa dissertation

 

 


Un philosophe classique pour un plan tout aussi classique,
et sûrement le plus redoutable et efficace encore aujourd'hui

Matières pour ce plan : le Vieux Philosophe, c'est probablement celui qui vous aidera le plus dans le plus de matières différentes ! Culture générale, Questions contemporaines, Histoire, Langues étrangères, et bien sûr Philosophie (car c'est quand même eux qui l'ont inventée). Vous pourrez l'utiliser dans de très nombreux cas, et il y a en particulier UN cas où vous devez absolument y penser : dès qu'une question peut être répondue par "Oui" ou par "Non", par exemple si le sujet peut être formulé avec "Est-ce que ... ?" -> le vieux philosophe !

Nombre de parties du plan : TOUJOURS 3 PARTIES. Cette fois-ci, c'est obligatoire, et c'est pour votre bien, même si la 3e partie sera bien souvent la plus délicate ! ;)

Démarche du plan : il s'agit tout simplement du plan dialectique. C'est donc une discussion : arguments en faveur, arguments en opposition, et solution. De manière encore plus concise, on pourrait résumer par la formule : Oui / Non / Dépassement. Mais attention, ce n'est pas aussi simple que ça en a l'air, lisez bien la suite.

Faites fonctionner le plan : En effet, il faut bien comprendre le Vieux Philosophe, sinon les conséquences pourraient être désastreuses. Historiquemenent, on peut faire remonter la dialectique au moins jusqu'à Platon (c'est en fait lui que l'on désigne par le Vieux Philosophe) : il s'agit alors d'une discussion. C'est comme s'il y avait 3 personnages en présence : le premier est pour telle mesure, le second est contre, et le troisième doit prendre en compte les arguments de tous et trouver la solution pour que tout le monde soit content ! Cela veut donc dire que tous les arguments sont valables, et que la discussion progresse. La troisième partie est donc très difficile puisque il faut reconnaître la pertinence de tout ce que vous avez dit jusqu'à maintenant, et résoudre des avis opposés. En somme, c'est à vous de régler les problèmes, c'est VOUS le Vieux Philosophe. Imaginez un dialogue sur le sujet improbable "Faut-il donner le biberon ?" :

I. Grand-Mère : Donner le biberon, c'est bien pour A. cette raison évidente B. encore plus pour cette deuxième raison C. finalement et surtout pour cette troisième raison.

II. Grand-Père : Donner le biberon, c'est mal pour A. cette raison évidente B. encore plus pour cette deuxième raison C. finalement et surtout pour cette troisième raison.

III. Vous-même : C'est vrai, Grand-Mère a raison, et à la fois Grand-Père a aussi raison. Dès lors, la solution c'est de bien comprendre que Donner le biberon ce n'est pas seulement une question de bien ou de mal : au-delà de tout ça il y a l'intérêt de l'humanité blablabla.

Oui, vous avez le droit d'imaginer deux grands-parents qui papotent pendant votre examen, si ça peut vous rapporter des points !

 

Exemple pour ce plan : Corrigé du sujet : Le Travail, facteur d'intégration ?

I. Le travail peut être encore aujourd'hui un facteur d'intégration sociale

II. Le travail n'est pas pour autant en permanence un facteur d'intégration sociale

III. L'intégration sociale doit être favorisée par une discipline souple mais régulée du travail

Attention : l'avantage, c'est que très souvent pour les dissertations de français ou de philosophie ou d'histoire ou d'autres matières, il n'y a pas besoin de faire apparaître le plan. Mais il faut tout de même annoncer le plan dans l'introduction, et en souligner l'articulation dans les transitions. Vos annonces de plan ne doivent pas être aussi brutes que nous l'avons exposé ici. Il ne faut pas que vous ayez l'air de dire quelque chose (I) et que juste après vous détruisiez ce que vous venez de dire (II) ! Nous vous rappelons que tous les arguments sont justes et le demeurent jusqu'au bout ! C'est là que réside toute la subtilité et la difficulté du plan dialectique, qui est pourtant le meilleur plan, le plus performant et le plus génial quand il est réussi ! C'est lui qui vous amènera le plus loin, c'est lui le plus classe.

Il faut donc que vous preniez un soin tout particulier à la formulation de vos annonces de plans, en montrant bien qu'il n'y a pas de contradiction brutale qui anéantirait votre travail, mais qu'il y a une progression. Ce que dit Grand-Mère est intéressant, et ce que dit Grand-Père est également intéressant, même si les deux ont un avis qui ne va pas dans le même sens. C'est bien sûr encore plus important pour votre troisième partie, puisqu'il doit y avoir conciliation, solution, dépassement de tous les arguments invoqués jusqu'à alors.

 

-> A la fin de cet article, nous vous aidons à Trouver les sous-parties de votre plan rapidement.

 

>> 4e plan : La Technique du Flemmard dans son Hammac - Comment trouver un plan pour sa dissertation


Si vous êtes aussi décontracté que le jeune homme
à l'idée d'utiliser ce plan en deux parties,
alors allez-y et récupérez la bonne note dont vous rêvez !

 

Matières pour ce plan : en Droit quasiment toujours, en Langues étrangères assez souvent, en Culture générale et Questions contemporaines.

Nombre de parties du plan : 2 parties ! Seulement 2 parties, d'où notre appellation tout à fait amicale en vérité du "Flemmard", parce qu'il s'agit du seul plan qui est uniquement en 2 parties. De manière un peu plus gratifiante, on aurait pu l'appeler : "le Gars Efficace qui n'a Besoin que de 2 parties", mais on trouvait plus amusant de charrier un peu.

Démarche du plan : Dit très simplement, toute la logique de ce plan du Flemmard dans son Hammac se résume en 2 mots : "OUI, MAIS". D'où notre appellation "du Hammac" : pensez au balancement du Hamac, très binaire : je vais d'un côté, et tout à coup je repars de l'autre côté.

Faites fonctionner le plan : Votre première partie correspond donc à la thèse la plus évidente. C'est le "OUI". Votre seconde partie, sera le lieu idéal pour nuancer. C'est le "MAIS". Dans la première partie, vous dites au correcteur :

Partie I. il faut bien que voir que telle mesure est bonne pour cette raison (A) et surtout pour cette raison (B).

Partie II. Toutefois, il faut faire attention. Car la raison A est vraie, mais il ne faut pas oublier que ça peut être dangereux (A'). Et la raison B est  aussi vraie, mais elle peut aussi être dangereuse (B')

En bref, vous affirmez votre thèse (I) grâce à deux arguments (A) et (B). Puis - pensez au Hammac - vous contrebalancez (II) cette thèse grâce à deux nouveaux arguments (A') et (B').

 

Exemple pour ce plan : Correction du sujet La Famille a-t-elle un avenir ?

I. Les racines familiales

A. L'enracinement de la famille

B. Le déracinement familial

II. Le déracinement familial comme avenir ?

A. Dissolution ou transformation de la famille ?

B. Quand la société se joue des influences idéologiques sur la famille

 

-> Juste ci-dessous, nous vous aidons à Trouver les sous-parties de votre plan rapidement.

 

>> Faites des sous-parties

 

Pour tous les plans que nous avons vus, les sous-parties sont beaucoup plus faciles.

Il suffit d'aller du moins important au plus important.

Sélectionnez 3 points importants que vous allez avancer. Parmi ces 3 arguments, lequel a le plus de poids ? Lequel permet de convaincre le plus votre correcteur que vous avez raison ? Ce point le plus important vous le gardez pour la fin, votre troisième sous-partie. Le second argument, qui est important mais pas tant que ça, ce sera votre deuxième sous-partie. L'argument le plus facile, celui auquel tout le monde pense et qui en fait n'est pas si fort que ça, vous l'expliquez tout de suite : c'est votre première partie.

Si vous n'avez que 2 arguments en tête, ce n'est pas grave : vous pouvez utiliser seulement 2 sous-parties. C'est beaucoup moins important quand il s'agit des sous-parties, mais faites toujours 2 ou 3 sous-parties, pas plus, pas moins.

Gardez enfin à l'esprit que toutes vos parties doivent être équilibrées ! L'idéal c'est ça :

  • Introduction 15% du devoir
    Transition
     
  • Partie I. 25% du devoir (A. 33% de la partie - B. 33% de la partie - C. 33% de la partie)
    Transition
  • Partie II. 25% du devoir (A. 33% de la partie - B. 33% de la partie - C. 33% de la partie)
    Transition
  • Partie III. 25% du devoir (A. 33% de la partie - B. 33% de la partie - C. 33% de la partie)
    Transition
     
  • Conclusion 10% du devoir

 

 

>> Appliquez ces techniques pour trouver un plan rapidement et efficacement

 

Connaître les techniques pour obtenir le meilleur plan possible pour son devoir, c'est très bien. Pouvoir les appliquer avec productivité, et gagner un maximum de temps dans votre devoir, c'est encore mieux ! Lisez ces 16 Moyens pour Être Extrêmement Productif (30 Secondes Chacun) pour être encore plus performant lors de votre examen.

N'oubliez pas qu'il existe d'autres plans, mais dans ces cas ils sont beaucoup plus simples et vous n'avez pas besoin de technique. C'est par exemple le cas du Commentaire de texte en Philosophie : certains professeurs préconisent le commentaire de texte linéaire, c'est-à-dire phrase par phrase, mot par mot. Dans ce cas, il vous faut juste découper le texte en 3 grandes parties équitables, et donner un titre qui résumé chaque partie.

 

Un dernier moyen mnémotechnique pour vous souvenir de toutes ces techniques : si vous hésitez le jour du devoir à quelle façon employer, souvenez-vous de cette petite histoire : vous êtes dans un grand théâtre à Paris (1ère technique pour trouver un plan), la salle est comble, il y a beaucoup de gens autour de vous qui éclatent de rire, qui s'ennuient, qui papotent en attendant le début du spectacle. Soudain, le rideau se lève : horreur ! Un immense serpent doté d'une longue barbe (2e technique pour trouver un plan) se déplace sur la scène. Toute la salle est prise de panique. Tous les spectateurs se lèvent d'un coup affolés, en se précipitant vers les sorties. Alors un vieil homme grec à sandales, s'avance péniblement vers l'estrade, le dos courbé (3e technique pour trouver un plan). Il monte les marche, s'approche du serpent et lui crie : "Dégage !". Le serpent est pris de peur et s'enfuit. Quand les spectateurs se rendent compte de ce qui vient de se passer, ils sont tous extraordinairement soulagés. Un fou rire les traverse alors très vite lorsqu'ils aperçoivent que le vieil homme s'est allongé dans le hamac qui se trouvait sur l'estrade (4e technique pour trouver un plan).

Allez, vous aurez peut-être une histoire un peu plus sérieuse et crédible pour vous souvenir de ces moyens, mais nous espérons en tout cas qu'à partir de maintenant vous saurez identifier rapidement votre plan, de manière efficace et ordonnée. N'hésitez pas à consulter nos articles de Méthodologie.

-> 7 Clés pour Lire 10 Fois Plus Rapidement et Plus Efficacement

-> Conseils méthodologiques

Classé dans : Méthodologie - Mots clés : comment trouver un plan de dissertation, plan, construire, dissertation, plannifier, structurer, grand un, grand deux, grand trois, titres, histoire, géographie, sciences politiques, droit, philosophie, littérature, technique, trouver un plan, comment - 1 commentaire


Chapitre 5 - La collaboration entre collectivités locales

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 05 octobre 2016

Titre 3 - Les collectivités territoriales

Chapitre 4 - La commune

Chapitre 5 - La collaboration entre collectivités locales

 

 


>> Section 1 - La collaboration horizontale des collectivités

 

Collaboration entre départements et entre régions

 

La collaboration horizontale correspond au dialogue entre différentes collectivités d'un même échelon.

Ainsi, la loi du 6 février 1992 met en place la possibilité d'ententes interrégionales. Les régions doivent être limitrophes, et il est possible d'intégrer seulement une entente.

Les ententes interdépartementales existent aussi, mises en place par la loi du 9 janvier 1930. Les départements au contraire des régions ne sont pas tenus d'être limitrophes.

Ces deux organes d'entente sont des établissements publics.

 

Les départements peuvent aussi dialoguer par le biais de conférences interdépartementales (loi de 1871), mais ces conférences n'ont pas de pouvoir décisionnaire.

 

Collaboration entre communes

 

Pour pallier le problème du trop grand nombre de communes, les communes peuvent se grouper dans ce qui est appelé des groupements intercommunaux. Cette tendance a été favorisée par la loi du 16 juillet 1971, et une commission créée par la loi du 6 février 1992 est chargée de développer ces groupements intercommunaux. La loi du 12 juillet 1999 met en place la communauté d'aglomération.

Cette tendance à l'intercommunalité s'est accompagnée de dérives dénoncées par la Cour des comptes en 2005, notamment financières, ou d'exclusion de certaines communes.

Les communes peuvent collaborer également au sein :

  • des syndicats de communes : syndicats à vocation unique (la majorité) ou à vocation multiple (une minorité). Ce sont des établissements publics.
  • des communautés urbaines (loi du 31 décembre 1966), qui sont des établissements publics avec leurs propres organes, et regroupent au moins 500 000 habitants.
  • des communautés de communes (loi du 6 février 1992), mises en place par un arrêté préfectoral sur demande des 2/3 des communes concernées, et sous condition qu'elles représentent un part importante de la population.
  • des communautés d'agglomération (loi du 12 juillet 1999), qui regroupent au moins 50 000 habitants autour d'un centre.

 

Les communes peuvent également fusionner. Cette évolution est encadrée par la loi du 16 décembre 2010.

 

>> Section 2 - La collaboration verticale des collectivités 

 

Les collectivités locales comme plus généralement les établissements publics peuvent collaborer de façon verticale, c'est-à-dire à tous les échelons. Il existe ainsi :

  • des syndicats mixtes (décret du 20 mai 1955) : soumis à l'autorisation du ministre de l'Intérieur, ils regroupent des établissements publics divers
  • des agences départementales (loi du 2 mars 1982) : établissements publics qui réunissent un département, une commune, ou un établissement public intercommunal,

 

Les collectivités peuvent également collaborer avec des collectivités d'un autre pays, selon des conditions prévues par la loi du 6 février 1992.

 

La loi du 16 décembre 2010 impose la réalisation de "schémas de mutualisation de services" pour encourager la mutualisation des moyens et du personnel des collectivités.

 

Sous la présidence de Hollande, des lois sont étudiées pour transformer la carte territoriale, notamment par la notion de métropole. 10 métropoles ont été crées au 1er janvier 2015 dans un objectif de décentralisation, en donnant aux territoires des compétences accrues. La Métropole de Lyon créée le 1er janvier 2015 a un statut particulier, et devient une collectivité territoriale unique.

 

-> Chapitre 6 - Le cas des trois villes Paris, Lyon et Marseille

 

-> Fiches de cours - L'organisation administrative <-

 

Classé dans : Politique - Mots clés : collaboration, collectivités, territoriales, sciences po, IEP, droit, administratif, fiches, leçons, cours, région, département, commune - aucun commentaire


Droit et politique - Schopenhauer et Spinoza

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 27 avril 2016

Droit et politique - Schopenhauer et Spinoza

 

Arthur Schopenhauer, dès le début de « Droit et Politique », issu de l’Ethique, droit et politique (1851), cite Baruch Spinoza, auteur du Traité théologico-politique.

Baruch Spinoza commence la rédaction du Tractatus theologico-politicus, abrégé couramment sous le sigle TTP, probablement en 1665, à cause des théologiens qui le traitent d’athée comme il l’explique dans une lettre. L’oeuvre paraît anonymement en 1670, et déclenche
polémiques et contestations. En effet le TTP, aborde les thèmes les plus épineux du siècle, notamment quant aux relations entre droit, politique, et religion, en particulier par la question de l’exégèse biblique. L’objet du livre est bien de faire voir que « liberté de philosopher » n'est nuisible
« ni à la piété ni à la paix et à la sécurité de l'État », d’après son propre sous-titre.

Si l’oeuvre de Spinoza eut un retentissement immédiat, celle d’Arthur Schopenhauer n’acquit sa renommée qu’au milieu du XIXe siècle. Les Parerga et Paralipomena, recueil publié en 1851, contribuèrent à la revalorisation des écrits de Schopenhauer. Dans le chapitre intitulé « Droit
et Politique » de l’Ethique, droit et politique, Arthur Schopenhauer exprime sa vision des rapports
que doivent entretenir droit et politique comme l’indique le titre, mais également quelle est la place
de la liberté des hommes.

Par les thèmes que le chapitre XVI du TTP, et le chapitre « Droit et politique » de Ethique, droit et politique abordent, il est aisé de sentir l’influence qu’a pu avoir Spinoza sur Schopenhauer. Il est en effet de notoriété publique que Schopenhauer était un lecteur assidu de Spinoza. C’est pour cette raison principale que j’ai choisi l’étude de ces deux extraits. Il m’est paru en effet intéressant de voir comment la pensée d’un auteur pouvait trouver un écho deux siècles plus tard, en Europe. La seconde raison qui rend la comparaison de ces extraits intéressante est qu’il s’agit de deux ouvrages moins connus, et pourtant qui expriment une vision fondamentale de la philosophie politique, presque systémique dans le cas de Spinoza, et dans une moindre mesure dans le cas de l’oeuvre de Schopenhauer. La force de la vision philosophique et politique de ces extraits contrastait selon moi avec la faible notoriété de ces ouvrages, donnant l’envie de comprendre plus précisément la relation particulière qui les unit.

Comment le droit et la politique, à première vue contradictoires, peuvent-ils laisser une place à la liberté de l’individu ? Comment le droit peut-il s’agencer avec la politique pour sauvegarder la liberté humaine, ses droits naturels ou positifs ? Comment les croyances humaines, en particulier religieuses, peuvent-elles s’accommoder des obligations politiques et législatives ?

Baruch Spinoza comme Arthur Schopenhauer s’emploient tout d’abord à déterminer quels sont les droits que peuvent légitimement revendiquer l’homme. Puis ils s’intéressent tous deux, par complémentarité, à définir quelle serait la meilleure forme de gouvernement vis-à-vis des droits de
l’homme. Enfin, les deux auteurs accordent une importance remarquable à la religion et à la délicate question des rapports de pouvoir en politique, droit, et les croyances religieuses humaines.

 

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Pour mener leur réflexion sur les droits humains, Spinoza et Schopenhauer choisissent d’aborder cette question en priorité ; puis ils s’interrogent sur la notion de droit naturel ; enfin, ils donnent la portée de leur définition du droit des hommes.

Tout d’abord, Spinoza comme Schopenhauer se proposent immédiatement de définir les droits de l’homme plutôt que la forme de l’Etat. Ainsi Spinoza écrit au début du chapitre XVI, « nous rechercherons les fondements de l’État ; mais examinons d’abord le droit naturel de chacun, sans nous occuper encore de l’État et de la religion. » . Schopenhauer 1 explique cet ordre de manière presque poétique : « Un défaut particulier aux Allemands, c'est qu'ils cherchent dans les nuages ce qui se trouve à leurs pieds »2 Non seulement il est possible de définir ce qu’est le droit des hommes de manière simple, mais en plus il s’agit déjà d’une divergence fondamentale d’avec l’oeuvre de Spinoza.

En effet Spinoza considère qu’il existe un droit naturel : « Par droit naturel et institution de la nature, nous n’entendons pas autre chose que les lois de la nature de chaque individu, selon lesquelles nous concevons que chacun d’eux est déterminé naturellement à exister et à agir d’une manière déterminée ».3 Ainsi l’homme a le droit de se conserver, de persévérer dans son être comme tout autre être, ce qui en se ce sens ne le distingue pas de l’animal. Pour Schopenhauer, il n’est pas nécessaire de recourir à des notions aussi abstraites que le droit naturel pour décrire la réalité : « par la manière dont les professeurs de philosophie traitent le droit naturel. Pour expliquer les conditions humaines bien simples qui en constituent le fond, - droit et tort, propriété, État, droit pénal, etc., - ils font appel aux notions les plus extravagantes, les plus abstraites, c'est-à-dire les plus larges et les plus vides »4.

Pour Spinoza, ce n’est donc pas la réflexion ou les facultés de la raison qui permettent le droit naturel. Au contraire, ce sont les dispositions naturelles, spontanées, et irréfléchies, qui donnent la mesure de son droit naturel : « Ainsi ce n’est pas la saine raison qui détermine pour chacun le droit naturel, mais le degré de sa puissance et la force de ses appétits ».5 Le droit naturel englobe ainsi pour Spinoza la possibilité de nuire à autrui, du moment que cette nuisance est provoquée par la puissance d’un individu. Schopenhauer rejette la distinction abstraite entre
droit naturel et droit positif, et de ce fait par sa définition du droit s’oppose à Spinoza en ce que le droit est justement défini par la négation de la nuisance à autrui : « les droits de l'homme sont faciles à définir : chacun a le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à un autre. »6
Schopenhauer initie en quelque sorte le principe selon lequel la liberté des uns s’arrête là où commence celle des
autres.

 

L’étude des droits qu’ont chaque individu conduit à s’interroger sur la meilleure forme d’Etat possible.

 

Pour produire une telle conception de ce que doit être l’Etat, les deux auteurs rappellent d’abord ce qu’est l’Etat, même si cet Etat n’est pas issu de la même nécessité pour les deux auteurs. Pour autant, il en résulte chez les deux auteurs la même limite posée par le droit vis-à-vis
de l’individu. Il faut alors définir quelle serait la meilleur forme de l’Etat pour le gouvernement des hommes.

Spinoza développe une conception contractualise de l’Etat, parlant de « pacte »7. Les fondements de ce pacte se rapprochent de la pensée hobbésienne, Spinoza partant du constat que « il n’est personne qui ne désire vivre en sécurité et à l’abri de la crainte, autant qu’il est possible »8. Cette sécurité est impossible dès lors que les appétits ne sont pas contrôlés, que la raison ne domine par les instincts. C’est pour cette raison, et voyant que leur plus grand intérêt résidait dans la constitution d’un Etat, c’est-à-dire d’une république, que les hommes conviennent
« ensemble de ne prendre conseil que de la raison » 9, et forment un « pacte commun »10, qui est l’Etat. Schopenhauer donne quant à lui une définition claire de l’Etat, en rappelant celle qu’il a déjà énoncée dans le Monde comme volonté et comme représentation11. L’Etat est « une institution existant en vue de la protection de ses membres contre les attaques extérieures ou les dissensions intérieures. ». En ce sens, la formation de l’Etat et sa nécessité diffèrent selon les deux auteurs. Chez Schopenhauer comme chez Spinoza, l’Etat est un rempart contre la violence et permet d’établir la paix, mais il n’a pas les mêmes fondements : il s’agit d’un pacte commun d’après la réflexion de Spinoza, tandis que c’est la constatation de l’injustice chez l’homme qui pour Schopenhauer fait la nécessité de l’Etat : « Mais parce que l'injustice est à l'ordre du jour, il est nécessaire que celui qui a bâti la maison soit aussi en état de la protéger »12. Le droit est impuissant par lui-même pour Schopenhauer, car dans la nature c’est seulement la loi du plus fort qui a lieu13.

C’est ainsi que l’Etat est limité par rapport au droit qu’il peut produire. Cette conception est la même pour Spinoza comme pour Schopenhauer, comme ce dernier le fait lui-même remarquer en citant Spinoza : « unusquisque tantum juris habet, quantum potentia valet »14, ce que Spinoza
traduit lui-même par « son droit n’ayant d’autre mesure que sa puissance ». Chacun n’a de droit que ce que lui permet de faire sa propre puissance, et autant que lui permet sa propre puissance.

Schopenhauer y voit, comme il a déjà été remarqué dans ce devoir, l’influence de Hobbes, notamment de son ouvrage De Cive15, en français Du Citoyen, où il est question de la possibilité des hommes à s’accomplir selon leur liberté. Spinoza a une conception large de la démocratie, qu’il utilise pour désigner la forme née du pacte commun de tous les individus. « La société où domine ce droit s’appelle démocratie, laquelle est pour cette raison définie : une assemblée générale qui possède en commun un droit souverain sur tout ce qui tombe en sa puissance »16. Ainsi la démocratie est entendue dans son sens large de gouvernement par le peuple, mais peut en l’occurrence se trouver unifiée dans un même souverain. Cette conception est proche de celle développée par Hobbes dans Le Léviathan, en tant que le souverain exprime parfaitement la volonté du peuple et en ceci ne peut être injuste.

Arthur Schopenhauer s’inscrit radicalement à l’encontre de cette vision politique, et forme le souhait d’un gouvernement élitiste et éclairé. « Si l'on veut des plans utopiques, voici le mien : l'unique solution du problème serait le despotisme des sages et des nobles d'une véritable aristocratie, d'une véritable noblesse, en vue de la génération, par le mariage des mâles les plus dignes avec les femmes les plus intelligentes et les plus intellectuelles. »17 Cette utopie est mise en opposition avec ce que Schopenhauer constate être une forme naturelle du gouvernement des hommes : la monarchie. « La forme gouvernementale monarchique est naturelle à l'homme, à peu près comme elle l'est aux abeilles et aux fourmis » 18.

 

L’Etat est ainsi la clé de voûte qui permet d’aborder la question de la liberté individuelle, ainsi que de la religion. Le droit est d’abord produit par l’Etat, mais est également intimement lié à la religion.

 

Il faut alors poser la question de la supériorité de l’Etat vis-à-vis des croyances religieuses individuelles. Cette conception des rapports entre droit et pouvoir révèlent ainsi l’importance des libertés individuelles, qu’elles soient religieuses ou plus généralement de pensée et d’expression.

Spinoza a écrit le Traité théologico-politique, afin de montrer l’importance d’une liberté de pensée pour le fonctionnement d’un Etat, surtout en matière philosophique et religieuse. C’est dans cet esprit qu’il écrit le chapitre XVI du TTP. Pour Spinoza, le droit naturel et l’état naturel a sur la religion une supériorité naturelle : « l’état naturel, lequel a sur la religion une priorité de nature et de temps. Car la nature n’a appris à personne qu’il doive à Dieu quelque obéissance »19.

Spinoza distingue en ce sens l’état naturel et l’état de religion : le premier n’a ni religion ni loi.
Ce n’est qu’une fois la religion révélée qu’il peut exister un droit divin, auquel il faut alors impérativement obéir : « En effet, si les hommes étaient tenus naturellement d’obéir au droit divin, ou si le droit divin était un droit naturel, il eût été superflu que Dieu fît alliance avec les hommes et les liât par un pacte et par un serment. » .

Schopenhauer dans « Droit et politique » 20 n’évoque la religion qu’au travers de l’exemple du peuple juif, en y consacrant de longues pages. Il voit dans la « Nation juive », plutôt que dans la « confession juive », rappelant que les Juifs sont originellement un peuple plutôt qu’une religion, une situation où la religion est au coeur de la constitution politique : « Les juifs n'ont pas de confession : le monothéisme appartient à leur nationalité et à leur constitution politique, et, chez eux, se comprend de lui-même »21.

C’est de cette importance de la religion qu’il s’agit de voir la nécessité d’une supériorité du droit collectif sur les croyances individuelles. « il est certain que si personne n’était tenu de droit d’obéir au souverain en ce qu’il croit appartenir à la religion, il en résulterait que le droit public dépendrait du jugement et de la fantaisie de chacun »22.

Spinoza pose cet impératif pour garantir la paix et la souveraineté de l’Etat, du fait que chaque individu interprètete différemment les Saintes Ecritures, ouvrant à une pluralité de croyances qui serait dangereuse pour le gouvernement. « il s’ensuit que le souverain, (…) a aussi le droit absolu de statuer en matière de religion tout ce qu’il juge convenable »23.

Schopenhauer voit avec de fortes réticences l’intrusion de la religion juive dans l’Etat : « Qu'ils jouissent des mêmes droits civils que les autres, l'équité le réclame; mais leur accorder une part dans l'État, c'est absurde »24.

Toutefois Schopenhauer semble justifier cette exclusion des affaires étatiques davantage par le caractère étranger du peuple juif, « oriental »25, propos presque antisémites parfois26, plutôt que par une nécessité d’exclure le religieux du champ politique. Baruch Spinoza écrit le Traité théologie-politique pour aménager et faire voir une part de liberté de pensée et d’expression, utile pour le système politique. Arthur Schopenhauer rappelle également le rôle fondamentalement de ces libertés : « A ce point de vue, la liberté de la presse est pour la machine de l’État ce que la soupape de sûreté est pour la machine à vapeur.

Elle permet à tous les mécontents de trouver bientôt une voix, et si ces mécontents n'ont pas de très grands griefs, cette voix s'éteint vite. »27. Mais il rappelle aussi les dangers de cette liberté, condamnant sévèrement par exemple l’anonymat de ceux qui s’expriment dans la presse, y voyant la possibilité pour quiconque de verser le poison de ses idées à un grand nombre.

 

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En conclusion, Spinoza tout comme Schopenhauer développent une réflexion sur le droit et sur la politique qui a partie liée à leurs intérêts personnels. Il s’agit pour autant toujours d’étudier quels sont les droits des individus, mais aussi par conséquent quelle est la meilleure forme de
l’Etat. Si les deux auteurs s’accordent sur la méthode, ils divergent profondément dans les implications.

Les droits des individus, issus du droit naturel pour Spinoza, pris généralement comme droit en tant que tel pour Schopenhauer, conduisent à la formation de l’Etat, mais selon deux processus différents : c’est un pacte commun pour Spinoza, destiné à préserver la sécurité, tandis qu’il s’agit d’une réaction aux injustices pour Schopenhauer. Alors que Spinoza, lui-même juif, développe une solution pour régler le conflit entre les commandements de la raison et de l’Etat et ceux qui viennent de Dieu, par une religion révélée en établissant la supériorité de l’Etat compte
tenu de la diversité des interprétations possibles, Schopenhauer insiste sur le caractère naturel du gouvernement monarchique, tout en préconisant de manière utopique une aristocratie éclairée, d’où la religion aurait naturellement son rôle à jouer en tant qu’elle est liée aux élites qui constitueraient le gouvernement.

 

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1 Baruch Spinoza, Traité théologico-politique, chapitre XVI, 1670, p. 1
2 Arthur Schopenhauer, Ethique, droit et politique (1851), « Droit et Politique », p. 42
3 Baruch Spinoza, Traité théologico-politique, chapitre XVI, p. 1
4 Arthur Schopenhauer, Ethique, droit et politique, « Droit et Politique », p. 42
5 Baruch Spinoza, Traité théologico-politique, chapitre XVI, p. 2
6 Arthur Schopenhauer, Ethique, droit et politique, « Droit et Politique », p. 43

7 Baruch Spinoza, Traité théologico-politique, chapitre XVI, p. 3
8 Ibid., p. 3
9 Ibid., p. 3
10 Ibid., p. 4
11 Arthur Schopenhauer, Monde comme volonté et comme représentation, chap. XLVII
12 Arthur Schopenhauer, Ethique, droit et politique, « Droit et Politique », p. 43
13 Ibid., p. 49

14 Baruch Spinoza, Traité politique, Chapitre II, paragraphe 8
15 Thomas Hobbes, De Cive, chap. I, paragraphe 14
16 Baruch Spinoza, Traité théologico-politique, chapitre XVI, p. 3
17 Arthur Schopenhauer, Ethique, droit et politique, « Droit et Politique », p. 54
18 Ibid., p. 52
19 Baruch Spinoza, Traité théologico-politique, chapitre XVI, p. 3

20 Ibid., p. 4
21 Arthur Schopenhauer, Ethique, droit et politique, « Droit et Politique », p. 59
22 Baruch Spinoza, Traité théologico-politique, chapitre XVI, p. 5
23 Ibid. p. 5
24 Arthur Schopenhauer, Ethique, droit et politique, « Droit et Politique », p. 59
25 Ibid., p. 59
26 Schopenhauer dans « Droit et Politique » dit être favorable aux mariages entre Juifs et Chrétiens
de sorte qu’il « n’y aura plus que très peu de juifs, puis, bientôt après, le spectre sera
complètement conjuré », Ibid., p. 59
27 Arthur Schopenhauer, Ethique, droit et politique, « Droit et Politique », p. 50


Bibliographie :


Ouvrages étudiés :


Baruch Spinoza, Oeuvres Tome 2 - Traité Théologico-Politique, Chapitre XVI, Flammarion,
Garnier-flammarion, Poche, 13/07/06,(disponible en ligne : http://spinozaetnous.org/wiki/Trait
%C3%A9_th%C3%A9ologico-politique/Chapitre_XVI)


Arthur Schopenhauer, Éthique, droit et politique (éd. 1909), chapitre II, « Droit et politique »,
Hachette Livre BNF, mai 2013 (disponible en ligne http://classiques.uqac.ca/classiques/
shopenhauer_arthur/Ethique_droit_et_politique/Ethique_droit_politique.pdf p42-62)


Ouvrages à l’appui des textes étudiés :


Thomas Hobbes, De Cive, Flammarion, 1642
Baruch Spinoza, Traité politique (1842), Le Livre de Poche, 2002
Arthur Schopenhauer, Monde comme volonté et comme représentation (1818), PUF, 2014

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