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50 citations qui ont marqué l'histoire du XXe siècle pour vos copies

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 02 novembre 2016

Citations historiques pour alimenter vos copies d'histoire, ou en histoire géographie, pour le BAC ou pour Sciences Po.

Toutes ces citations peuvent être intégrées dans vos dissertations, mais aussi en accroche, en histoire ou en culture générale. Elles concernent majoritairement le programme de terminale et le programme d'histoire à Sciences Po.

-> Toutes les citations (dont Inégalités, Justice, Mondialisation, Gandhi, Nelson Mandela, Margaret Thatcher etc.)

 

>> Citations historiques qui ont marqué le XXe siècle

 

« Jamais depuis quarante ans l’Europe n’a été dans une situa­tion plus mena­çante et plus tra­gi­que que celle où nous sommes à l’heure où j’ai la res­pon­sa­bi­lité de vous adres­ser la parole. »

Citation de Jean Jaurès, Discours prononcé à Lyon-Vaise, le 25 juillet 1914

 

« Notre tâche immédiate est non pas d'« introduire » le socialisme, mais uniquement de passer tout de suite au contrôle de la production sociale et de la répartition des produits par les Soviets des députés ouvriers. »

Citation de Lénine, Texte paru dans le n° 26 de Pravda, 7 avril 1917

 

« Messieurs, cette victoire, qu'il nous soit permis, à cette heure, de la vivre, par avance, dans la communion de nos coeurs à mesure que nous y puisons plus et plus d'un désintéressement inépuisable qui doit s'achever dans le sublime essor de l'âme française au plus haut de ses plus hauts espoirs. »

Citation de Georges Clémenceau, Déclaration ministérielle de Clémenceau à la Chambre des députés, le 20 novembre 1917

 

« Ce que nous voulons, c'est que le monde devienne un lieu sûr où tous puissent vivre, un lieu possible spécialement pour toute nation éprise de la paix, comme la notre. »

Citation de Président Wilson, 14 points du Président Wilson, le 8 janvier 1918

 

« Je déclare ici, devant cette assemblée et devant le peuple italien tout entier, que j'assume seul, la responsabilité politique, morale, historique de ce qui s'est passé »

Citation de Benito Mussolini, Discours prononcé devant la Chambre, le 3 janvier 1925

 

« En échange de la confiance déposée en moi, je rendrai le courage et le dévouement qui conviennent à l'heure présente. »

Citation de Franklin Roosevelt, Discours d’investiture, 4 mars 1933

 

« Vive la République du peuple ! Les fascistes ne passeront pas ! Ils ne passeront pas ! » ("No pasaran")

Citation de Dolores Ibârruri La Pasionaria, appel lancé depuis le ministère de l’Intérieur, à Madrid, le 19 juillet 1936

 

« Ma fidélité, elle, ne faillira pas davantage : fidélité aux engagements pris envers mon Parti, fidélité aux engagements pris envers la majorité électorale »

Citation de Léon Blum, Discours prononcé à la fête commémorative de la République, le 6 septembre 1936

 

« Camarades ! C'est l'intérêt de l'URSS, de la Patrie des Travailleurs, que la guerre éclate entre le Reich et le bloc capitaliste franco-anglais. »

Citation de Joseph Staline, Discours au plenum du Politburo du Comité central du Parti communiste panrusse bolchévique, le 19 août 1939

 

« A l'appel de M. le président de la République, j'assume à partir d'aujourd'hui la direction du gouvernement de la France »

Citation de Philippe Pétain, Discours radiodiffusé du 17 juin 1940

 

« L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la patrie commandent à tous les Français libres de continuer le combat là où ils seront et comme ils pourront. »

Citation de Charles de Gaulle, Message radiodiffusé du 22 juin 1940

 

« Une collaboration a été envisagée entre nos deux pays. J’en ai accepté le principe. »

Citation de Philippe Pétain, Discours radiodiffusé du 30 octobre 1940

 

« La guerre nous ayant été imposée, notre pays est entré dans un combat a mort avec son pire et perfide ennemi, le fascisme allemand. Nos troupes se battent héroïquement contre un ennemi abondamment pourvu de chars et d’aviation. »

Citation de Joseph Staline, Discours radiodiffusé du 3 juillet 1941

 

« L’inquiétude gagne les esprits, le doute s’empare des âmes. L’autorité de mon gouvernement est discutée »

Citation de Philippe Pétain, Discours prononcé à Vichy, le 12 août 1941

 

« Je suis donc également convaincu qu'il n'y a réellement aucune entente à espérer avec ces gens-là. Ce sont des fous délirants »

Citation de Adolf Hitler, Discours prononcé à Berlin pour l’ouverture du Secours d’hiver de guerre, le 3 octobre 1941

 

« Hier, 7 décembre 1941 - date qui restera marquée d’une honte éternelle - les Etats-Unis d’Amérique ont été l’objet d’une attaque soudaine et préméditée de la part des forces aériennes et navales de l’Empire du Japon. »

Citation de Franklin Roosevelt, Discours prononcé devant le Congrès des États-Unis, le 8 décembre 1941

 

« Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! »

Citation de Charles de Gaulle, Discours prononcé sur le perron de l’Hôtel de Ville de Paris, le 25 août 1944

 

« Il y a seize heures, un avion américain a lancé une bombe sur Hiroshima »

Citation de Harry Truman, Message radiodiffusé du 7 août 1945

 

« c'est en conformité avec les décrets du temps et du sort que nous avons résolu d'ouvrir la voie à une ère de paix grandiose » (discours de capitulation du Japon)

Citation de Empereur Hirohito, Discours radiodiffusé du 15 août 1945

 

« De Stettin dans la Baltique jusqu'à Trieste dans l'Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent. »

Citation de Winston Churchill, Discours prononcé à Fulton, le 5 mars 1946

 

« Voilà pourquoi, une fois assuré le salut de l'État, dans la victoire remportée et l'unité nationale maintenue, la tâche par-dessus tout urgente et essentielle était l'établissement des nouvelles institutions françaises. »

Citation de Charles de Gaulle, Discours prononcé à Bayeux, le 16 juin 1946

 

« Un pareil compromis ne nous paraît pas être un cadre qui soit digne de la République. »

Citation de Charles de Gaulle, Discours prononcé à Épinal, le 29 septembre 1946

 

« (nous) proclamons la fondation de l'État juif dans le pays d'Israël, qui portera le nom d'État d’Israël »

Citation de David Ben Gourion, Proclamation de l’État d’Israël, le 14 mai 1948

 

« L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait. »

Citation de Robert Schuman, Déclaration du 9 mai 1950

 

« Une Europe fédérée est indispensable à la sécurité et à la paix du monde libre. »

Citation de Jean Monnet, Discours prononcé devant le National Press Club, à Washington, le 30 avril 1952

 

« Mes amis, au secours ! »

Citation de Abbé Pierre, Appel radiodiffusé du 1er février 1954

 

« Camarades, nous devons abolir le culte de l'individu d'une manière décisive une fois pour toutes. »

Citation de Nikita Khrouchtchev, Rapport secret de Nikita Khrouchtchev présenté au XXe Congrès du Parti communiste de l’Union soviétique, le 25 février 1956

 

« Notre État est un État de dictature démocratique du peuple »

Citation de Mao Zedong, Discours à la 11e session de la Conférence suprême d’État, le 27 février 1957

 

« Je vous ai compris ! Je sais ce qui s'est passé ici. Je vois ce que vous avez voulu faire. Je vois que la route que vous avez ouverte en Algérie, c'est celle de la rénovation et de la fraternité. »

Citation de Charles de Gaulle, Discours prononcé à Alger, le 4 juin 1958

 

« Ne demandez pas à votre pays ce qu'il peut faire pour vous, mais plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays »

Citation de John Kennedy, Discours d’investiture du 20 janvier 1961

 

« Au nom de la France, j'ordonne que tous les moyens, je dis tous les moyens, soient employés pour barrer partout la route à ces hommes-là, en attendant de les réduire. »

Citation de Charles de Gaulle, Intervention télévisée et radiodiffusée du 23 avril 1961

 

« Je fais appel à M. Khrouchtchev afin qu'il mette fin à cette menace clandestine, irresponsable et provocatrice à la paix du monde et au maintien de relations stables entre nos deux nations. »

Citation de John Kennedy, Intervention télévisée et radiodiffusée 22 octobre 1962

 

« Tous les hommes libres, où qu’ils vivent, sont citoyens de cette ville de Berlin-Ouest, et pour cette raison, en ma qualité d’homme libre, je dis "Ich bin ein Berliner" »

Citation de John Kennedy, Discours prononcé à Berlin-Ouest, le 26 juin 1963

 

« Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : “ Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux ” » ("I have a dream")

Citation de Martin Luther King, Discours prononcé à Washington, le 28 août 1963

 

« Puissent les commémorations des deux guerres s'achever aujourd'hui par la résurrection du peuple d'ombre que cet homme anima, qu'il symbolise, et qu'il fait entrer ici comme une humble garde solennelle autour de son corps de mort. » (transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon)

André Malraux, Discours prononcé devant le Panthéon, à Paris, le 19 décembre 1964

 

« Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec libre ! Vive le Canada français, et vive la France ! »

Citation de Charles de Gaulle, Discours prononcé à Montréal, le 24 juillet 1967

 

« Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. J'ai un mandat du peuple, je le remplirai. »

Citation de Charles de Gaulle, Discours radiodiffusé du 30 mai 1968

 

« nous allons d'abord rassembler - c'est fait -, unifier - je le crois - au delà de nos personnes et de nos groupes et de nos tendances tous les courants du Socialisme »

Citation de François Mitterrand, Discours prononcé au Congrès d’Épinay le 13 juin 1971

 

« c'est aussi avec la plus grande conviction que je défendrai un projet longuement réfléchi et délibéré par l'ensemble du Gouvernement »

Citation de Simone Veil, Discours à l’Assemblée nationale, le 26 novembre 1974

 

« Il y a de la terre arabe qu'Israël a occupée et qu'il continue à occuper par la force des armes. Nous insistons sur un retrait complet de ce territoire arabe, y compris Jérusalem arabe. »

Citation de Anouar El-Sadate, Discours prononcé à Jérusalem devant la Knesset, le 20 novembre 1977

 

« C’est pourquoi nous disons NON. NON à la politique de la supranationalité. NON à l’asservissement économique. NON à l’effacement international de la France. »

Citation de Jacques Chirac, Appel de Cochin, Discours communiqué depuis l’hôpital de Cochin, le 6 décembre 1978

 

« j'ai l'honneur au nom du Gouvernement de la République, de demander à l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort en France »

Citation de Robert Badinter, Discours prononcé devant l’Assemblée nationale, le 17 septembre 1981

 

« A tous, la France dit : Courage, la liberté vaincra. Et si elle le dit depuis la capitale du Mexique, c'est qu'ici ces mots possèdent tout leur sens. »

Citation de François Mitterrand, Discours prononcé à Cancun, le 20 octobre 1981

 

« Les Églises, les Communautés ecclésiales et les Religions du monde montrent qu’elles désirent profondément le bien de l’humanité. »

Citation de Jean-Paul II, Assise, basilique Saint-François, le 27 octobre 1986

 

« La Négritude résulte d’une attitude active et offensive de l’esprit. Elle est sursaut, et sursaut de dignité. »

Citation de Aimé Césaire, Contribution sur la Négritude à l’occasion de la première Conférence des peuples noirs de la diaspora, à Miami, le 26 février 1987

 

« L'appui international, courageux et bienvenu, à la reconnaissance de l'Etat Palestine est la preuve éclatante de la justesse de la voie que nous avons choisie »

Citation de Yasser Arafat, Discours prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies, à Genève, le 13 décembre 1988

 

« le privilège que vous, citoyens d'Afrique du Sud, nous avez conféré, en tant que premier président d'un gouvernement uni, démocratique, non-racial et non-sexiste, de conduire notre pays hors de la vallée des ténèbres. »

Citation de Nelson Mandela, Discours prononcé à Pretoria, le 10 mai 1994

 

« Pour le moment, il faut renforcer la voie des inspections, privilégiée par la résolution 1441 et qui n’a pas été explorée jusqu’au bout. L’usage de la force ne peut constituer en effet qu’un dernier recours. »

Citation de Dominique de Villepin, Discours devant le Conseil de Sécurité des Nations unies, à New York, le 14 février 2003

 

« Nous n’avons pas besoin d’être éperonnés ou stimulés. La Russie a une histoire millénaire, et pratiquement elle a toujours eu le privilège de pratiquer une politique extérieure indépendante. »

Citation de Vladimir Poutine, Discours prononcé à la conférence de Munich sur la sécurité, le 10 février 2007

 

« Oui nous le pouvons. Amérique ! Nous avons tant fait jusqu’à présent. Nous avons vu tant de choses. Mais il y a encore tellement plus à faire. »

Citation de Barack Obama, Discours prononcé à Chicago, le 4 novembre 2008

 

L'histoire est encore à écrire, et les citations ne cesseront d'en témoigner. Ces citations marquent ainsi l'histoire des guerres mondiales, l'histoire de la France Libre, l'histoire de la guerre froide, l'histoire des Etats-Unis, l'histoire de l'URSS, de la Russie, l'histoire des religions, l'histoire de tous les pays du monde.

Ces citations sont parmi les plus célèbres, et vous pouvez les compléter par l'étude approfondie des discours, des paroles, ou des écrits des acteurs de l'histoire. Nous espérons qu'elles vous permettront de vous imprégner de cette histoire, de vous sentir au plus proche de ce passé.

 

Gandhi
« Vous ne devez pas perdre espoir en l’humanité.
L’Humanité est un océan : même si quelques gouttes sont souillées, l’océan ne le devient pas.
»
Gandhi

 

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Classé dans : Histoire - Mots clés : citations, histoire, Sciences Po, géographie, bac, terminale, cours, liste - aucun commentaire


La conscience de l'individu n'est-elle que le reflet de la société à laquelle il appartient ?

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 08 octobre 2016

Ce sujet est notamment tombé à l'épreuve de philosophie du bac 2015. Voir tous les sujets du bac 2015.

 

>> Introduction

 

Accroche

Difficile avec un tel sujet d'engager sur un évènement historique. Il était plus facile de commencer votre réflexion, d'accrocher votre lecteur - en l'occurrence le correcteur - soit par une citation, soit par une œuvre littéraire qui exposerait l'opposition entre individu et société comme nous allons le voir dans les définitions.

 

Définitions

conscience : très difficile à définir, il faudra revenir sur cette notion pendant tout votre développement. Malebranche définit la conscience comme le sentiment intérieur qu'on a d'une chose dont on ne peut former d'idée claire et distincte, et Rousseau comme le sentiment que l'être humain a de ses états et de ses actes

individu : Tout être concret, donné dans l'expérience, possédant une unité de caractères et formant un tout reconnaissable.

reflet : le reflet est une image renvoyée, une représentation. Elle peut aussi s'entendre comme une représentation affaiblie, un degré sur lequel vous pouviez jouer dans le plan.

société : État de vie collective; mode d'existence caractérisé par la vie en groupe

Il ne faut pas arrêter les définitions que nous venons de donner, elles peuvent évoluer. Cependant il est intéressant de ntoer l'opposition qu'il y a entre individu et société, deux termes présents dans le sujet, et qui déjà annoncés dans l'accroche conduisent également vers la problématique.

 

Problématique

Le problème soulevé par le sujet est le suivant : l'individu a-t-il une conscience qui lui est propre, irréductible, ou sa conscience est-elle façonnée par la société, le milieu dans lequel il vit ? En d'autres termes, la conscience de l'individu est-elle poreuse, laissant un passage entre l'environnement et l'individu ? Comment l'individu intègre-t-il son environnement en conscience, façonnant à son tour cet environnement ?

 

Plan

La petite formule "n'est-elle" est caractérisque des sujets qui appellent une réponse dialectique, plan en trois parties. Il y a bien sûr différentes approches, et nous vous proposons un plan classique mais efficace dans le développement ci-dessous.

 

>> Développement

 

I. La société influe sur la conscience des individus

"Ce n'est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience." expliquait Marx

La conscience se détermine par rapport à l'individu, comme le rappelle Freud de manière radicale : "Notre conscience, loin d’être le juge implacable dont parlent les moralistes, est, par ses origines, de «l’angoisse sociale» et rien de plus"

 

II. Mais le noyau de conscience de l'individu demeure irréductible

Descartes pour formuler sa célèbre formule Cogito ergo sum met d'abord le montre entre parenthèses. En faisait cela, il efface la société, il l'exclut. La conscience de l'individu se passe fondamentalement de la société. Voir plus d'explications sur le Discours de la méthode.

La conscience aspire à une paix, loin du tumulte de la société. Elle permet de comprendre ce qu'est le bien et le mal, elle est une "voix céleste". En cela, elle s'éloigne des influences de la société : "La conscience est timide, elle aime la retraite et la paix ; le monde et le bruit l'épouvantent", comme l'écrivait Rousseau dans La Profession de foi du vicaire savoyard, un extrait du livre IV de Émile.

 

III. La conscience de l'individu se construit par rapport à elle-même et par rapport aux rapports à la société qu'elle perçoit

Nietzsche s'oppose à la conception d'une permanence de la conscience. La conscience n'est pas un refuge dans lequel personne ni même la société ne pourrait rentrer : "On croit que c'est là le noyau de l'homme : ce qu'il a de permanent, d'éternel, d'ultime, de plus originel ! On tient la conscience pour une quantité stable donnée ! On nie sa croissance, ses intermittences ! On la conçoit comme « unité de l'organisme » ! Cette surestimation et cette méconnaissance ridicules de la Conscience ont eu pour heureuse conséquence d'éviter son élaboration trop rapide."

Sartre distingue "en soi" et "pour soi", ce qui permet de comprendre que le sujet conscience peut être différent de ce qu'il est, et que l'homme est un projet grâce à sa conscience.

 

Proposez vos plans et vos idées, il n'y a pas qu'une correction possible, surtout en philosophie. N'hésitez pas à commenter ci-dessous !

 

-> Sujets en philosophie du bac 2015

 

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : philosophie, bac, sujet, conscience, individu, reflet, société, appartient, sujet, dissertation, corrigés, correction, 2015, - 2 commentaires


Sujet corrigé - "Les croyances dogmatiques" - Tocqueville, De la démocratie en Amérique

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 07 octobre 2016

Ce sujet est notamment tombé à l'épreuve de philosophie du bac 2015. Voir tous les sujets du bac 2015.

 

Les croyances dogmatiques sont plus ou moins nombreuses, suivant les temps. Elles naissent de différentes manières et peuvent changer de forme et d'objet ; mais on ne saurait faire qu'il n'y ait pas de croyances dogmatiques, c'est-à-dire d'opinions que les hommes reçoivent de confiance et sans les discuter. Si chacun entreprenait lui-même de former toutes ses opinions et de poursuivre isolément la vérité dans des chemins frayés par lui seul, il n'est pas probable qu'un grand nombre d'hommes dût jamais se réunir dans aucune croyance commune.
Or, il est facile de voir qu'il n'y a pas de société qui puisse prospérer sans croyances semblables, ou plutôt n'y en a point qui subsistent ainsi; car, sans idées communes, il n'y a pas d'action commune, et, sans action commune, il existe encore des hommes, mais non un corps social. Pour qu'il y ait société, et, à plus forte raison, pour que cette société prospère, il faut donc que tous les esprits des citoyens soient toujours rassemblés et tenus ensemble par quelques idées principales; et cela ne saurait être, à moins que chacun d'eux ne vienne quelquefois puiser ses opinions à une même source et ne consente à recevoir un certain nombre de croyances toutes faites.
Si je considère maintenant l'homme à part, je trouve que les croyances dogmatiques ne lui sont pas moins indispensables pour vivre seul que pour agir en commun avec ses semblables.

Tocqueville, extrait du livre De la démocratie en Amérique

 

=> LISEZ cet extrait dans son contexte : CHAPITRE II - De la source principale des croyances chez les peuples démocratiques

 

>> Contexte

Alexis de Tocqueville, né en 1805 dans une famille aristocratique de Normandie, fait des études de droit, puis est juge auditeur à Versailles. C'est à regret qu'il assiste au coup d'état du monarque Louis-Philippe. En partie pour s'éloigner de ce régime, il part étudier le système pénitentiaire américain. Il parcourt donc les Etats-Unis pendant 9 mois, qui seront autant de temps consacré, à comprendre le régime démocratique et ses mécanismes, dont il fera un ouvrage : De la démocratie en Amérique, sorti en deux tomes, respectivement en 1835 et 1840.

 

>> Explications pas à pas du texte

 

Les croyances dogmatiques sont plus ou moins nombreuses, suivant les temps. Elles naissent de différentes manières et peuvent changer de forme et d'objet ; mais on ne saurait faire qu'il n'y ait pas de croyances dogmatiques, c'est-à-dire d'opinions que les hommes reçoivent de confiance et sans les discuter.

Tocqueville donne ici sa définition ce qu'est une croyance dogmatique : "opinions que les hommes reçoivent de confiance et sans les discuter.". Ce sont des discours que les hommes tiennent pour acquis sans y réfléchir. Il lui attribue deux caractéristiques essentielles : elles sont polymorphes, c'est-à-dire qu'elle ont différentes formes, qu'elle peuvent changer, se muter ; et deuxième caractéristique, il n'est pas possible de supprimer définitivement ces croyances dogmatiques : il y en aura toujours.

 

Si chacun entreprenait lui-même de former toutes ses opinions et de poursuivre isolément la vérité dans des chemins frayés par lui seul, il n'est pas probable qu'un grand nombre d'hommes dût jamais se réunir dans aucune croyance commune.

Cette réflexion, par laquelle Tocqueville imagine un homme qui s'isolerait pour se faire son propre avis et réfléchir uniquement par lui-même, fait écho à l'œuvre de Descartes, le Discours de la méthode, dans laquelle précisément Descartes cherche par lui-même à trouver une vérité, en s'affranchissant pour un temps des auteurs qu'ils a si longtemps étudiés.


Or, il est facile de voir qu'il n'y a pas de société qui puisse prospérer sans croyances semblables, ou plutôt n'y en a point qui subsistent ainsi; car, sans idées communes, il n'y a pas d'action commune, et, sans action commune, il existe encore des hommes, mais non un corps social.

Le ciment du corps social, pour Tocqueville, est un projet, une idée commune. C'est une croyance commune qui relie les hommes en eux, qui en font un corps social véritablement. Ces idées communes sont donc essentielles pour une société comme Tocqueville va l'expliquer :

 

Pour qu'il y ait société, et, à plus forte raison, pour que cette société prospère, il faut donc que tous les esprits des citoyens soient toujours rassemblés et tenus ensemble par quelques idées principales; et cela ne saurait être, à moins que chacun d'eux ne vienne quelquefois puiser ses opinions à une même source et ne consente à recevoir un certain nombre de croyances toutes faites.

Tcoqueville rend légitime une conception qui pourrait a priori nous choquer : il est bon est nécessaire que les hommes aient des croyances dogmatiques, des idées toutes faites. C'est par ce seul moyen que les hommes sont rassemblés et à même de se former en corps social. Chacun doit donc accepter des idées communes, toutes faites, qu'il n'a pas révisées par son propre jugement exclusif.

 


Si je considère maintenant l'homme à part, je trouve que les croyances dogmatiques ne lui sont pas moins indispensables pour vivre seul que pour agir en commun avec ses semblables.

Tocqueville étend son raisonnement non seulement à l'échelle de la société, mais aussi à l'échelle individuelle, à l'échelle de l'homme. Ces croyances dogmatiques sont nécessairement pour se constituer en corps social, mais également pour vivre soi-même. L'homme est fait d'opinions toutes faites, qui lui sont essentielles pour continuer de vivre.

 

-> Le travail pour les Indiens d'Amérique selon Tocqueville

-> Analyse du lien entre démocratie et étude des sciences - Alexis de Tocqueville

-> Sujets en philosophie du bac 2015

 

-> Culture générale : la Démocratie <-

 

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : démocratie en amérique, tocqueville, extrait, corrigé, bac, 2015, baccalauréat, correction, sujet corrigé, explications, analyse - aucun commentaire


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