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Justice et droit philosophie : La justice du droit

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 15 novembre 2012

Lorsque vous vous présenterez au concours de Sciences Po, voici un sujet qui pourrait facilement tomber : Le droit est-il juste ? En effet, la justice fait le droit, le droit applique la justice.
Voici les pistes pour comprendre comment la justice "justifie" le droit : citations, philo et cours sur le droit naturel et positif

La justice rend le droit légitime : droit naturel, droit positif


Comment savoir ce qui dans le droit est juste ? Qu'est-ce qui fonde le droit, la justice ? Quelle légitimité pour le droit grâce à la justice ?

I. DROIT NATUREL :

    A. Fondements du droit naturel

1. Le droit naturel signifie le droit qui vient de la "nature de l'Homme", le droit inaliénable et sacré de la nature humain, le droit qui existe parce que l'humain est humain. Il s'appuie sur une justice parfaite, la justice propre à la nature humaine.

2. La notion de droit naturel prit son essor à la Renaissance, par le philosophe et juriste Hugo Grotius (De jure belli ac pacis en 1625), puis par Thomas Hobbes, John Locke, Jean-Jacques Rousseau (théoriciens du contrat social).

3. Les fondements du droit naturel (parmi lesquels la liberté, l'égalité, la propriété) sont rappelés dans la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen en 1789, ou encore dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU en 1948.

    B. Contestation du droit naturel

Blaise Pascal1. Pascal écrit que même s'il y a un droit naturel, il est pour l'homme impossible de le définir, il perd donc son intérêt : "Il y a sans doute des lois naturelles, mais cette belle raison corrompue a tout corrompu." Pensées, 1670


Marx 2. Marx critique dans La question juive, en 1844, le droit naturel : il n'existe pas de droit qui serait absolu, inhérent à la nature humaine. Le droit ne s'établit que selon la société, le contexte et l'histoire de cette société.


Proudhon3. Proudhon explique clairement en 1858 dans De la justice dans la Révolution et dans l'Eglise : "La justice est humaine, tout humaine, rien qu'humaine. C'est lui faire tort que de la rapporter, de près ou de loin, directement ou indirectement, à un principe supérieur ou antérieur à l'humanité."



II. DROIT POSITIF


    A. Fondements du droit positif

1. Le droit positif désigne les législations, les règles, en vigueur. Contrairement au droit naturel (qui est ce qui devrait être), le droit positif est ce qui est, en effet, (qu'il soit juste ou injuste).

Hans Kelsen2. Le droit positif (positif = qui est posé, qui se fonde sur les faits), puisqu'il désigne les législations effectives, varie selon les contextes, la société, les régions, et est institué par les hommes.

3. Le droit positif ainsi théorisé prend son essor avec Hans Kelsen (1881-1973), bien que ce dernier conteste en être le représentantdans son ouvrage Théorie pure du droit en 1962.


    B. Contestation du droit positif

Cicéron1. « La loi vraie est la raison juste en accord avec la Nature ; elle est d'application universelle, invariable et éternelle. » La première partie de cette citation de Cicéron dans De Republica (entre 54 et 51 av.JC) postule la légitimité de la loi grâce à la Nature, la seconde partie s'oppose au droit positif quant à son instabilité et sa versatilité : ici la loi doit être la même partout et en tout temps.

Spinoza2. Spinoza rappelle que le droit positif ne peut se passer du droit naturel : « Les poissons sont déterminés, de par leur nature, à nager et les plus gros à manger les petits; en conséquence, les poissons sont maîtres de l'eau et les plus gros mangent les petits, en vertu d'un droit naturel souverain. » dans Traité théologico-politique, 1670.


Leo Strauss3. Leo Strauss prouve logiquement la complémentarité du droit positif et naturel. (Sans retenir la citation, comprendre le raisonnement :)  « Rejeter le droit naturel revient à dire que tout droit est positif, autrement dit que le droit est déterminé exclusivement par les législateurs et les tribunaux des différents pays. Or, il est évident et parfaitement sensé de parler de lois et de décisions injustes. En portant de tels jugements, nous impliquons qu'il y a un étalon du juste et de l'injuste qui est indépendant du droit positif et qui lui est supérieur: un étalon grâce auquel nous sommes capables de juger du droit positif. » Droit naturel et histoire, 1953


Conclusion : droit naturel et droit positif s'opposent tant et si bien que vous aurez remarqué que la partie "Contestation du droit naturel" est presque intégralement un argumentaire pour le droit positif et vice versa. Cependant, droits naturel et positif s'accordent probablement dans une cité juste et idéale.


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Classé dans : IEP Régions, Culture Générale - Mots clés : justice, droit, philosophie, droit naturel, droit positif, définitiondroit de l'homme, philo, citation, cours, dissertation, - 2 commentaires


Justice et droit philosophie : origines du droit et de la justice

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 13 novembre 2012

Justice (thème concours 2012 pour Sciences Po) et droit sont intimement liés. Jus, en latin, signifie le droit. Droit et institutions juridiques ont une même origine.

Origine du droit et de la justice humaine

Justice humaine est entendue au sens des institutions, des personnages et des règles établis par les humains pour rendre la justice.

I. Comment la justice est-elle devenue une institution

    A. La sédentarisation rend le droit nécessaire

1. Lorsque les hommes étaient nomades, la résolution des conflits ne posait pas de problème : les fauteurs de troubles étaient exclus
2. La sédentarisation oblige les hommes à créer des règles, pour éviter les conflits et les contrôler

    B. Le droit rend la justice humaine nécessaire

1. Dans les premiers temps, les juges sont choisis pour appliquer le droit et rendre la justice, parmi les personnages considérés les plus sages, notamment du fait de l'expérience : les personnes âgées, les chefs, les personnalités connues
2. Toujours dans les premiers temps, les Juges, du fait de leur sagesse et de leur importance, deviennent des chefs politiques, notamment en Israël.

II. Les origines du droit selon les penseurs modernes

    A. Machiavel
Nicolas Machiavel
1.L'origine du droit vient des rapports de forces entre les acteurs de la politique. Le tyran pour se faire respecter doit soumettre ses sujets à lui obéir. A cet effet, il impose sa loi, il donne des devoirs à ses sujets.

2. Le droit naît donc dans la contrainte et la soumission.

    B. Rousseau
Machiavel
1.Le droit a été créé pour remédier aux conflits, notamment dus au droit de la propriété.

2. "Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire : ceci est à moi, et trouva des gen assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société." Discours sur l'inégalité en 1755


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Classé dans : IEP Régions, Culture Générale - Mots clés : justice, origines, droit, devoirs, sujets, Rousseau, Platon, Discours sur l'inégalité, thème, concours, iep, 2013, science, culture générale, questions contemporaines - 2 commentaires


L'affaire Mohammed Merah (Culture générale, Actualités et Justice)

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 12 novembre 2012

    L'affaire Merah n'en finit pas de rebondir. Mohammed Merah, responsable de 3 tueries (7 personnes assassinées) au nom d'un islamisme terroriste, se trouve au coeur de l'actualité une fois de plus, par la diffusion de nouvelles révélations.

    1. D'une part, la publication par son frère Mon frère, ce terroriste, d'un ouvrage dénonçant la radicalisation de Mohamed.
    2. D'autre part, la diffusion par M6 d'un enregistrement dans lequel sa soeur déclare, enregistrée à son insu (bien qu'elle ait des doutes) : "Je suis fière, fière, fière [de son frère]", "je pense du bien de Ben Laden", "Les juifs, tous ceux qui sont en train de massacrer les musulmans, je les déteste."

    Décryptage des derniers rebondissements du dossier "Affaire Merah", qui vous sera particulièrement utile pour le thème de la Justice en Culture générale pour Sciences Po.

Mohammed Merah


16 octobre : le Sénat adopte un projet de loi permettant de poursuivre des Français commettant des actes de terrorisme à l'étranger ou partant s'y entraîner au Jihad.


Eclairage :

Le projet de loi est lancé à l'origine par un département ministériel. Le Conseil d'État est consulté, puis le projet est examiné par le Conseil des ministres. Alors, il devient un projet de loi.


17 octobre : le jihadiste Moez Garsallaoui, recruteur pour Al-Qaïda en Europe et mentor présumé du jeune Mohammed Merah, est tué par des tirs de drones dans le nord du Pakistan.


Eclairage :

Djihadiste ou jihadiste : de l'arabe « exercer une force », ou « tâcher ».

Averroès (1126-1198) distingue quatre formes de Jihad :
1. Le Jihād du cœur : lutte intérieure, contre soi, pour le bien et les valeurs musulmanes
2. Le Jihād de la langue : prescrire un bon comportement
3. Le Jihād de la main : écrire, enseigner, le savoir musulman
4. Le Jihād de l'épée : lutte armée contre pour convertir à l'islam

Le Jihād est plus ou moins une obligation selon les musulmans, il est exalté (surtout sous sa 4ème forme) dans les milieux d'islam extrêmiste.
Les journaux assimilent le plus souvent le jihadisme à sa 4e forme, la lutte armée, le terrorisme islamiste.


23 octobre : le rapport sur l'affaire Merah de l'IGPN, la «police des polices», est rendu public par le ministère de l'Intérieur. Il met en exergue «plusieurs défaillances objectives», notamment une mauvaise évaluation par le Renseignement de la dangerosité du tueur au scooter.


Eclairage :

IGPN : L'inspection générale de la police nationale. Son fonctionnement consiste en trois activités :
1. audits et contrôles inopinés des services de police, 2. études de recommandations, 3. contrôle le respect du code de déontologie de la police nationale, et enquête donc sur demande d'autorités administratives et judiciaires
Cette troisième et dernière fonction nous concerne pour l'affaire Merah.


25 octobre : la veuve du caporal Abel Chennouf, tué par Mohamed Merah, décide de porter plainte contre la Direction centrale du renseignement intérieur pour «homicide involontaire».


Eclairage :

La DCRI est un organisme agissant entièrement sous le couvert du "secret défense", chargé de lutter contre toutes les activités portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, notamment venant de l'étranger : terrorisme, armes de destruction massive nucléaires ou biologiques.

31 octobre : L'Express et Libération annoncent que deux policiers toulousains avaient envisagé dès juin 2011 la transmission au parquet du dossier du « tueur au scooter », mais que leurs supérieurs de la direction centrale n'auraient pas réagi à cette alerte.

Eclairage :

Le parquet :  l’ensemble des magistrats du ministère public qui sont chargés de demander l'application de la loi et de l’action pénale au nom des intérêts de la société.
Au tribunal de grande instance (jugeant les affaires importantes), le parquet se compose d'un procureur de la République, de procureurs adjoints, et de substituts.

Le parquet agit donc au nom du pays, pour défendre les intérêts de la France, en l'occurence contre des individus menaçant la sécurité intérieure.


1er novembre : l'avocat des familles des victimes de l'école à Toulouse demande la «création d'une enquête parlementaire sur l'affaire Merah» après de nouvelles révélations sur des dysfonctionnements de la police.


Eclairage :

Une commission d’enquête parlementaire exerce un contrôle de l’action gouvernementale en se renseignant sur la gestion d’un service public (en l'occurence la police), d’une entreprise nationale, ou sur des questions de société.

Classé dans : Actualités - Mots clés : affaire, mohammed, merah, décryptage, décodage, comprendre, expliquée, tribunal, parquet, explication, commission, DCRI - aucun commentaire


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