Réussir Sciences Po

 

 

 

-> Faites vous corriger et échangez des fiches GRATUIT

-> Correction Sciences Po BORDEAUX 2019

 

I. La mondialisation, présentation et phases

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 18 février 2019

 

A. La mondialisation, quelle signification ?

 

Le terme de mondialisation désigne le processus d'intégration des marchés et de rapprochement des hommes qui résulte notamment de la libéralisation des échanges, du développement des moyens de transport de personnes et de marchandises, et des retombées des technologies de l'information et de la communication à l'échelle planétaire.

Elle se manifeste par, outre l'interdépendance croissante des économies (mondialisation économique) et l'intensification de la concurrence, l'expansion des échanges et des interactions humaines.

-> Voir Définition de la Mondialisation pour une définition plus complète.

 

La notion de globalisation financière est définie par Pillon  dans Les enjeux de la mondialisation : « La globalisation financière c’est l’interconnexion des marchés, des K au niveau national et international, conduisant à un marché unifié de l’argent à l’échelle de la planète ».

Aujourd’hui, on met l’accent sur la globalisation financière comme élément essentiel de la mondialisation car elle a été responsable de la crise de 2008.

 

B. La mondialisation prend au cours du temps plusieurs formes.

 

Dans une première époque, ce sont plutôt les marchandises qui vont d’un pays à un autre : extension des flux en eux-mêmes.

A partir des années 1960, la mondialisation est plutôt liée à l’ouverture des frontières et aux progrès du GATT, des moyens de communication, de transport et à l’avènement des FMN.

A partir des années 1980, on voit apparaître avec la déréglementation financière une nouvelle configuration financière et globale.

 

C. Un phénomène inachevé

 

La mondialisation n’est pas un phénomène achevé :

  • C’est un phénomène qui est transitoire et toujours en évolution. La mondialisation fait émerger une nouvelle géographie économique et montre l’importance des flux intrabranches (à l’intérieur d’un secteur) et intra-firmes (à l’intérieur de l’entreprise).
  • Aujourd’hui, on retrouve une circulation intense des capitaux, qui a été à l’origine de la crise financière et de l’interrogation qui se fait sur les paradis fiscaux et sur la régulation financière. Ces dernières années ont été occupées par un essai de remettre les banques dans leur véritable métier.
  • On retrouve également l’instauration d’un impérialisme inversé : aujourd’hui, le modèle impérialiste (les USA) voit sa puissance remise en cause par les flux de capitaux étrangers, notamment chinois.
  • L’inadéquation des politiques keynésiennes : est-ce qu’aujourd’hui on peut retrouver des politiques de relance, alors que les politiques économiques sont souvent contraintes (notamment dans l’UE, par exemple) ? On pourrait retrouver cependant une résurgence des politiques keynésiennes pour relancer une politique atone : on constate un ralentissement de la croissance des exportations au niveau mondial ce qui provoque une remise en cause de la mondialisation telle qu’elle a été faite jusqu’à maintenant.
  • Recherche d’une gouvernance mondiale : aujourd’hui, on peut retrouver à la tête de cette gouvernance les organisations internationales (FMI, OMC), et les instances (G8, G9).

 

Sommaire du Cours d'économie sur la Mondialisation :

 

-> Culture générale : la Mondialisation <-

 

Classé dans : Politique - Mots clés : mondialisation, signification, définition, phénomène, phases - Aucun commentaire


V. Le protectionnisme

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 10 février 2019

 

A. Présentation du protectionnisme

 

Le protectionnisme se définit comme l’ensemble des mesures tarifaires ou non visant à protéger les producteurs locaux de la concurrence étrangère.

La mondialisation fait que l’on devrait retrouver, en théorie, de moins en moins de protectionnisme pour pouvoir faire avancer le marché libre.

Cependant, la concurrence n’est en pratique jamais pure et parfaite et il semble que dans certains cas (par exemple dans le cas des entreprises naissantes), un certain protectionnisme soit justifié.

Si les pays développés ont effacé presque toutes leurs barrières douanières (sauf dans certains secteurs sensibles tels que l’agriculture), les pays émergents sont plus enclins à un fort protectionnisme.

Le combat contre le dumping, pratique par laquelle les entreprises étrangères vendent moins cher que les entreprises domestiques, mène à des politiques protectionnistes.

Un indicateur du protectionnisme, l’OTRI, a été créé en calculant les prix intérieurs comparés aux prix extérieurs.

L’agriculture est le secteur le plus protégé, loin devant le textile et l’industrie. Cependant, les niveaux de protection changent avec les accords bilatéraux passés entre les pays et avec la création de grandes zones économiques telles que l’UE.

Chaque année, l’OMC compte de plus en plus de traités bilatéraux entre les pays, ce qui crée une sorte de chaos de l’économie mondiale. Ces accords sont généralement passés pour établir des règles précises de marchandisation des produits et pour les uniformiser.

En effet, les droits de douanes ne sont plus les obstacles majeurs, notamment dans les pays développés. Ils se situent davantage à d’autres niveaux, comme les normes d’hygiène par exemple.

 

B. La pensée économique autour du protectionnisme



On retrouve généralement 2 façons opposées de penser les échanges internationaux :

  1. une vision libérale du marché, qui montre un monde ouvert à tous les échanges
  2. une vision d'un monde seulement régulé par les règles des pays et par les accords bilatéraux.

Ces deux visions se confrontent, notamment sur le fait qu’il ne peut y avoir de libre concurrence sans régulation (pour éviter les monopoles par exemple).


De plus, dans les échanges internationaux, les Etats cherchent toujours à améliorer les avantages comparatifs. Bien que les protections douanières continuent de reculer, on retrouve toujours de nombreux obstacles non tarifaires qui tendent de s’implanter au sein même de certaines zones économiques privilégiées et qui cherchent à maintenir certaines formes d’interventionnisme d’état (politiques anti-dumping, patriotisme économique, etc.).

En France, le mercantilisme est l’idée qu’on va développer une industrie (manufactures) en mettant des barrières douanières pour s’affranchir de l’extérieur. Le colbertisme vise à protéger l’industrie française de l’extérieur (protectionnisme).

Colbert en profite pour protéger les frontières, bâtir des villes fortes, etc. Elan industriel et commercial assez important. Cette période se voit à travers des visages plutôt différents selon les pays.


La pensée libérale se développe par la philosophie et John Locke élabore par exemple la doctrine du droit naturel : les hommes naissent avec des droits naturels, dont la propriété. Il découle de cette idée la liberté de commercer également.


La pensée physiocratique (avec François Quesnay en France) se base sur l’idée que la production va mener à la croissance, et notamment par l’agriculture.

Dans le libéralisme, on retrouve les idées de Locke et Hume : le rôle de l’état est de faire respecter les droits naturels et de ne surtout pas intervenir dans les activités économiques. Les principes du libéralisme, c’est la raison (la religion n’est plus un élément central), la liberté, etc.

Ricardo défend lui les avantages comparatifs : un pays a tout intérêt à tenter de produire ce qu’il produit le mieux.

Les économistes classiques sont souvent appelés les économistes pessimistes car ils pensent que l’économie se tourne toujours vers un état stationnaire : d’après eux, il y aura toujours une baisse de profits à un moment ou à un autre. Le système irait à sa fin car il y aurait de moins en moins de croissance. L’ouverture à l’internationale serait une façon de retarder le moment où on arrivera à un état stationnaire. D’après eux, la valeur d’un bien est égale à la quantité de travail nécessaire à la faire. Marx parle alors d’exploitation par exemple. La valeur du travail est alors calculée en fonction du niveau des subsistances, basé sur le niveau du blé (qui fixe le niveau des salaires). Pour Ricardo, le commerce extérieur serait une solution recherchée.

 

C. Un contournement du protectionnisme et de nouvelles logiques


 

L’économie internationale se développe par certains types de différenciation :

 

  • L'avantage technologique, comme le montre Posner. Le cycle de vie d’un produit (théorie de Vernon) est l’idée qu’un produit a une durée de vie. Lorsque l’élasticité de la demande est faible (même si le prix augmente, la demande reste la même) les offreurs trouvent logiquement une demande solvable dans le pays.
  • L’homogénéité/hétérogénéité du produit : la différenciation des produits peut être horizontale ou verticale (si les produits sont différenciés par la qualité).
  • Ddemande de la différence (Bernard Lassudrie-Duchêne) : les consommateurs cherchent à travers la consommation à se différencier les uns des autres. La demande joue un rôle important dans ce domaine.


Aujourd’hui, les rendements sont décroissants : l’unité marginale est de moins en moins rentable. Les économies d’échelle interne sont propres à une entreprise.

Le modèle de Brander et Spencer montre que, dans certains cas, quand il faut des investissements très élevés, seules de très grosses entreprises peuvent être sur le marché.

Il n’y a donc pas de règle de la concurrence parfaite. Ce modèle montre qu’il y a des coûts d’entrée qui sont très forts pour arriver sur les marchés et que, sans subvention, tous les pays y perdraient. Les théories modernes montrent l’intérêt que le commerce international a en créant des situations nouvelles : les entreprises cherchent à s’établir sur les marchés. Le protectionnisme peut prendre des formes plus ou moins larvées, ce qui va donner la constitution d’un système bien plus opaque.

 

 

Sommaire du Cours d'économie sur la Mondialisation :

 

 

-> Culture générale : la Mondialisation <-

 

Classé dans : Politique - Mots clés : protectionnisme, sciences po, cours, mondialisation, définition, unité, marginale, protection, libre-échange - Aucun commentaire


Définitions et étymologie de l'Économie

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 17 décembre 2018

 

>> Étymologie de l'économie

 

D'après le Dictionnaire de l'Académie française (9e édition), économie vient :

  • du latin œconomia, « disposition, arrangement (d'une œuvre littéraire) »,
  • qui vient lui-même du grec oikonomia, « administration d'une maison »

 

Mais à partir du IVe siècle av. J-C, on emploi le mot économie pour désigner l'administration de la Cité.

C'est en ce sens que Platon dans Le Politique compare l'administration d'une maison à l'administration d'une petite Cité.

 

En 1615, Antoine de Montchrestien publie Traité de l'économie politique, expression qui va rester pour appeler la science des échanges.

Il faudra attendre le XIXe siècle pour arriver au terme de science politique.

 

>> Définition de l'économie

 

Aujourd'hui, d'après une nouvelle fois le Dictionnaire de l'Académie française (9e édition) le mot économie désigne :

L'ensemble des activités humaines et des ressources concourant à la production et à la répartition des richesses.

 

Et l'économie politique, l'étude des faits relatifs à la production et à la répartition des richesses d'une nation.

 

-> Résumé de La Richesse des nations - Adam Smith

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : définition, étymologie, économie, science politique, production, activité, répartition, richesse, pauvreté, inégalités, nation - Aucun commentaire


La cybernétique

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 26 octobre 2018

La cybernétique avait tout d'abord un tout autre sens que celui que nous lui attribuons aujourd'hui.

 

En effet, cybernétique désignait en 1834 pour A.-M. Ampère, dans Essai sur la philos. des sc., 1repart., Tableau synoptique des sc. et des arts « étude des moyens de gouvernement ».

 

Cela vous sera utile dans une copie Sciences Po pour le Concours commun, car il convient toujours d'envisager le thème du concours 2019, à savoir le numérique, avec la politique. Or, la cybernétique, qui n'est pas sans lien avec le numérique, était dans son sens originel strictement politique.

 

Mais ce qu'il faut retenir de la cybernétique aujourd'hui, c'est le sens que lui donne l'ouvrage fondateur Cybernetics or Control and Communication in the Animal and the Machine, du mathématicien Norbert Wiener, en 1947 : « théorie entière de la commande et de la communication, aussi bien chez l'animal que dans la machine »

 

Le 28 décembre, Père Dubarle dans Le Monde, p. 3 résume ainsi le sens que lui donne Norbert Wiener : « étude des processus de contrôle et de communication chez l'être vivant et la machine ».

 

Wiener décrit dans son livre que l'idée lui est venue avec une approche interdisciplinaire, au cours d'une série de rencontres qui se sont étalées durant 10 ans à la Harvard Medical School entre d'une part des chercheurs scientifiques en médecine et des physiciens, et d'autre part des mathématiciens, physicistes et ingénieurs.

 

Norbert Wiener

Norbert Wiener fait lui-même le lien avec le numérique dans ses chapitres Time Series, Information, and Communication, puis Feedback and Oscillation, ou encore Computing Machines and the Nervous System par exemple.

Dans ce dernier chapitre, il explore notamment les différences entre les ordinateurs analogiques, et les ordinateurs numériques, tels qu'il les appelle.

Pour Wiener, les machines numériques sont plus pertinentes, les implémentations électroniques seront supérieures à celles mécaniques ou électro-mécaniques.

De plus, le système binaire est également selon lui préférable aux autres échelles numériques.

 

(L'époque est encore loin du calculateur quantique, comme nous l'explorons dans cet article.)

Le livre de Norbert Wiener a permis des avancées et des influences notables dans les domaines du numérique, mais a aussi lancé des discussions philosophiques et éthiques sur les conséquences de la cybernétique.

 

-> Culture générale : le Numérique <-

 

 

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : cybernétique, numérique, Ampère, Wiener, Norbert Wiener, 1947, sens, définition - Aucun commentaire


Qu'est-ce que le numérique ? - Résumé

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 22 octobre 2018

Qu’est-ce que le numérique ? par Milad Doueihi, en ligne ici, est une excellente introduction pour le thème du Concours commun 2019 du réseau Sciences Po.

 

le numérique par sa nature même opère des ruptures dans une continuité apparente, portant sur des valeurs, des objets et des pratiques culturelles, nous offrant ce qui semble de simples reprises ou de modestes modifications ou transpositions de formes ou de formats

 

C'est une révolution culturelle qui est en jeu avec l'avènement du numérique.

 

Information et numérique

 

3 périodes avec l'informatique :

  1. L'informatique, alors qu'elle était une simple branche des mathématiques, devient une science elle-même.
  2. L'informatique se transforme en industrie. (Comme a pu le faire la chimie auparavant)
  3. L'information devient une culture.

 

La troisième période est la plus importante en ce qui nous concerne, car c'est en cela qu'elle définit le numérique :

 

Et c’est bien cette spécificité culturelle, cette orientation sociale qui caractérise et en fin de compte définit en quelque sorte le numérique

 

Élément clé : la notion de partage. C'est d'ailleurs à cause du partage que le numérique entre en crise pour la première fois.

 

Le numérique en vient à toucher tous les domaines des sociétés occidentales :

  1. l'éthique
  2. l'écologie
  3. la législation / le juridique
  4. l'économique
  5. la politique
  6. l'histoire
  7. etc.

 

Le code

 

La technique, l’informatique, dans sa production et ses usages, constitue ainsi un corps, et ce corps forme, dans sa réalité sociale, le numérique

 

Une fois encore, culture et société distinguent le numérique.

 

La confiance sociale

 

L’informatique est la science de l’information et du discret, et le numérique, dans sa dimension socio-culturelle, modifie l’empirique, l’insérant dans une logique génétique qui façonne le passage de l’information à la trace et finalement aux données.

 

Un des symboles de ces traces et données s'incarne dans les moteurs de recommandation. La recommandation utilise des critères géographiques, sémantiques, sociaux, etc. pour anticiper les intentions et les volontés. C'est alors introduire le social, contre les algorithmes classiques et froids.

 

1ère définition approximative du numérique :

un écosystème dynamique animé par une normativité algorithmique et habité par des identités polyphoniques capables de produire des comportements contestataires.

 

La normativité algorithmique est froide - elle ne pense pas encore le social -, les identités polyphoniques sont chaudes - elles incorporent dès lors le social.

 

Transhumanismes

 

Alors que le transhumanisme veut améliorer l'individu et le libérer par l'informatique et la génétique - et non plus par l'éducation et la raison dans la lignée de Kant, Milad Doueihi propose de lui opposer un humanisme numérique.

 

Qu'est-ce donc alors que l'humanisme numérique ?

 

L’humanisme numérique est l’affirmation selon laquelle la technique actuelle, dans sa dimension globale, est une culture, dans le sens où elle met en place un nouveau contexte, à l’échelle mondiale. Une culture, car le numérique, et cela malgré une forte composante technique qu’il faut toujours interroger et sans cesse surveiller (car elle est l’agent d’une volonté économique), est en train de devenir une civilisation qui se distingue par la manière dont elle modifie nos regards sur les objets, les relations et les valeurs, et qui se caractérise par les nouvelles perspectives qu’elle introduit dans le champ de l’activité humaine.

 

-> Culture générale : le Numérique <-

 

 

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : qu'est-ce que le numérique, numérique, iep, définition, définitions, définition du numérique, sciences po, iep, concours commun, 2019 - Aucun commentaire


page 1 sur 5 suivante »