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Archives janvier 2019

Rédiger une introduction en 5 étapes facilement

Rédigé par Intégrer Sciences Po   2 commentaires   Mis à jour le  30/01/2019

Voici, étape par étape, une méthodologie pour rédiger l'introduction d'une copie de culture générale et une dissertation en général.

@Kira, lecteur du site Intégrer Sciences Po, propose de nous intéresser au sujet : La Nature a-t-elle des droits ?

5 étapes dans l'introduction :

-> 1. Prendre un exemple précis pour l'accroche (1ère phrase de l'introduction, donc du devoir) : une oeuvre littéraire, une date précise, une citation. Par exemple ici avec une citation, le devoir pourrait commencer par :
En invitant à "se rendre comme maîtres et possesseurs de la nature", René Descartes... etc


-> 2. Ensuite faire émerger un paradoxe :

"Mais cette incitation de René Descartes montre bien l'emprise qu'a la Nature sur le monde, elle impose ses droits, alors qu'à la même époque les fléaux, comme la peste, causent de profonds dégâts régulièrement."

-> 3. Puis définir les termes du sujet :
"La Nature, qui est le milieu dans lequel l'homme se développe, se cultive, aurait des droits : en l'occurrence, ensemble de..." etc

-> 4. Après la problématique : une ou plusieurs questions

"L'Homme doit-il protéger les droits de la Nature ? Ou la Nature doit-elle pouvoir imposer et laisser s'épanouir pleinement ses droits ? Les droits de la Nature entreraient-ils nécessairement en conflit avec les droits de l'Homme ?"

-> 5. Enfin l'annonce du plan. "Tout d'abord ... Ensuite ... Enfin ..."

 

Nota Bene : Eviter les pronoms "je", "nous", "on", souvent mal vus, comme dans tout le devoir.


Résumé de Mai 68, pourquoi Mai 68, et slogans

Rédigé par Intégrer Sciences Po   2 commentaires   Mis à jour le  29/01/2019

Mai 68 fut un des événements les plus importants de la Ve République. Pourquoi Mai 68 fut-il aussi déterminant dans l'évolution de la société ?

Ce résumé de Mai 68 vous permettra de mieux comprendre les enjeux de cette crise, grâce à l'étude successive des points suivants :

 

  • Pourquoi Mai 68 : résumé de la révolution étudiante
  •  Le prolongement par la crise des ouvriers - Résumé de Mai 68
  • La généralisation de la crise - Résumé Mai 68
  • Contre Mai 68, les forces de l'ordre et le gouvernement réagissent
  • Conséquences de Mai 68
  • Slogans de Mai 68

 

>> Pourquoi Mai 68 : résumé de la révolution étudiante

 

I. Les germes des événements de Mai 68

 

Les années 1960 sont tout d'abord marquées par une explosion universitaire. En 1967, ils sont plus de 500 000 étudiants, soit 2,5 fois plus qu'il y a 7 ans.

Le 2 mai, l'université de Nanterre est fermée. Les étudiants qui y protestaient décident donc de se retrouver à la Sorbonne.

Le 3 mai 1968, la cour de la Sorbonne est occupée par plus de 400 manifestants. L'évacuation de force des policiers, normalement interdite en milieu universitaire, provoque l'escalade.

Le Premier Ministre Pompidou est parti le 2 mai, et ne revient que le 11 mai. Il prend alors des mesures d'apaisement, décide la réouverture de la Sorbonne et la libération des manifestants enfermés. Mais désormais les étudiants demandent bien plus, et bien autre chose que ces simples mesures.

 

1. Mouvements et syndicats étudiants

 

L'UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) a perdu de importance entre 1960 et 1965. De 100 000 membres en 1960, ils ne sont plus que 30 000 à 50 000 membres en 1965. La proportion passe d'un étudiant sur 2 en 1960 à seulement un étudiant sur 10 en 1965. De plus, l'UNEF est privée de subvention publique en 1964.

L'Etat lui préfère la Fédération nationale des étudiants de France (FNEF), issue d'une scission avec l'UNEF en 1962, plus proche du gouvernement gaulliste.

L'UEC, Union des étudiants communistes, voudrait se soustraire de l'influence du Parti Communiste Français. (PCF)

De nombreux groupes, disparates, représentent d'autres mouvances, telles que l'extrême gauche, les trotskistes.

Le Mouvement du 22 mars trouve son origine dans l'occupation de la salle du conseil de la faculté pour protester contre l'arrestation de 5 ou 6 étudiants, après une manifestation organisée par le Comité Vietnam national, et parmi lesquels un étudiant appartenait aux JCR, Jeunesses communistes révolutionnaires.

Le Mouvement du 22 mars réunit ainsi plusieurs courants : la mouvance Jeunesses communistes révolutionnaires, les anarchistes libertaires, les pro-situationnistes*, des énervés et des inorganisés, ces derniers représentant la moitié des 142 occupants.

Il faut comprendre que la faculté de Nanterre, où commencent ces événements, est située en périphérie de Paris, où il n'y a aucun magasin ou quasi aucune activité : pas de cinéma, pas de restauration, etc. Le seul lieu où se retrouvent les étudiants est la cafétaria.

* L'internationale situationniste, IS : ce mouvement naît en 1957, après la critique des formes artistiques de l'époque. L'internationale situationniste gagne ensuite le champ politique, et remet en cause le capitalisme, la bureaucratie. Deux ouvrages majeurs, parus en 1967, marquent cette pensée : Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations, de Raoul Vaneigem, et Société du spectacle de Guy Debord.

 

2. Les symboles révolutionnaires des années 60

 

A cette époque, c'est-à-dire au début des années 60, l'anticolonialisme marque les esprits, notamment des étudiants. Cet anticolonialisme se transforme en anti-impérialisme.

La guerre du Vietnam est l'occasion de protester contre cet impérialisme. C'est aussi l'époque de l'émergence de figures internationales, symboliques de l'engagement révolutionnaire  et de nouvelles idéologies : Hô Chi Minh, Fidel Castro, Che Guevara.

 

3. Le malaise des étudiants de l'époque

 

Le PCF et la CGT sont critiqués par trois mouvances : les groupes d'extrême gauche, les situationnistes, les maoïstes.

Le pamphlet De la misère en milieu étudiant, écrit en 1966, par des membres de l'Internationale situationniste joue un rôle dans l'agitation politique de ces années.

Les rapports hommes-femmes commencent à peine à devenir un enjeu politique, à devenir une question pour la société.

Selon l'expression de l'époque, un "malaise étudiant" s'installe. Il est aussi en partie dû à la réforme des universités. Les étudiants sont à cheval entre deux lois, deux systèmes universitaires : une loi jusqu'alors sélective, et une loi de démocratisation. C'est l'accès à l'université qui est en question.

Les adolescents de l'époque s'identifient dans de nouveaux modèles de jeunesse. L'émission Salut les copains, le film Pierrot le fou réalisé par Godard en sont des exemples.

 

II. L'éclatement de la crise étudiante

 

1. Les manifestations, la 1ère nuit des barricades

 

Au cours des mois de mai et juin 1968, près de 1100 manifestations ont lieu, en seulement 43 jours.

Les modalités de manifestations sont fortement variées selon les groupes, et selon les conditions géographiques.

La 1ère nuit des barricades est la nuit qui suit la manifestation du 10 mai. Cette manifestation avait été appelée par l'UNEF et le Mouvement du 22 mars.

Des barricades sont construites rue Gay-Lussac, mais sans avoir été commandée par les organisateurs de la manifestation. En fait, les cadres organisationnels ne maîtrisent pas les événements.

Ces derniers sont relayés par les médias, en particulier les voitures radio d'Europe 1 et RTL, contribuant à la dramatisation du conflit, et à en faire un enjeu national.

Les répressions contre ce mouvement ont lieu jusqu'à 5h30 du matin. Une solidarité se crée alors entre les manfiestants, l'opinion publique, et les syndicats ouvriers.

La radicalisation du mouvement semble porter ses fruits, puisque George Pompidou, premier ministre, cède aux 3 revendications des manifestants.

 

2. Les occupations et les comités d'action

 

Les occupations de locaux par les manifestants commencent le 11 mai 1968 au centre Censier. C'est au tour de la Sorbonne le 13 mai d'être occupée, lorsqu'elle est réouverte. A la Sorbonne, le comité d'occupation qui a pris le contrôle des lieux est l'objet de luttes d'influences, parmi les différents acteurs du mouvement.

Les comités d'action sont des groupes improvisés, par opposition à la bureaucratie. Ils sont particulièrement nombreux au cours de Mai 68. Les principes défendus sont parfois d'inspiration anarchiste ou marxiste. Leur combat est antiautoritaire, pour une démocratie directe, contre la hiérarchie et les institutions.

La question devant la multiplicité de ces comités d'action est celle de la coordination. Faut-il une coordination des comités d'action ? Le Mouvement d'Action Universitaire, MAU, qui fait partie des premiers comités d'action du "3 mai" est pour une coordination, qu'ils essaient de mettre en oeuvre dès le 5 mai. Le Mouvement du 22 mars y est quant à lui opposé. Il ne veut pas créer de nouveau une coordination par le haut.

Nous sommes tous des juifs et des allemands
Nous sommes tous des Juifs et des Allemands,
slogan de Mai 68 après la menace
d'expulser Cohn-Bendit du territoire
.
Cette affiche n'a pas été publiée par les Beaux-Arts,
trouvant une connotation raciste dans l'usage du mot juif.

 

3. Pourquoi les manifestations ?

 

Les revendications des manifestants concernent presque tous les domaines :

- Dénoncer la violence de l'Etat qui les réprimande

- Inventer une université critique et populaire

- essayer de joindre le mouvement ouvrier, les professionnels en grève, et les étudiants

- supprimer la bureaucratie et les systèmes hiérarchiques

- dénoncer les manoeuvres politiques et syndicales

- critiquer le capitalisme, la société de consommation et de spectacle, l'aliénation et l'exploitation

- libérer la créativité : c'est un thème déjà avant mai 68, avec les surréalistes, et qui trouve un prolongement dans la commission Culture et créativité du Mouvement du 22 mars.

- renouveler les formes d'éducation

- supprimer les cadres sociaux bourgeois

 

>> Le prolongement par la crise des ouvriers - Résumé de Mai 68

 

Il y eut en mai et juin 1968 plus de 7 millions de grévistes. Pourtant, ce qui est une des plus importantes manifestations du siècle n'a pas eu une place proportionnelle dans les mémoires.

 

I. La continuité par la révolution

 

1. Mouvement spontané ?

 

Face à la répression policière de la 1ère nuit des barricades du 10 au 11 mai, les ouvriers avancent la grève qu'ils avaient prévue au 13 mai. C'est un succès : 1 millions de grévistes sont revendiqués par les organisateurs (contre 200 000 pour la préfecture de police), la protestation gagne les milieux professionnels.

Le déclenchement de ces grèves a pu emprunté trois voies :

Soit la grève s'est faite à l'appel du syndicat, soit elle s'est faite spontanément mais en faveur des syndicats, cas gréquent, soit la grève a été spontanée mais aussi anti-syndicale, ce qui représente un cas mineur.

Les actions dont on se souvient sont celles des occupations d'usines. Pourtant ce phénomène n'est ni nouveau, ni majoritaire en mai 68.

 

2. Négocations de Grenelle

 

Les revendications furent aussi diverses qu'il y avait de sites de mobilisation. C'est pourquoi, pour traiter la question au niveau national, il fallut un travail de nationalisation de ces revendications.

La radicalisation de la crise a lieu le 22, lors de la reprise des manifestations par les étduaiants. Le 24 mai a lieu la 2e nuit des barricades. Le 25 mai, le Premier Ministre Pompidou ouvre les négociations au ministère des Affaires sociales, rue de Grenelle. Le choix du ministère n'est pas anodin, il s'agit de montrer que les enjeux sont sociaux et non politiques, et ainsi ne pas rappeler les manifestations de 1936.

Plusieurs mesures sont prises, comme le relèvement du SMIG de 35%, la hausse générale des salaires de 10%, en deux temps, et des mesures en faveur de la représentation générale. Cependant, les grévistes refusent ces conclusions lorsqu'elles leur sont présentées le 27 mai.

 

II. La pluralité des situations d'usine

 

1. Les particularités de chaque situation

 

Pour une part des grèves, il s'agissait en fait de profiter du mécontentement général, de la conjecture nationale, pour obtenir ce qu'ils n'avaient pu obtenir lors des précédents conflits. De fait, les situations locales sont relativement indépendantes les unes des autres.

Cette opposition entre le mouvement général et les particularités de chaque situation se retrouve aussi aux niveaux municipaux, départementaux, et même régionaux.

Les particularités se retrouvent même d'une usine à l'autre  au sein d'une même firme. L'usine Billancourt de Renault est un bon exemple en ce sens. Selon la région, les usines n'ont pas les mêmes revendications.

Cependant, en ce qui concerne les usines du secteur automobile, les manifestations suivent aussi le rythme de mai et juin 1968, elles sont au coeur en effet des stratégies des acteurs nationaux.

 

2. Les ouvriers se radicalisent

 

La radicalité ouvrière peut être découverte au prisme des grèves qui ont eu lieu dans les sites de Peugeot-Sochaux et Citroën-Javel.

Lors de la reprise des activités après la guerre, dans le cas de Peugeot-Sochaux, de nombreuses formes de violences et de brutalités sont recensées que ce soit contre les grévistes ou les non-grévistes.

Cependant dans ces usines une majorité de travailleurs n'a pas participé. Ils représentent pourtant une part importante des travailleurs, et par conséquent leur comportement est difficilement prévisible. C'est une population qui a suivi de loin les événements, liée à davantage d'autonomie dans leur profession et à une moindre "usinisation" selon l'expression de Bourdieu : les recrutements massifs opérés ont pour conséquence une moindre adhésion des recrutés.

Les nouveaux ouvriers, et les jeunes ouvriers fragilisent l'autorité des responsables, et sont plus sensibles à la radicalisation politique.

 

3. Les cloisons entre les groupes sociaux

 

Il n'y a pas de superposition entre les ouvriers et les syndicats. Sur le site Renault-Flins, tout est fait pour éviter la vitalité syndicale.

Mai 68 se caractérise aussi par la mobilisation de foyers improbables : des foyers conservateurs, mais aussi des foyers peu industralisés.

Les nouveaux acteurs de ces événements sont les OS : ouvriers spécialisés, et les immigrés. Les femmes ouvriers ont aussi un rôle en mai et juin 1968.

L'article de George Marchais pour L'Humanité, daté du 3 mai, a accrédité l'idée d'un rendrez-vous manqué entre les étudiants et les ouvriers, c'est-à-dire qu'ils n'auraient pas su unir leur force. Cela est pourtant faux à une échelle plus fine, davantage locale, où on observe que la rencontre a bien eu lieu.

Mai 68 a aussi pour effet d'accélérer le desserrement des cloisons sociales.

L'insubordination des nouveaux ouvriers, des jeunes ouvriers, est liée à une double évolution : la mutation antérieure du scolaire, et la transformation du recrutement ouvrier induite par la décentralisation industrielle.

 

>> La généralisation de la crise - Résumé Mai 68

 

La critique émanant de Mai 68 porte à la fois un esprit anti-autoritaire, et proteste contre la division verticale du travail ainsi que la division sociale horizontale.

 

I. Les professions artistiques

 

Les écrivains sont à l'avant-garde. Les hiérarchies y sont bousculées.

Concernant les architextes, l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts est un haut lieu de la contestation. Le décret Malraux le 6 décembre 1968 met fin à l'école unique parisienne qui contrôlait les écoles régionales.

L'occupation du théâtre de l'Odéon a lieu le 15 mai 1968, qui demeurait pourtant un symbole intouchable. Le lien entre théâtre et politique est repensé, les lieux servent la cause politique, et une remise en cause est faite des fondements de la décentralisation culturelle. La Déclaration de Villeurbanne s'insurge contre l'illusion et la mystification de la démocratisation culturelle : illusion parce qu'il subsite un "non-public", et mystification parce que seuls les textes classiques y sont joués, ce qui contribue à la culture bourgeoise.

 

II. Les autorités et la religion

 

Les magistrats sont concernés par la critique et les crises de reproduction. Le syndicat de la magistrature est créé le 8 juin 1968. Il s'agit pour ce syndicat d'alerter sur les effets sociaux des projets de lois, tout en tissant des liens avec les centrales ouvrières. Sont véhiculées des idées contre la hiérarchie et la bureaucratie. C'est aussi dans ces corps de métiers la rencontre entre deux générations.

La contestation vise de même la répartition hiérarchisée du savoir médical et la division sociale du travail sanitaire, représentée par l'opposition entre infirmières-techniciens-auxiliaires et médecins savants. Ces deux critiques sont mensées par le Centre national des jeunes médecins, créé en 1964, et le Comité d'action de santé.

La critique porte également sur la structure sanitaire : la population ne serait maintenue en état de travaille que pour produire et consommer.

 

Concernant la religion, les chrétiens ne participent que de manière limitée et mineure à mai 68. Toutefois, le poids des chrétiens engagés de mai 68 est plus important au sein même de l'Eglise. Jusqu'au 21 mai 68, il s'agit de justifier évangéliquement le devoir d'action. Le 21 mai 1968, un "appel aux chrétiens" est publié dans Témoignage chrétien, qui recueille la signature de nombreux protagonistes.

Les changements revendiqués par mai 68 sont portés davantage par les jeunes chrétiens contestataires et les jeunes séminaristes. Ceux-ci remettent en cause les liens hiérarchiques au sein de l'Eglise. L'évêque de Paris Mgr Marty a cette formule "Dieu n'est pas conservateur", qui compte tenu des implications qui peuvent en être tirées, fait parler en cette période. Le souffle nouveau de mai 68 est analysé alors dans la continuité de l'aggiornamento de Vatican II.

 

III. Le "rire de Mai" (expression de Pierre Bourdieu)

 

Mai 68 est l'occasion pour plusieurs catégories de personnes de faire entendre leur voix. C'est d'abord le cas de L'Union générale des aveugles et grands infirmes, et plus généralement des malades ; c'est ensuite le cas des immigrés. Michel de Certeau dit de Mai 68 : "on a pris la parole comme on a pris la Bastille en 1789".

Mai 68 est aussi un soulèvement général contre la finitude du monde social. Le mouvement met en cause plusieurs rapports : légitime/illégitime, normal/déviant, possible/iimpossible, gouvernants/gouvernés. Dans ce dernier rapport, c'est tous les rapports de domination qui se jouent aussi : responsables syndicaux/travailleurs, décideurs/exécutants, créateurs/consommateurs, etc.

Pour K. Ross, c'est une "fuite face aux déterminations imposées par la société".

L'égalité est une valeur érigée contre l'autorité. Cette égalité transparaît dans le droit de parole accordé dans les comités d'action à chacun, dans la rencontre non-condescendante entre étudiants et ouvriers, dans les rapports des malades avec les personnes non-malades, des profanes avec les bons chrétiens.

 

>> Contre Mai 68, les forces de l'ordre et le gouvernement réagissent

 

I. Maintenir l'ordre

 

Avant Mai 68, les forces de l'ordre ont été pourvus de nouveaux armements dans le contexte de la répression contre les communistes dans les années 50, puis contre l'OAS au début des années 60. La sauvagerie policière risque de raviver le souvenir du drame du métro Charonne.

Pourtant, la violence policière est relative, même faible en comparaison de ce qui se passait lors de la guerre d'Algérie : l'objectif est la mise à distance, l'évitement du corps à corps.

Les dérapages qui ont pu avoir lieu ne sont jamais le résultat de consignes, d'une intention coordonnées, mais des relâchements par rapport aux liens hiérarchiques de la part des policiers.

Il est difficile alors de contrôler la multiplicité des forces sur le terrain, qui sont composés de plusieurs corps de l'Etat, et pas seulement de la police. Le gouvernement fait même semblant lors de mai 68 d'envisager l'intervention de l'armée.

 

Le flou au sommet de l'Etat n'aide pas à la résolution du conflit et à l'action des forces. Deux stratégies s'opposent : celle de Pompidou, premier ministre, qui est favorable à une dépolitisation du conflit, pacifique. Et celle du général De Gaulle, qui voudrait politiser la crise et en sortir par la mise en valeur du charisme de la personne présidentielle.

Ce n'est pas tant ce flou qui complique le contrôle des manifestations, mais surtout sa publicité, c'est-à-dire lorsque le public prend conscience de ces divergences au plus haut de l'Etat. Le préfet de police note un peu ne recevoir que très peu voire aucune consigne consigne entre le 2 et le 11 mai.

 

II. Les soutiens

 

Des soutiens s'organisent aussi en faveur du gouvernement.

L'extrême droite organise des défilés et des meetings à Paris.

Les Comités de défense de la République, créés à l'occasion, veulent soutenir l'action présidentielle, tandis que la contre-révolution se réunit aussi autour du gaulliste Jacques Baumel.

Il faut aussi compter la mobilisation de la FNEF, rivale de l'UNEF. Les intellectuels de droite s'engagent en faveur du gouvernement.

Ce dernier prépare une ligne de défense rhétorique, et fait des parallèles entre le mouvement de mai 68 et la mémoire de l'Occupation, ainsi qu'avec la guerre civile.

De Gaulle annonce le 30 mai dissoudre l'Assemblée nationale. Une grande manifestation s'organise le 30 mai 1968 : environ 400 000 personnes défilent à Paris. 83 autres manifestations ont lieu dans les autres départements en trois jours.

 

Les médias constituent un enjeu important de cette réaction. Le 23 mai, les radios périphériques sont privées du droit d'utiliser les fréquences qui leur avaient été attribuées.

A cette époque, la France compte 8 millions de postes de télévision. C'est dire l'importance de l'ORTF, qui couvre les événements de mai 68, mais de façon très partiale, en faveur du gouvernement.

C'est pour ces problèmes d'objectivité qu'une grève est organisée dans le personnel le 17 mai, et une autre des journalistes le 25 mai, qui échouent toutes deux au bout du compte.

 

III. La gauche

 

La FGDS, Fédération de la gauche démocrate et socialiste, regroupe à la fois la SFIO, le parti radical et la Convention des institutions républicaines. Or la FGDS est toujours en décalage lors de cette crise de mai 68. Il n'est d'aileurs pas rare qu'elle soit comptée comme un des auxiliaires bourgeois.

A cet égard, François MItterrand, un an après les événements, analyse l'idéologie des étudiants leaders comme "du Poujade savant".

Le SFIO se rapproche du légalisme, tandis que la CIR développe des liens intéressés avec le mouvement étudiant. Les rapports avec le PCF sont ceux d'associés mais rivaux à la fois.

François Mitterrand cherche à capter le mécontentement à son profit, mais c'est un échec : à la fin du mois de juin 1968, la FGDS a perdu la moitié de ses électeurs.

 

Le PCF essaie tant bien que mal de maîtriser le mouvement, qui se développe sans son impulsion. Tandis que Georges Marchais dénonce le 3 mai "l'anarchiste allemand Cohn-Bendit" et les "faux révolutionnaires", le 7 mai le PCF reconnaît la "légitimité du mouvement étudiant".

En fait, le PCF cherche au long de la crise de mai 68 à garder un lien minimal avec le mouvement, tout en en réduisant la portée et l'impact. Ces hésitations politiques ne sont pas sans causer des contestations au sein même du PCF sur la conduite à tenir.

 

>> Conséquences de Mai 68

 

I. Le retour au jeu politique

 

Le charisme présidentiel, incarné par De Gaulle, se transforme après mai 68 en gaullisme partisan. Le prestige de la personne présidentielle a perdu de son éclat.

Pompidou à l'occasion de la crise de Mai 68 prend de l'importance vis-à-vis de De Gaulle. Il revient le 12 mai, prononce un discours salué le 14 mai à l'Assemblée nationale,

Il existe alors plusieurs interprétations pour comprendre la disparition de De Gaulle à Baden Baden le 29 mai, que ce soit pour vérifier ses soutiens militaires, ou pour se mettre en retrait de la vie politique.

De Gaulle ne voit pas d'un bon oeil l'ascension de Pompidou, et le remplace par Couve de Murville. Le référendum d'avril 1969 sur la réforme des régions et la transformation du Sénat, où le non sort victorieux, entraîne le retrait de De Gaulle.

 

II. L'analyse de Mai 68

 

Mai 68 fut pour Bourdieu un moment où fut suspendu l'adhésion à l'ordre établi. La découverte de l'arbitraire, qui fondait l'ordre établi, provoque un moment inouï, où les hommes prennent conscience de cet arbitraire et décident d'en sortir, ou du moins de le suspendre

Deleuze et Guattari écrivent quant à eux que "Mai 68 n'a pas eu lieu", c'est-à-dire que "la société française a montré une radicale impuissance à opérer une reconversion subjective au niveau collectif, telle que l'exigeait 68".

Si Mai 68 était bien ce moment où l'arbitraire avait été contesté, alors l'échec de Mai 68, son refoulement, seraient à comprendre comme le retour à la doxa, c'est-à-dire un retour à l'ordre établi, sans remise en cause.

Dans un entretien publié en 1988*, Cohn-Bendit analyse en ces termes Mai 68 : "Par sa forme, c'est le premier mouvement moderne des sociétés industrielles avancées et dans son expression, c'est la dernière révolte révolutionnaire du passé. Les deux aspects sont mélangés. Je crois que 1968 a fondamentalement annoncé toutes les révoltes qui poussent vers l'autonomie, la société civile des individus, et la transformation complète de la société !"
 

Interrogé sur les résultats de Mai 68, il ajoute notamment : "C'est, par exemple, les catholiques qui n'écoutent pas le Pape quand il parle de contraception", et sur ce qui reste de Mai 68 : "ce que mai 68 a engendré : le mouvement écologiste, le mouvement des femmes, la sensibilité anti-totalitaire".

 

* Dreyfus-Armand Geneviève, Cohn-Bendit Daniel. Le mouvement du 22 mars. Entretien avec Daniel Cohn-Bendit. In: Matériaux pour l'histoire de notre temps. 1988, N. 11-13. Mai-68 : Les mouvements étudiants en France et dans le monde. pp. 124-129.

 

>> Slogans de Mai 68

 

Métro, boulot, dodo.

Nous ne voulons pas d’un monde où la certitude de ne pas mourirde faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui.

Élections, piège à cons.

Imagine.

Il est interdit d'interdire.

L'ennui est contre-révolutionnaire.

L'imagination prend le pouvoir !

Non à l'Etat policier !

Même si Dieu existait, il faudrait le supprimer.

ORTF : La police vous parle tous les soirs à 20 heures.

On achète ton bonheur. Vole-le.

Tout est politique.

Prenez vos désirs pour la réalité.

Soyez réalistes, demandez l'impossible.

 

-> 50 citations qui ont marqué l'histoire du XXe siècle

-> Toute l'histoire du XIXe siècle en fiches


7 Clés pour Lire 10 Fois Plus Rapidement et Plus Efficacement

Rédigé par Intégrer Sciences Po   1 commentaire   Mis à jour le  27/01/2019

Un des secrets les mieux gardés des personnes à succès : la LECTURE RAPIDE ! Pourquoi ces personnes à succès ne vous en parlent pas ?

C'est souvent parce qu'elles ne s'en rendent même pas compte ! C'est devenu un tel réflexe, une telle habitude, qu'elles ne pensent même plus à la façon dont elles lisent qui les rend si efficaces.

Pourquoi apprendre à lire rapidement ?

Il y a déjà les avantages de la lecture : apprendre, développer énormément sa culture, être cultivé, enrichir son orthographe/grammaire/vocabulaire, développer sa mémoire, réflechir plus que les autres, fortifier sa mémoire.

Il y a ensuite les avantages de la lecture rapide : une histoire, pour qu'elle soit intéressante... il faut rentrer dedans. Les premières pages sont souvent les plus terribles, et on décroche rapidement. L'avantage de la lecture rapide c'est que vous ne vous ennuirez plus. Vous serez accrochés à ce train à grande vitesse, et vous ne pourrez plus en descendre tellement vous aimerez cela.

Vous serez beaucoup plus vite plongés au cœur de l'histoire, là où tout devient enfin intéressant : là où se trouvent les plus beaux paysages, les plus belles scènes, les plus belles réflexions. Vous n'aurez plus l'impression de perdre du temps, et au contraire vous aimerez être aussi efficace, vous voudrez lire plus, et encore plus, apprendre encore davantage.

Si vous êtes à court d'histoires, vous ne savez pas par quoi commencer : la bonne nouvelle dans notre monde c'est que des siècles et des siècles d'écrivains et de penseurs ont consacré toutes leurs vies à produire le meilleur, à transmettre ce qu'ils avaient de meilleurs pour vous. Voici une compilation de ces ouvrages avec lesquels vous pouvez apprendre la lecture rapide. Soyez donc curieux et profitez de ce trésor, vous avez vraiment de la chance de vivre au XXIe siècle. Allez, maintenant c'est parti pour apprendre à lire rapidement et efficacement !
 

>> Lisez moins - vous lirez MIEUX



1. Lisez seulement ce qui vous plaît

Votre professeur vous a dit de lire tel livre en entier, de la première à la dernière page, de la première à la dernière ligne. Ne l’écoutez pas.

Votre ami vous a conseillé de lire cet article du Monde, du Figaro ou de Libération en entier pour avoir votre avis. Ne l’écoutez pas.

Vos parents vous ont dit que pour comprendre un document, il faut lire chaque lettre, chaque mot. Ne les écoutez pas.


Lisez seulement ce qui vous plaît ! De toute façon, c’est ce que vous faites déjà. Peut-être que vous ne vous en rendez pas compte, mais un exemple très parlant pour l’habitué d’internet ou des réseaux sociaux, c’est de prendre conscience comment vous traitez une page internet.

Lorsque vous consultez votre fil facebook, vous vous rendrez compte que vous ne lisez pas toutes les publications qui vous sont présentées. Vous ignorez déjà instinctivement les publicités, les menus sur les côtés. Vous ignorez les textes qui vous paraissent trop longs. Au mieux, vous lisez les premiers mots, et si vous sentez que ce ne sera pas intéressant, vous zappez. C’est bien.

Lorsque vous consultez les résultats d’une page Google, vous cherchez immédiatement le premier et le second lien. Les plus habitués éviteront également les liens publicitaires qui sont au sommet de la page. Et lorsque vous vous intéresserez au lien, vous ne lirez même pas tout ! Vous accrocherez votre regard sur un ou deux mots qui ressortent, souvent les mots clés que vous cherchez, ceux que Google ont mis en gras. Si jamais vous n’êtes pas encore sûr qu’il vous sera bénéfique de cliquer, vous plongez votre regard au milieu de la description du site, juste en dessous du lien. Seulement si vous voulez encore plus d’informations, vous lirez toute la description, sinon vous passerez au lien suivant et répéterez le même processus.

Un test très simple : si vous avez accroché sur ce mot en gras, et que vous avez parcouru que très rapidement le gros paragraphe ci-dessus, c’est que vous faites déjà le job de lire ce qui vous plaît. Si vous avez lu l’intégralité du paragraphe ci-dessus, c’est que vous aviez envie de bien comprendre ce que nous voulions dire, parce que vous savez que c’est important. Ou alors, vous auriez déjà zappé.

Notre premier conseil est donc simplement un encouragement, il est là juste pour vous rassurer : ne lisez pas tout, et continuez à lire ce qui vous plaît : c’est ce qui vous rendra productif dans votre lecture.
 

2. Lisez seulement le plan, l’introduction et la conclusion

C’est là que réside tout ce que l’auteur veut vous transmettre comme message. C’est dans le plan de l’ouvrage, c’est-à-dire les titres des chapitres, les titres des parties, et dans l’introduction et la conclusion que l’auteur fait ses transitions, qu’il met en articulation sa pensée.

Un test très simple : si avant de lire cette phrase, vous connaissez déjà quels sont les points qui vont être traités après, parce que vous avez déjà parcouru rapidement les titres, c’est très bien. Si vous ne l’avez pas encore fait, vous pouvez le faire maintenant.

Cette technique vous sauvera beaucoup de temps pour comprendre une idée, pour comprendre un article, pour comprendre un livre entier. Si vous connaissez déjà les points par lesquels l’auteur va passer, vous avez en tête la structure. Vous avez la vue d’ensemble.

A moins que vous ne lisiez un roman pour le plaisir, auquel cas il est toujours plus intéressant de suivre pas à pas l’histoire, il est toujours bien plus intéressant de connaître tout de l’histoire, d’avoir le plan général en tête, et seulement après de préciser, de rentrer dans les détails, que vous pourrez rattacher à la structure calmement.

C’est comme un puzzle dont vous auriez déjà le cadre, il est beaucoup plus facile ensuite de le remplir.

L’important, ça reste toujours notre règle n°1 : lisez ce qui vous plaît. Si donc une introduction vous paraît trop brouillon, trop longue, allez plus vite et ignorez.

Il s’agit simplement de bien prendre conscience que c’est seulement grâce à la structure du livre, ou de n’importe quel document, que vous pourrez en faire une lecture rapide et efficace. De plus, cela vous permettra d’identifier quels chapitres ou quelles parties sont les plus intéressantes pour vous, celles qui vous intéressent, celles qui vous plaisent.
 

3. La règle des 80/20

En résumant brièvement, la règle des 80/20 veut que 20% du livre correspond à 80% de ce qu’il faut savoir d’un article / d’un livre / d’un journal.

Concentrez-vous sur les 20%. Cette idée rejoint encore nos précédents points : concentrez-vous sur l’essentiel. Tout le travail consiste donc à identifier rapidement quels sont les points essentiels, où sont les 20% qui représentent 80% de l’intérêt du livre.

C’est pourquoi nous vous conseillions de lire à tout prix et en premier lieu les titres, de chapitres ou de parties, parce que ce sont eux qui concentrent la plus grande partie de ce qu’il vous faut retenir.

Pour plus d’informations, vous pouvez lire le point n°10 de notre article sur la productivité.

 

>> Mettez-vous sous pression

 

4. Utilisez un minuteur

Peut-être que vous ne vous en croyez pas encore capable, mais vous pouvez lire 10 fois plus vite que vous ne le faites dès maintenant.

Un moyen très simple d’arriver à votre véritable vitesse de lecture potentielle, c’est de vous en donner l’objectif et de vérifier vos performances. Croyez en vous, vous avez cette ressource en vous, c’est simplement que vous ne l’avez jamais mis à profit !

Du moins jusqu’à maintenant, car dorénavant, vous aurez votre minuteur à côté de vous lorsque vous lirez. Vous pouvez par curiosité calculer en combien de temps vous lisez d’habitude. C’est très simple, il vous suffit de prendre un livre, d’enclencher le chronomètre, de lire une cinquantaine de pages. A la fin, faites les comptes : en combien de temps avez-vous lu une page ? Calculez combien de mots il y a dans n’importe quelle page : combien de temps vous faut-il en moyenne pour lire 10 mots ?

En lisant 50 pages, vous aurez un échantillon suffisamment large pour déterminer votre vraie vitesse de lecture. Maintenant, divisez votre score par 2 : c’est le temps que vous vous accorderez pour lire les 50 prochaines pages ! Vous croyez que c’est impossible ? Détrompez-vous, enclenchez votre minuteur, et lisez ! Vous serez surpris de la qualité de vos résultats.


Pour plus d’informations, vous pouvez lire le point n°2 de notre article sur la productivité.
 

5. Votre meilleur allié : l’auto-scroll

Les plus fins lecteurs et amateurs de nouvelles technologies connaîtront cette fonction : l’auto-scroll. Proposée dans les plus récentes applications, notamment de smartphone, elle consiste tout simplement à faire défiler la page pour vous, sans que vous n’interveniez.

Généralement, c’est présenté comme un rideau qui tombe sur la page en cours et qui vous force à accélérer votre lecture. Ayez les yeux plus gros que le ventre et fixez-vous un objectif élevé. Chaque page se tournera, ou défilera, ou disparaîtra, selon vos réglages, plus vite que vous ne pouvez la lire. Ce n’est pas grave. Vous vous habituerez très vite à lire ainsi, de manière beaucoup plus rapide. Vous vous concentrez spontanément sur les éléments les plus importants.

Si vous lisez de manière plus traditionnelle, sur des livres, des vrais, et vous pensez que ce système est inapplicable, détrompez-vous ! Vous serez vous-même votre propre bourreau, et nous comptons sur vous pour être impitoyables.

Il suffit de vous munir d’une baguette (un crayon ou un stylo fins peuvent faire l’affaire) et c’est votre main qui donne le rythme : faites défiler plus vite que vous ne lisez !

Notre méthode préférée, c’est de remplacer la baguette par un rectangle de papier, vous pouvez par exemple utiliser votre marque page (ou tout simplement placez votre baguette à l’horizontale sur la page). L’avantage est que ce carton couvre toute la largeur de la page, et vous n’avez qu’à faire défiler verticalement.

Votre vitesse de lecture sera décuplée grâce à ce tuteur, car l’auto-scroll, ou pour les plus francophones d’entre nous disons le défilement automatique, vous forcera de manière radicale et sans pitié à le suivre, plus vite, plus vite et encore plus vite. Au début, ce sera difficile, nous ne vous le cachons pas. Ca deviendra beaucoup plus facile au bout d’une dizaine de minutes, et même : ce sera addictif ! Vous ne pourrez plus vous en passer, tant vous aurez l’impression de perdre du temps, quand rien ne vous force à vous presser.
 

>> Comprenez ce que vous lisez

 

Grâce aux étapes précédentes, vous avez déjà toutes les techniques pour vous forcer et réussir à lire plus vite. Il reste simplement à vous assurer que vous comprenez bien ce que vous lisez. Vous serez heureux d'apprendre que tout le travail est déjà fait : désormais, il ne s'agit plus que de faire confiance à votre cerveau sur deux points.

 

6. Votre cerveau sait déjà organiser et arranger


Lorsque vous lisez rapidement, en diagonale, en piquant ça et là des mots, vous pouvez légitimement vous poser la question : est-ce qu’il est vraiment possible de comprendre une phrase si on ne lit pas intégralement le sujet, le verbe, et les compléments ?

La réponse est scientifique, prouvée et reprouvée : OUI, vous comprendrez même plus vite !

Il est un test que vous avez peut-être déjà eu l’occasion de passer, c’est celui des lettres dans le désordre. L’être humain est capable de lire n’importe quel mot même si ses lettres sont dans le désordre ! Etonnant n’est-ce pas ? Et pourtant vrai !

Par exemple essayez de lire cette phrase :

Bnjuoor, ej vuex povoiur lrie plsu ramepepidnt n’iormpte equl teetx !

Si vous avez réussi à décrypter cette phrase, bravo ! La raison pour laquelle notre cerveau peut comprendre un mot même si ses lettres sont dans le désordre, c’est parce qu’il envisage les phrases de manière générale, tous les mots d’un coup, toutes les lettres d’un coup, et non pas lettre par lettre.

Et voici une bonne nouvelle : c’est exactement la même chose pour un livre entier, pour des paragraphes entiers, et pour des phrases entières !

Par exemple, si votre regard accroche sur cette série de mots :

nucléaire - a décidé - difficultés - Allemagne - 2% - dégâts - pollution - réduira

Dans cette série, vous n’avez aucun article, aucun adjectif, aucun complément de temps, de lieu, etc. Alors, impossible de comprendre ce que vous lisez ?

Grâce à quelques mots éparpillés, pris ça et là, vous pouvez déjà deviner que l’Allemagne se sent concernée par le problème du nucléaire !

C’est encore plus facile à devenir quand vous avez déjà lu 10 chapitres sur la question de l’environnement, et que vous en êtes au chapitre Europe !

Alors faites vous confiance, et soyez un détective de la lecture : avec seulement quelques indices, vous serez capables de comprendre tout ce que vous lisez.
 

7. Lisez instantanément, comprenez instantanément, et gagnez la compétition sur votre voix

Vous aurez donc compris qu’il vaut mieux lire des grands ensembles, plutôt que lettre par lettre. Votre regard doit se fixer sur un groupe de mots et aussitôt sauter sur un autre groupe de mots. C’est ça qu’on appelle lire !

Si vous voulez aller encore plus rapidement, alors vous devez vous assurer que vous ne lisez pas pour vous-mêmes ces groupes de mots. OK, cette phrase est difficile à comprendre, alors on va mieux expliquer.

Imaginez-vous raconter une histoire à un bébé. Vous lisez mot par mot, à voix haute, la page.
Imaginez-vous maintenant raconter cette même histoire à vous même, mais cette fois-ci non pas à voix haute, mais en disant les mots dans votre tête, un par un.
Imaginez comment vous lisez ces mots, avec quelles intonations : accentuez certains mots plutôt que d’autres.

Essayez par exemple avec ce que vous êtes en train de lire à ce moment précis, cet article sur la lecture rapide. Imaginez dire cette phrase à quelqu’un en accentuant sur certains mots plutôt que d’autres.

Eh bien, tout cela, c’est lire mot par mot, presque à « voix haute » dans votre esprit. Il va falloir faire disparaître cette voix, car elle vous fait perdre beaucoup de temps. Rien que de prononcer les mots, que ce soit à quelqu’un d’autre, à un bébé, ou à vous-même, dans votre tête, c’est une perte de temps.

En fait, le cerveau comprend beaucoup, beaucoup plus rapidement que vous ne parlez ! Et oui, vous pouvez être admiratif de votre cerveau, car il est super efficace, et avant même que vous ayez le temps de le dire, il a déjà tout enregistré !

Vous devez donc vous empêcher de lire et de prononcer mot par mot ce que vous lisez. Comment ?

Eh bien vous allez rire : le meilleur moyen pour réussir à capturer le sens de ce que vous lisez sans même avoir besoin de le prononcer, de vous le dire : c’est de lire plus vite ! Vous êtes donc déjà sur la voie !

Vous avez bien lu, lisez plus vite et la petite voix de votre esprit qui vous racontait les histoires disparaîtra. Elle fera place à une lecture bien plus puissante et plus rapide : celle de la compréhension instantanée !

C’est donc une course : lisez plus vite que vous n’avez le temps de le dire, et vous n’aurez aucun problème, vous irez aussi vite que le peut votre cerveau, et c'est ce qu'on peut vous souhaiter de mieux.



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