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Archives février 2019

Les Etats-Unis à l'époque de la guerre du Vietnam - Histoire populaire de la société des Etats-Unis après 1945

Rédigé par Intégrer Sciences Po   Aucun commentaire   Mis à jour le  27/02/2019

 

Pour comprendre qu'est-ce qu'une histoire populaire des Etats-Unis, le travail d'historien de Howard Zinn, et pour retrouver le sommaire de cette histoire : rendez-vous ici Histoire populaire de la société des Etats-Unis après 1945.

 

>> Les Etats-Unis à l'époque de la guerre du Vietnam

 

>> La 1ère partie de la guerre d'Indochine

 

En 1945, le Japon évacua l'Indochine. Les révolutionnaires dirigés par Ho Chi Minh qui les avaient combattus rédigent une Déclaration d'indépendance, où ils critiquent en particulier les colonialistes français.

Craignant le contrôle des puissances occidentales sur l'Indochine, Ho Chi Minh envoie des lettres au président Truman en 1945 et 1946, ainsi qu'une aux Nations unies, en rappelant le principe d'autodétermination, mais le président Américain ne fit aucune réponse.

La guerre d'Indochine commença en octobre 1946, quand les Français bombardèrent le port d'Haiphong. Les Etats-Unis vinrent en aide aux Français : ils financèrent en tout 80% de la guerre française. Les raisons invoquées étaient celles de lutter contre le communisme, et ce qui fut appelé plus tard la théorie des dominos : si un pays devenait communiste, il deviendrait contagieux pour ses voisins.

En 1954, les Français renoncèrent à la guerre, devant une population fidèle à Ho Chi Minh. Le Sud-Vietnam demeura sous l'emprise des Etats-Unis, qui placèrent Ngo Dinh Diem au gouvernement. Peu populaire du fait de sa religion, catholique alors que la population était plutôt bouddhiste, de ses intérêts économiques, alors que la population était composée de petits paysans, Diem réagissait avec force, et emprisonnait notamment les opposants qui dénonçaient la corruption. Vers 1958, la guérilla alimentée par le Nord-Vietnam menaçait le gouvernement. Le Front national de libération, connu sous le sigle FNL, réunit les mécontents. Pike estimait à environ 300 000 le nombre de membres du FNL début 1962.

 

>> La 2nde partie de la guerre d'Indochine

 

Kennedy en 1961 prit la suite de l'action engagée par Truman et Eisenhower. En mai 1963, l'immolation par le feu d'un moine bouddhiste à Saigon fut prise en exemple par d'autres moines. La réaction de la police engrangea de nombreuses violences.

Des généraux vietnamiens, en contact avec le responsable local de la CIA,, complotèrent contre Diem. Ceci n'allait pas contre les intérêts des Etats-Unis, pour qui Diem était devenu gênant. Les généraux prirent le palais présidentiel le 1er novembre 1963, et Diem en fuite fut rattrapé et exécuté.

3 semaines après, Lyndon Johnson succédait à Kennedy, après l'assassinat de ce dernier.

Lyndon B. Johnson
Conférence de Lyndon B. Johnson le 28 juillet 1965,
"Why we are in Vietnam"

Au Sud-Vietnam, le FNL demeurait populaire. Johnson prit pour prétexte le fait que "le destroyer américain Maddox" avait "été l'objet d'une agression injustifiée", évènement qui n'aurait été en fait qu'un coup monté des Etats-Unis, pour relancer la guerre au Vietnam. En 1965, plus de 200 000 soldats furent d'abord envoyés, bientôt rejoints par 200 000 autres soldats en 1966. Des régions entières du Sud Vietnam furent déclarées "Free Fire Zones" : toute personne s'y trouvant, même civile, était considérée comme un ennemi. Les hommes qui pouvaient orter une arme étaient tués, les maisons détruites par le feu, et des camps de réfugiés avaient été mis en place. La Croix-Rouge internationale a fait part depuis de documents estimant le nombre de prisonniers dans ces camps au plus fort de la guerre : 65000 personnes à 70000 personnes.

La Cour suprême, à qui furent adressées des pétitions pour montrer l'inconstitutionnalité de la guerre, se refusa d'étudier la question. A la fin de la guerre,  7 millions de tonnes de bombes avaient été lancées au Vietnam. Les produits toxiques délivrés eurent aussi de forts impacts négatifs sur l'environnement et probablement sur les naissances.

Le 16 mars 1968 eut lieu la tragédie de My Lai, du nom du village : tous les habitants y furent tués, regroupés dans une fosse. Il s'agirait de 450 à 500 personnes, surtout des femmes, des enfants, et des vieux, selon Seymour Hersh qui a dédié un livre à cet évènement. My Lai n'aurait pourtant pas été un cas isolé.

Au début de cette année 1968, le FNL lance l'offensive du Têt, et parvient jusqu'à Saigon, même si l'attaque est contrecarrée.

 

>> Les premières protestations contre la guerre au Vietnam

 

La popularité de Johnson est si basse que celui-ci annonce en 1968 qu'il ne se représentera pas. Les Etats-Unis commencent à faire revenir leurs troupes.

La même année, Richard Nixon succède à Johnson à la présidence, et continue le retrait des troupes. En février 1972, les soldats américains sont 150 000 seulement au Vietnam. Nixon confie la poursuite du conflit aux forces sud-vietnamiennes, en ne faisant que financer et soutenir matériellement le gouvernement : c'est la "vietnamisation" du conflit. C'est un moyen pour Nixon de ne pas arrêter la guerre, tout en contentant la population.

En 1970, Nixon et Henry Kissinger essaient de s'imposer au Cambodge, mais c'est un échec. En 1971, 800 00 tonnes de bombes auraient été envoyées au Laos, Cambodge, et Vietnam, par les Etats-Unis, notamment en soutenant le Sud-Vietnam contre le Laos.

Les oppositions de la population américaine vinrent en particulier du mouvement pour les droits civiques. Le SNCC, Student Nonviolent Coordinating Committee, s'opposa publiquement en 1966 à la "politique agressive en parfaite violation des lois internationales" des Etats-Unis. Le boxeur Muhammad Ali dénonça une "guerre de l'homme blanc", et Martin Luther King déclara : "D'une manière ou d'une autre, cette folie doit cesser".

A partir de 1964, le slogan "Nous n'irons pas" irriguait la société américaine, tandis que des jeunes refusaient de s'inscrire pour l'incorporation.  Un de ces protestataires, David O'Brien, brûla ses papiers militaires ; cet acte fut l'objet d'une décision de la Cour suprême, qui refusa l'argument de la "liberté d'expression".

Le nombre de personnes réfractaires traitées en justice explosa : milieu 1965, 385 poursuites judiciaires, en 1968, 3500 poursuites, et 300 960 en 1969.

 

>> L'amplification des mouvements de contestation de la guerre

 

Deux évènements contribuèrent à sensibilier l'opinion américaine. Ce fut deux suicides par le feu pour protester contre la guerre : le premier le 2 novembre 1965, exécuté par Norman Morrison devant le Pentagone, et le second fut celui d'Alice Hertz la même année à Detroit.

Le 15 octobre 1969, ils furent 100 000 à manifester à Boston contre la guerre. En 1970, des manifestations de même ampleur eurent lieu toute l'année à Washington.Et la protestation gagna même la classe moyenne et les professions libérales, ce qui est relativement rare.

Autour du gouvernement, voire même au sein du gouvernement, des voix commencèrent également à s'élever, comme celle de Daniel Ellsberg. Avec son ami Anthony Russo, ils publièrent des documents secrets, envoyés aux membres du Congrès et au New York Times qui commença à diffuser dès juin 1971 des extraits connus sous le nom de Pentagon Papers.

Des prêtres et des religieuses catholiques se joignirent à la protestation, comme le père Philip Berrigan, le frère de Daniel Berrigan, ou Mary Moylan.

Lorsque Nixon commanda d'envahir le Cambodge, les protestations attinrent un paroxysme. Le 4 mai 1970, la garde nationale fit 4 morts et un paralysé parmi les étudiants de la Kent State University, ce qui provoqua la plus grande grève estudiantine jamais vue dans le pays, touchant 400 universités et collèges. Le FBI compte 1785 manifestations au cours de l'année scolaire 1969-1970.

 

>> La fin de l'engagement des Etats-Unis au Vietnam

 

En août 1965, 61% des Américains pensaient que l'engagement au Vietnam n'était pas une mauvaise chose.  Le rapport fut inversé en mai 1971 : 61% considérant que l'engagement au Vietnam était une mauvaise chose.

Cette désapprobation était la plus forte chez les personnes âgées de plus de 50 ans, chez les Noirs, et chez les femmes.

Les soldats eux-mêmes commencèrent à devenir pacifistes. Aux actes individuels de désobéissance suivirent les désertions, : 50 000 à 100 000 déserteurs. Une presse clandestine se développa dans les bases militaires, à partir de 1970. Même sur le front vietnamien, les militaires s'opposaient parfois à des actions de la guerre.

Ces hommes furent menacés d'être supprimés des rangs une fois que les Etats-Unis retirèrent leurs troupes en 1973. Il s'agissait d'environ 6000 hommes, parmi lesquels beaucoup de Noirs.

L'engagement américain au Vietnam prit en effet fin à l'automne 1973, après une ultime tentative pour faire reculer le Nord-Vietnam. Après le retrait, les Etats-Unis continuèrent de soutenir le gouvernement de Saigon, mais celui-ci vacilla sous les attaques du Nord-Vietnam en 1975 : Saigon fut nommé Ho Chi Minh-Ville et le Vietnam fut réunifié.

 

 

-> Histoire populaire de la société des Etats-Unis après 1945 <-

 

 

 


Les sujets 2019 du Concours Sciences Po Paris

Rédigé par Intégrer Sciences Po   Aucun commentaire   Mis à jour le  26/02/2019

Le concours Sciences Po Paris a eu lieu ce weekend, et les sujets sont donc disponibles sur le net.

Les voici :

 

En histoire - sujet Sciences Po 2019 :

Composition :

La République et la question sociale, en France ( vers 1880-1946)

Comment sortir de la guerre (1944-1947)

Etude critique de document :

les Lois constitutionnelles de 1875

 

En SES - sujet Sciences Po 2019 :

1. Comment interpréter la pente des courbes d'offre et de demande ? Vous illustrerez graphiquement votre réponse.

 

2. (sur dossier) Quels sont les déterminants des échanges internationaux de biens et services et de la spécialisation ?

 

En anglais - sujet Sciences Po 2019 :

les demandeurs d'asile et l'immigration

 

Comment avez-vous traité ces sujets ? Avez-vous des sujets plus précis manquants comme en littérature philosophie par exemple ?

N'hésitez pas à répondre dans les commentaires.

Nous espérons que vous avez donné le meilleur de vous même et que cela portera ses fruits !

Classé dans : IEP Paris Mots clés : aucun


Sujet corrigé - La politique échappe-t-elle à l'exigence de vérité ?

Rédigé par Intégrer Sciences Po   4 commentaires   Mis à jour le  21/02/2019

Ce sujet est notamment tombé à l'épreuve de philosophie du bac 2015. Voir tous les sujets du bac 2015.

 

>> Introduction

 

Accroche

Un discrédit pèse sur les politiques. Si les exemples sont nombreux l'année passée, il aurait été judicieux de choisir plutôt une citation un ou évènement historique, déjà vieux. En ce cas, l'histoire de France ne manque pas d'exemples, comme la propagande de guerre. Etait-il juste pour l'Etat, lors de la Première Guerre mondiale, de diffuser des affiches et de propager dans les journaux l'idée que la victoire arrivait, afin de ne pas relâcher l'effort de guerre, au risque de mentir ? Aurait-il fallu diffuser des photos de la guerre, au risque de démobiliser l'opinion publique ?

 

Définitions

La politique : Notez bien le féminin, qui est un élément essentiel pour comprendre le mot "politique". En général, la politique peut se définir comme l'art de conduire les affaires de l'État, science et pratique du gouvernement de l'État.

Exigence : l'exigence a rapport au devoir, qui est aussi un aspect du programme de philosophie.

Vérité : sans doute le mot le plus difficile à déterminer, et qu'il faudra explorer le long du développement. De manière générale, en philosophie la vérité désigne une connaissance reconnue comme juste, comme conforme à son objet et possédant à ce titre une valeur absolue, ultime.

 

Problématique

La problèmatique n'est pas la question du sujet, mais plutôt ce qui est impliqué par cette question, ce qui se cache derrière cette question. En effet derrière cette question c'est l'articulation entre vérité et politique qui est interrogée, dans le sens où la politique nécessiterait forcément de cacher une part de la vérité.

La vérité est-elle un devoir auquel il serait possible de déroger pour des raisons d'Etat ? La politique est-elle nécessairement incompatible avec un discours rigoureux et exhaustif de vérité ? Comment la politique peut-elle se conjuguer avec un devoir et une recherche de la vérité auprès du citoyen ?

 

Plan

Le sujet de type "échappe-t-il" / "échappe-t-elle" se prête à un plan dialectique. Voir le plan que nous avons choisi dans le développement. Pourtant, il faut garder à l'esprit qu'une multitude d'approches étaient possibles, il n'y a pas de réponse nécessaire en philosophie, il n'y a pas de barème prédéfini sur les idées développées. N'hésitez pas à partager vos propres plans en commentaires ci-dessous.

 

 

>> Développement

 

I. Le mensonge est parfois nécessaire pour pouvoir gouverner

Platon dans La République montre la nécessité qui pousse les politiques à mentir à leur peuple, pour le bien de la cité. Mais c'est un "mensonge noble" car c'est un mensonge de paroles, réservé aux gouvernants, et qui a des vertus thérapeutiques. Il permet le bien d'autrui, contrairement au mensonge proféré de façon délibérée qui installe dans l’âme de celui que l’on trompe l’ignorance.

« ce qui est absolument nécessaire, c’est de savoir bien déguiser cette nature de renard, et de posséder parfaitement l’art et de simuler et de dissimuler » - Machiavel, Le Prince. Pour Machiavel, le prince doit forcément mentir pour diriger aux mieux les affaires du pays.

D'Alembert a ces mots lapidaires et sans illusion concernant la politique : « L’art de la guerre (…) est l’art de détruire les hommes, comme la politique est celui de les tromper. »

 

II. Mais une politique saine se fonde nécessairement sur la vérité et vise la vérité

Saint Augustin condamne radicalement toute forme de mensonge, y compris en politique. Pour Saint Augustin, le mensonge « consiste à parler contre sa pensée avec l’intention de tromper ». Or, même le mensonge qui serait profitable à quelqu'un d'autre ne trouve pas grâce aux yeux de Saint Augustin : "mendacium iniquitas est", il y aurait inéquité.

Kant réfute de manière tout aussi radicale le droit qu'aurait la politique de mentir, d'échapper à l'exigence de vérité. Dans l'article « D’un prétendu droit de mentir par humanité » (1797), en réponse à Benjamin Constant, Kant explique que même en politique, même par un texte juridique, il serait contradictoire d'autoriser dans certains cas le mensonge. "Celui qui ment, si généreuse puisse être son intention en mentant, doit répondre des conséquences de son mensonge"

 

III. L'articulation politique/vérité n'a de sens qu'au regard des citoyens qui l'appréhendent

Blaise Pascal permet de mieux saisir cette question de la vérité et de la politique à travers la perception qu'en a le peuple. Dans les Pensées, il distingue 5 catégories, qui sont de la plus basse à la plus élevée : le peuple, les demi-habiles, les habiles, les dévots, et enfin les Chrétiens parfaits.

Or chaque catégorie est établie selon le dégré de crédulité des sujets vis-à-vis de la politique : ainsi le peuple croit fermement que les lois de son pays sont à peu près justes, les demi-habiles sont "déniaisés", c'est-à-dire qu'ils sont moins crédules, les habiles ont compris ce qu'ont compris les demi-habiles, mais parle comme le peuple.

C'est par l'éducation et la réflexion que les citoyens comprennent ce rapport ambigü entre politique et souci de vérité. C'est ainsi seulement par ce rapport critique qu'il peut identifier ce qui est de l'ordre de la vérité, du mensonge, et du bienfondé de cette vérité ou de ce mensonge. C'est aussi seulement par cette distance que le citoyen peut éviter les dangers et les dérives d'une politique trop éloignée de la vérité, comme le théorise Hannah Arendt : « Dans le domaine politique, où le secret et la tromperie délibérée ont toujours joué un rôle significatif, l’autosuggestion représente le plus grand danger : le dupeur qui se dupe lui-même perd tout contact, non seulement avec son public, mais avec le monde réel, qui ne saurait manquer de le rattraper, car son esprit peut s’en abstraire mais non pas son corps. »

La politique, en volant loin de l'exigence de vérité, risque de se prendre au piège elle-même. Il s'agit donc de conserver une distance critique et de maintenir éveillé sans cesse ce besoin de vérité, et ce recul entre les citoyens et la politique.

 

 

 

-> Sujets en philosophie du bac 2015

 


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