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Sujets & Correction Sciences Po Grenoble 2019

 

Sujet corrigé - Une œuvre d'art a-t-elle toujours un sens ?

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 17 juin 2015

Ce sujet est notamment tombé à l'épreuve de philosophie du bac 2015. Voir tous les sujets du bac 2015.

 

>> Introduction

 

Accroche

Vous pouviez introduire votre dissertation par une citation ou par une référence à une œuvre littéraire.

Par exemple, la nouvelle Le Chef-d'œuvre inconnu de Balzac correspondait très bien à cette problématique du sens de l'œuvre. La description qui y est faite de l'œuvre, de ce qu'est l'art, dans le cas de la peinture, est particulièrement fine et adaptée à la question du sens de l'œuvre. Cette problématique se pose avec d'autant plus d'insistance, et prend même une tournure dramatique, lorsque Frenhofer, déçu de la réaction de ses disciples à la vue de son œuvre, met le feu à son atelier et meurt.

 

Définitions

Œuvre d'art : la définition de l'œuvre d'art mériterait une réflexion philosophique à soi-même. C'est ce que vous pouviez d'emblée signaler, et dire que vous alliez développer cette définition tout au long du devoir. Toutefois, il était bon de commencer déjà à comprendre ce qu'on entend par œuvre d'art. Kant la définissait en disant déjà ce qu'elle n'est pas : "le produit ou la conséquence de l'art se distingue en tant qu'œuvre (opus) du produit de la nature en tant qu'effet (effectus)". L'art se distingue en outre de l'artisanat, et de la science.

 

Avoir un sens : Être logique, rationnel, conforme à la raison. Mais vous pouviez jouer aussi sur la polysémie du mot "sens", en expliquant ses différentes acceptations.

 

Toujours : ce petit mot a toute son importance dans le sujet : l'œuvre d'art a-t-elle un sens en toutes circonstances, quoi qu'il arrive ?

 

Problématique

De nombreuses problématiques étaient possibles. Nous avons choisi ici de nous intéresser plus particulièrement au mot "sens".

L'œuvre d'art se caractérise-t-elle nécessairement selon une logique ? N'est-ce pas plutôt le propre de l'œuvre d'art de faire surgir l'irrationnel ? Comment l'œuvre d'art par cette ouverture sur l'insensé peut-elle produire ses propres valeurs qui lui donnent sens ?

 

Plan

Nous allons suivre un plan dialectique, qui est particulièrement adapté pour ce type de sujet, de la forme "a-t-il" / "a-t-elle". Voir développement.

 

 

>> Développement

Vous pouviez choisir bien sûr de nombreuses autres façons d'aborder et de répondre au sujet, il n'y a pas qu'une solution. Donnez en commentaires ci-dessous vos idées, vos plans, vos commentaires.

 

I. L'œuvre d'art fait voir la réalité, il produit de la vérité, et a par conséquent un sens

Aristote dans La Poétique pose la fonction essentielle de la tragédie comme étant celle de la catharsis : l'épuration des passions.

Pour Hegel, l'œuvre d'art est l'expression d'une époque et d'un temps, elle dit quelque chose de la période et du peuple.

Pour Marx, l'œuvre d'art est un prisme à travers lequel on peut voir les intérêts des classes s'exprimer.

 

II. L'œuvre d'art doit être dégagée de tout intérêt, sans nécessairement évacuer complètement le sens

Pour Kant, l'œuvre d'art doit être désintéressée. Le beau est à distinguer de l'utile, de l'agréable, et du vrai : il n'y a pas de connaissance objective.

Dans La Naissance de la tragédie, de Nietzsche, l'art est engagé dans une lutte contre la vérité. Dans Le Crépuscule des idoles : "Lorsque l'on a exclu de l'art le but de moraliser et d'améliorer les hommes, il ne s'ensuit pas encore que l'art doive être absolument sans fin, sans but et dépourvu de sens"

 

 

III. Le sens de l'œuvre d'art réside uniquement dans la relation immatérielle, dégagée de la rationnalité, qu'elle implique

Bergson, pour comprendre comment l'art fait voir directement la réalité, mais à la condition du désintéressement : "L'art n'est sûrement qu'une vision plus directe de la réalité. Mais cette prureté de perception implique une rupture avec la convention utile, un désintéressement inné et spécialemement localisé du sens ou de la conscience, enfin une certaine immatérialité de la vie" écrit-il dans Le Rire.

Merleau-Ponty rappelle la perception brute qui est en jeu dans l'œuvre d'art, la présence au monde qu'elle constitue, dégagée du point de vue rationnel. Dans L'Œil est l'esprit, il explique comment l'œuvre d'art offre au regard la texture imaginaire du réel.

 

 

Donnez vos avis, vos plans, dans les commentaires ci-dessous. Et n'hésitez pas à consulter les autres sujets/corrigés :

-> Sujets en philosophie du bac 2015

 

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : philosophie, bac, sujet, oeuvre d'art, sens, sujet, artistique, dissertation, corrigés, correction, 2015, oeuvre, art - Aucun commentaire


La culture artistique, un phare pour l'homme - Baudelaire

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 25 janvier 2014

Le thème de l'année pour le concours des IEP 2014 est la culture et le travail.

Baudelaire rend hommage dans ce poème à de grands artistes, peintres en particulier. Cette culture artistique est une lumière pour les hommes, ce sont autant de "phares" propres à les guider.

Les phares

Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse,

Oreiller de chair fraîche où l'on ne peut aimer,

Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse,

Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer ;

Léonard de Vinci, miroir profond et sombre,

Où des anges charmants, avec un doux souris

Tout chargé de mystère, apparaissent à l'ombre

Des glaciers et des pins qui ferment leur pays,

Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,

Et d'un grand crucifix décoré seulement,

Où la prière en pleurs s'exhale des ordures,

Et d'un rayon d'hiver traversé brusquement ;

Michel-Ange, lieu vague où l'on voit des Hercules

Se mêler à des Christs, et se lever tout droits

Des fantômes puissants qui dans les crépuscules

Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts ;

Colères de boxeur, impudences de faune,

Toi qui sus ramasser la beauté des goujats,

Grand cœur gonflé d'orgueil, homme débile et jaune,

Puget, mélancolique empereur des forçats,

Watteau, ce carnaval où bien des cœurs illustres,

Comme des papillons, errent en flamboyant,

Décors frais et légers éclairés par des lustres

Qui versent la folie à ce bal tournoyant ;

Goya, cauchemar plein de choses inconnues,

De foetus qu'on fait cuire au milieu des sabbats,

De vieilles au miroir et d'enfants toutes nues,

Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas ;

Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges,

Ombragé par un bois de sapins toujours vert,

Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges

Passent, comme un soupir étouffé de Weber ;

Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,

Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum,

Sont un écho redit par mille labyrinthes ;

C'est pour les cœurs mortels un divin opium !

C'est un cri répété par mille sentinelles,

Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;

C'est un phare allumé sur mille citadelles,

Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !

Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage

Que nous puissions donner de notre dignité

Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge

Et vient mourir au bord de votre éternité !

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

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