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Sujets & Correction Sciences Po Grenoble 2019

 

Le travail pour les Indiens d'Amérique selon Tocqueville

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 22 juin 2013

Le travail est un des thèmes des IEP 2014. Il est aussi question d'une certaine culture, la culture des Indiens d'Amérique, et cette vision culturelle peut tout-à-fait faire référence pour un sujet sur la culture des IEP 2014.

 

>> Extrait de De la démocratie en Amérique, de Tocqueville, sur la conception du travail par les Indiens

 

natifs Amérique du Nord
Illustration de 1914
de natifs d'Amérique du Nord
 

« Les hommes qui se sont une fois livrés à la vie oisive et aventureuse des chasseurs sentent un dégoût presque insurmontable pour les travaux constants et réguliers qu’exige la culture. On peut s’en apercevoir au sein même de nos sociétés ; mais cela est bien plus visible encore chez les peuples pour lesquels les habitudes de chasse sont devenues des coutumes nationales.
Indépendamment de cette cause générale, il en est une non moins puissante et qui ne se rencontre que chez les Indiens. Je l’ai déjà indiquée ; je crois devoir y revenir.
Les indigènes de l’Amérique du Nord ne considèrent pas seulement le travail comme un mal, mais comme un déshonneur, et leur orgueil lutte contre la civilisation presque aussi obstinément que leur paresse.
Il n’y a point d’Indien si misérable qui, sous sa hutte d’écorce, n’entretienne une superbe idée de sa valeur individuelle ; il considère les soins de l’industrie comme des occupations avilissantes ; il compare le cultivateur au bœuf qui trace un sillon, et dans chacun de nos arts il n’aperçoit que des travaux d’esclaves. Ce n’est pas qu’il n’ait conçu une très haute idée du pouvoir des blancs et de la grandeur de leur intelligence ; mais, s’il admire le résultat de nos efforts, il méprise les moyens qui nous l’ont fait obtenir, et, tout en subissant notre ascendant, il se croit encore supérieur à nous. La chasse et la guerre lui semblent les seuls soins dignes d’un homme. L’Indien, au fond de la misère de ses bois, nourrit donc les mêmes idées, les mêmes opinions que le noble du moyen âge dans son château fort, et il ne lui manque, pour achever de lui ressembler, que de devenir conquérant. Ainsi, chose singulière ! c’est dans les forêts du nouveau monde, et non parmi les Européens qui peuplent ses rivages, que se retrouvent aujourd’hui les anciens préjugés de l’Europe. »

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Volume 1, Chapitre X, 1835

 

=> Lisez cet extrait dans son contexte : CHAPITRE X - Quelques considérations sur l'état actuel et l'avenir probable des trois races qui habitent le territoire des États-Unis

 

>> Analyse de cet extrait sur la conception du travail par les Indiens

 

 

Dans cet extrait, Tocqueville montre le mépris qu'éprouvent les Indiens pour le travail. Comme conséquence, les Américains renient le droit de propriété aux Indiens sur la terre, car ces Indiens ne travaillent pas la terre.

 

 

Ainsi il montre que les Indiens considèrent le travail comme un mal et un déshonneur. Ce dégoût du travail viendrait de l'orgueil : "une superbe idée de sa valeur individuelle".

Pour eux, cultiver la terre est avilissant : les hommes qui travaillent sont comme un "bœuf qui trace un sillon", c'est-à-dire exploité, comme un esclave.

Pourtant, les Indiens ne manquent pas d'admirer les résultats du travail, ce que le travail permet de produire. Or le résultat a beau être admirable, il n'a été obtenu qu'au prix du travail, et ce travail est méprisé : "s’il admire le résultat de nos efforts, il méprise les moyens qui nous l’ont fait obtenir". Il s'agit donc bien de distinguer le résultat produit par le travail, et le travail lui-même, c'est-à-dire le moyen pour produire ce résultat. Ainsi, la fin ne justifierait pas les moyens en ce qui concerne le travail.

Tocqueville, en concluant que chez les Indiens "se retrouvent aujourd’hui les anciens préjugés de l’Europe" semble justifier l'idée que les mêmes conceptions du travail se retrouvaient chez les Européens, notamment les nobles du Moyen Âge.

 

-> Sujet corrigé - "Les croyances dogmatiques" - Tocqueville, De la démocratie en Amérique

-> Analyse du lien entre démocratie et étude des sciences - Alexis de Tocqueville

 

-> Culture générale : le Travail <-

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : travail, réviser, IEP, 2014, cours, Sciences Po, travail et culture - Aucun commentaire


Faut-il aimer le travail ?

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 19 juin 2013


Comme nous l'a signalé un lecteur de la page facebook d'Intégrer Sciences Po (merci à lui), l'émission de France Culture, Les nouveaux chemins de la connaissance, consacre une semaine à l'épreuve du bac de philo. Un des thèmes abordés aborde la question du travail, thème des IEP 2014.


La question posée est la suivante : faut-il aimer le travail ?


Voici une transcription pour vous lecteurs du blog Intégrer Sciences Po de l'émission, qui n'est pas exhaustive, et qui pourra aisément être complétée par l'écoute du podcast.

- Il faut oublier la réponse qui vient spontanément, car ce n'est pas le bon moyen pour établir un plan de philosophie.
- Documentaire : "j'ai très mal au travail" Témoignages : Le travail, c'est au sens étymologique une torture. Alors est-ce qu'on peut aimer le travail ? Mais le travail permet de nourrir la famille, de s'occuper des enfants, il est vital. Le travail donne un sens à la vie, établit un lien avec les autres qui s'avère fondamental. Ne pas avoir de travail, avoir un travail mal payé : le travail est une servitude volontaire, nous allons tous les jours au travail.
- L'ambivalence du travail : à la fois une source de bonheur et une source de malheur. Caractère ambivalent du travail. Qu'est-ce que le travail ? Le travail doit-il être en lui-même aimable ou pourquoi faudrait-il que l'amour du travail soit l'objet d'une obligation ?
- On s'intéresse là au 1er mot du sujet, car il faut s'interroger sur tous les mots du sujet. La philosophie est une matière scolaire normale : il n'y a pas de mystère, il y a un programme. Dans la dissertation faut-il aimer son travail, il faut définir le travail.
- On trouvera la problématique si en face d'une question, on se pose une deuxième question : pourquoi me pose-t-on cette question ? L'amour peut-il être l'objet d'une obligation ?

Aimer le travail ?
Les Temps modernes - Charlie Chaplin


- 1ère partie : le travail est considéré comme une souffrance.


- Hannah Arendt, Condition de l'homme moderne

"Dire que le travail et l'artisanat étaient méprisés dans l'antiquité parce qu'ils étaient réservés aux esclaves, c'est un préjugé des historiens modernes. Les Anciens faisaient le raisonnement inverse : ils jugeaient qu'il fallait avoir des esclaves à cause de la nature servile de toutes les occupations qui pourvoyaient aux besoins de la vie. C'est même par ces motifs que l'on défendait et justifiait l'institution de l'esclavage. Travailler, c'était l'asservissement à la nécessité, et cet asservissement était inhérent aux conditions de la vie humaine. Les hommes étant soumis aux nécessités de la vie ne pouvaient se libérer qu'en dominant ceux qu'ils soumettaient de force à la nécessité. La dégradation de l'esclave était un coup du sort, un sort pire que la mort, car il provoquait une métamorphose qui changeait l'homme en un être proche des animaux domestiques. C'est pourquoi si le statut de l'esclave se modifiait, par exemple par la manumission, ou si un changement des conditions politiques générales élevait certaines occupations au rang d'affaires publiques, la « nature » de l'esclave changeait automatiquement."


- L'agriculteur produit ce qu'il va consommer. Les Anciens n'avaient pas de mot équivalent au notre : le travail désignait l'activité à laquelle nous sommes absolument contraints pour pouvoir vivre. Donc la consommation, indispensable à vivre, est travail. Le repos est un travail. Le trajet pour aller à son travail relève aussi du travail. Les Anciens appelaient travail essentiellement une activité contrainte. Ne pas travailler pour un Grec, ce n'est pas rien faire pour autant. C'est avoir le temps d'accomplir des activités non contraintes, des activités libres.
- Nous sommes tous contraints à devoir travailler, pour avoir un salaire, pour vivre. Donc en intégrant la conception antique, le travail n'est en soi pas aimable. On peut aimer une activité libre.


- 2e partie : conception moderne du travail.

Locke, Ricardo, Smith. Pour les Modernes, le travail est productif, il est source de valeurs. Le travail permet d'enrichir. Le caractère contraint du travail n'épuise pas la conception du travail : il faut uen réflexion plus approfondie. Par exemple Hegel montre que le travail est une activité proprement humaine, le travail est la réalisation de l'humanité, de la liberté de l'humanité. Car par le travail, l'homme transforme la nature. A travers l'œuvre que l'homme produit, l'homme se reconnaît. C'est le sens de la distinction d'Hannah Arendt entre travail et œuvre.
- Travailler, c'est participer à l'effort collectif de l'humanité. Pour les Modernes, c'est une activité humaine, mais aussi une activité qui humanise. Le travailleur peut acquérir un certain nombre de vertus. Le travail aussi laborieux et stérile qu'il puisse être à son résultat, permet pourtant de se former. Une nouvelle conception, qui fait du travail toutes les activités humaines.


- Karl Marx, Les Manuscrits de 1844
"Or, en quoi consiste la dépossession du travail ? D'abord, dans le fait que le travail est extérieur à l'ouvrier, c'est-à-dire qu'il n'appartient pas à son être ; que, dans son travail, l'ouvrier ne s'affirme pas, mais se nie ; qu'il ne s'y sent pas satisfait, mais malheureux; qu'il n'y déploie pas une libre énergie physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit. C'est pourquoi l'ouvrier n'a le sentiment d'être à soi qu'en dehors du travail; dans le travail, il se sent extérieur à soi-même. Il est lui quand il ne travaille pas et, quand il travaille, il n'est pas lui. Son travail n'est pas volontaire, mais contraint. Travail forcé, il n'est pas la satisfaction d'un besoin, mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail. La nature aliénée du travail apparaît nettement dans le fait que, dès qu'il n'existe pas de contrainte physique ou autre, on fuit le travail comme la peste."


- 3e partie : Marx dit que le travail est une activité sociale. Il faut tenir compte de la division du travail. Il ne faut plus parler du Travail avec un T majuscule, mais il faut savoir de quel travail précis l'on parle. Il faut tenir compte de la division du travail historique et concrète. Marx avec Hengel a découvert le concept de travail aliéné, avec une double aliénation. Le travail aliéné n'est pas aimable. Car l'ouvrier ne se reconnait pas dans la tâche spécifique qu'il accomplit : Les Temps modernes, Charlie Chaplin.
- Qu'est-ce que l'amour ? Descartes dit que l'amour est le plus grand des biens des hommes. Ce n'est pas une source de joie quelconque, c'est la plus grande source des joies de l'existence. Donc le travail serait une activité qui rentrerait en harmonie avec nos sensibilités, nos facultés, source de reconnaissance sociale.


- Conclusion : ça n'a pas de sens de dire que l'on peut aimer le travail si l'on a pas défini le travail. Il faut avoir la possibilité, la liberté de choisir un travail aimable.



-> Révisez avec le best-of des articles sur la notion de travail

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : aimer, travail, philo, sujet, bac, IEP, 2014, Sciences Po, cours - 1 commentaire


Annales de Sciences Po Bordeaux BAC+1

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 08 juin 2013

Les annales de Sciences Po Bordeaux pour le concours à BAC+1.

Les épreuves sont une dissertation de culture générale (3h), une épreuve de langue vivante, et une épreuve à option (histoire, géographie, économie, mathématiques, ou droit).

Les annales en documents pdf sont diponibles sur le site internet de Sciences Po Bordeaux.

Annales de Sciences Po Bordeaux à BAC+1 :


2013 : « Famille je vous hais », André Gide, Les nourritures terrestres, 1897 (corrigés)
2012 : L'Europe est-elle finie ?
2011 : Obéissance et résistance
2010 : Y a-t-il des hommes en trop ?
2009 : « La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert. » André Malraux, 1959
2008 : « La misère est un château fort sans pont-levis » Albert Camus
2007 : La culture est-elle une affaire d'Etat ?
2006 : Le pouvoir de la rue
2005 : Dire non
2004 : « Gouverner c'est contraindre » Georges Pompidou, Le nœud gordien, Paris : Plon, 1974
2003 : Education et répression



André Malraux
La citation « La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert. » d'André Malraux
était le sujet 2009 du concours Sciences Po Bordeaux BAC+1

Classé dans : IEP Bordeaux - Mots clés : annales, Sciences Po, Bordeaux, culture, générale, concours, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 - 3 commentaires


Le travail et la culture pour les IEP 2014 ?

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 07 mai 2013

Un visiteur du site, Sofya, nous informe que les thèmes pour le concours des IEP communs en 2014 seraient sortis : travail et/ou culture.

Il est possible de retrouver cette information sur le site de Directetudiant, et le blog d'Eric Cobast.

Un choix des sujets qui interviendrait donc bien avant l'année dernière (les sujets n'avaient été connus qu'en août-septembre).

Si ces thèmes pour l'hexaconcours des IEP de Provinces se confirment, ce qui devrait être le cas courant juin sur le site cc.iep.fr, les BAC+0 et BAC+1 susceptibles de passer le concours pourront profiter de l'été pour se consacrer à l'étude de ces deux thèmes.

Le blog Intégrer Sciences Po vous suivra bien sûr dans ces objectif, et vous proposera de nombreux articles sur les thèmes du concours.

Bonne nouvelle, vous pouvez dès maintenant appliquer et faire corps avec ces thèmes...

Allez vite, au travail, pour toujours enrichir votre culture ! Car « le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin » - Voltaire, in Candide.

 


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Classé dans : Culture Générale, IEP Régions - Mots clés : Questions, contemporaines, sujets, 2014, thèmes, sciences po, province, IEP, Toulouse, Rennes, Lyon, Aix, Lille - Aucun commentaire


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