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Le secret a besoin d'autrui

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 04 octobre 2018

Le secret implique autrui, c'est-à-dire l'autre personne, parce qu'il met à l'écart quelqu'un des autres.

Ainsi, en 1165, secret avait le sens de « situé à l'écart des lieux fréquentés » dans l'expression lieus segreiz utilisée par Benoît de Ste-Maure.

 

Paradoxalement, c'est aussi par autrui que nous apprenons à démêler le secret de notre propre être.

Aristote dans La Grande Morale (livre qui lui est attribué) : « La connaissance de soi est un plaisir qui n'est pas possible sans la présence de quelqu'un d'autre qui soit notre ami ; l'homme qui se suffit à soi-même aurait donc besoin d'amitié pour apprendre à se connaître soi-même. »

 

C'est révéler davantage encore que le secret implique la notion d'autrui.

 

Hegel rejoint en quelque sorte ce point de vue d'Aristote lorsqu'il explique dans la Phénoménologie de l'esprit (1807) que la conscience de soi n'est possible que lorsqu'il y a une altérité, une autre personne.

 

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Bodin - Différence entre la Ville et la Cité

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 07 mai 2018

Jean Bodin, dans Les six livres de la République (1583), parle de la différence que l'on peut établir entre ville et cité.

C'est l'occasion d'un petit voyage historique sur la signification de la cité, de la ville, du civil, du citoyen.

 

Aristote nous a défini la cité une compagnie de citoyens, qui ont tout ce qui leur fait besoin pour vivre heureusement, ne faisant point de différence entre République et cité ; et même il dit que ce n'est pas cité, si tous les citoyens ne demeurent en même lieu, [ce] qui est une incongruité en matière de République, comme Jules César le montre bien en ses mémoires, disant que toute la cité des Helvétiens avait quatre bourgs, ou quatre cantons. Où il appert que le mot de cité, est un mot de droit, qui ne signifie point un lieu, ni une place, comme le mot de ville, que les Latins appellent, Urbem, ab Urbo, id est aratro, parce qu'on traçait, dit Varron, le circuit et pourpris des villes avec les charrues. Aussi est-il bien certain en termes de droit, que celui qui a transporté hors la ville ce [qu'il] était défendu de tirer hors la cité, l'ayant porté en une autre ville de la même province, n'a point contrevenu à la défense. Les docteurs passent plus outre, car ils disent que celui n'a point contrevenu, qui a transporté en une autre ville sujette à même Prince. Les Hébreux ont gardé la même propriété et différence de ville et de cité, car ils appellent la ville, [en grec] c'est-à-dire la murée : et la cité [en grec]. Et combien qu'ils prennent quelquefois l'un pour l'autre, comme les Grecs bien souvent usent du mot [en grec], et les Latins du mot civitas, pro urbe, oppido, et jure, parce que le général, qui est la cité, comprend le particulier, qui est la ville ; si est-ce qu'ils n'abusent pas du mot [en grec], comme nous voyons que Cicéron a bien gardé la propriété de l'un et de l'autre, car le mot signifie ville proprement, inde Astuti, qui signifie autant comme urbani, parce que les habitants des villes sont plus accorts ordinairement, et plus gracieux que les paysans. Mais le mot de civilis, que nous appelons civil, n'était pas reçu des anciens Latins pro urbano. Et pour montrer que la différence ne gît pas en paroles simplement, il se peut faire que la ville sera bien bâtie et murée. Et, qui plus est, remplie de peuple, et néanmoins ce n'est point cité, s'il n'y a lois et magistrats pour y établir un droit gouvernement, comme nous avons dit au premier chapitre, [mais] c'est une pure anarchie.

Jean Bodin, Les six livres de la République, (1583)

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Aristote - L'amant et l'aimé

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 01 mai 2018

Aristote, dans cet extrait explique la différence entre amant et aimé.

Pourquoi l'amour se fane-t-il ?

Dans quel cas l'amour perdure ?

Est-ce qu'on peut aimer par intérêt et est-ce que ça va durer ?

Aristote répond à ces questions dans cet extrait de l'Ethique à Nicomaque :

 

l’amitié atteint son maximum de durée quand l’avantage que retirent réciproquement les deux parties est le même, par exemple le plaisir, et non seulement cela, mais encore quand sa source est la même comme c’est le cas d’une amitié entre personnes d’esprit, alors qu’il en est tout différemment dans le commerce de l’amant et de l’aimé. Ces derniers, en effet, ne trouvent pas leur plaisir dans les mêmes choses: pour l’un, le plaisir consiste dans la vue de l’aimé, et pour l’autre, dans le fait de recevoir les petits soins de l’amant; et la fleur de la jeunesse venant à se faner, l’amour se fane aussi (à celui qui aime, la vue de l’aimé ne cause pas de plaisir, et à l’être aimé on ne rend plus de Soins); dans beaucoup de cas, en revanche, l’amour persiste quand l’intimité a rendu cher à chacun d’eux le caractère de l’autre, étant tous les deux d’un caractère semblable. Mais ceux dont les relations amoureuses reposent sur une réciprocité non pas même de plaisir mais seulement d’utilité, ressentent aussi une amitié moins vive et moins durable. Et l’amitié basée sur l’utilité disparaît en même temps que le profit: car ces amis-là ne s’aimaient pas l’un l’autre, mais n’aimaient que leur intérêt.

Aristote, Éthique à Nicomaque, Chapitre V

 

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