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Fiche IEP VI. Europe A. Construction de l'Europe de l'Ouest

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 29 mai 2013

VI. L'Europe

A. Construction de l'Europe de l'Ouest


-> La concrétisation d'une idée européenne

- discours de Winston Churchill ("Il nous faut ériger quelque chose comme les Etats-Unis d'Europe" en septembre 1946, Coudenhove-Kalergi lance l'Union parlementaire européenne, congrès de La Haye en 1948

 

CED rejetée par l'Assemblée nationale en France
La CED est rejetée par l'Assemblée nationale en France
par 319 voix contre 264 le 30 août 1954

- création de l'OECE suite au plan Marshall en 1948
- traité de Bruxelles (R-U, Fr, BeNeLux - Belgique, Pays-Bas, Luxembourg -) qui met en place l'Union occidentale, signature du traité de l'Atlantique Nord, créant l'OTAN, le 4 avril 1949
- Conseil de l'Europe créé par le traité de Londres le 5 mai 1949
- la CECA (Communauté européenne du charbon et de l'acier) créée en 1951 réunit la France, l'Italie, la RFA, et les pays du Benelux
- échec de la CED (Communauté européenne de défense), dont le traité a été signé en 1952, mais rejetée par l'Assemblée nationale en France en 1954

-> Vers les traités de Rome

- élargissement du traité de Bruxelles à la RFA et à l'Italie en 1954 (l'organisation devient Union de l'Europe occidentale)
- deux traités sont signés à Rome le 25 mars 1957 : le premier donne naissance à la CEE (Communauté économique européenne), le second à l'EURATOM (Communauté européenne de l'énergie atomique)
- Mise en œuvre de la PAC (Politique agricole commune en 1962), Union douanière entre les Six pays membres de la CEE mise en place en avance d'un an et demi, en 1968
- le Royaume-Uni crée en 1960 l'Association européenne de libre-échange pour contrebalancer la CEE, mais demande finalement son adhésion à la CEE, à laquelle de Gaulle oppose son veto en 1963 et 1967. Le veto est levé avec l'élection de Pompidou en 1969

-> L'élargissement troublé de la communauté européenne

- échec du plan Fouchet en 1961 et 1962, "politique de la chaise vide" de Charles de Gaulle contre un pouvoir supranational, qui se résout par le compromis du Luxembourg de 1966
- traité de l'Elysée en janvier 1963, sommet de La Haye en 1969, Marché commun achevé en 1970, Europe des Neuf en 1973 (R-U, Irlande et Danemark entrent dans la CEE)
- Système du serpent monétaire en 1972, puis SME (Système monétaire européen) en 1978
- en février 1986 est adopté l'Acte unique européen, qui modifie le traité de Rome et ouvre la voie au marché commun intérieur
- traité de Maastricht (ville des Pays-Bas) le 7 février 1992 instituant l'Union européenne

 

 

-> Chronologie de la construction européenne

 

Roland Dumas signe l'Acte unique européen en février 1986
Roland Dumas signe l'Acte unique européen en février 1986

 

 

 

 

>> Retrouvez toutes les fiches sur le monde depuis 1945 <<

 

Classé dans : Histoire - Mots clés : europe, union, européenne, construction, traité, Maastricht, traités, Rome, 1986, veto, France, de Gaulle, Royaume-Uni, Acte, unique, européen, CECA, CEE, Communauté, CED, fiche, iep, sciences po, histoire, contemporaine, XXe siècle, résumé, monde, 1945 - aucun commentaire

Corrigés des sujets des Sciences Po communs 2013

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 26 mai 2013

Voici une des propositions de corrigés des sujets IEP 2013 parmi les nombreuses propositions possibles. Si vous avez suivi à peu près ce plan, ou ces indications, c'est que vous avez touché au sujet et vous partez avec un net avantage.

Nous sommes plutôt satisfaits de nos pronostics, mêmes s'ils n'étaient pas parfaits, nous avions lourdement insisté sur les démocraties populaires - qui n'étaient toujours pas tombées depuis la création - et c'était une bonne partie du sujet ! Examinons tout de suite en détail.


>> Corrigé du sujet en Histoire des Sciences Po commun 2013 :


"La démocratie en Europe de 1945 aux années 2000"

Analyse des termes :

Démocratie : démos, le peuple, cratie, le pouvoir, Régime politique, système de gouvernement dans lequel le pouvoir est exercé par le peuple, par l'ensemble des citoyens

Europe : le piège était de réduire l'Europe à l'Union européenne. Il s'agissait bien de traiter l'ensemble du continent européen. Europe du Nord, du Sud, de l'Ouest, de l'Est, Centrale

1945 aux années 2000 : pour ne pas dire toute la période étudiée et visée par le concours, ce qui en fait un sujet particulièrement vaste (avec des bornes géographiques tout aussi vastes)

Problématique :

Il fallait voir que la démocratie était le cœur du sujet. La problématique devait donc tourner autour de cette notion.

La démocratie au singulier, or la démocratie ne recouvre-t-elle pas plusieurs formes d'un côté de l'Europe à l'autre, et de 1945 aux années 2000.

En utilisant la technique de la problématique en 2 minutes :

Comment la démocratie en Europe en 1945, caractérisée par une multiplicité de ses formes, au point de ne cacher parfois qu'un régime autoritaire, est-elle devenue un cadre politique solide qui s'est imposé sur le continent malgré une certaine instabilité jusqu'aux années 2000 ?

Plan :

I. Une démocratie ou des démocraties en Europe ? (construction européenne, démocraties bouleversées par la décolonisation / démocraties meurtries en Europe de l'Est, Europe Centrale, Fronts nationaux, coup de Prague, schisme yougoslave, CAEM, démocraties des pays du sud)

II. L'émergence de la démocratie européenne : vers une démocratie supranationale qui s'étend jusqu'aux extrémités du continent (construction d'une démocratie européenne, traités de Rome, évolution des démocraties, des régimes du Sud, Willy Brandt, crises des démocraties populaires, Glasnost, Perestroïka, fin des démocraties populaires)

III. La démocratie en Europe entre deux siècles (réunification allemande, traité de Maastricht, traités d'Amsterdam, de Nice, Europe de Brest à Brest-Litovsk, Todor Jivkov, révolution de velours, révolution roumaine, élections "libres", Pologne, Hongrie, République tchèque)

Aller plus loin :

Des fiches sur l'Europe sont disponibles, ainsi qu'une chronologie sur la construction européenne.


>> Corrigés du sujet de Questions contemporaines :


  • La science est-elle l'affaire de tous ?

Dans les sujets possibles que nous vous proposions pour vous entraîner, il y avait "L'Etat peut-il contrôler la science ?" C'est en fait exactement le sens de ce sujet.

Analyse du sujet :

Science - d'après la fiche sur la science :

1er sens : Ensemble des connaissances acquises par l’étude ou la pratique
2e sens : Forme de connaissance basée sur la logique, la méthode expérimentale et la recherche d'explication théoriques aux phénomènes.

Affaire - en l'occurrence pour ce sujet il y avait deux sens :

1er sens : Ce qui est dans un rapport de dépendance causale par rapport à cette valeur ou de classification par rapport à cette catégorie ; ce qui regarde, ce qui relève de, ce qui intéresse.

2e sens : Chose abstraite ou concrète à laquelle une ou plusieurs personnes sont intéressées. L'objet dont il est question dans un litige, une discussion.

Tous : on peut aussi le comprendre de deux manières différentes

1er sens : tous dans le sens de l'intégralité de la population sans exception, même les scientifiques, les politiques, ceux qui ont du pouvoir

2e sens : tous entendu comme "le commun des mortels" , c'est-à-dire dans le sens d'une opposition avec ceux qui contrôlent la science, les scientifiques

Problématique et plan :

Donner une problématique n'aurait pas vraiment de sens, d'une part parce que l'objet de la problématique est donnée par le sujet, d'autre part parce qu'il y avait une multitude de problématiques pertinentes possibles. Le plus important était de relever le fait qu'il existe un certain monopole de la science de la part des scientifiques, à l'instar d'une société technocrate, mais aussi possiblement des pouvoirs publics. Le paradoxe vient du fait que la science a un impact sur tous, et pourrait donc devoir n'être que l'affaire de tous, ce qui n'est pas forcément possible dans les faits, ou en tout ce qui n'est pas dans les faits actuellement. Il s'agissait alors de trouver la voie juste pour sortir de ce paradoxe. La science ne peut-elle pas se réconcilier avec le tous ?

Même raisonnement pour le plan. Le plan devait retracer cette démarche. On pouvait ainsi construire un devoir sur le mode : I. La science est l'affaire de tous... II. ... mais elle est contrôlée par certains... III. ... qui devraient agir selon une morale du respect de tous, ce "tous" qui y veille réciproquement

C'est donc d'autant plus vrai pour le plan, bien d'autres raisonnement étaient possibles et se révèleraient tout aussi efficaces - en deux grandes parties, ou en trois grandes parties.

Idées pour le sujet sur la science est-elle l'affaire de tous ? :

Auguste Comte était une figure essentielle, en posant la primauté de la science sur tout le reste.

Jules Ferry interroge sur le tous, non seulement à l'intérieur d'un peuple, mais entre peuples : "[les races supérieures] ont le devoir de civiliser les races inférieures" au moyen de la science.

Un chiffre pour montrer l'implication du sommet de l'Etat, donc d'une poignée de gens pour la science : la part du budget civil de recherche et développement représente 1 948 millions d'euros en 2010. (cf fiche sur la science)

Qui a la science entre ses mains ?

La science est-elle réellement l'affaire de tous ?
En d'autres mots, qui a la science entre ses mains,
qui devrait l'avoir entre ses mains,
et est-elle entre de bonnes mains ?

La citation de Rabelais "science sans conscience n'est que ruine de l'âme", qui est presque systématiquement employée en culture générale sur la science, n'était pas appropriée comme nous vous le rappelions. Vous avez cet avantage que les correcteurs peuvent aussi ne pas en connaître le véritable sens.

La citation clé était celle de Rousseau, qui dit clairement que la science doit être l'affaire de tous, car « Nul n’est excepté du premier devoir de l’homme ; nul n’a droit de se fier au jugement d’autrui. » - Rousseau, Emile ou De l'éducation

Heidegger, - que nous vous recommandions de citer - montre comment la société moderne voit en la technique un mode de pensée de l'homme qui veut tout gérer, seul, et peut-être au détriment de tous.

Karl Popper est un incontournable de la réflexion sur la science. Pour lui, la science est affaire de critique. "J'en arrivai de la sorte, vers la fin 1919, à la conclusion que l'attitude scientifique était l'attitude critique."

Jacques Testart était une référence idéale.

"Chacun est responsable de la planète et doit la protéger à son échelle." Yann Arthus-Bertrand

Corcuff : "Le non-engagement serait donc illusoire et le savant qui voudrait s'isoler participerait quand même au cours du monde"

Pour chacune de ces références, il fallait trouver des exemples pertinents. Le gaz de schiste par exemple, les progrès de la biotechnologie, et les résultats, ou encore dans l'actualité - voir la revue de presse.


  • Doit-on faire confiance à la justice ?

Deux sujets que nous vous proposions pour vous entraîner rejoignaient cette question : Qui a le droit d'exercer la justice ? Et l'Etat permet-il d'assurer la justice ?

Analyse des termes :

Doit-on :

1er sens : Être tenu à, légalement

2e sens : Une obligation, non nécessairement contraignante, à laquelle le sujet est et se sent soumis en vertu d'un principe moral ou d'une règle tirée de l'expérience.

Confiance :

1er sens : Espérance ferme que l'on place en quelqu'un, en quelque chose, certitude de la loyauté d'autrui.

2e sens : Sentiment de sécurité qu'éprouve celui qui compte sur lui-même.

3e sens : Sentiment d'assurance que donne la foi en l'avenir.

Justice :

Voir les 7 différentes définitions de la justice.

Problématique et plan :

Tout comme le sujet de la science, il existe une pluralité de raisonnements. La problématique demandait surtout : peut-on faire confiance à la justice ? est-on obligé de faire confiance à la justice ? Faire confiance à la justice en tant qu'institution judiciaires, lois, ou faire confiance à la justice en tant que vertu morale des hommes ?

Le plan pouvait suivre les mêmes étapes, ou s'organisation différement selon les aspects que vous avez voulu approfondir.

Idées sur doit-on faire confiance à la justice ? :

Vous pouviez tirer votre accroche de l'actualité, en particulier du mur des cons que nous avions mis en valeur dans la revue de presse. Au vu de cette controverse, peut-on vraiment croire que la justice est indépendante, et doit-on avoir confiance ?

Difficile d'avoir confiance en la justice : "C'est de faire arrêter des innocents et de leur intenter des procès sans raison et, la plupart du temps aussi - comme dans mon cas - sans résultat." Chapitre III, Le Procès - Kafka

Doit-on avoir confiance en la justice ?

Doit-on avoir confiance en la justice ?

L'histoire des erreurs judiciaires en France le prouve : 9 erreurs judiciaires depuis 1945.

Mais si la confiance dans la justice s'effondre, on ne peut faire justice que soi-même : " La nécessité de se faire justice soi-même est un cul-de-sac où l'on se trouve engagé quelquefois. " Victor Hugo dans Claude Gueux

Malgré ces difficultés, il est bien nécessaire d'instituer une justice. Car sinon justice ne serait plus que vengeance. (Quoique la vengeance puisse être une justice ?)

Mais cette justice ne cache-t-elle pas en fait qu'une pure vengeance ? "je déchire votre voile afin que de votre trou à mensonges votre rage vous fasse sortir et que derrière votre mot “justice” surgisse votre vengeance." Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra, 1883-1885

D'après Rosanvallon, la société doit pouvoir avoir confiance en la justice, et la société exige d'ailleurs des progrès de la justice.

Or la justice ne se réduit pas au droit, comme peut nous le faire sentir le mythe d'Antigone.

Il faut alors bien distinguer la justice en tant que vertu, de la justice appliquée. Aristote est un des premiers à l'avoir distingué, permettant de trouver une solution à la problématique.

En effet, en reprenant l'article citations sur la justice : « Il se passera du temps encore avant que la justice des hommes ait fait sa
jonction avec la justice. » - Victor Hugo, L'homme qui rit


>> Alternatives et autres pistes de corrigés


Certains commentaires de bonne qualité sur le blog Intégrer Sciences Po méritent une attention particulière, car ils sont autant de pistes approfondir les corrigés. Vous pouvez comparer les différentes visions :

Questions contemporaines, anglais, histoire : @Pol ; Sujet sur la science et l'histoire : @Sofya ; Science et histoire : @youssef ; Science et histoire : @Jybet


-> Retrouvez les corrigés de Sciences Po Bordeaux 2013, et les corrigés de Sciences Po Paris 2013.

Classé dans : Histoire, IEP Régions - Mots clés : corrigés, Sciences Po, communs, IEP, 2013, justice, science, correction, résultats, histoire, questions, contemporaines, culture, générale - 25 commentaires

Fiche IEP V. D. Le rayonnement culturel de la France

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 23 mai 2013

V. La France depuis 1945

D. Le rayonnement culturel de la France


-> L'Etat providence français : nouveaux modèles économiques

- taux de natalité (2,6 enfants par femme), politique nataliste de Vichy, baby boom
- augmentation démographique (13 millions d'homme en plus de 1946 à 1976)
- population jeune : 1/3 population a moins de 20 ans au cours des années 60
- croissance économique française de 1950 à 1975
- taylorisme (séparation entre travail manuel et intellectuel, parcellisation des tâches) et fordisme (division du travail, standardisatio,)
- rôle de l'Etat français accru par des aides aux entreprises, ouverture à l'étranger
- robotisation

-> Scolarisation, urbanisation, et politique culturelle en France

- le baby-boom entraîne une forte augmentation du nombre de scolarisés
André Malraux ministre de la Culture de 1959 à 1969
André Malraux
ministre de la Culture de 1959 à 1969

- augmentation du nombre d'étudiants : 128 000 à 500 000 bacheliers de 1950 à 1968
- la loi Haby instaure le collège unique en 1975
- exode rural, arrivée massive d'immigrés, développement des banlieues, des HLM
- André Malraux ministre de la Culture de 1959 à 1969
- Jack Lang ministre de la Culture de 1988 à 1992

-> La société de consommation et l'évolution des mœurs

- développement de l'automobile : 4 CV de Renault en 1946, 2 CV de Citroën en 1948
- de plus en plus de Français partent en vacances, qui s'ouvrent à la classe moyenne
- création d'Europe 1 en 1955
- la télévision s'étend de 9% des foyers à 86% de 1958 à 1975 en France
- journal télévisé en 1949, offre des bouquets satellites en 1996
- développement d'une culture de masse
- chute de la pratique religieuse, concile Vatican II de 1962 à 1965
- Simone de Beauvoir publie Le deuxième sexe en 1949, loi Neuwirth en 1967 sur la contraception, et la loi Veil en 1975 sur l’avortement


Citroën 2CV
Citroën 2CV



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