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Résumé de Mai 68, pourquoi Mai 68, et slogans

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 29 janvier 2019

Mai 68 fut un des événements les plus importants de la Ve République. Pourquoi Mai 68 fut-il aussi déterminant dans l'évolution de la société ?

Ce résumé de Mai 68 vous permettra de mieux comprendre les enjeux de cette crise, grâce à l'étude successive des points suivants :

 

  • Pourquoi Mai 68 : résumé de la révolution étudiante
  •  Le prolongement par la crise des ouvriers - Résumé de Mai 68
  • La généralisation de la crise - Résumé Mai 68
  • Contre Mai 68, les forces de l'ordre et le gouvernement réagissent
  • Conséquences de Mai 68
  • Slogans de Mai 68

 

>> Pourquoi Mai 68 : résumé de la révolution étudiante

 

I. Les germes des événements de Mai 68

 

Les années 1960 sont tout d'abord marquées par une explosion universitaire. En 1967, ils sont plus de 500 000 étudiants, soit 2,5 fois plus qu'il y a 7 ans.

Le 2 mai, l'université de Nanterre est fermée. Les étudiants qui y protestaient décident donc de se retrouver à la Sorbonne.

Le 3 mai 1968, la cour de la Sorbonne est occupée par plus de 400 manifestants. L'évacuation de force des policiers, normalement interdite en milieu universitaire, provoque l'escalade.

Le Premier Ministre Pompidou est parti le 2 mai, et ne revient que le 11 mai. Il prend alors des mesures d'apaisement, décide la réouverture de la Sorbonne et la libération des manifestants enfermés. Mais désormais les étudiants demandent bien plus, et bien autre chose que ces simples mesures.

 

1. Mouvements et syndicats étudiants

 

L'UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) a perdu de importance entre 1960 et 1965. De 100 000 membres en 1960, ils ne sont plus que 30 000 à 50 000 membres en 1965. La proportion passe d'un étudiant sur 2 en 1960 à seulement un étudiant sur 10 en 1965. De plus, l'UNEF est privée de subvention publique en 1964.

L'Etat lui préfère la Fédération nationale des étudiants de France (FNEF), issue d'une scission avec l'UNEF en 1962, plus proche du gouvernement gaulliste.

L'UEC, Union des étudiants communistes, voudrait se soustraire de l'influence du Parti Communiste Français. (PCF)

De nombreux groupes, disparates, représentent d'autres mouvances, telles que l'extrême gauche, les trotskistes.

Le Mouvement du 22 mars trouve son origine dans l'occupation de la salle du conseil de la faculté pour protester contre l'arrestation de 5 ou 6 étudiants, après une manifestation organisée par le Comité Vietnam national, et parmi lesquels un étudiant appartenait aux JCR, Jeunesses communistes révolutionnaires.

Le Mouvement du 22 mars réunit ainsi plusieurs courants : la mouvance Jeunesses communistes révolutionnaires, les anarchistes libertaires, les pro-situationnistes*, des énervés et des inorganisés, ces derniers représentant la moitié des 142 occupants.

Il faut comprendre que la faculté de Nanterre, où commencent ces événements, est située en périphérie de Paris, où il n'y a aucun magasin ou quasi aucune activité : pas de cinéma, pas de restauration, etc. Le seul lieu où se retrouvent les étudiants est la cafétaria.

* L'internationale situationniste, IS : ce mouvement naît en 1957, après la critique des formes artistiques de l'époque. L'internationale situationniste gagne ensuite le champ politique, et remet en cause le capitalisme, la bureaucratie. Deux ouvrages majeurs, parus en 1967, marquent cette pensée : Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations, de Raoul Vaneigem, et Société du spectacle de Guy Debord.

 

2. Les symboles révolutionnaires des années 60

 

A cette époque, c'est-à-dire au début des années 60, l'anticolonialisme marque les esprits, notamment des étudiants. Cet anticolonialisme se transforme en anti-impérialisme.

La guerre du Vietnam est l'occasion de protester contre cet impérialisme. C'est aussi l'époque de l'émergence de figures internationales, symboliques de l'engagement révolutionnaire  et de nouvelles idéologies : Hô Chi Minh, Fidel Castro, Che Guevara.

 

3. Le malaise des étudiants de l'époque

 

Le PCF et la CGT sont critiqués par trois mouvances : les groupes d'extrême gauche, les situationnistes, les maoïstes.

Le pamphlet De la misère en milieu étudiant, écrit en 1966, par des membres de l'Internationale situationniste joue un rôle dans l'agitation politique de ces années.

Les rapports hommes-femmes commencent à peine à devenir un enjeu politique, à devenir une question pour la société.

Selon l'expression de l'époque, un "malaise étudiant" s'installe. Il est aussi en partie dû à la réforme des universités. Les étudiants sont à cheval entre deux lois, deux systèmes universitaires : une loi jusqu'alors sélective, et une loi de démocratisation. C'est l'accès à l'université qui est en question.

Les adolescents de l'époque s'identifient dans de nouveaux modèles de jeunesse. L'émission Salut les copains, le film Pierrot le fou réalisé par Godard en sont des exemples.

 

II. L'éclatement de la crise étudiante

 

1. Les manifestations, la 1ère nuit des barricades

 

Au cours des mois de mai et juin 1968, près de 1100 manifestations ont lieu, en seulement 43 jours.

Les modalités de manifestations sont fortement variées selon les groupes, et selon les conditions géographiques.

La 1ère nuit des barricades est la nuit qui suit la manifestation du 10 mai. Cette manifestation avait été appelée par l'UNEF et le Mouvement du 22 mars.

Des barricades sont construites rue Gay-Lussac, mais sans avoir été commandée par les organisateurs de la manifestation. En fait, les cadres organisationnels ne maîtrisent pas les événements.

Ces derniers sont relayés par les médias, en particulier les voitures radio d'Europe 1 et RTL, contribuant à la dramatisation du conflit, et à en faire un enjeu national.

Les répressions contre ce mouvement ont lieu jusqu'à 5h30 du matin. Une solidarité se crée alors entre les manfiestants, l'opinion publique, et les syndicats ouvriers.

La radicalisation du mouvement semble porter ses fruits, puisque George Pompidou, premier ministre, cède aux 3 revendications des manifestants.

 

2. Les occupations et les comités d'action

 

Les occupations de locaux par les manifestants commencent le 11 mai 1968 au centre Censier. C'est au tour de la Sorbonne le 13 mai d'être occupée, lorsqu'elle est réouverte. A la Sorbonne, le comité d'occupation qui a pris le contrôle des lieux est l'objet de luttes d'influences, parmi les différents acteurs du mouvement.

Les comités d'action sont des groupes improvisés, par opposition à la bureaucratie. Ils sont particulièrement nombreux au cours de Mai 68. Les principes défendus sont parfois d'inspiration anarchiste ou marxiste. Leur combat est antiautoritaire, pour une démocratie directe, contre la hiérarchie et les institutions.

La question devant la multiplicité de ces comités d'action est celle de la coordination. Faut-il une coordination des comités d'action ? Le Mouvement d'Action Universitaire, MAU, qui fait partie des premiers comités d'action du "3 mai" est pour une coordination, qu'ils essaient de mettre en oeuvre dès le 5 mai. Le Mouvement du 22 mars y est quant à lui opposé. Il ne veut pas créer de nouveau une coordination par le haut.

Nous sommes tous des juifs et des allemands
Nous sommes tous des Juifs et des Allemands,
slogan de Mai 68 après la menace
d'expulser Cohn-Bendit du territoire
.
Cette affiche n'a pas été publiée par les Beaux-Arts,
trouvant une connotation raciste dans l'usage du mot juif.

 

3. Pourquoi les manifestations ?

 

Les revendications des manifestants concernent presque tous les domaines :

- Dénoncer la violence de l'Etat qui les réprimande

- Inventer une université critique et populaire

- essayer de joindre le mouvement ouvrier, les professionnels en grève, et les étudiants

- supprimer la bureaucratie et les systèmes hiérarchiques

- dénoncer les manoeuvres politiques et syndicales

- critiquer le capitalisme, la société de consommation et de spectacle, l'aliénation et l'exploitation

- libérer la créativité : c'est un thème déjà avant mai 68, avec les surréalistes, et qui trouve un prolongement dans la commission Culture et créativité du Mouvement du 22 mars.

- renouveler les formes d'éducation

- supprimer les cadres sociaux bourgeois

 

>> Le prolongement par la crise des ouvriers - Résumé de Mai 68

 

Il y eut en mai et juin 1968 plus de 7 millions de grévistes. Pourtant, ce qui est une des plus importantes manifestations du siècle n'a pas eu une place proportionnelle dans les mémoires.

 

I. La continuité par la révolution

 

1. Mouvement spontané ?

 

Face à la répression policière de la 1ère nuit des barricades du 10 au 11 mai, les ouvriers avancent la grève qu'ils avaient prévue au 13 mai. C'est un succès : 1 millions de grévistes sont revendiqués par les organisateurs (contre 200 000 pour la préfecture de police), la protestation gagne les milieux professionnels.

Le déclenchement de ces grèves a pu emprunté trois voies :

Soit la grève s'est faite à l'appel du syndicat, soit elle s'est faite spontanément mais en faveur des syndicats, cas gréquent, soit la grève a été spontanée mais aussi anti-syndicale, ce qui représente un cas mineur.

Les actions dont on se souvient sont celles des occupations d'usines. Pourtant ce phénomène n'est ni nouveau, ni majoritaire en mai 68.

 

2. Négocations de Grenelle

 

Les revendications furent aussi diverses qu'il y avait de sites de mobilisation. C'est pourquoi, pour traiter la question au niveau national, il fallut un travail de nationalisation de ces revendications.

La radicalisation de la crise a lieu le 22, lors de la reprise des manifestations par les étduaiants. Le 24 mai a lieu la 2e nuit des barricades. Le 25 mai, le Premier Ministre Pompidou ouvre les négociations au ministère des Affaires sociales, rue de Grenelle. Le choix du ministère n'est pas anodin, il s'agit de montrer que les enjeux sont sociaux et non politiques, et ainsi ne pas rappeler les manifestations de 1936.

Plusieurs mesures sont prises, comme le relèvement du SMIG de 35%, la hausse générale des salaires de 10%, en deux temps, et des mesures en faveur de la représentation générale. Cependant, les grévistes refusent ces conclusions lorsqu'elles leur sont présentées le 27 mai.

 

II. La pluralité des situations d'usine

 

1. Les particularités de chaque situation

 

Pour une part des grèves, il s'agissait en fait de profiter du mécontentement général, de la conjecture nationale, pour obtenir ce qu'ils n'avaient pu obtenir lors des précédents conflits. De fait, les situations locales sont relativement indépendantes les unes des autres.

Cette opposition entre le mouvement général et les particularités de chaque situation se retrouve aussi aux niveaux municipaux, départementaux, et même régionaux.

Les particularités se retrouvent même d'une usine à l'autre  au sein d'une même firme. L'usine Billancourt de Renault est un bon exemple en ce sens. Selon la région, les usines n'ont pas les mêmes revendications.

Cependant, en ce qui concerne les usines du secteur automobile, les manifestations suivent aussi le rythme de mai et juin 1968, elles sont au coeur en effet des stratégies des acteurs nationaux.

 

2. Les ouvriers se radicalisent

 

La radicalité ouvrière peut être découverte au prisme des grèves qui ont eu lieu dans les sites de Peugeot-Sochaux et Citroën-Javel.

Lors de la reprise des activités après la guerre, dans le cas de Peugeot-Sochaux, de nombreuses formes de violences et de brutalités sont recensées que ce soit contre les grévistes ou les non-grévistes.

Cependant dans ces usines une majorité de travailleurs n'a pas participé. Ils représentent pourtant une part importante des travailleurs, et par conséquent leur comportement est difficilement prévisible. C'est une population qui a suivi de loin les événements, liée à davantage d'autonomie dans leur profession et à une moindre "usinisation" selon l'expression de Bourdieu : les recrutements massifs opérés ont pour conséquence une moindre adhésion des recrutés.

Les nouveaux ouvriers, et les jeunes ouvriers fragilisent l'autorité des responsables, et sont plus sensibles à la radicalisation politique.

 

3. Les cloisons entre les groupes sociaux

 

Il n'y a pas de superposition entre les ouvriers et les syndicats. Sur le site Renault-Flins, tout est fait pour éviter la vitalité syndicale.

Mai 68 se caractérise aussi par la mobilisation de foyers improbables : des foyers conservateurs, mais aussi des foyers peu industralisés.

Les nouveaux acteurs de ces événements sont les OS : ouvriers spécialisés, et les immigrés. Les femmes ouvriers ont aussi un rôle en mai et juin 1968.

L'article de George Marchais pour L'Humanité, daté du 3 mai, a accrédité l'idée d'un rendrez-vous manqué entre les étudiants et les ouvriers, c'est-à-dire qu'ils n'auraient pas su unir leur force. Cela est pourtant faux à une échelle plus fine, davantage locale, où on observe que la rencontre a bien eu lieu.

Mai 68 a aussi pour effet d'accélérer le desserrement des cloisons sociales.

L'insubordination des nouveaux ouvriers, des jeunes ouvriers, est liée à une double évolution : la mutation antérieure du scolaire, et la transformation du recrutement ouvrier induite par la décentralisation industrielle.

 

>> La généralisation de la crise - Résumé Mai 68

 

La critique émanant de Mai 68 porte à la fois un esprit anti-autoritaire, et proteste contre la division verticale du travail ainsi que la division sociale horizontale.

 

I. Les professions artistiques

 

Les écrivains sont à l'avant-garde. Les hiérarchies y sont bousculées.

Concernant les architextes, l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts est un haut lieu de la contestation. Le décret Malraux le 6 décembre 1968 met fin à l'école unique parisienne qui contrôlait les écoles régionales.

L'occupation du théâtre de l'Odéon a lieu le 15 mai 1968, qui demeurait pourtant un symbole intouchable. Le lien entre théâtre et politique est repensé, les lieux servent la cause politique, et une remise en cause est faite des fondements de la décentralisation culturelle. La Déclaration de Villeurbanne s'insurge contre l'illusion et la mystification de la démocratisation culturelle : illusion parce qu'il subsite un "non-public", et mystification parce que seuls les textes classiques y sont joués, ce qui contribue à la culture bourgeoise.

 

II. Les autorités et la religion

 

Les magistrats sont concernés par la critique et les crises de reproduction. Le syndicat de la magistrature est créé le 8 juin 1968. Il s'agit pour ce syndicat d'alerter sur les effets sociaux des projets de lois, tout en tissant des liens avec les centrales ouvrières. Sont véhiculées des idées contre la hiérarchie et la bureaucratie. C'est aussi dans ces corps de métiers la rencontre entre deux générations.

La contestation vise de même la répartition hiérarchisée du savoir médical et la division sociale du travail sanitaire, représentée par l'opposition entre infirmières-techniciens-auxiliaires et médecins savants. Ces deux critiques sont mensées par le Centre national des jeunes médecins, créé en 1964, et le Comité d'action de santé.

La critique porte également sur la structure sanitaire : la population ne serait maintenue en état de travaille que pour produire et consommer.

 

Concernant la religion, les chrétiens ne participent que de manière limitée et mineure à mai 68. Toutefois, le poids des chrétiens engagés de mai 68 est plus important au sein même de l'Eglise. Jusqu'au 21 mai 68, il s'agit de justifier évangéliquement le devoir d'action. Le 21 mai 1968, un "appel aux chrétiens" est publié dans Témoignage chrétien, qui recueille la signature de nombreux protagonistes.

Les changements revendiqués par mai 68 sont portés davantage par les jeunes chrétiens contestataires et les jeunes séminaristes. Ceux-ci remettent en cause les liens hiérarchiques au sein de l'Eglise. L'évêque de Paris Mgr Marty a cette formule "Dieu n'est pas conservateur", qui compte tenu des implications qui peuvent en être tirées, fait parler en cette période. Le souffle nouveau de mai 68 est analysé alors dans la continuité de l'aggiornamento de Vatican II.

 

III. Le "rire de Mai" (expression de Pierre Bourdieu)

 

Mai 68 est l'occasion pour plusieurs catégories de personnes de faire entendre leur voix. C'est d'abord le cas de L'Union générale des aveugles et grands infirmes, et plus généralement des malades ; c'est ensuite le cas des immigrés. Michel de Certeau dit de Mai 68 : "on a pris la parole comme on a pris la Bastille en 1789".

Mai 68 est aussi un soulèvement général contre la finitude du monde social. Le mouvement met en cause plusieurs rapports : légitime/illégitime, normal/déviant, possible/iimpossible, gouvernants/gouvernés. Dans ce dernier rapport, c'est tous les rapports de domination qui se jouent aussi : responsables syndicaux/travailleurs, décideurs/exécutants, créateurs/consommateurs, etc.

Pour K. Ross, c'est une "fuite face aux déterminations imposées par la société".

L'égalité est une valeur érigée contre l'autorité. Cette égalité transparaît dans le droit de parole accordé dans les comités d'action à chacun, dans la rencontre non-condescendante entre étudiants et ouvriers, dans les rapports des malades avec les personnes non-malades, des profanes avec les bons chrétiens.

 

>> Contre Mai 68, les forces de l'ordre et le gouvernement réagissent

 

I. Maintenir l'ordre

 

Avant Mai 68, les forces de l'ordre ont été pourvus de nouveaux armements dans le contexte de la répression contre les communistes dans les années 50, puis contre l'OAS au début des années 60. La sauvagerie policière risque de raviver le souvenir du drame du métro Charonne.

Pourtant, la violence policière est relative, même faible en comparaison de ce qui se passait lors de la guerre d'Algérie : l'objectif est la mise à distance, l'évitement du corps à corps.

Les dérapages qui ont pu avoir lieu ne sont jamais le résultat de consignes, d'une intention coordonnées, mais des relâchements par rapport aux liens hiérarchiques de la part des policiers.

Il est difficile alors de contrôler la multiplicité des forces sur le terrain, qui sont composés de plusieurs corps de l'Etat, et pas seulement de la police. Le gouvernement fait même semblant lors de mai 68 d'envisager l'intervention de l'armée.

 

Le flou au sommet de l'Etat n'aide pas à la résolution du conflit et à l'action des forces. Deux stratégies s'opposent : celle de Pompidou, premier ministre, qui est favorable à une dépolitisation du conflit, pacifique. Et celle du général De Gaulle, qui voudrait politiser la crise et en sortir par la mise en valeur du charisme de la personne présidentielle.

Ce n'est pas tant ce flou qui complique le contrôle des manifestations, mais surtout sa publicité, c'est-à-dire lorsque le public prend conscience de ces divergences au plus haut de l'Etat. Le préfet de police note un peu ne recevoir que très peu voire aucune consigne consigne entre le 2 et le 11 mai.

 

II. Les soutiens

 

Des soutiens s'organisent aussi en faveur du gouvernement.

L'extrême droite organise des défilés et des meetings à Paris.

Les Comités de défense de la République, créés à l'occasion, veulent soutenir l'action présidentielle, tandis que la contre-révolution se réunit aussi autour du gaulliste Jacques Baumel.

Il faut aussi compter la mobilisation de la FNEF, rivale de l'UNEF. Les intellectuels de droite s'engagent en faveur du gouvernement.

Ce dernier prépare une ligne de défense rhétorique, et fait des parallèles entre le mouvement de mai 68 et la mémoire de l'Occupation, ainsi qu'avec la guerre civile.

De Gaulle annonce le 30 mai dissoudre l'Assemblée nationale. Une grande manifestation s'organise le 30 mai 1968 : environ 400 000 personnes défilent à Paris. 83 autres manifestations ont lieu dans les autres départements en trois jours.

 

Les médias constituent un enjeu important de cette réaction. Le 23 mai, les radios périphériques sont privées du droit d'utiliser les fréquences qui leur avaient été attribuées.

A cette époque, la France compte 8 millions de postes de télévision. C'est dire l'importance de l'ORTF, qui couvre les événements de mai 68, mais de façon très partiale, en faveur du gouvernement.

C'est pour ces problèmes d'objectivité qu'une grève est organisée dans le personnel le 17 mai, et une autre des journalistes le 25 mai, qui échouent toutes deux au bout du compte.

 

III. La gauche

 

La FGDS, Fédération de la gauche démocrate et socialiste, regroupe à la fois la SFIO, le parti radical et la Convention des institutions républicaines. Or la FGDS est toujours en décalage lors de cette crise de mai 68. Il n'est d'aileurs pas rare qu'elle soit comptée comme un des auxiliaires bourgeois.

A cet égard, François MItterrand, un an après les événements, analyse l'idéologie des étudiants leaders comme "du Poujade savant".

Le SFIO se rapproche du légalisme, tandis que la CIR développe des liens intéressés avec le mouvement étudiant. Les rapports avec le PCF sont ceux d'associés mais rivaux à la fois.

François Mitterrand cherche à capter le mécontentement à son profit, mais c'est un échec : à la fin du mois de juin 1968, la FGDS a perdu la moitié de ses électeurs.

 

Le PCF essaie tant bien que mal de maîtriser le mouvement, qui se développe sans son impulsion. Tandis que Georges Marchais dénonce le 3 mai "l'anarchiste allemand Cohn-Bendit" et les "faux révolutionnaires", le 7 mai le PCF reconnaît la "légitimité du mouvement étudiant".

En fait, le PCF cherche au long de la crise de mai 68 à garder un lien minimal avec le mouvement, tout en en réduisant la portée et l'impact. Ces hésitations politiques ne sont pas sans causer des contestations au sein même du PCF sur la conduite à tenir.

 

>> Conséquences de Mai 68

 

I. Le retour au jeu politique

 

Le charisme présidentiel, incarné par De Gaulle, se transforme après mai 68 en gaullisme partisan. Le prestige de la personne présidentielle a perdu de son éclat.

Pompidou à l'occasion de la crise de Mai 68 prend de l'importance vis-à-vis de De Gaulle. Il revient le 12 mai, prononce un discours salué le 14 mai à l'Assemblée nationale,

Il existe alors plusieurs interprétations pour comprendre la disparition de De Gaulle à Baden Baden le 29 mai, que ce soit pour vérifier ses soutiens militaires, ou pour se mettre en retrait de la vie politique.

De Gaulle ne voit pas d'un bon oeil l'ascension de Pompidou, et le remplace par Couve de Murville. Le référendum d'avril 1969 sur la réforme des régions et la transformation du Sénat, où le non sort victorieux, entraîne le retrait de De Gaulle.

 

II. L'analyse de Mai 68

 

Mai 68 fut pour Bourdieu un moment où fut suspendu l'adhésion à l'ordre établi. La découverte de l'arbitraire, qui fondait l'ordre établi, provoque un moment inouï, où les hommes prennent conscience de cet arbitraire et décident d'en sortir, ou du moins de le suspendre

Deleuze et Guattari écrivent quant à eux que "Mai 68 n'a pas eu lieu", c'est-à-dire que "la société française a montré une radicale impuissance à opérer une reconversion subjective au niveau collectif, telle que l'exigeait 68".

Si Mai 68 était bien ce moment où l'arbitraire avait été contesté, alors l'échec de Mai 68, son refoulement, seraient à comprendre comme le retour à la doxa, c'est-à-dire un retour à l'ordre établi, sans remise en cause.

Dans un entretien publié en 1988*, Cohn-Bendit analyse en ces termes Mai 68 : "Par sa forme, c'est le premier mouvement moderne des sociétés industrielles avancées et dans son expression, c'est la dernière révolte révolutionnaire du passé. Les deux aspects sont mélangés. Je crois que 1968 a fondamentalement annoncé toutes les révoltes qui poussent vers l'autonomie, la société civile des individus, et la transformation complète de la société !"
 

Interrogé sur les résultats de Mai 68, il ajoute notamment : "C'est, par exemple, les catholiques qui n'écoutent pas le Pape quand il parle de contraception", et sur ce qui reste de Mai 68 : "ce que mai 68 a engendré : le mouvement écologiste, le mouvement des femmes, la sensibilité anti-totalitaire".

 

* Dreyfus-Armand Geneviève, Cohn-Bendit Daniel. Le mouvement du 22 mars. Entretien avec Daniel Cohn-Bendit. In: Matériaux pour l'histoire de notre temps. 1988, N. 11-13. Mai-68 : Les mouvements étudiants en France et dans le monde. pp. 124-129.

 

>> Slogans de Mai 68

 

Métro, boulot, dodo.

Nous ne voulons pas d’un monde où la certitude de ne pas mourirde faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui.

Élections, piège à cons.

Imagine.

Il est interdit d'interdire.

L'ennui est contre-révolutionnaire.

L'imagination prend le pouvoir !

Non à l'Etat policier !

Même si Dieu existait, il faudrait le supprimer.

ORTF : La police vous parle tous les soirs à 20 heures.

On achète ton bonheur. Vole-le.

Tout est politique.

Prenez vos désirs pour la réalité.

Soyez réalistes, demandez l'impossible.

 

-> 50 citations qui ont marqué l'histoire du XXe siècle

-> Toute l'histoire du XIXe siècle en fiches

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Chronologie de la construction de l'Union européenne

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 26 janvier 2019

« Si l’Europe s’unissait un jour pour partager son héritage commun, il n’y aurait pas de limite au bonheur, à la prospérité et à la gloire »
Que reste-t-il de ces espoirs, formulés par Winston Churchill, un demi-siècle plus tard ?
Cette chronologie de la construction européenne, en plus de vous offrir un résumé efficace pour révisions, vous permettra de prendre la mesure du chantier européen qui a été engagé jusqu'à aujourd'hui.

 

>> L'idée d'une Europe unie

 

1922 : Richard Coudenhove-Kalergi fonde le mouvement pour les Etats Unis d’Europe ou mouvement paneuropéen

1929 : Aristide Briand, président du Conseil, prône devant l'Assemblée de la Société des Nations un lien fédéral entre les pays européens

1945 : l'Europe se reconstruit après la Seconde Guerre mondiale

Session inaugurale de l'OECE

Session inaugurale de l'OECE

1946 : Churchill parle à Zurich d'Etats-Unis d'Europe : "Il nous faut ériger quelque chose comme les Etats-Unis d'Europe. Le premier pas à accomplir est la constitution d'un Conseil européen."

1948 (mars) : le traité de Bruxelles crée l'Union occidentale, qui met en place notamment une défense mutuelle (France, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg)

1948 (avril) : le plan Marshall induit la création de l'OECE (Organisation européenne de coopération économique) pour répartir les crédits

1948 (mai) : le Congrès de la Haye réunit près de 750 délégués pour mettre en œuvre une Europe unie

1949 (4 avril) : signature à Washington du Traité de l’Atlantique Nord donnant naissance à l'OTAN (membres du traité de Bruxelles, Etats-Unis, Canada, Danemark, Norvège, Islande, Italie, Portugal [en 1952 Grèce et Turquie])

1949 (5 mai) : le Conseil de l'Europe, issu du traité de Londres, facilite la coopération entre les pays membres

 

>> Les premiers pas d'une Europe unie : de la CECA à la CEE

 

Robert Schuman
Robert Schuman

1950 (9 mai) : déclaration de Robert Schuman dans le salon de l’Horloge du Quai d’Orsay ("La mise en commun des productions de charbon et d’acier assurera immédiatement l’établissement de bases communes de développement économique, première étape de la Fédération européenne") selon un projet de Jean Monnet

1951 : création de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l'acier), issue du traité de Paris, qui rassemble France, Italie, RFA, et les trois pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg)

1952 : la CED (Communauté européenne de défense), qui vise à mettre en place une force militaire européenne, est ratifiée par la RFA, et les pays du Benelux

1954 (30 août) : la CED est rejetée par l'Assemblée nationale en France

1954 (octobre) : le traité de Bruxelles intègre la RFA et l'Italie dans l'organisation de l'Union de l'Europe occidentale

1957 (25 mars) : deux traités de Rome signés par la France, l'Allemagne, l’Italie et les pays du Benelux, instaurent la CEE (Communauté économique européenne) et EURATOM (Communauté européenne de l'énergie atomique). La CEE met en place un marché commun et les fondements d'une politique agricole commune.

1960 : Sept pays rejoignent l'Association européenne de libre-échange, dont le Royaume-Uni est l'instigateur pour établir une zone libre d'échanges (Royaume-Uni, Autriche, Norvège, Suisse, Danemark, Portugal, Suède)

1961 : première présentation de la Commission Fouchet, (seconde en janvier 1962) à l'initiative de Charles de Gaulle

1962 : mise en place de la PAC, Politique agricole commune, issue du traité de Rome

1963 (14 janvier) : de Gaulle rejette l'entrée du Royaume-Uni au marché commun du traité de Rome

1963 (22 janvier) : signature du traité de l'Elysée par Konrad Adenauer et Charles de Gaulle

1965 (avril) : signature du traité de fusion des exécutifs de la CEE, la CECA et Euratom

1965 (juin) : politique de la chaise vide par de Gaulle qui bloque la construction européenne

1966 (janvier) : le compromis du Luxembourg débloque la situation en défendant la notion "d'intérêt vital" des pays membres

1967 : second veto de la France contre l'entrée du Royaume-Uni dans la CEE

1969 : veto français levé après l'élection de Georges Pompidou, permettant l'entrée du Royaume-Uni dans la CEE

1969 (décembre) : le sommet de la Haye réunit les Six de la CEE et relance la construction européenne

1972 à 1978 : serpent monétaire européen, qui limite les fluctuations des taux de change

1973 (janvier) : trois pays intègrent la CEE : le Royaume-Uni l'Irlande, le Danemark (la Norvège a rejeté le référendum)

1979 : le Système monétaire européen entre en vigueur pour stabiliser les valeurs des monnaies des pays européens

1985 (juin) : signature des accords de Schengen en vue d'une libre circulation entre les pays membres

1986 (janvier) : l'Espagne et le Portugal rejoignent la CEE

1986 (février) : la signature de l'AUE (Acte unique européen), notamment sous l'impulsion de Jacques Delors, approfondit le traité de Rome et prépare le marché unique intérieur

1989 : chute du Mur de Berlin

 

>> L'Union européenne

 

1992 (7 février) : signature par les membres de la CEE des accords de Maastricht, qui instituent l'Union européenne, une politique étrangère et de sécurité commune, et prévoient une monnaie unique

1995 : l'Autriche, la Finlande et la Suède entrent dans l'Union européenne

1997 : signature du traité d'Amsterdam qui renforce l'union entre les pays de l'Union européenne, sur la politique étrangère et de sécurité commune, ainsi que sur une collaboration judiciaire

1999 : l'euro est utilisé comme unité de compte pour les transactions financières européennes

2001 : le traité de Nice complète le système de l'Union européenne, en remodelant le Comité politique et de sécurité et en adaptant l'organisation aux nouvelles entrées dans l'Union

2002 (1er janvier) : mise en circulation de la nouvelle monnaie euro

2004 : un Traité établissant une Constitution pour l'Europe est signé à Rome, ratifié dans plusieurs pays mais rejeté en France en 2005

2007 (1er janvier) : entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'Union européenne

2007 (décembre) : les 27 pays de l'Union européenne signent le traité de Lisbonne suite au rejet de la constitution européenne. Il entre en vigueur en décembre 2009 et modifie les institutions de l'Union européenne.

 2012 (12 octobre) : Prix Nobel de la Paix pour l'Union européenne

2013 (1er juillet) : La Croatie intègre l'Union européenne qui comporte désormais 28 pays

2015-2016 : Crise migratoire dans l'Union européenne

2016 (23 juin) : Référendum au Royaume-Uni sur le maintien ou la sortie de l'Union européenne

 

Drapeau Union européenne

Drapeau de l'Union européenne et du Conseil de l'Europe


 

>> Le drapeau de l'Union européenne

Les 12 étoiles : les étoiles représentent les pays membres, le 12 représente la perfection, renvoie aux 12 heures, aux 12 mois, aux 12 constellations, aux 12 divinités dans l'ancien temps ; 12 est aussi un nombre symbolique dans la Bible (12 apôtres, 12 tribus d'Israël, 12 étoiles de Marie)

La couleur bleue : symbolise le ciel des étoiles ; le bleu peut aussi être associé à la Vierge Marie

 

-> Le monde depuis 1945

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Qu'est-ce que le Tiers état ? - Abbé Sieyès - Résumé des Chapitres 1 et 2

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 27 mai 2016

Emmanuel-Joseph Sieyès est né en 1748. En 1774, il devient prêtre, mais sans vocation. Il occupe plusieurs postes d'importance, mais devient véritablement célèbre en 1788, en publiant l'Essai sur les privilèges, puis surtout le pamphlet Qu'est-ce que le Tiers état ? en 1789. Ce dernier ouvrage a un succès retentissant, et reste largement commenté jusqu'à aujourd'hui. L'abbé Sieyès joue un rôle profond à cette date dans la Révolution française, notamment lors de la convocation des Etats Généraux le 5 mai 1789, où il est envoyé.

 

>> Que dit l'abbé Sieyès dans Qu'est-ce que le Tiers état ?

 

L'abbé Sieyès donne lui-même le plan de son ouvrage en trois formules marquantes :

1° Qu’est-ce que le Tiers état? — TOUT.
2° Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? —RIEN.
3° Que demande-t-il? — À ÊTRE QUELQUE CHOSE.

Emmanuel-Joseph Sieyès, Qu'est-ce que le Tiers état ?

 

L'objectif de Sieyès est de montrer toute l'importance du peuple dans le royaume. Le peuple accomplit en effet selon Sieyès toutes les tâches du royaume, et les plus pénibles. Sieyès s'étonne alors que le peuple ne se rebelle pas contre les privilégiés, qui conservent sans être troublé leurs avantages. Il est ainsi facile de mesurer la portée contestataire de ce pamphlet, et de comprendre le rôle qu'a pu jouer Sieyès dans la Révolution française.

 

>> Résumé du 1er Chapitre - Qu’est-ce que le Tiers état? — TOUT.


Première page de Qu'est-ce que le Tiers état,
pamphlet de l'Abbé Sieyès

Sieyès désire tout d'abord montrer que le Tiers état, c'est-à-dire les hommes sans privilège, est le seul à être utile au royaume.

Sieyès pour cela commence par distinguer les travaux particuliers des travaux publiques.

Les travaux particuliers sont de 4 classes :

  1. travaux de la campagne
  2. travaux qui ajoutent une valeur seconde
  3. marchands et négociants
  4. soins à la personne

Ces 4 classes relèvent pour Sieyès toutes de l'activité du Tiers état.

Les travaux et fonctions publiques sont également de 4 sortes :

  1. Epée
  2. Robe
  3. Eglise
  4. Administration

Pour Sieyès, même ces fonctions sont assurées par le Tiers état, selon une proportion de 19/20e. En outre, le vingtième restant des activités sont les tâches les moins pénibles, le Tiers état assurant les plus pénibles.

L'ordre noble est étranger à la nation de 3 manières :

  1. par sa fainéantise
  2. par ses prérogatives civiles et politiques
  3. dans son principe (il ne vient pas du peuple) et dans son objet (il vise l'intérêt particulier au lieu de l'intérêt général)

Or la nation, c'est le Tiers état.

 

>> Résumé du 2nd Chapitre - Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? —RIEN.

 

L'abbé Sieyès définit le Tiers état comme l'ensemble des citoyens qui appartiennent à l'ordre commun. En sont exclus les privilégiés.

Or jusqu'alors, les représentants du Tiers état recevaient des privilèges. Ceci n'est pas acceptable pour Sieyès, les représentants n'étant plus issus du Tiers état.

Pour autant, Sieyès ne préconise pas un nivellement par le bas. Au contraire, il s'agit d'étendre les privilèges accordés aux représentants à l'ensemble du Tiers état.

Par ailleurs, on parle alors en France de trois aristocraties :

  1. L'aristocratie d'Eglise
  2. L'aristocratie d'Epée
  3. L'aristocratie de Robe

Loin de réfuter cette classification, Sieyès l'approuve et la généralise même à tout le régime. Depuis ses débuts, le Royaume de France est une aristocratie dans son ensemble, hormis quelques moments où il fut même despotique, notamment à l'occasion du règne de Louis XIV. C'est la cour qui règne, c'est la cour qui fait et défaits les hommes au pouvoir, c'est la cour qui est la tête de l'aristocratie en France.

 

L'abbé Sieyès résume lui-même ses propos, qui annoncent explicitement le caractère subversif voire révolutionnaire de ses constats :

Résumons : le Tiers état n’a pas eu jusqu’à présent de vrais représentants aux États généraux. Ainsi ses droits politiques sont nuls.

Emmanuel-Joseph Sieyès, Qu'est-ce que le Tiers état ?, chapitre 2

 

-> 5 livres sur la démocratie (bibliographie)

-> Résumé du 1er livre du Contrat social de Rousseau

 

-> Culture générale : la Démocratie <-

 

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : Sieyès, qu'est-ce que le Tiers état, Sciences Po, 1789, biographie, livre, ouvrage, résumé, court, récapitulatif, fiche, comprendre, explication, éclairage, abbé Sieyès, révolution, chapitres, 1, - Aucun commentaire


Résumé de Premier Sexe de Éric Zemmour

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 09 octobre 2014

Éric Zemmour, dans Premier Sexe, commence par poser sa thèse. Sa thèse peut être résumée selon 2 constatations :

1. la différence homme/femme a d'abord été fondue pour donner un être indifférencié (de l'Antiquité au siècle dernier)

2. puis les valeurs féminines l'ont emporté sur les valeurs viriles dans toute la société


Éric Zemmour se propose dans la suite de l'ouvrage de révéler comment a été effectué ce passage, et comment retrouver les valeurs viriles.



>> PREMIER CHAPITRE - Résumé du Premier Sexe de Éric Zemmour



La bataille linguistique : Le mot "macho" est le premier outil pour imposer les valeurs de la femme. Ce mot vient comme une opposition à l'ancien slogan "Sois un homme, pas une gonzesse".

Les mères : Les valeurs féminines passent à la génération actuelle parce qu'il est profondément ancré chez les hommes dès leur plus jeune âge, car ils sont élevés par des mères qui tiennent ce discours féministe.

Le football : Les footballeurs, auparavant des hommes virils qui s'en sont sortis, des "boxeurs sans les coups dans la gueule", sont désormais à cause de la mondialisation, des gains financiers, devenus des people, lisses, à l'image d'une fille qui rêve d'être chanteuse.

Les "métrosexuels" : Ce sont une nouvelle catégorie d'hommes, des hommes féminisés.

Les mannequins : désormais le prototype idéal du mannequin tend de plus en plus vers des femmes avec des corps de garçons.


Eric Zemmour est l'auteur du Premier Sexe, paru en 2006

Les médias imposant cette nouvelle figure du mannequin, les hommes pour montrer aux autres leur réussite, se mettent à vouloir ces femmes.
Ce "snobisme mimétique" toutefois ne touche que les élites, et les hommes lambda continuent à aimer les femmes callypiges (= avec des fesses généreuses), ou avec des gros seins, etc., correspondant aux critères traditionnels.

Cette propagande promouvant les hommes épilés, doux, et les femmes sportives, est diffusée par la presse.

Plus généralement, c'est l'inégalité qui est vue comme le nouveau mal de la société.

Dans la lutte pour ces nouvelles valeurs, féministes et homosexuels se trouvent unis, typique de la catégorie sociale "bobo" (bourgeois bohême).

L'impact politique est important, puisque les maires prônant ces nouvelles valeurs modifient leur ville en ce sens : moins d'industries, d'usines (associées à la virilité), mais plus de tourisme, de finance (associées à la féminité).

La distinction homme - femme pourtant constamment présente chez les chrétiens, qui ont une vision binaire (homme/femme, profane/sacré, privé/public) générale, obéit de plus en plus à un principe d'indifférence, tout se vaut.

Dans la société actuelle, l'homme gay est glorifié, par opposition au macho, dénigré pour sa bêtise virile.

Éric Zemmour s'appuie ensuite sur plusieurs statistiques pour légitimer ses observations ; par exemple, 1/5 des hommes s'pilent, et augmentation rapide des ventes de soins pour hommes.


PERSONNAGES POLITIQUES AUX VALEURS FEMININES

François Hollande est brocardé comme un homme féminin dans une analogie avec Machiavel.

Ségolène Royal incarne quant à elle la réunion du puritanisme catholique et du féminisme.

PERSONNAGES POLITIQUES AUX VALEURS MASCULINES

Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen sont à l'inverse des hommes restés virils, déclarant à leur tour « A nos femmes, à nos chevaux, et à ceux qui les
montent ! » (Jacques Chirac) et « Post coïtum animal triste. » (Jean-Marie Le Pen)

Enfin François Mitterrand a grâce à sa virilité battu Rocard sur le terrain politique, et Giscard fait également partie des politiques virils.


Quant aux femmes, rares à s'exprimer, seules Roselyne Bachelot et Clémentine Autain (qui nie la relation entre le pouvoir et le sexe) disent de ne plus attirer le désir, une fois élues.

L'introduction des femmes en politique se fait notamment par la people-isation de la politique. Le couple est une valeur féminine. La femme est aussi le moyen d'adoucir une image, rôle joué par exemple par Marine Le Pen après Jean-Marie Le Pen.

Les larmes d'Olivier Besancenot à la télé sont l'arme féminine parfaite, mais représentent également le renoncement des trotskistes à l'action virile révolutionnaire.

 


>> SECOND CHAPITRE - Résumé du Premier Sexe de Éric Zemmour



Éric Zemmour rappelle le comportement féminisé des hommes dans la société actuelle, par des exemples notamment issus de la télévision.
Il les met en contraste avec la vie virile de personnages célèbres : Casanova aux bordels, les parties fines avec le duc de Bemis, Flaubert et les prostituées orientales, Maupassant qui amenait un huissier aux bordels, Baudelaire également avec des prostituées créoles.
Chez les politiques sont cités Dominique Ambiel avec une prostituée, J.F. Kennedy séducteur et libertin, et Bill Clinton qui doit s'excuser pour des fellations dans son bureau.

Ce qu'Éric Zemmour critique, c'est le discours moralisateur et décrit comme bien-pensant de la nouvelle société qui condamne les actions de ces hommes, qui avaient des comportements trop virils.

La figure du père est associée aux secrets, tandis que la figure de la mère est associée à la transparence.
Or le secret est de plus en plus chassé aujourd'hui.

Les clients de prostituées, des hommes, sont désormais mis en lumière, au regard de tous, et stigmatisés.

Éric Zemmour cite un passage du Discours sur l’origine de l’inégalité de Rousseau :

« Commençons par distinguer le moral du physique dans le sentiment de l’amour... Il est facile de voir que le moral de l’amour est un sentiment factice ; né de l’usage de la société, et célébré par les femmes avec beaucoup d’habileté et de soin pour établir, et rendre dominant un sexe qui devrait obéir. »


Il applique cette analyse à l'échelle du millénaire, pour voir comment en Occident exclusivement, les femmes ont tâché de canaliser les pulsions de l'homme afin qu'ils ne les considèrent plus seulement comme un objet de désir.

C'est le règne de la mixité qui est ensuite dénoncé : "Nous vivons en effet une époque de mixité totalitaire, castratrice.", en particulier à l'école maternelle. Les enfants ont effet se voient inculqués l'idée de trouver des amoureux, germe de ce qui deviendra la féminisation des relations hommes-femmes, au travers du couple et d'une confusion désir sexuel/amitié.

Ce message trouve un écho dans la téléréalité (L'île de la tentation par exemple, où l'infidélité devient signe nécessaire de désamour)

Dans ces nouveaux couples androgynes produits par la société, Éric Zemmour voit l'incarnation du mythe de Platon où les deux parties d'un corps fendu se chercheraient.

Les relations familiales où le père exaltait sa puissance, incitait ses fils à avoir des comportements virils, sexuels, infidèles par conséquent, ont été remplacées par le règne de l'Amour, sans père, sans autorité.

La différenciation autrefois admise entre la mère, associée à l'amour, et la prostituée, associée au désir sexuel, disparaît progressivement.

En constatant à la fois que le divorce demandé par la femme augmente quand l'homme est au chômage, et que la femme travaille de son côté, Éric Zemmour en conclut que le divorce n'est alors pas qu'une question matérielle, mais ferait plutôt référence à ce besoin inconscient, ou du moins implicite, d'un homme viril, travailleur.

Le respect est dans ces circonstances, pour Éric Zemmour, un "tue-désir de masse", qui n'est pas reconnu pour ce qu'il est.

De même qu'au XIXe siècle, les hommes allaient "baiser des putains" tandis qu'ils respectaient leur femme, au XXIe siècle les hommes fuient les "femmes blanches" qui sont pensées comme leurs égales et respectées en tant que tel.

L'échangisme, en plein essor, serait une façon inconsciente de désacraliser sa propre femme, que l'on donne à d'autres hommes, pour la rendre plus désirable : la femme se lançant dans le désir, incapable de maîtriser ce qu'il lui arrive, laisse toute sa place à la supériorité de l'homme.

De la même façon, la pornographie serait un miroir de la féminisation de la société : à mesure que l'enjeu devient financier avec la mondialisation, la pornographie passe de scènes avec intrigues à des enchaînements d'image brutes, bientôt mêlée à la violence, la scatologie et la zoologie. Ce passage serait le signe que l'homme cherche dans la pornographie virtuelle une compensation, à ce qu'ils ne retrouvent plus dans la vraie vie : l'énergie et la violence, la domination de l'homme.
 



>> TROISIEME CHAPITRE - Résumé du Premier Sexe de Éric Zemmour





Éric Zemmour commence par faire l'hypothèse, contraire à l'histoire admise jusqu'ici, que c'est l'homme lui-même qui a voulu ce mouvement d'indifférenciation entre l'homme et la femme.

Il retrace ainsi l'histoire de l'humanité selon ce nouveau schéma, en identifiant la Grande Guerre de 1914 comme un ébranlement, celui de l'humiliation de la virilité.

En réaction, l'homme s'affirme et surjoue sa virilité, lors des épisodes des totalitarismes notamment. Mais pour Éric Zemmour, ce besoin de surjouer est justement l'aveu d'une faiblesse, c'est pourquoi "Cette
virilité fasciste ou communiste est un fantasme d’homosexuels".

Ensuite, Éric Zemmour expose de nouveau des exemples de féminisation de la société : le couple John Lennon (mère de foyer) et Yoko Ono (femme d'affaires), les hommes présents à l'accouchement (selon un sondage, 38 % des hommes voudraient être enceints si la technologie
le permettait), les papas poules.

Cette féminisation trouve d'ailleurs des traces dans le passé de la France - avec notamment Madame de Pompadour, les salons, Madame de Maintenon - et contre laquelle auraient protesté Montesquieu et Rousseau.

Et d'opposer Molière qui critique les femmes savantes qui "préféraient le livre au lit, le savoir au plaisir" au politiquement correct d'aujourd'hui.

Quant à la vie politique, elle a été constamment entachée par le rôle des femmes, qui n'ont eu de cesse de provoquer catastrophes et guerres (Éric Zemmour donne des exemples), ce qui a eu pour résultat le rejet des femmes hors de la politique. Le droit de vote des femmes donné tardivement, en 1944, n'est alors plus un reproche acceptable, ce n'est pas un retard de la France en matière sociale, mais au contraire une justice.

Éric Zemmour cite Hélène Vecchiali sur l'évolution de l'enseignement en France :


comme le note Hélène Vecchiali, « le ministère de l’Instruction publique est devenu le ministère de l’Éducation nationale. Au projet paternel d’instruire [instruere signifiant “armer pour la bataille, équiper, outiller”, N.d.A.], s’est substitué le projet maternel d’éduquer [educare ayant comme sens premier... nourrir!, N.d.A.].

Éric Zemmour, Premier Sexe



La religion est intimement liée à l'idée qui s'est construite du mariage. Alors que le judaïsme n'établissait qu'un simple contrat, au sein d'une famille polygame, le christianisme a forcé la monogamie, a éradiqué tout érotisme de la sphère publique, et a sacralisé le mariage.
 


>> QUATRIEME CHAPITRE - Résumé du Premier Sexe de Éric Zemmour




La paternité, "invention sociale" d'après Margaret Mead, est pourtant un acquis diffusé dans le monde entier.

Or la paternité n'est pas la protection de l'homme accordée à la femme ; au contraire, la femme se retrouve seule à devoir pourvoir à ses besoins. C'est d'ailleurs ce qui se passe chez les primates. D'où ce subtil mais important retournement de situation : le féminisme, pour qui s'émanciper est le signe de leur victoire, se dirige en fait vers une remise en cause de la protection que leur accordaient les hommes (signe de faiblesse, de féminité), libérant la place pour un retour du paternalisme véritable, et donc non-protecteur.

Le divorce, à l'encontre du discours général, ne serait pas la conséquence de l'individualisme - il suffit de voir que les divorcés se remarient ou désirent se remarier -, mais la conséquence du couple. L'idéal du couple, incarné par les rêveries de Madame Bovary, est confronté à la réalité de l'homme : celui-ci est conquérant, plein de désirs sexuels.
Dans la société qui se féminise, le mariage, institution historiquement financière, contratuelle, est remplacé par le couple fait de sentiments et d'amour.

Ainsi, le mariage comme contrat (stable), incarné par Napoléon et son Code civil, s'oppose au couple susceptible de divorce (instable), encouragé par les politiques de la Ve république.

Une autre opposition est faite entre le caractère solitaire de la femme, opposée à la tendance des hommes à ne pas rester seul. "Elles sont plus exigeantes.
Elles rêvent toujours du prince charmant,
même si elles le nient. Surtout si elles le nient. Les
plus fines découvrent, mais un peu tard, que rencontre
après rencontre, histoire après histoire, c’est
toujours la même chose, les mêmes désillusions, les
mêmes contraintes."

Si les hommes ont suivi cette tendance à la féminisation, en devant des pères qui s'occupent de leurs enfants, des papas poules, ils s'en sont finalement lassé. C'est ce qui explique que les femmes restent désormais seules pour s'occuper de leur enfant, le père étant parti, consentant seulement une paye en retour. C'est ce phénomène que renforcent les magazines féminins, en insistant sur l'union entre la mère divorcée et son enfant.

Les femmes, qui se sont émancipées, se retrouvent alors dépourvues contre cet abandon qu'elles reprochent à l'homme. C'est en somme la réalisation du dicton "on ne récolte que ce qu'on sème". Elles n'ont d'autre solution que l'aide de la société. C'est alors que les juges, le plus souvent des femmes, d'après ce qu'écrit Éric Zemmour, se vengent d'une certaine sorte en prenant l'argent des maris qui ont délaissé leur épouse. On voit bien le paradoxe entre le désir d'émancipation, et la réclamation d'une réparation de cet excès d'émancipation (le divorce).

Éric Zemmour s'émeut ensuite de voir des hommes sortis de terre pour confirmer ou infirmer des soupçons de paternité, comme Yves Montand. Ce qui lui vaut cette phrase, à propos de Don Juan, personnage célèbre pour ses relations multiples : "Même mort, Don Juan est désormais sous surveillance."

Puis la question de l'avortement est abordée. Celle-ci est notamment liée à celle de la démographie : le taux d'avortement pourrait constituer une menace pour la reproduction de l'espèce humaine, Éric Zemmour allant même jusqu'à évoquer "la disparition programmée des peuples européens"

L'immigration, utilisée en palliatif, serait le symbole de l'échec des Européens féminisés, obligés de recourir aux forces viriles des autres continents.

La figure du "jeune Arabe", selon les mots d'Éric Zemmour, représenterait la virilité parfaite : à la fois repoussé par les féministes qui le traitent de macho, exclu de la civilisation, mais aussi désiré, pour les mêmes raisons.

Dans un passage particulièrement provoquant, Éric Zemmour le signale lui-même en parlant du "non-dit le plus lourd de la société française", Éric Zemmour décrit la figure du "jeune Arabe" en ces termes :


Il a un langage proche de celui de Neandertal. Il est l’homme d’avant la civilisation. Il réagit de manière binaire, « lopesa » ou « respect », putes en minijupes ou saintes voilées, putain ou vierge. Il n’a pas lu Stendhal. (...) Mais il offre parfois sa conquête à ses amis au cours des fameuses « tournantes ».

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006



D'après Éric Zemmour, les Arabes ont su conserver toutes leurs pulsions viriles intactes et puissantes, mais celles-ci étaient contraintes par le cadre religieux et familial. Or en France, en l'absence de ces cadres, leurs pulsions viriles peuvent se libérer et s'exprimer pleinement.

Ce comportement fait nécessairement envie aux enfants français ou européens, désignés par un prudent "Nos enfants", jaloux de la liberté virile dont jouissent les "Blacks" : "Nos enfants si bien élevés ne s’avouent pas qu’ils aimeraient les imiter. Un tout petit peu. Une fois seulement."

Ceux qui vont jusqu'au bout de cette envie sont souvent ceux qui "votent Le Pen", incarnation d'un "phallus par procuration" : ils sont en effet jaloux, et par définition eux-mêmes féminisés, et trouvent dans la figure virile de Jean-Marie Le Pen une manière de s'exprimer.

Ce serait ce même processus, identifié à l'étranger et récupéré par les politiciens, qui auraient par exemple produit la stratégie de communication de George Bush, qui s'évertue à incarner l'homme viril par des "propos anti-intellectuels" et "des airs de plouc", cliché du cow-boy texan, bien qu'issu d'un milieu d'élite.

Israël constituerait une autre forme de cette virilité par procuration : en encourageant l'armée israélienne, les "jeunes Juifs des quartiers populaires" trouvent l'expression d'une virilité assumée, désobéissante au droit international.

C'est cette virilisation des Juifs, auparavant en paix dans le monde arabe mais avec un statut inférieur, qui expliquerait la guerre actuelle entre Israël et les Arabes.

C'est aussi par la volonté de domination des hommes Arabes qu'Éric Zemmour explique l'obligation faite aux femmes de dissimuler leurs atouts féminins : par peur de la femme, qui menace la domination de l'homme, les Arabes surjouent la virilité. D'où les voiles ou vêtements de garçons imposés aux femmes.

La perte de virilité des pères de famille arabes est provoquée par l'institution judiciaire qui interdit de blesser son enfant et du chômage. La perte est tout aussi importante en Afrique noire mais pour d'autres raisons.

D'après une certaine lecture, il serait possible de voir comment la féminité de la France, confrontée à la virilité des banlieues, aurait donné lieu aux émeutes de 2005 : "Eux, les hommes. Ils vont brûler, détruire, immoler les symboles de sa douce protection maternante, les écoles, les transports en commun, les pompiers."
 


>> CINQUIEME CHAPITRE - Résumé du Premier Sexe de Éric Zemmour



Acheter Le Premier Sexe
- Éric Zemmour

Les femmes, en cherchant l'émancipation par le travail, ne font pas autre chose que de revenir à une situation qui a toujours été en France. En effet, les femmes ont toujours travaillé ; le XIXe siècle est l'unique exception.

Mais ce travail, dans la société actuelle, reste précaire pour les femmes : les femmes constituent 80% des salaires mensuels inférieurs au SMIC. Des inégalités avec les hommes sont aussi indéniables. À qualification et ancienneté équivalentes, la « discrimination » n’est que de 6 %.

Éric Zemmour a une version explicative de ce phénomène à contre-courant du discours habituel. Pour lui, c'est le capitalisme qui a introduit les femmes, et non les femmes qui ont réussi à s'introduire dans le système capitaliste. Les inégalités sont amplifiées compte tenu du fait que les femmes ont tendances à privilégier des postes où il n'est pas question de pouvoir.

Les métiers les plus rémunérateurs sont occupés par des hommes, et ce sont seulement les secteurs délaissés par les hommes, moins rentables, qui sont proposés aux femmes.

Toutes les fonctions occupées par les femmes subissent automatiquement une prolétarisation. La percée des femmes en politique n'en est qu'un exemple parmi d'autres : la politique recèle en effet de moins en moins de pouvoir ou d'argent, il décide de moins en moins, réduite au social.

Dans une assez longue énumération est présenté le paradoxe féminin, où la femme semble toujours en retard par rapport à la société : "elles obtiennent la parité quand la politique ne sert plus à grand-chose ; elles votent à gauche quand la Révolution est finie ; elles deviennent un argument de marketing littéraire quand la littérature se meurt"

Les femmes ne sont jamais à l'origine d'une innovation, elles récupèrent toujours ce qui leur est laissé, qu'elles occupent stérilement ensuite. Or la féminisation des hommes risque d'inhiber pareillement toute innovation de la part des hommes.

La stagnation intellectuelle, auparavant attribuée à la vieillesse, trouve une autre cause : la dévirilisation, autrement dit la féminisation.

Éric Zemmour rappelle alors qu'en Amérique et hors de l'Occident la virilité reste assurée et défendue, bien que l'homme féminisé soit né aux Etats-Unis, la réaction masculine l'emportant.

Le christianisme, prônant la bonté, est associé à la féminité tandis que l'islam, synonyme de retour au patriarcat, serait plus viril.

Éric Zemmour conclut son livre par un pronostic, si ce n'est une prédiction : les femmes prendraient conscience de leur statut, du piège que lui tendait le capitalisme, et par regret de la virilité des hommes n'opposeraient plus de résistance à un retour de la virilité. Le problème viendrait plutôt des hommes eux-mêmes, qui préféreraient leur féminité, leur castration, au prix des soumissions et humiliations à venir.

 


>> CITATIONS issues de Premier Sexe de Éric Zemmour :

 


Aujourd’hui, les jeunes filles, toujours au bord de l’anorexie, se fabriquent un corps de garçonnet pour plaire à des créateurs homosexuels qui n’aiment pas les femmes

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




À leur peur archaïque du phallus, du « viol de la pénétration », les femmes d’aujourd’hui répondent par un malsain désir du même, une immense tentation lesbienne.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Les féministes s’y retrouvaient aussi car elles ont toujours considéré, en le disant ou sans oser le dire, la pénétration comme une conquête, une invasion, un viol même lorsqu’elle est consentie. Ce qui n’est d’ailleurs pas faux.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Le couple est la valeur féminine par excellence.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Le paternalisme est remplacé par le maternalisme.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Hommes, femmes, enfants. La vieille trilogie séculaire a explosé.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




L’homme ne doit plus être un prédateur du désir. (...) Toute séduction est assimilée à une manipulation, à une violence, une contrainte.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




[L'homme] Il ne doit plus qu’aimer.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Elles ne veulent pas être une parmi d’autres, elles veulent être uniques. Pas seulement objets de désir, comme des milliers d’autres, mais aimées.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Le mariage a sauté le premier. Il est devenu le mariage d’amour. Un oxymore.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006





L’Amour est le sacré de l’époque. Jadis, il y a encore trente ans, nous vivions sans le savoir en des temps archaïques : le chef de meute, le père, se voulait la puissance, le seul pénis bandant, le seul phallus de sa maison.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




C’était la loi du père, qui obligeait le fils à aller bander et baiser ailleurs.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Cette virilité fasciste ou communiste est un fantasme d’homosexuels, Gide à Moscou, Brasillach à Berlin

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




la souffrance de l’homme dévirilisé par la défaite, qui se venge sur la femme qui a couché avec l’Allemand, le vainqueur, l’Homme. Avec un pénis en érection comme une
arme. Avec un pénis en érection comme une arme.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Ces baby-boomers seront la génération de tous les renoncements, de tous les abandons, toutes les irresponsabilités. Cette génération veut abandonner la pulsion de mort qui est le propre de la virilité depuis des millénaires.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006

 

C’est l’Église qui va peu à peu éradiquer les pratiques érotiques, les bains collectifs et l’habitude conservée jusqu’au Moyen Âge d’offrir sa femme à son hôte de passage. Bien sûr l’Église tolérait les débordements virils ; bien sûr, il y avait les maîtresses et le bordel ; bien sûr, les mariages continueront d’être arrangés jusqu’au début du
XXe siècle, c’est-à-dire que le social l’emporte encore sur l’amour

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Tant que l’idéologie masculine s’imposait à la société, le mariage demeura un arrangement commercial.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




À partir du moment où la société se féminise, c’est le couple et non le mariage qui devient la grande quête.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




C’est que toute la société, hommes et femmes, est emportée par le romantisme du couple. C’est toute la société, hommes et femmes, qui rêve de devenir femme.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




La société est confrontée à une contradiction majeure : prônant une liberté individuelle exclusive, elle favorise de plus en plus le divorce en self-service. Mais pour corriger les effets dévastateurs de ce divorce massifié, elle accumule les contraintes pour encadrer les débordements de la sexualité masculine.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




On fait tout pour permettre à la femme de forcer l’homme à devenir père.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Depuis les années 70, dans les sociétés occidentales, les enfants appartiennent aux femmes.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Tout s’est passé comme si les hommes français et européens, ayant posé leur phallus à terre, ne pouvant ou ne voulant plus féconder leurs femmes devenues rétives, avaient appelé au secours leurs anciens « domestiques » qu’ils avaient émancipés.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Les féministes le vomissent [le jeune Arabe] mais elles n’osent pas le dire par héritage anticolonialiste.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Le sionisme est d’abord une tentative historique d’en finir avec l’image « féminisée » du Juif européen

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Comme tous les petits mâles depuis le début de l’Humanité, les jeunes Arabes ont peur des femmes. Peur de ces machines à castrer

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Le capitalisme a transformé ces armadas ambitieuses [de femmes] en nouveaux « idiots utiles ».

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Depuis longtemps, les députés ont été transformés en
assistantes sociales.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Les femmes croient prendre ce qu’elles arrachent aux hommes. En vérité, les hommes abandonnent les apparences d’un pouvoir défunt.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Les femmes conduisent quand la vitesse est limitée ; elles fument quand le tabac tue

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




tout se passe aussi comme si, inconsciemment affolées par la féminisation accélérée de leurs hommes, elles tentaient un rétropédalage désespéré.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006




Il me semble en revanche que la plus grande résistance viendra des hommes, trop contents de s’être enfin débarrassés du fardeau qui court entre leurs jambes.

Éric Zemmour, Le Premier Sexe, 2006

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