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La meilleure législation au monde ? La devise française ! - Rousseau

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 07 septembre 2016

La meilleure législation au monde est celle qui garantit la devise de la République française !

En tout cas, une partie de la devise : Liberté, Égalité, Fraternité. La fraternité est sans aucun doute importante pour Rousseau, mais il insiste davantage sur les deux premiers mots : liberté et égalité.

Bien sûr, il est anachronique d'associer Jean-Jacques Rousseau, qui vécut de 1712 à 1778, avec la formule employée pour la première fois par Maximilien Robespierre en décembre 1790 : "Liberté, égalité, fraternité". Et il n'est nul besoin d'ajouter que vous ne comettrez pas cet impair dans vos copies.

Toutefois, pour des considérations purement pédagogiques, nous espérons qu'il s'agit là d'un excellent moyen pour graver à jamais dans vos esprits : les deux principaux buts, les deux principales visées de la meilleure législation possible : LIBERTÉ et ÉGALITÉ.

Du moins c'est ce qu'affirme Jean-Jacques Rousseau dans le Contrat social, texte dans lequel il cherche à définir les principes des systèmes politiques.

=> Ebook gratuit Du Contrat social ou Principes du droit politique - Jean-Jacques Rousseau

 

>> Égalité ?

 

Attention toutefois à ne pas méprendre ce que Rousseau entend par égalité. Il ne faut pas se représenter l'égalité comme un ensemble de personnes qui partageraient exactement la même somme d'argent, le même patrimoine, les mêmes pouvoirs, les mêmes grades. Au contraire, les citoyens peuvent avoir des degrés de puissance, de pouvoirs, et de richesses différents, mais :

  1. les citoyens sont égaux devant la loi et en fonction de leur rang
  2. les citoyens ne doivent pas être si pauvres qu'ils devraient se vendre, ni si riches qu'ils pourraient acheter les autres

 

Si l'on recherche en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous, qui doit être la fin de tout système de législation, on trouvera qu'il se réduit à deux objets principaux, la liberté et l'égalité : la liberté, parce que toute dépendance particulière est autant de force ôtée au corps de l'état ; l'égalité, parce que la liberté ne peut subsister sans elle.
J'ai déjà dit ce que c'est que la liberté civile : à l'égard de l'égalité, il ne faut pas entendre par ce mot que les degrés de puissance et de richesse soient absolument les mêmes ; mais que, quant à la puissance, elle soit au-dessus de toute violence, et ne s'exerce jamais qu'en vertu du rang et des lois ; et, quant à la richesse, que nul citoyen ne soit assez opulent pour en pouvoir acheter un, autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre : ce qui suppose, du côté des grands, modération de biens et de crédit, et, du côté des petits, modération d'avarice et de convoitise.
Cette égalité, disent-ils, est une chimère de spéculation qui ne peut exister dans la pratique. Mais si l'abus est inévitable, s'ensuit-il qu'il ne faille pas au moins le régler ? C'est précisément parce que la force des choses tend toujours à détruire l'égalité, que la force de la législation doit toujours tendre à la maintenir.

Du Contrat social ou Principes du droit politique - Chapitre 11. – Des divers systèmes de législation. - Jean-Jacques Rousseau

 

>> Liberté ?

 

Dans cet extrait, Rousseau mentionne très brièvement ce qu'il entend pour liberté, et uniquement pour renvoyer le lecteur à ses autres écrits : "J'ai déjà dit ce que c'est que la liberté civile".

Il faut dire que Rousseau s'est déjà étendu longuement sur la liberté dans tout le livre précédent du Contrat social. Ainsi, pour comprendre ce que Rousseau entend par liberté, il est impératif de reprendre l'ensemble du Premier livre du Contrat social.

Vous pouvez soit lire le résumé que nous avons fait pour vous : Résumé du 1er livre du Contrat social de Rousseau, soit lire l'intégralité du Livre Premier si vous avez davantage de temps.

 

+ d'articles sur Jean-Jacques Rousseau :

  1.  3 sortes d'éducation, but et origines - Jean-Jacques Rousseau
  2.  Résumé du 1er livre du Contrat social de Rousseau
  3.  La Famille, la plus ancienne des sociétés - Rousseau
  4.  Un état de nature chez Rousseau ?
  5.  La plus utile et importante règle pour élever un enfant - Jean-Jacques Rousseau
  6.  Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais de démocratie ! - Jean-Jacques Rousseau

 

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Résumé du 1er livre du Contrat social de Rousseau

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 22 novembre 2014



Dans le Livre I du Contrat social, Rousseau commence par définir son projet. Il s’agit de trouver une règle d’administration qui soit légitime et sûre.

Prévenant les critiques qui interrogeraient la légitimité de sa démarche, Rousseau répond que c’est en sa qualité de citoyen qu’il a le droit de s’intéresser à la Politique.

 

=> Lire en intégralité le Contrat Social, Livre Premier - Rousseau (Gratuit)


>> Résumé Chapitre I - Sujet de ce premier Livre, Du Contrat social, Rousseau

 

Rousseau s’étonne :


L’homme est né libre, et partout il est dans les fers.


Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre premier. – Sujet de ce premier Livre.



C’est ce constat paradoxal qui pousse Rousseau à expliquer comment l’homme, alors qu’il est né libre et sans entrave, a pu s’enchaîner au cours de sa vie, de manière systématique.
 

>> Résumé Chapitre II - Des premières Sociétés, Du Contrat social, Rousseau



Rousseau voit dans la famille « la plus ancienne de toutes les sociétés et la seule naturelle ». Ce chapitre est notamment l’occasion pour Rousseau, comme il le fera plusieurs fois par la suite, de critiquer les thèses des auteurs qui le précèdent, comme Grotius, Hobbes, ou encore Aristote.
 

>> Résumé Chapitre III - Du droit du plus fort, Du Contrat social, Rousseau


 

Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir.

Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre 3. – Du droit du plus fort.



Pour subsister, la force doit se convertir en droit, et l’obéissance en devoir. Rousseau tâche de comprendre dans ce chapitre ce qu’il faut comprendre par l’expression « droit du plus fort ». Sa conclusion est que l’on est obligé d’obéir uniquement aux aux puissances légitimes.

 

>> Résumé Chapitre IV - De l’esclavage, Du Contrat social, Rousseau



D’une double constatation :

  1. Aucun homme n’a d’autorité naturelle sur un autre
  2. La force ne produit aucun droit

Rousseau en tire le principe que seule la convention peut constituer une autorité légitime.

Personne ne s’aliène, ne se fait esclave, volontairement, ce serait s’opposer au bon sens. Ou alors seuls les fous le font, mais en ce cas ils ne sont pas esclaves dans le droit, car « la folie ne fait pas droit ».
 

>> Résumé Chapitre V - Qu’il faut toujours remonter à une première convention, Du Contrat social, Rousseau



Avant de savoir comment sont institués les rois, il s’agit de comprendre « l’acte par lequel un peuple est un peuple ». C’est en l’occurrence par la convention.
 

>> Résumé Chapitre VI - Du pacte Social, Du Contrat social, Rousseau



Il s’agit ici du chapitre clé du Contrat social. Rousseau y explique vraiment comment se forme le pacte social, et ce qu’il est. Le problème à résoudre est le suivant, des mots de Rousseau :
 

Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant.» Tel est le problème fondamental dont le contrat social donne la solution.


Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre 6. – Du pacte social.



La solution se trouve donc dans le contrat social, qui nécessite le concours de plusieurs. C’est « l’aliénation totale de chaque associé avec tous ses droits à toute la communauté ».

Pour autant, ce n’est pas qu’un acte de soumission, chaque associé en sort gagnant :
 

Enfin chacun se donnant à tous ne se donne à personne, et comme il n'y a pas un associé sur lequel on n'acquière le même droit qu'on lui cède sur soi, on gagne l'équivalent de tout ce qu'on perd, et plus de force pour conserver ce qu'on a.


Rousseau, Du Contrat social, Livre I, Chapitre 6. – Du pacte social.


Ce que l’on appelait autrefois la Cité devient désormais la République, ou corps politique.

Ce corps politique est désigné de trois manières différentes, selon qu’il est :

  • passif : Etat
  • actif : Souverain
  • comparable à ses semblables : Puissance


 

>> Résumé Chapitre VII - Du souverain, Du Contrat social, Rousseau



Le Souverain, donc le corps politique en tant qu’il est actif, ne peut violer l’acte du contrat qui l’a institué.

De plus, attaquer une partie du corps politique, c’est attaquer le corps politique dans son ensemble, et réciproquement.

Enfin, quand les intérêts personnels divergent de l’intérêt commun, alors on est en droit de contraindre celui qui s’y oppose : « ce qui ne signifie autre chose sinon qu’on le forcera d’être libre ».
 

>> Résumé Chapitre VIII - De l’état civil, Du Contrat social, Rousseau



Le passage de l’état de nature à l’état civil entraîne plusieurs changements :

  • L’instinct est remplacé par la justice
  • Les actions dénuées de moralité ont désormais une moralité.
  • L’homme écoute sa raison plutôt que ses penchants.


Rousseau parle de cet « instant heureux » qui « d’un animal stupide et borné, fit un être intelligent et un homme. »

Deux types de liberté sont alors distingués :

  1. La liberté naturelle, qui n’a pour bornes que les forces de l’individu.
  2. La liberté civile, qui a pour limites la volonté générale.


Il faut aussi établir une autre distinction entre la possession, faite par la force, et la propriété, qui est elle légitime et réglée par le droit.
 

>> Résumé Chapitre IX - Du domaine réel, Du Contrat social, Rousseau



Dans le cas d’un nouveau terrain, il existe un droit du premier occupant, qui répond en général à trois conditions :

  1. Le terrain n’est habité par personne.
  2. Celui qui le revendique ne prend que la quantité qui lui est nécessaire.
  3. Il doit en être pris possession par le travail et la culture, qui sont des signes de propriété



Rousseau conclut le Livre I du Contrat social en soulignant que l’égalité naturelle des hommes n’a pas été détruite ; mais elle a été remplacée par une autre égalité, qui est une égalité morale et légitime.

Tandis que la nature pouvait donner à voir des inégalités « en force ou en génie », le contrat social établit une égalité par « convention et de droit ».

 

En lien avec la Démocratie :

-> Critiques et défauts de la démocratie

 

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Classé dans : Culture Générale - Mots clés : Rousseau, contrat social, IEP, Sciences Po, philosophie politique, résumé, premier, livre, chapitre, explication, éclairage, analyse, commentaire, Jean-Jacques, Contrat, Pacte social, Etat, République, Cité, Souverain - 4 commentaires


La Famille, la plus ancienne des sociétés - Rousseau

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 08 novembre 2014

Jean-Jacques Rousseau dans le Contrat social fait de la famille la plus ancienne de toutes les sociétés, et la seule naturelle. Juste après avoir expliqué le projet de son ouvrage, Du Contrat social, Rousseau prend parti d'expliquer immédiatement ce qu'est la famille. La famille est donc le premier temps dans l'explication que fait Rousseau de tout système politique, et de toute société. Autant dire que la famille revêt une importance particulière dans la réflexion de Rousseau.

Les enfants restent liés au père, tant qu'ils sont dans le besoin. Rousseau compare alors en gardant sa prudence le père avec le chef, les enfants avec le peuple. Toutefois, la relation entre le père et les enfants n'est pas celle de l'Etat, la différence résidant dans l'amour que se portent mutuellement le père et les enfants, tandis que le chef n'éprouve pas le même amour pour son peuple, plutôt attiré par le pouvoir que lui procure simplement le commandement.

 

 

La plus ancienne de toutes les sociétés, et la seule naturelle, est celle de la famille : encore les enfants ne restent-ils liés au père qu’aussi longtemps qu’ils ont besoin de lui pour se conserver. Sitôt que ce besoin cesse, le lien naturel se dissout. Les enfants, exempts de l’obéissance qu’ils devaient au père ; le père, exempt des soins qu’il devait aux enfants, rentrent tous également dans l’indépendance. S’ils continuent de rester unis, ce n’est plus naturellement, c’est volontairement ; et la famille elle-même ne se maintient que par convention.

Cette liberté commune est une conséquence de la nature de l’homme. Sa première loi est de veiller à sa propre conservation, ses premiers soins sont ceux qu’il se doit à lui-même ; et sitôt qu’il est en âge de raison, lui seul étant juge des moyens propres à le conserver, devient par là son propre maître.

La famille est donc, si l’on veut, le premier modèle des sociétés politiques : le chef est l’image du père, le peuple est l’image des enfants ; et tous, étant nés égaux et libres, n’aliènent leur liberté que pour leur utilité. Toute la différence est que, dans la famille, l’amour du père pour ses enfants le paye des soins qu’il leur rend ; et que, dans l’État, le plaisir de commander supplée à cet amour que le chef n’a pas pour ses peuples.

Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, Livre I, Chapitre II

 

 

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