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IV. Les firmes multinationales

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 30 septembre 2016

 

A. Critères des firmes multinationales

 

Une firme multinationale est une entreprise qui possède au moins une filiale à l’étranger et qui produit hors de son territoire d’origine à l’aide de  ces filiales.


L’Investissement Direct à l'Etranger est un des vecteurs d’action des firmes multinationales dans leurs stratégies internationales.

Il y a IDE lorsqu’une entreprise achète au moins 10 % du capital social d’une entreprise implantée à l’étranger déjà existante ou lorsqu’elle crée à l’étranger une unité de production qui n’existait pas jusqu’alors.


La multinationalisation des firmes a pour conséquence le développement du commerce intra-firme qui est un commerce entre des entreprises qui appartiennent au même groupe mais qui sont localisées dans des pays différents.

Ce commerce est la conséquence de la décomposition internationale des processus productifs (DIPP).

 

B. Mesurer une firme multinationale

 

Le degré de multinationalisation

Le degré de multinationalisation (CNUCED) est la moyenne de 3 ratios :

  1. Actifs à l’étranger/actifs totaux
  2. Ventes à l’étranger/ventes totales
  3. Emploi à l’étranger/emploi total


Pour les 100 premières firmes multinationales le ratio est supérieur à 54 %.

 

Le degré d’internationalisation

Le degré d’internationalisation des filiales est la part des filiales à l’étranger sur les filiales totales de chaque entreprise (degré moyen 69% en 2006).

 

Le degré de dispersion géographique

Degré de dispersion géographique des filiales :
- Nombre de pays dans lequel une entreprise a des filiales par rapport au nombre total de pays d’accueil potentiels
- Degré moyen : 39 pays d’accueil (RD Shell a des filiales dans 96 pays)

En 2006 il y avait 78000 entreprises multinationales  et 780000 filiales étrangères. Un nombre multiplié par 2 en 15 ans et par 10 en 30 ans.


Cela représente les 2/3 du commerce mondial (FMN) dont 1/3 représente le commerce intrabranches.


Les firmes multinationales sont fortement présentes dans 7 secteurs :

  1. automobile
  2. pétrole
  3. équipement électrique et électronique
  4. pharmacie
  5. télécom
  6. électricité-gaz
  7. eau

 

C. Répartition géographique des firmes multinationales


Elles sont aussi particulièrement présentes dans les pays développés : 84 % parmi les 100 premières. Ainsi 72 % des 100 premières firmes multinationales viennent d'un des 5 pays suivants : USA, Royaume-Uni, France, Allemagne ou Japon.

L'émergence des firmes multinationales des pays en voie de développement se traduit par une progression de certaines de ces firmes multinationales : Gazprom, Russie ; Hutchison Whampoa Ltd. Chine, China Mobil.



Les différents déterminants de la localisation internationale des firmes relèvent de la concurrence internationale et logique de compétitivité.


La compétitivité est la capacité pour une entreprise de maintenir ou d’accroître ses parts de marché sur le marché domestique (compétitivité interne) ou sur les marchés extérieurs (compétitivité externe)

Elle peut prendre 2 grandes formes :

  1. La compétitivité prix (produits homogènes variable de différenciation: le prix)
  2. La compétitivité hors prix ou produit (structurelle) qui dépend des caractéristiques du produit,

 

Dans les économies développés, la demande de biens de consommations est de plus en plus individualisée : la qualité, l’image de marque, l’originalité du produit entrent en ligne de compte plus que le prix. La différenciation des produits est devenue une source importante de compétitivité.


La concurrence internationale passe aussi par la recherche de :

  • faibles coûts de production : faibles salaires, faibles charges sociales, faible fiscalité.
  • technologie adaptée.
  • main d’œuvre qualifiée.
  • l’accès au marché : se rapprocher des consommateurs. Contourner les barrières protectionnistes. Profiter des effets d’agglomération.

 

 

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V. Le protectionnisme

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 10 septembre 2016

 

A. Présentation du protectionnisme

 

Le protectionnisme se définit comme l’ensemble des mesures tarifaires ou non visant à protéger les producteurs locaux de la concurrence étrangère.

La mondialisation fait que l’on devrait retrouver, en théorie, de moins en moins de protectionnisme pour pouvoir faire avancer le marché libre.

Cependant, la concurrence n’est en pratique jamais pure et parfaite et il semble que dans certains cas (par exemple dans le cas des entreprises naissantes), un certain protectionnisme soit justifié.

Si les pays développés ont effacé presque toutes leurs barrières douanières (sauf dans certains secteurs sensibles tels que l’agriculture), les pays émergents sont plus enclins à un fort protectionnisme.

Le combat contre le dumping, pratique par laquelle les entreprises étrangères vendent moins cher que les entreprises domestiques, mène à des politiques protectionnistes.

Un indicateur du protectionnisme, l’OTRI, a été créé en calculant les prix intérieurs comparés aux prix extérieurs.

L’agriculture est le secteur le plus protégé, loin devant le textile et l’industrie. Cependant, les niveaux de protection changent avec les accords bilatéraux passés entre les pays et avec la création de grandes zones économiques telles que l’UE.

Chaque année, l’OMC compte de plus en plus de traités bilatéraux entre les pays, ce qui crée une sorte de chaos de l’économie mondiale. Ces accords sont généralement passés pour établir des règles précises de marchandisation des produits et pour les uniformiser.

En effet, les droits de douanes ne sont plus les obstacles majeurs, notamment dans les pays développés. Ils se situent davantage à d’autres niveaux, comme les normes d’hygiène par exemple.

 

B. La pensée économique autour du protectionnisme



On retrouve généralement 2 façons opposées de penser les échanges internationaux :

  1. une vision libérale du marché, qui montre un monde ouvert à tous les échanges
  2. une vision d'un monde seulement régulé par les règles des pays et par les accords bilatéraux.

Ces deux visions se confrontent, notamment sur le fait qu’il ne peut y avoir de libre concurrence sans régulation (pour éviter les monopoles par exemple).


De plus, dans les échanges internationaux, les Etats cherchent toujours à améliorer les avantages comparatifs. Bien que les protections douanières continuent de reculer, on retrouve toujours de nombreux obstacles non tarifaires qui tendent de s’implanter au sein même de certaines zones économiques privilégiées et qui cherchent à maintenir certaines formes d’interventionnisme d’état (politiques anti-dumping, patriotisme économique, etc.).

En France, le mercantilisme est l’idée qu’on va développer une industrie (manufactures) en mettant des barrières douanières pour s’affranchir de l’extérieur. Le colbertisme vise à protéger l’industrie française de l’extérieur (protectionnisme).

Colbert en profite pour protéger les frontières, bâtir des villes fortes, etc. Elan industriel et commercial assez important. Cette période se voit à travers des visages plutôt différents selon les pays.


La pensée libérale se développe par la philosophie et John Locke élabore par exemple la doctrine du droit naturel : les hommes naissent avec des droits naturels, dont la propriété. Il découle de cette idée la liberté de commercer également.


La pensée physiocratique (avec François Quesnay en France) se base sur l’idée que la production va mener à la croissance, et notamment par l’agriculture.

Dans le libéralisme, on retrouve les idées de Locke et Hume : le rôle de l’état est de faire respecter les droits naturels et de ne surtout pas intervenir dans les activités économiques. Les principes du libéralisme, c’est la raison (la religion n’est plus un élément central), la liberté, etc.

Ricardo défend lui les avantages comparatifs : un pays a tout intérêt à tenter de produire ce qu’il produit le mieux.

Les économistes classiques sont souvent appelés les économistes pessimistes car ils pensent que l’économie se tourne toujours vers un état stationnaire : d’après eux, il y aura toujours une baisse de profits à un moment ou à un autre. Le système irait à sa fin car il y aurait de moins en moins de croissance. L’ouverture à l’internationale serait une façon de retarder le moment où on arrivera à un état stationnaire. D’après eux, la valeur d’un bien est égale à la quantité de travail nécessaire à la faire. Marx parle alors d’exploitation par exemple. La valeur du travail est alors calculée en fonction du niveau des subsistances, basé sur le niveau du blé (qui fixe le niveau des salaires). Pour Ricardo, le commerce extérieur serait une solution recherchée.

 

C. Un contournement du protectionnisme et de nouvelles logiques


 

L’économie internationale se développe par certains types de différenciation :

 

  • L'avantage technologique, comme le montre Posner. Le cycle de vie d’un produit (théorie de Vernon) est l’idée qu’un produit a une durée de vie. Lorsque l’élasticité de la demande est faible (même si le prix augmente, la demande reste la même) les offreurs trouvent logiquement une demande solvable dans le pays.
  • L’homogénéité/hétérogénéité du produit : la différenciation des produits peut être horizontale ou verticale (si les produits sont différenciés par la qualité).
  • Ddemande de la différence (Bernard Lassudrie-Duchêne) : les consommateurs cherchent à travers la consommation à se différencier les uns des autres. La demande joue un rôle important dans ce domaine.


Aujourd’hui, les rendements sont décroissants : l’unité marginale est de moins en moins rentable. Les économies d’échelle interne sont propres à une entreprise.

Le modèle de Brander et Spencer montre que, dans certains cas, quand il faut des investissements très élevés, seules de très grosses entreprises peuvent être sur le marché.

Il n’y a donc pas de règle de la concurrence parfaite. Ce modèle montre qu’il y a des coûts d’entrée qui sont très forts pour arriver sur les marchés et que, sans subvention, tous les pays y perdraient. Les théories modernes montrent l’intérêt que le commerce international a en créant des situations nouvelles : les entreprises cherchent à s’établir sur les marchés. Le protectionnisme peut prendre des formes plus ou moins larvées, ce qui va donner la constitution d’un système bien plus opaque.

 

 

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I. La mondialisation, présentation et phases

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 12 juillet 2016

 

A. La mondialisation, quelle signification ?

 

Le terme de mondialisation désigne le processus d'intégration des marchés et de rapprochement des hommes qui résulte notamment de la libéralisation des échanges, du développement des moyens de transport de personnes et de marchandises, et des retombées des technologies de l'information et de la communication à l'échelle planétaire.

Elle se manifeste par, outre l'interdépendance croissante des économies (mondialisation économique) et l'intensification de la concurrence, l'expansion des échanges et des interactions humaines.

-> Voir Définition de la Mondialisation pour une définition plus complète.

 

La notion de globalisation financière est définie par Pillon  dans Les enjeux de la mondialisation : « La globalisation financière c’est l’interconnexion des marchés, des K au niveau national et international, conduisant à un marché unifié de l’argent à l’échelle de la planète ».

Aujourd’hui, on met l’accent sur la globalisation financière comme élément essentiel de la mondialisation car elle a été responsable de la crise de 2008.

 

B. La mondialisation prend au cours du temps plusieurs formes.

 

Dans une première époque, ce sont plutôt les marchandises qui vont d’un pays à un autre : extension des flux en eux-mêmes.

A partir des années 1960, la mondialisation est plutôt liée à l’ouverture des frontières et aux progrès du GATT, des moyens de communication, de transport et à l’avènement des FMN.

A partir des années 1980, on voit apparaître avec la déréglementation financière une nouvelle configuration financière et globale.

 

C. Un phénomène inachevé

 

La mondialisation n’est pas un phénomène achevé :

  • C’est un phénomène qui est transitoire et toujours en évolution. La mondialisation fait émerger une nouvelle géographie économique et montre l’importance des flux intrabranches (à l’intérieur d’un secteur) et intra-firmes (à l’intérieur de l’entreprise).
  • Aujourd’hui, on retrouve une circulation intense des capitaux, qui a été à l’origine de la crise financière et de l’interrogation qui se fait sur les paradis fiscaux et sur la régulation financière. Ces dernières années ont été occupées par un essai de remettre les banques dans leur véritable métier.
  • On retrouve également l’instauration d’un impérialisme inversé : aujourd’hui, le modèle impérialiste (les USA) voit sa puissance remise en cause par les flux de capitaux étrangers, notamment chinois.
  • L’inadéquation des politiques keynésiennes : est-ce qu’aujourd’hui on peut retrouver des politiques de relance, alors que les politiques économiques sont souvent contraintes (notamment dans l’UE, par exemple) ? On pourrait retrouver cependant une résurgence des politiques keynésiennes pour relancer une politique atone : on constate un ralentissement de la croissance des exportations au niveau mondial ce qui provoque une remise en cause de la mondialisation telle qu’elle a été faite jusqu’à maintenant.
  • Recherche d’une gouvernance mondiale : aujourd’hui, on peut retrouver à la tête de cette gouvernance les organisations internationales (FMI, OMC), et les instances (G8, G9).

 

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