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Justice et force - Pascal

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 24 décembre 2012

Dans le fragment 94, Pascal livre une réflexion sur la relation qu'entretiennent justice et force. Voici en gras le texte originel, et un commentaire littéral du fragment, particulièrement instructif pour ceux qui tentent le concours Sciences Po 2013 sur le thème de la justice.


Justice, force.

Il est juste que ce qui est juste soit suivi ; il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi.

Ce qui est juste est en l'occurence suivi librement, par le choix de notre conscience. Tandis que ce qui est le plus fort est suivi par contrainte, sans possibilité de s'y soustraire.


La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique.

La justice a besoin de la force pour s'appliquer, pour être rendue : dans nos sociétés, l'état, le système judiciaire et ses insitutions sont une force. S'il y a emploi de la force sans souci de justice, il s'agit d'une tyrannie : un état qui use de sa force sans justice est tyrannique.

La justice sans force est contredite, parce qu'il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste.

La force est une nécessité pour garantir la justice, car il y aura toujours des hommes pour s'opposer à cette justice. Ces opposants à la justice ne peuvent être arrêtés qu'avec la force. Il y aura toujours des hommes pour contester une force sans justice. Il faut donc avoir à la fois force et justice en même temps.

La justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Aussi on n'a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice et a dit qu'elle était injuste, et a dit que c'était elle qui était juste.

La justice peut être discutée, débattue, tandis que la force s'impose indiscutablement. Aussi la force a-t-elle surpassé la justice, elle s'est imposée à elle.

Et ainsi, ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste.

La force s'étant imposée, le seul moyen était de rendre cette force installée juste, que la force soit juste.

Pascal

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La science d'Auguste Comte : le positivisme

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 23 décembre 2012

I. L'importance de la science selon Auguste Comte

Auguste Comte pose une réflexion sur la science avant un plan de réforme sociale. La science est somme de savoirs, mais surtout rapport global de l'humanité au monde.

Elle est un principe, un système de croyances.

Deux formules définissent la science dans la première leçon de son Cours : « Savoir pour prévoir, afin de pouvoir. » et, plus important, « Savoir pour savoir ». S'opposent à la science le mysticisme et l'empirisme.

II. Le positivisme selon Auguste Comte

La philosophie positiviste est affirmation du déterminisme : « Tous les phénomènes quelconques, inorganiques ou organiques, physiques ou moraux, individuels ou sociaux, sont assujettis à des lois rigoureusement invariables » (Cours, tome VI), ce qui ne signifie pas que ces phénomènes sont inéluctables.

Le positivisme stipule que seule l'analyse des faits, l'étude de l'expérience, peut construire une connaissance du sensible, du monde.

Certaines sciences ont atteint l'état positif : la mécanique, l'astronomie, la physique, la chimie et la biologie. Théologie et science sont incompatibles.
 

III. Portée du positivisme

La science donne à l'homme le "pouvoir" d'agir : « Toute science a pour but la prévoyance » (Cours, tome II)

Un des fondements de la doctrine d'Auguste Comte définit trois états : les méthodes théologique (fictif, enfance de l'humanité), métaphysique (abstrait, adolescence de l'humanité), et positive (état viril).

« chaque branche de nos connaissances est nécessairement assujettie dans sa marche à passer successivement par trois états théoriques différents : l'état théologique ou fictif ; l'état métaphysique ou abstrait ; enfin, l'état scientifique ou positif » dans Système de politique positive

 

>> Courte biographie d'Auguste Comte

Auguste Comte, né 1798 au sein d'une famille catholique monarchiste se distingue comme un élève brillant au lycée de Montpellier.

Lors de ses études secondaires, il perd la foi, incompatible avec la science.

Comte devient le secrétaire de Saint-Simon en 1817, avec qui il se lie d'amitié jusqu'à ce que des disputes les séparent en 1824.

Auguste Comte épouse Caroline Massin, qu'il veut sortir de la prostitution.

Il fugue en 1826, victime d'une dépression, il tente de se suicider. Le couple se sépare en 1842.

De 1826 à 1844, il enseigne le Cours de philosophie positive.

Auguste Comte tombe profondément amoureux de Clotilde de Vaux en 1844, qu'il érigera comme un des trois anges gardiens de la religion positiviste.

Auguste Comte gagne sa vie grâce aux dons versés par Littré et une centaine de disciples, admirateurs.

Il annonce la fondation de la religion de l'humanité en 1847, fonde la Société positiviste un an plus tard et publie le Discours sur l'ensemble du positivisme. Il meurt d'un cancer en 1857.

 

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Science et technique philosophie

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 22 décembre 2012

Définition de la science :

Connaissance exacte qu'on a de quelque chose. En particulier système de connaissances rationnelles ou expérimentales sur un objet déterminé.

Définition de la technique :

désigne l'ensemble des procédés qu'on doit méthodiquement employer pour un art, pour une recherche, dans un métier

La technique en philosophie :

Aristote définit la technique comme « une disposition à produire accompagnée d'une règle vraie »

La technique est ainsi l'ensemble des règles définissant les moyens en vue d'une fin.

La technique de nos jours :

Pour Heidegger, la société moderne ne voit plus en la technique les règles nécessaires à un art, mais un mode de pensée de l'homme qui veut tout gérer, calculer.

Lien et distinction entre science et technique

La science est de l'ordre de la théorie, contemplative, tandis que la théorie est de l'ordre de la pratique, de l'action.

La technique suppose un savoir, une science. L'inverse n'est pas vrai : la science peut être une pure science et ne jamais s'appliquer à la technique.

La technique est la mise en oeuvre de la science.


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