Réussir Sciences Po

 

 

 

-> Les THÈMES 2019 du Concours commun sont SORTIS. (deux excellentes trouvailles des IEP à notre goût)

-> Le nouveau site / nouvelle marque des IEP communs

 

Sujets et corrigés Sciences Po Grenoble 2018

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 02 mai 2018

Pour recevoir des sujets blancs 2018, suivez ce lien :

> Faites vous corriger des copies pour préparer le concours Sciences Po

 

Vous retrouverez ici les sujets de Sciences Po Grenoble 2018.

Nous vous proposerons alors des corrigés pour les épreuves 2018.

 

>> Sujet :

 

I. Questions

1. Quelles significations revêt "La Mecque" pour Ta-Nehisi COATES ? (3 points)

2. Qu'inspire à Ta-Nehisi COATES cette phrase lue de l'écrivain Saul Bellow : "Qui est le Tolstoï des Zoulous ?" ?

 

II. Dissertation d'ouverture

"Black lives matter" : pourquoi affirmer que "les vies noires comptent", dans tous les sens possibles de cette expression ?

 

>> Correction :

 

I. Questions

1.

La Mecque, elle, est une machine, conçue pour récupérer et concentrer l'énergie sombre de tous les peuples africains afin de l'injecter directement dans le corps des étudiants.

Une colère noire : Lettre à mon fils - Ta-Nehisi Coates

 

2.

Tolstoï était "blanc", donc Tolstoï était "important". Cette vision des choses était liée à la peur qui traversait les générations, au sentiment de dépossession. Nous étions noirs, au-delà du spectre visible, au-delà de la civilisation. Notre histoire était inférieure, car nous étions inférieurs, ce qui veut dire que nos corps étaient inférieurs. (...) Ne valait-il pas mieux, dès lors, que nos corpps soients civilisés, améliorés, et utilisés dans un but légitime et chrétien ?

Pour contrer cette théorie, je pouvais compter sur Malcolm. Sur ma mère et mon père. Je pouvais aussi m'appuyer sur la lecture de chaque numéro de The Source et de Vibe.

Une colère noire : Lettre à mon fils - Ta-Nehisi Coates

 

II. Dissertation d'ouverture

 

Le mouvement est né en 2013 sur Twitter avec le hashtag #BlackLivesMatter, à la suite de l’acquittement de George Zimmerman, un Latino-américain coordonnant la surveillance du voisinage, qui avait tué l'adolescent noir Trayvon Martin en Floride. Les manifestations de Black Lives Matter ont également eu un écho sur la scène internationale après la mort en 2014 de deux hommes afro-américains : Michael Brown, dans la ville de Ferguson ainsi qu’Eric Garner à New York. Les initiateurs de ce mouvement sont Alicia Garza, Patrice Cullors et Opal Tometi. Toutefois, il s'agit d'un réseau décentralisé qui ne possède pas de hiérarchie distincte

Wikipédia

 

Le Monde

Black Lives Matter

 

Le 1er août, le mouvement a publié pour la première fois un plan officiel avec six demandes précises sur sa plateforme en ligne pour la présidentielle de 2016. BLM demande:

1. D' «en finir avec la guerre contre le peuple noir», dont les exécutions arbitraires de personnes noires par la police américaine sont, selon eux, le symbole.2. Des réparations pour les blessures passées et présentes, notamment «l'esclavage et la colonisation» avec notamment «la gratuité de l'université et un revenu minimum garanti».3. Des investissements dans l'éducation, la santé et la sécurité des personnes noires.4. De la «justice économique», avec un plan social spécifiquemment dirigée envers les personnes noires.5. Davantage de «contrôle communautaire»6. L'emergence d'un «pouvoir politique noir indépendant»

Le Figaro

 

Retrouvez aussi :

-> Résumé Une colère noire

Classé dans : IEP Grenoble - Mots clés : sujets, grenoble, corrigés, IEP, Sciences Po Grenoble, 2018, corrigé, correction - 10 commentaires


Sujet corrigé - "Les croyances dogmatiques" - Tocqueville, De la démocratie en Amérique

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 07 octobre 2016

Ce sujet est notamment tombé à l'épreuve de philosophie du bac 2015. Voir tous les sujets du bac 2015.

 

Les croyances dogmatiques sont plus ou moins nombreuses, suivant les temps. Elles naissent de différentes manières et peuvent changer de forme et d'objet ; mais on ne saurait faire qu'il n'y ait pas de croyances dogmatiques, c'est-à-dire d'opinions que les hommes reçoivent de confiance et sans les discuter. Si chacun entreprenait lui-même de former toutes ses opinions et de poursuivre isolément la vérité dans des chemins frayés par lui seul, il n'est pas probable qu'un grand nombre d'hommes dût jamais se réunir dans aucune croyance commune.
Or, il est facile de voir qu'il n'y a pas de société qui puisse prospérer sans croyances semblables, ou plutôt n'y en a point qui subsistent ainsi; car, sans idées communes, il n'y a pas d'action commune, et, sans action commune, il existe encore des hommes, mais non un corps social. Pour qu'il y ait société, et, à plus forte raison, pour que cette société prospère, il faut donc que tous les esprits des citoyens soient toujours rassemblés et tenus ensemble par quelques idées principales; et cela ne saurait être, à moins que chacun d'eux ne vienne quelquefois puiser ses opinions à une même source et ne consente à recevoir un certain nombre de croyances toutes faites.
Si je considère maintenant l'homme à part, je trouve que les croyances dogmatiques ne lui sont pas moins indispensables pour vivre seul que pour agir en commun avec ses semblables.

Tocqueville, extrait du livre De la démocratie en Amérique

 

=> LISEZ cet extrait dans son contexte : CHAPITRE II - De la source principale des croyances chez les peuples démocratiques

 

>> Contexte

Alexis de Tocqueville, né en 1805 dans une famille aristocratique de Normandie, fait des études de droit, puis est juge auditeur à Versailles. C'est à regret qu'il assiste au coup d'état du monarque Louis-Philippe. En partie pour s'éloigner de ce régime, il part étudier le système pénitentiaire américain. Il parcourt donc les Etats-Unis pendant 9 mois, qui seront autant de temps consacré, à comprendre le régime démocratique et ses mécanismes, dont il fera un ouvrage : De la démocratie en Amérique, sorti en deux tomes, respectivement en 1835 et 1840.

 

>> Explications pas à pas du texte

 

Les croyances dogmatiques sont plus ou moins nombreuses, suivant les temps. Elles naissent de différentes manières et peuvent changer de forme et d'objet ; mais on ne saurait faire qu'il n'y ait pas de croyances dogmatiques, c'est-à-dire d'opinions que les hommes reçoivent de confiance et sans les discuter.

Tocqueville donne ici sa définition ce qu'est une croyance dogmatique : "opinions que les hommes reçoivent de confiance et sans les discuter.". Ce sont des discours que les hommes tiennent pour acquis sans y réfléchir. Il lui attribue deux caractéristiques essentielles : elles sont polymorphes, c'est-à-dire qu'elle ont différentes formes, qu'elle peuvent changer, se muter ; et deuxième caractéristique, il n'est pas possible de supprimer définitivement ces croyances dogmatiques : il y en aura toujours.

 

Si chacun entreprenait lui-même de former toutes ses opinions et de poursuivre isolément la vérité dans des chemins frayés par lui seul, il n'est pas probable qu'un grand nombre d'hommes dût jamais se réunir dans aucune croyance commune.

Cette réflexion, par laquelle Tocqueville imagine un homme qui s'isolerait pour se faire son propre avis et réfléchir uniquement par lui-même, fait écho à l'œuvre de Descartes, le Discours de la méthode, dans laquelle précisément Descartes cherche par lui-même à trouver une vérité, en s'affranchissant pour un temps des auteurs qu'ils a si longtemps étudiés.


Or, il est facile de voir qu'il n'y a pas de société qui puisse prospérer sans croyances semblables, ou plutôt n'y en a point qui subsistent ainsi; car, sans idées communes, il n'y a pas d'action commune, et, sans action commune, il existe encore des hommes, mais non un corps social.

Le ciment du corps social, pour Tocqueville, est un projet, une idée commune. C'est une croyance commune qui relie les hommes en eux, qui en font un corps social véritablement. Ces idées communes sont donc essentielles pour une société comme Tocqueville va l'expliquer :

 

Pour qu'il y ait société, et, à plus forte raison, pour que cette société prospère, il faut donc que tous les esprits des citoyens soient toujours rassemblés et tenus ensemble par quelques idées principales; et cela ne saurait être, à moins que chacun d'eux ne vienne quelquefois puiser ses opinions à une même source et ne consente à recevoir un certain nombre de croyances toutes faites.

Tcoqueville rend légitime une conception qui pourrait a priori nous choquer : il est bon est nécessaire que les hommes aient des croyances dogmatiques, des idées toutes faites. C'est par ce seul moyen que les hommes sont rassemblés et à même de se former en corps social. Chacun doit donc accepter des idées communes, toutes faites, qu'il n'a pas révisées par son propre jugement exclusif.

 


Si je considère maintenant l'homme à part, je trouve que les croyances dogmatiques ne lui sont pas moins indispensables pour vivre seul que pour agir en commun avec ses semblables.

Tocqueville étend son raisonnement non seulement à l'échelle de la société, mais aussi à l'échelle individuelle, à l'échelle de l'homme. Ces croyances dogmatiques sont nécessairement pour se constituer en corps social, mais également pour vivre soi-même. L'homme est fait d'opinions toutes faites, qui lui sont essentielles pour continuer de vivre.

 

-> Le travail pour les Indiens d'Amérique selon Tocqueville

-> Analyse du lien entre démocratie et étude des sciences - Alexis de Tocqueville

-> Sujets en philosophie du bac 2015

 

-> Culture générale : la Démocratie <-

 

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : démocratie en amérique, tocqueville, extrait, corrigé, bac, 2015, baccalauréat, correction, sujet corrigé, explications, analyse - aucun commentaire


Sujet corrigé - Cicéron, De la divination

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 17 juin 2015

Ce texte est notamment tombé à l'épreuve de philosophie du bac 2015. Voir tous les sujets du bac 2015.

 

Texte de Cicéron :

Comment peut-on prévoir un événement dépourvu de toute cause ou de tout indice qui explique qu'il se produira ? Les éclipses du soleil et de la lune sont annoncées avec beaucoup d'années d'anticipation par ceux qui étudient à l'aide de calculs les mouvements des astres. De fait, ils annoncent ce que la loi naturelle réalisera. Du mouvement invariable de la lune, ils déduisent à quel moment la lune, à l'opposé du soleil, entre dans l'ombre de la terre, qui est un cône de ténèbres, de telle sorte qu'elle s'obscurcit nécessairement. Ils savent aussi quand la même lune en passant sous le soleil et en s'intercalant entre lui et la terre, cache la lumière du soleil à nos yeux, et dans quel signe chaque planète se trouvera à tout moment, quels seront le lever ou le coucher journaliers des différentes constellations. Tu vois quels sont les raisonnements effectués par ceux qui prédisent ces événements.

Ceux qui prédisent la découverte d'un trésor ou l'arrivée d'un héritage, sur quel indice se fondent-ils ? Ou bien, dans quelle loi naturelle se trouve-t-il que cela arrivera ? Et si ces faits et ceux du même genre sont soumis à pareille nécessité, quel est l'événement dont il faudra admettre qu'il arrive par accident ou par pur hasard ? En effet, rien n'est à ce point contraire à la régularité rationnelle que le hasard, au point que même un dieu ne possède pas à mes yeux le privilège de savoir ce qui se produira par hasard ou par accident. Car s'il le sait, l'événement arrivera certainement ; mais s'il se produit certainement, il n'y a plus de hasard ; or le hasard existe : par conséquent, il n'y a pas de prévision d'événements fortuits.

Cicéron, De la divination, Ier siècle avant J.-C.

 

 

Contexte

La connaissance de l'auteur n'était pas nécessaire. En particulier pour Cicéron et ce texte, cela ne vous aura pas handicapé. Ce traité latin a été écrit en 44 avant Jésus-Christ. Cicéron avait alors une cinquantaine d'années, ce qui correspond à la période de la fin de sa vie, ce qui est intéressant car sa philosophie a quelque peu évolué entre sa jeunesse et cette période. Il écrit ce traité alors que son influence d'homme politique s'affaiblit, notamment après la bataille de Pharsale en -48, qui se conclut par la défaite de Pompée, pour qui Cicéron avait pris parti, contre César.

 

Problématique

La problématique n'est pas clairement énoncée dans ce texte. Il faut la faire émerger. Elle est cependant éclairée par les questions que se posent Cicéron dans cet extrait. Il s'agit de comprendre qu'est-ce qui est prévisible, et de saisir ainsi l'articulation entre le hasard et le prévu, ce qui était destiné.

 

Plan

Vous pouviez suivre le texte phrases par phrases, ou comme le texte était relativement court, faire un commentaire de texte par coupe transversale, c'est-à-dire en le prenant en bloc dans chaque partie de votre commentaire.

 

Comprendre le texte

Reprenons le texte pour faire émerger les idées principales dans ce texte :

 

Comment peut-on prévoir un événement dépourvu de toute cause ou de tout indice qui explique qu'il se produira ?

Pour Cicéron, il n'est pas possible de prévoir un évènement qui n'a pas de cause ni d'indice.

 

Les éclipses du soleil et de la lune sont annoncées avec beaucoup d'années d'anticipation par ceux qui étudient à l'aide de calculs les mouvements des astres. De fait, ils annoncent ce que la loi naturelle réalisera. Du mouvement invariable de la lune, ils déduisent à quel moment la lune, à l'opposé du soleil, entre dans l'ombre de la terre, qui est un cône de ténèbres, de telle sorte qu'elle s'obscurcit nécessairement. Ils savent aussi quand la même lune en passant sous le soleil et en s'intercalant entre lui et la terre, cache la lumière du soleil à nos yeux, et dans quel signe chaque planète se trouvera à tout moment, quels seront le lever ou le coucher journaliers des différentes constellations. Tu vois quels sont les raisonnements effectués par ceux qui prédisent ces événements.

Cicéron prend l'exemple de l'astronomie pour montrer comment un raisonnement a pu conduire à trouver de nouvelles vérités. Mais surtout, ce sur quoi Cicéron insiste, c'est que ce raisonnement est visible, clair, et peut être reproduit. Il y a de vraies raisons, un vrai raisonnement qui ont permis d'établir des conclusions sur l'avenir, de prévoir.



Ceux qui prédisent la découverte d'un trésor ou l'arrivée d'un héritage, sur quel indice se fondent-ils ?

Ici, Cicéron pose la question du sérieux des prédictions qui ne se basent pas sur une réflexion claire, qui ne se basent pas sur des indices, sur des faits visibles. On comprend que sont ici visés les diseurs de bonnes fortune, par le titre de l'extrait "De la divination" et par les exemples pris : découverte d'un trésor et arrivée d'un héritage. Rien ne permet de déterminer à l'avance ces deux évènements, il n'y a pas d'indice. C'est bien l'inverse de l'exemple qu'il avait pris sur l'astronomie.

 

Ou bien, dans quelle loi naturelle se trouve-t-il que cela arrivera ? Et si ces faits et ceux du même genre sont soumis à pareille nécessité, quel est l'événement dont il faudra admettre qu'il arrive par accident ou par pur hasard ?

Cicéron fait l'hypothèse que ce qui permet une prédiction ne réside dans les indices, mais qu'il y aurait une loi naturelle, c'est-à-dire un enchaînement inhérent aux forces de la nature, qui dépasse l'homme et qui fait se mouvoir le monde, qui préside à tel ou tel évènement. Même dans ce cas-là, il faudrait arriver à déterminer ce qui relève de cette loi naturelle, ce qui était destiné, et ce qui arrive par hasard. "Par accident", le terme est employé en un sens proche de hasard, c'est un évènement qui était imprévisible, qui arrive de manière fortuite.

 

En effet, rien n'est à ce point contraire à la régularité rationnelle que le hasard, au point que même un dieu ne possède pas à mes yeux le privilège de savoir ce qui se produira par hasard ou par accident. Car s'il le sait, l'événement arrivera certainement ; mais s'il se produit certainement, il n'y a plus de hasard ; or le hasard existe : par conséquent, il n'y a pas de prévision d'événements fortuits.

Un mot qui aura pu déranger certains d'entre vous : fortuit signifie qui se produit par hasard, de manière imprévue. Si bien que la phrase "il n'y a pas de prévision d'événements fortuits" ressemble à un pléonasme, dans le bon sens du terme.

"régularité rationnelle" -> ce qui est prévisible (exemple des éclipses)
"hasard" -> ce qui est imprévisible, ce qui arrive par accident

Le raisonnement suivi ici est un raisonnement par l'absurde : "si A, alors C n'existe pas ; or il y au moins un cas pour lequel C existe, il faut donc conclure que A n'existe pas."

On remarque pourtant que Cicéron ne justifie pas ici son affirmation "or le hasard existe", et considère cette prémice comme une évidence. Il faut aussi noter la mention que Cicéron fait d' "un dieu", qui interdit de conclure dans cet extrait à un discours qui serait scientiste, ou positiviste, c'est-à-dire où seule la science expliquerait tout.

 

 

-> Sujets en philosophie du bac 2015

 

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : sujet, corrigé, Cicéron, De la divination, bac, 2015, corrigés, philosophie, philo, commentaire de texte, correction - 6 commentaires


page 1 sur 3 suivante »