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Corrigés : Interprète-t-on à défaut de connaître ?

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 17 juin 2013


Un des trois sujets de bac philo 2013 en ES portait sur la question : Interprète-t-on à défaut de connaître ?

Correction du sujet.

>> Analyse du sujet (Interprète-t-on à défaut de connaître ?)

- Interpréter : Expliquer, chercher à rendre compréhensible ce qui est dense, compliqué, ambigu. Mais aussi : Attribuer une signification déformée ou erronée
- à défaut : dans le sens "puisqu'on ne peut pas, alors au moins"
- connaître : Avoir présente à l'esprit l'idée plus ou moins précise ou complète d'un objet abstrait ou concret, existant ou non. Ou Distinguer, faire la différence entre.


Ces deux notions, interpréter et connaître, sont bien sûr à définir tout au long du sujet, et doivent être interrogées et remises en cause.
La tournure "interprète-t-on" appelle un plan dialectique.

>> Problématique corrigée (Interprète-t-on à défaut de connaître ?)

Le lien est original : à défaut. Ce à défaut est à nuancer, et sera probablement la solution du paradoxe qui est posé ici : comme on ne peut pas connaître (ceci est présupposé dans le sujet), on ne peut que se contenter d'interpréter. La question concerne ici la vérité, et interroge vraiment sur : est-il possible de connaître ? Peut-on connaître avec certitude, peut-on connaître avec vérité ? est-on condamné à ne faire qu'interpréter ?

Descartes
Descartes dans le Discours de la méthode
donne les principes pour discerner
entre la connaissance et l'interprétation

>> Plan corrigé (Interprète-t-on à défaut de connaître ?)


I. Il ne semble pas y avoir de vérité certaine, et nous n'avons qu'illusions, c'est pourquoi nous sommes condamnés à interpréter seulement.

II. Pourtant interpréter c'est déjà poser l'interprétation comme objet de connaissance, et l'on pourrait alors connaître

III. Il est permis de connaître grâce à l'interprétation, et la connaissance peut être révélée à condition que la connaissance aide à éclaircir les interprétations

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-> Que devons-nous à l'Etat ? Corrigés du bac ES philo 2013 <-
-> Corrigés du commentaire de texte de Anselme

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : corrigés bac, philo, terminale, interpréter, connaître, Descartes, correction, plan, problématique - 3 commentaires

Corrigés : Que devons-nous à l'Etat ?

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 17 juin 2013


Un des trois sujets de bac philo 2013 en ES portait sur la question : Que devons-nous à l'Etat ?

Correction du sujet.

>> Analyse du sujet (Que devons-nous à l'Etat ?)


- Devoir : Impératif de conscience, considéré dans sa généralité, qui impose à l'homme − sans l'y contraindre nécessairement − d'accomplir ce qui est prescrit en vertu d'une obligation de caractère religieux, moral ou légal.
- Etat : Autorité politique souveraine, civile, militaire ou éventuellement religieuse, considérée comme une personne juridique et morale, à laquelle est soumise un groupement humain, vivant sur un territoire donné

Rousseau a lui aussi théorisé le contrat social

Ces deux notions sont bien sûr à définir tout au long du sujet, et doivent être interrogées et remises en cause.
La question "que" interroge donc sur la nature de cette relation.

>> Problématique corrigée (Que devons-nous à l'Etat ?)


Le sujet suppose que nous avons une obligation envers l'état, et nous demande quelle est la nature de cette obligation. Est-ce que l'homme doit quelque chose à l'Etat ?  Est-ce qu'il est lié à l'Etat, et en conséquence il a un devoir envers lui, une dette, ou est-ce que l'individu peut être indépendant ? Est-ce que l'Etat a une dette envers l'individu ?

>> Plan corrigé (Que devons-nous à l'Etat ?)


I. Nous avons une dette envers l'Etat

1. Hobbes montre que la "guerre permanente de tous contre tous" cesse quand chacun remet son pouvoir de violence. Il pose donc une exigence pour que cet état ne soit pas rompu : il faut le consentement à remettre son pouvoir, malgré l' "inclination générale" de tout homme d'acquérir "pouvoir après pouvoir".
2. « Comme tous les groupements politiques qui l’ont précédé, l’État consiste en un rapport de domination de l’homme par l’homme fondé sur le moyen de la violence légitime » dit Max Weber. Nous avons un devoir moral envers l'Etat, mais cette obligation vient non seulement de nous mais est aussi une contrainte exercée par l'Etat sur nous, que l'Etat nous impose.

II. Mais l'Etat a aussi une dette envers nous

1. Les théories du contrat social (Locke, Rousseau) le montrent. Dans Le citoyen et Le Léviathan, Hobbes stipule lui aussi que l'Etat a pour fonction d'assurer l'ordre et la sécurité. Sinon, le contrat serait rompu. L'Etat a donc un devoir envers nous.
2. Les droits inaliénables, le droit naturel. Inscrits dans les Droits de l'Homme et du citoyen, proclamés : Spinoza notamment, mais bien d'autres après lui, édictent ces droits inhérents à la nature humaine, et que l'Etat a le devoir envers nous de respecter.

III. Que l'Etat puisse garantir aux citoyens d'assurer leur devoir envers lui

1. L'Etat est nécessaire et la force doit être transformée en droit. L'Etat a un devoir en retour.  "Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir." Rousseau, Contrat social, livre I, chapitre III.
2. La théorie de la séparation des pouvoirs est une garantie pour que nous puissons faire notre devoir envers l'Etat, et que l'Etat en retour ne puisse abuser de son pouvoir, et tienne ainsi toujours ses objectifs, ses devoirs envers nous : "il faut que par la disposition des choses le pouvoir arrête le pouvoir" stipule Montesquieu dans De l'esprit des lois.

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-> Corrigés du commentaire de texte de Anselme

Classé dans : Culture Générale - Mots clés : devoir, Etat, philo, bac, 2013, corrigés, correction - 10 commentaires

Corrigé : Anselme et la liberté

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 17 juin 2013

Le sujet de bac ES de philo 2013 proposait au choix un texte d'Anselme à commenter. Retrouvez tous les autres sujets du bac philo de 2013.

Expliquer le texte suivant :

Anselme
Anselme
Prenons maintenant un exemple où apparaissent une volonté droite, c’est-à-dire juste, la liberté du choix et le choix lui-même ; et aussi la façon dont la volonté droite, tentée d’abandonner la rectitude, la conserve par un libre choix. Quelqu’un veut du fond du cœur servir la vérité parce qu’il comprend qu’il est droit d’aimer la vérité. Cette personne a, certes, la volonté droite et la rectitude de la volonté ; mais la volonté est une chose, la rectitude qui la rend droite en est une autre. Arrive une autre personne la menaçant de mort si elle ne ment. Voyons maintenant le choix qui se présente de sacrifier la vie pour la rectitude de la volonté ou la rectitude pour la vie. Ce choix, qu’on peut aussi appeler jugement, est libre, puisque la raison qui perçoit la rectitude enseigne que cette rectitude doit être observée par amour de la rectitude elle-même, que tout ce qui est allégué pour son abandon doit être méprisé et que c’est à la volonté de repousser et de choisir selon les données de l’intelligence rationnelle ; c’est dans ce but principalement, en effet, qu’ont été données à la créature raisonnable la volonté et la raison. C’est pourquoi ce choix de la volonté pour abandonner cette rectitude n’est soumis à aucune nécessité bien qu’il soit combattu par la difficulté née de la pensée de la mort. Quoiqu’il soit nécessaire, en effet, d’abandonner soit la vie, soit la rectitude, aucune nécessité ne détermine cependant ce qui est conservé ou abandonné. La seule volonté détermine ici ce qui est gardé et la force de la nécessité ne fait rien là où le seul choix de la volonté opère.

ANSELME, De la concorde (XIIème siècle)
Correction du sujet sur l'extrait du bac philo 2013 en ES :

Ce texte parle de la liberté.
Anselme a beaucoup écrit sur la notion de liberté, et notamment de libre arbitre.

La thèse ici peut être comprise dans les derniers mots d'Anselme : "la force de la nécessité ne fait rien là où le seul choix de la volonté opère"

Anselme établit que la liberté est indépendante de la nécissité ; la nécessité des choses n'a pas lieu où a lieu la liberté.

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