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"Ich bin ein Berliner" Kennedy, explication, traduction, discours entier, Plantu et vidéo

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 23 janvier 2019

Toutes les explications sur la formule « Ich bin ein Berliner ». D'abord l'explication du contexte et pourquoi cette expression.

Ensuite un point pour savoir si le Berliner est un beignet, erreur de Kennedy, ou bien le Berlinois.

Puis la traduction du discours intégral « Ich bin ein Berliner », suivi de l'intégralité du discours original, en anglais.

Un retour sur la caricature de Plantu parue dans Le monde à l'occasion de la chute du mur de Berlin.

Enfin la vidéo du discours « Ich bin ein Berliner », prononcé par Kennedy.

 

>> Ich bin ein Berliner : explication

 

John F. Kennedy prononce la formule « Ich bin ein Berliner » au cours de son discours à Berlin-Ouest le 26 juin 1963.

La capitale Berlin était alors séparée en effet séparée entre Berlin-Ouest et Berlin-Est.

Berlin-Ouest avait trois zones : une française, une anglaise, une américaine. Berlin-Est était communiste.

L'impact de ce discours, symbolisé par la formule « Ich bin ein Berliner » a été considérable durant cette période de la guerre froide. En affirmant qu'en tant que citoyen libre, il était fier de pouvoir dire "Je suis un Berlinois", le Président américain Kennedy montrait tout son soutien à la ville, enclavée dans l'Allemagne de l'Est communiste (nommée RDA : République démocratique allemande).

Posté au balcon de l'hôtel de ville de Schöneberg, non loin du mur de Berlin, Kennedy prononce ce discours devant une foule en liesse (voir vidéo ci-dessous).

 

>> Ich bin ein Berliner : erreur ?

Ich bin ein Berliner - Kennedy

« and therefore, as a free man, I take pround in the words
"Ich bin ein Berliner" » - John F. Kennedy

 

Etait-ce une erreur grammaticale de dire « Ich bin ein Berliner » ?

Coupons court aux rumeurs : « Ich bin ein Berliner » était bien correct.

Certains ont pu dire que la formule était un incorrecte, car « Berliner » désignait aussi un beignet en Allemagne. Les Allemands disent aussi plus spontanément « Ich bin Berliner ».

Mais les deux phrases sont bien correctes en allemand, tout comme en français l'on peut dire : « Je suis Berlinois » et « Je suis un Berlinois », « Je suis Français » et « Je suis un Français ».

 

>> Ich bin ein berliner : traduction

 

« Je suis fier d’être venu dans votre ville, invité par votre bourgmestre régnant. Votre bourgmestre symbolise aux yeux du monde entier l’esprit combattant de Berlin Ouest. Je suis fier d’avoir visité la République fédérale avec le chancelier Adenauer qui a depuis tant d'années engagé l'Allemagne dans la démocratie, la liberté et le progrès, et de venir ici en compagnie de mon compatriote américain le Général Clay, qui fut dans cette ville durant ses pires moments de crise et reviendra s'il en était un jour besoin.
Il y a deux mille ans, la fierté suprême était de dire : "civis Romanum sum". Aujourd'hui, dans le monde de la liberté, la fierté suprême est de dire : "Ich bin ein Berliner".
Je remercie mon interprète d'avoir traduit mon allemand !

Il ne manque pas de personnes au monde qui ne veulent pas comprendre ou qui prétendent ne pas vouloir comprendre quel est le litige entre le communisme et le monde libre. Qu’elles viennent donc à Berlin. D’autres prétendent que le communisme est l’arme de l’avenir. Qu’ils viennent eux aussi à Berlin. Certains, enfin en Europe et ailleurs, prétendent qu’on peut travailler avec les communistes. Qu’ils viennent donc ceux-là aussi à Berlin.

Notre liberté éprouve certes beaucoup de difficultés et notre démocratie n’est pas parfaite. Cependant nous n’avons jamais eu besoin, nous, d’ériger un mur pour empêcher notre peuple de s’enfuir. Je ne connais aucune ville qui ait connu dix-huit ans de régime d’occupation et qui soit restée aussi vitale et forte et qui vive avec l’espoir et la détermination qui est celle de Berlin-Ouest.

Le mur fournit la démonstration éclatante de la faillite du système communiste. Cette faillite est visible aux yeux du monde entier. Nous n’éprouvons aucune satisfaction en voyant ce mur, car il constitue à nos yeux une offense non seulement à l’histoire mais encore une offense à l’humanité.

La paix en Europe ne peut pas être assurée tant qu’un Allemand sur quatre serra privé du droit élémentaire des hommes libres à l’auto-détermination. Après dix-huit ans de paix et de confiance, la présente génération allemande a mérité le droit d’être libre, ainsi que le droit à la réunification de ses familles et de sa nation pacifiquement et durablement. Vous vivez sur un îlot de liberté mais votre vie est liée au sort du continent.

Je vous demande donc de regarder par-dessus les dangers d’aujourd’hui vers les espoirs de demain, de ne pas penser seulement à votre ville et à votre patrie allemande, mais d’axer votre pensée sur le progrès de la liberté dans le monde entier.

Ne voyez pas le mur, envisagez le jour où éclatera la paix, une paix juste. La liberté est indivisible et, tant qu’un seul homme se trouvera en esclavage, tous les autres ne peuvent être considérés comme libres. Mais quand tous les hommes seront libres, nous pourrons attendre en toute conscience le jour où cette ville de Berlin sera réunifiée et où le grand continent européen rayonnera pacifiquement.

La population de Berlin-Ouest peut être certaine qu’elle a tenu bon pour la bonne cause sur le front de la liberté pendant une vingtaine d’années. Tous les hommes libres, où qu’ils vivent, sont citoyens de cette ville de Berlin-Ouest et pour cette raison, en ma qualité d’homme libre, je dis : Ich bin ein Berliner.
»

John Fitzgerald Kennedy (1917–1963), le 26 juin 1963, balcon de l'hôtel de ville de Schöneberg, Berlin-Ouest

 

 

>> Ich bin ein berliner : discours entier

 

I am proud to come to this city as the guest of your distinguished mayor, who has symbolized throughout the world the fighting spirit of West Berlin. And I am proud to visit the Federal Republic with your distinguished chancellor, who for so many years has committed Germany to democracy and freedom and progress, and to come here in the company of my fellow American, General Clay, who has been in this city during its great moments of crisis and will come again if ever needed.
Two thousand years ago, the proudest boast was "civis romanus sum." Today, in the world of freedom, the proudest boast is "Ich bin ein Berliner."
I appreciate my interpreter translating my German!
There are many people in the world who really don't understand, or say they don't, what is the great issue between the free world and the communist world. Let them come to Berlin. There are some who say that communism is the wave of the future. Let them come to Berlin. And there are some who say in Europe and elsewhere we can work with the communists. Let them come to Berlin. And there are even a few who say that it is true that communism is an evil system, but it permits us to make economic progress. Lasst sie nach Berlin kommen. Let them come to Berlin.
Freedom has many difficulties and democracy is not perfect, but we have never had to put a wall up to keep our people in, to prevent them from leaving us. I want to say, on behalf of my countrymen, who live many miles away on the other side of the Atlantic, who are far distant from you, that they take the greatest pride that they have been able to share with you, even from a distance, the story of the last 18 years. I know of no town, no city, that has been besieged for 18 years that still lives with the vitality and the force and the hope and the determination of the city of West Berlin. While the wall is the most obvious and vivid demonstration of the failures of the communist system, for all the world to see, we take no satisfaction in it, for it is, as your mayor has said, an offense not only against history but an offense against humanity, separating families, dividing husbands and wives and brothers and sisters, and dividing a people who wish to be joined together.
What is true of this city is true of Germany--real, lasting peace in Europe can never be assured as long as one German out of four is denied the elementary right of free men, and that is to make a free choice. In 18 years of peace and good faith, this generation of Germans has earned the right to be free, including the right to unite their families and their nation in lasting peace, with good will to all people. You live in a defended island of freedom, but your life is part of the main. So let me ask you as I close, to lift your eyes beyond the dangers of today, to the hopes of tomorrow, beyond the freedom merely of this city of Berlin, or your country of Germany, to the advance of freedom everywhere, beyond the wall to the day of peace with justice, beyond yourselves and ourselves to all mankind.
Freedom is indivisible, and when one man is enslaved, all are not free. When all are free, then we can look forward to that day when this city will be joined as one and this country and this great Continent of Europe in a peaceful and hopeful globe. When that day finally comes, as it will, the people of West Berlin can take sober satisfaction in the fact that they were in the front lines for almost two decades.
All free men, wherever they may live, are citizens of Berlin, and therefore, as a free man, I take pride in the words "Ich bin ein Berliner."

John Fitzgerald Kennedy (1917–1963), le 26 juin 1963, balcon de l'hôtel de ville de Schöneberg, Berlin-Ouest

 

>> Ich bin ein Berliner : le dessin de Plantu

 

Ich bin ein Berliner - Plantu

Ce dessin de Plantu est paru dans le journal Le monde le 11 novembre 1989.

 

Analyse de la caricature de Plantu : Dans un bulldozer, un citoyen détruit un mur de Berlin qui semble infini en s'écriant : « Ich bin ein Berliner ». La foule en liesse le suit, tandis que les gardes communistes désemparés ne savent comment réagir.

 

 

>> Ich bin ein Berliner : vidéo

 

 

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Courte biographie de la reine Elizabeth II

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 22 janvier 2019

La reine Elisabeth II, ou selon l'orthographe anglaise Elizabeth II, détient le record de longévité pour son règne. Elle surpasse ainsi le règne  Victoria. Elle est aussi un des souverains qui a le plus voyagé de toute l'histoire, notamment grâce à ses visites dans les pays du Commonwealth.

Découvrez ici une courte biographie de la reine Elizabeth II.

 

>> Enfance et jeunesse d'Elizabeth

 

Le futur roi George VI et son épouse donnent naissance à une petite fille le 21 avril 1926, qui reçoit le nom d'Elizabeth comme sa mère. Avec sa sœur, Elisabeth est éduquée à la maison, où elle reçoit en particulier des cours d'histoire.

Lorsque le roi George V décéde, puis que le roi Édouard VIII abdique, elle devient la première en ligne de succession à son père George VI.

En 1939, ses parents partent au Canada et aux États-Unis, tandis qu'Elizabeth reste au Royaume-Uni. En 1939 également, Elizabeth rencontre son futur époux, le prince Philippe de Grèce et de Danemark, et déclare déjà qu'elle est amoureuse alors qu'elle n'a encore que 13 ans.

Commence alors la Seconde Guerre mondiale, pendant laquelle les enfants se réfugient à la campagne en Écosse, puis au Royal Lodge, et enfin dans le château de Windsor. Elizabeth devient successivement colonel en chef des Grenadier Guards, puis conseillère d'État en cas d'incapacité de son père ou lors d'un déplacement à l'étranger, et en 1945 lieutenant-colonel honoraire auprès de l'Auxiliary Territorial Service.

Elle participe aux joies de la victoire le 8 mai 1945 en s'infiltrant dans la foule, avec sa sœur.

 

>> Mariage et couronnement de la Reine Elizabeth II

 


Elizabeth en 1952

Deux ans plus tard, en 1947, Elizabeth et Philip se marient à l'abbaye de Westminster. Ils eurent un enfant l'année suivante, nommé Charles, et un second enfant en 1950 : Anne.

En 1952, le roi meurt. Le couronnement fut l'objet d'une première historique, puisqu'il fut diffusé à la télévision le 2 juin 1953.

Seulement composé de 10 membres en 1956, le Commonwealth prend rapidement de l'importance et marque la fin de l'Empire britannique.

A ce titre, les voyages de la Reine en Australie et de Nouvelle-Zélande, et dans les autres pays du Commonwealth, ont attiré les foules.

Suite à la crise de Suez, le Premier ministre Eden démissionne. A cette occasion, la Reine fut critiquée pour avoir décidé du successeur seulement sur les paroles d'un nombre restreint d'hommes. En 1957, elle représente le Commonwealth devant l'Assemblée générale des Nations unies aux Etats-Unis. Elle visite de nombreux autres pays, et notamment le Canada.

Deux naissances marquèrent les années 1960 et 1964, deux fils : Andrew et Edward.

En février 1974, le premier ministre britannique Edward Heath démissionne car il ne parvient pas à former un gouvernement de coalition. La reine permet donc au rival travailliste Harold Wilson, de former un gouvernement.

 

>> Les jubilés, marques du règne d'Elizabeth II

 

Le jubilé d'argent en 1977 marque les 25 années de règne de la Reine.

Un an plus tard, il est découvert que l'ancien conservateur des collections royales, était un espion communiste.

En 1981 la Reine fut visée par des tirs à blanc. Le tireur fut emprisonné durant trois ans.

En 1982, quelqu'un réussit à s'infiltrer dans le palais de Buckingham.

A partir des années 1980, la presse à sensation et le public se prirent d'intérêt pour la vie privée de la famille royale, allant jusqu'à inventer des histoires ou des prises de position. Les supputations quant à la fortune de la famille royale et des histoires d'adultères contribuèrent à modifier l'opinion du public.

En 1991, pour la première fois la Reine fit un discours à une session conjointe du Congrès des États-Unis.

L'année 1992 fut qualifiée par la Reine elle-même d'année horrible. à cause de deux divorces, de l'incendie du château de Windsor et des critiques de la monarchie. La monarchie fut critiquée et cela accrut le désamour du public134. En décembre intervient une autre sépération, celle du prince Charles de Galles et Diana Spencer. En 1997, Diana mourut dans un accident de voiture à Paris le 31 août.

Le jubilé d'or en 2002 marque les 50 ans de règne de la reine Elizabeth II. De nombreux voyages attirent encore les foules. Des soucis de santé touchent la reine, même s'ils ne sont parfois que des rumeurs alimentées par les journalistes.


La reine Elizabeth II

En 2007, le Daily Telegraph assure que la reine est en désaccord avec Tony Blair, premier ministre, excepté sur les relations avec l'Irlande du Nord.

En mai 2011 eut lieu la première visite officielle d'un monarque britannique en Irlande depuis son indépendance il y a près de 90 ans.

Un jardin mémorial est inauguré par la Reine après le 11 septembre pour les victimes britanniques des attentats de New-York.

Le jubilé de diamant en 2012 marque les 60 années de règne. Cette fois-ci, la tournée qu'elle effectua se concentra sur le Royaume-Uni, tandis que ses enfants et petits-enfants partirent dans le reste du Commonwealth.

En 2012, la reine participa à l'ouverture des Jeux olympiques organisés à Londres.

En 2013, la Reine Elizabeth II réhabilite la mémoire du mathématicien Alan Turing, qui avait été condamné pour homosexualité.

L'année suivante, ont lieu les commémorations du débarquement de Normandie.

Élisabeth II est depuis le 9 septembre 2015 le monarque britannique qui aura eu le plus long règne.

 

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Les 105 livres les plus importants à lire avant de mourir 1/5

Rédigé par Intégrer Sciences Po le 19 janvier 2019

 

Attention aux partis pris de cette liste, que nous assumons totalement, et qu’il vous faut bien comprendre :

1. Cette liste est ethnocentrée. C’est un parti pris. Dit plus simplement, si vous étiez nés au Japon, à Cuba, en Inde, ou au Nigéria, vous ne trouveriez pas la même liste. Nous vous suggérerions d’autres ouvrages, et de même vous préféreriez lire d’autres ouvrages. La liste que nous vous présentons est tournée vers l’Occident. Cela ne veut pas pour autant dire qu’elle est imperméable aux ouvrages littéraires étrangers : au contraire, les œuvres étrangères comprises dans cette liste comptent parmi les plus brillantes. Nous ne pouvons que vous recommander de les lire en langue originale dès que c’est possible, même s’il vous faut un dictionnaire sur le côté. Nous espérons également que ces portes vers la littérature étrangère pousseront votre curiosité, et vous engageront à lire davantage de livres d’origines étrangères, des plus connus aux plus méconnus.

2. Cette liste ne contient pas tous les livres que vous aimeriez voir figurer. C’est-à-dire que nous n’avons pas pu inclure tous les livres, et tant de livres merveilleux sont restés sur le côté. Cette sélectivité est tout à fait cruelle, mais elle est nécessaire ; la mise en valeur perdrait tout son sens. Lorsqu’une personne cherche des recommandations sur les livres les plus importants, il n’est d’aucune utilité de lui présenter 10 000 noms différents : de nombreux ouvrages excellents ont été écartés, pour ne retenir que les ouvrages excellents parmi les excellents. C’est votre rôle à vous de les mentionner dans les commentaires ci-dessous, et surtout accompagnez les titres d’une description et de conseils qui donneront envie aux lecteurs de s’y plonger.

3. Cette liste est arbitraire. Il ne s’agit pas ni d’un classement scientifique, mathématique, ni d’une sélection quant à la qualité du style ou du fond. Les critères de notre classement sont totalement arbitraires. Nous avons simplement voulu compilé les œuvres les plus connues, les plus retentissantes, et les plus brillantes qui nous sont parvenues jusqu’à aujourd’hui. C’est donc une liste populaire : la thèse la plus sombre et intelligente du mathématicien le plus génial de l’histoire peut donc tout à fait être éclipsée par le conte de fée le plus anodin, simplement du fait de sa popularité.

>> Principe de cette liste de livres à lire absolument

Nous avons finalement sélectionné pour vous seulement les livres que vous aurez envie de lire. Ces livres sont accessibles à tous, et même lorsqu’ils semblent un peu moins faciles à aborder, nous vous donnons quelques conseils au cas par cas pour que la lecture reste un plaisir. Ce sont tous des livres d’une grande qualité littéraire, et dont vous pouvez vous nourrir. C’est-à-dire que tous ces livres auront des bénéfices tant sur votre style d’écriture que sur votre pensée. Tous ces livres nourriront votre esprit et développeront de manière incroyable votre culture générale.

Ce sont tous des livres qui valent absolument d’être lus. C’est en quelque sorte la liste de tous les livres qu’il vous faut absolument avoir lus dans votre vie.



Comment avons-nous classé cette liste des livres à lire absolument ? Nous avions au début établi un classement par intérêt. Par exemple : Comprendre la société ou La découverte intérieure de l’être humain, le Moi, ou encore les Contes, Mythologies et Récits fondateurs. Toutefois, il nous est apparu que notre liste perdrait en intérêt. Le risque aurait en effet été que les lecteurs, comme en allant à la bibliothèque, ne se rendent qu’au rayon dont ils ont l’habitude, celui de leurs études, de leur métier, celui auquel ils sont habitués. Nous voulons ici vous présenter les ouvrages les plus importants, les ouvrages qu’il vous faut absolument avoir lus, des ouvrages qui vous plairont. Mais il faut pour cela sortir de votre zone de confort. Si vous êtes ici, à consulter cette liste d’ouvrages les plus importants à lire, c’est déjà que vous avez une certaine curiosité, vous voulez voir quels sont les livres que vous ne connaissez pas encore. Vous serez passionnés par chacun de ces livres, nous vous le promettons. Pourquoi ne les avez-vous pas encore lus ? Tout simplement parce que généralement notre main glisse vers les livres dont nous avons l’habitude, ceux dont on a entendu parler, ceux dont la couverture nous plaît, ceux dont on connaît déjà un peu l’histoire ! Oui, oui, vous avez bien lu : ceux dont on connaît déjà un peu l’histoire. Car lorsque vous avisez la couverture, vous vous faites très vite une idée de ce que vous allez y trouver. Et ce n’est pas un mal, c’est même un réflexe plutôt sympathique de l’être humain, qui n’aime pas vraiment l’inconnu, et qui aime prévoir.

C’est le même processus lorsque vous écoutez de la musique. Si vous êtes habitués à écouter des chansons très populaires, vous aurez plus de mal à cliquer sur la playlist jazz ou hardrock. De même, si toute votre vie vous avez écouté du métal, vous aurez du mal à cliquer sur la playlist chants de marin ou pop-dance.

C’est la raison pour laquelle en quelques mots nous vous indiquons pour chaque titre pourquoi vous devez lire cet ouvrage. Quel est l’intérêt du livre, qu’est-ce que vous allez aimer dans ce livre. Car oui, vous allez aimer ce livre ! La seule question est : qu’est-ce que vous allez y aimer ? Nous avons donc finalement opté pour un ordre chronologique.


>> Conseils pour aborder cette liste des livres à lire absolument

1. Commencez par ceux qui vous plaisent ! Nous venons tout juste d’insister sur l’importance de sortir de votre zone de confort, et de vous laisser porter vers des ouvrages qui vous sont étrangers voire vous inquiètent, parce que vous avez cet a priori que ce ne sera pas ce que vous aimez. Et nous allons un peu nous contredire : écartez ces livres qui ne vous donnent spontanément pas envie, et commencez par les livres que vous aimez, qui vous donnent immédiatement envie !

En fait ne vous réjouissez pas trop vite : c’est une ruse de notre part. C’est simplement pour établir le lien de confiance entre vous et nous. En lisant ces quelques livres qui vous plaisent immédiatement, nous espérons que vous aurez confiance dans les autres ouvrages de cette liste qui auront davantage de légitimité. En somme, que vous penserez : « J’ai adoré cet ouvrage, et il était dans la liste ! Si j’ai tant que ça aimé, c’est bien que cet autre livre qui a priori ne me donne pas beaucoup envie doit quand même avoir des qualités et un intérêt. C’est probablement que finalement je vais aussi bien l’aimer. »

2. Lisez-vite. C’est très, très, très important. Si vous voulez gagner en motivation chaque jour et développer considérablement votre culture générale, alors lisez-vite. -> 7 conseils pour lire beaucoup plus vite

3. Fixez-vous un objectif. Ce n’est pas une compétition, et lire des livres reste un plaisir. Ce n’est jamais un concours, jamais un exercice. C’est toujours une activité qui doit vous épanouir et vous procurer le plus de bonheur possible. Eh bien, croyez-le ou non, vous serez très heureux d’aborder cette liste sous forme de jeu, avec des amis ou juste avec vous-même. Vous donner un objectif, une date limite, multipliera par 100 votre motivation, et vous lirez beaucoup, beaucoup plus de livres que vous ne l’auriez imaginé si vous faites ce geste simple ! Voir la Méthode SMART. Vous devez à chaque fois préciser : les titres de livre, le nombre de jours pour le lire. Par exemple, si vous voulez un jeu à court terme, ce pourrait être le suivant : en 1 mois, vous lirez 3 livres. Vous avez donc 10 jours par livre. Ecrivez sur une feuille ou sur un mémo de votre ordinateur le nom de vos 3 livres et les dates exactes qui correspondent. Vous allez voir, avec cet objectif en tête, non seulement vous décuplerez votre plaisir de lecture, mais en plus vous serez très fiers de vous et ravis de constater à la fin du mois que vous pouvez cocher 3 cases des livres les plus importants de l’histoire.

Une fois de plus, nous vous encourageons à indiquer en commentaires vos recommandations, c’est-à-dire les ouvrages dont vous estimez qu’ils auraient dû être publiés dans cette liste. Nous agrandirons cette liste d’ouvrages à lire si nécessaire en fonction de vos suggestions.

 

  1. Homère - L’Odyssée - VIIIe siècle avant J-C. : il s’agit avec l’Iliade du poème fondateur de la civilisation européenne. C’est là que tout commence. L’Odyssée décrit le retour du héros grec ultra-connu Ulysse. L’avantage c’est qu’en plus l’Odyssée se lit très rapidement, car le texte est 1. court : 23 Chants, chacun assez court ; 2. facile : c’est avant tout une histoire, un récit destiné à intéresser les gens, à les emporter avec plaisir dans le monde de la mythologie. Cette aisance est d’autant plus jouissive que ce fut par contraste extrêmement difficile à écrire puisque pour chaque ligne Homère s’est obligé à écrire selon des règles et des contraintes très précises (en charabia littéraire, on appelle ça hexamètres dactyliques). Avouez que ça fait quand même plaisir de lire en 1 seule seconde une ligne sur laquelle Homère a bien dû passer 1 quart d’heure (et ça plus de 12.000 fois).
  2. Homère - L’Iliade - entre -850 et -750 avant J-C. : vous aimez les guerres où il y a de l’action, de l’amour, et des héros ? Eh bien l’Iliade, - en plus d’être un trésor pour les historiens -, c’est tout ça, couronné par une guerre encore plus exceptionnelle : une guerre des Dieux ! En particulier 3 des plus puissants Dieu s’opposent : Athéna, Poséidon, et Apollon, avec pour théâtre la guerre de Troie et un héros ultra-connu également : Achille. Autant vous dire qu’il y a de la fight, des exploits, de la stratégie, et que tout comme l’Odyssée c’est très facile à lire : si vous passez sur le formulé un peu vieux des phrases ((forcément, ce sont des vieux Grecs) qui fait en même temps tout le charme de l’histoire, l’histoire se résout en 24 « Chants », qui sont tous brefs. C’est aussi ce que l’on appelle une épopée : un récit d’exploits historiques/mythiques (car oui, on n’est même pas sûr que la guerre de Troie a vraiment eu lieu), vous serez par conséquent très vite emportés dans l’histoire.
  3. Ésope - Les fables - entre 620 et 564 avant J-C. : vous avez toujours cru que Jean de La Fontaine était LE meilleur pour les fables ? Loin de nous l’idée de diminuer les mérites de cet auteur dont nous avons tous appris un jour ou l’autre une poésie. Mais si vous voulez découvrir LE vrai fondateur des fables, le voici : Esope ! Par exemple, Le Corbeau et le Renard, ou bien Le Lièvre et la Tortue, c’est lui ! En fait, Jean de La Fontaine lui a presque tout volé. Oui, c’est tout un mythe qui s’effondre et toute votre confiance qui s’écroule. Eh bien vous n’êtes pas au bout de vos surprises, parce que Ésope lui-même n’a pas écrit chacune de ces fables. C’est simplement parce qu’à l’époque ça faisait bien de regrouper toutes ces fables autour d’un seul et même auteur, qu’Ésope est devenu le père fondateur des fables.
  4. Ovide - Les métamorphoses - vers l’an 1 après J-C. : si le personnage vous paraît un peu austère, alors cette image va sûrement bien changer lorsque vous saurez qu’Ovide s’est avant tout fait connaître par des textes érotiques et des poèmes grivois. Mais ce qui a permis à Ovide de se faire une place dans l’histoire, c’est plutôt cette espèce d’énorme assemblage des mythologies grecques et romaines. Ce qui est amusant, c’est que tous ces récits mythiques n’ont parfois pas vraiment de rapports entre eux, et Ovide doit à chaque fois trouver des astuces pour les lier entre eux. Le truc toujours impressionnant, c’est de savoir que la mode de ces époques c’est de tout écrire en hexamètre dactylique, un terme très compliqué pour signifier que CHAQUE phrase, chaque ligne de texte, est mesurée, et devait tomber pile poil pour faire le bon compte.
  5. multiple - Les Mille et Une Nuits : dans la littérature arabe, les fables ne sont pas bien considérées : c’est pour le peuple, pas pour être étudié.
  6. Multiples auteurs - La Torah ou Pentateuque - VIIe au Ve siècles avant J-C. : Alors là, c’est du lourd, tant le Pentateuque, aussi appelé Torah par les Juifs, aura influencé l’histoire de l’humanité. si on attribue souvent l’écriture de ces textes sacrés à Moïse, il est plus probable que plusieurs personnes y aient contribué. Comme son nom l’indique, « Penta », il y a 5 livres. Si chacun des livres a son intérêt, nous vous conseillons  surtout de lire en intégralité la Genèse, qui raconte les origines du monde (rien que ça !) et l’Exode qui raconte la sortie d’Egypte. Ces épisodes sont bien sûr extrêmement connus.  peu importe la foi avec laquelle vous les lirez, vous n’en ressortirez qu’éblouis par la puissance qu’ont eu ces textes sur tout le cours de l’humanité, et encore aujourd’hui.
  7. Confucius - Les Entretiens de Confucius ou Analectes - 479 avant J-C. à 221 après J-C. : Personne n’ignore le nom de Confucius. D’après Simon Leys en 1987, « nul écrit n'a exercé une influence plus durable sur une plus grande partie de l'humanité ». En effet, en termes d’influence, Confucius en Orient est souvent comparé à Platon ou Jésus en Occident. L’enseignement du Confucianisme était obligatoire en Chine, et encore aujourd’hui le mode de pensée confucianiste imprègne les sociétés asiatiques, notamment en Chine, au Japon, en Corée. Inutile de vous dire que les paroles rapportées peuvent être un peu déstabilisantes. Il y est notamment écrit « Si deux personnes marchent ensemble avec moi, il y en a au moins une qui peut me servir de maître ». C’est un peu l’idée que vous devez retenir lorsque vous lirez ces entretiens.
  8. Platon - L’Apologie de Socrate - 399 avant J-C. : Imaginez quelqu’un dont le professeur est Socrate, et l’élève Aristote. Vous avez forcément à faire avec quelqu’un d’exceptionnel, n’est-ce pas ? Je vous présente donc Platon ! L’Apologie de Socrate est l’occasion pour Platon de rapporter sa version des faits du procès de Socrate, qui demeure quand même une des morts les plus extraordinaires de l’histoire. Si l’on vous mettait devant le dilemme suivant : « Est-ce que vous regrettez ce que vous avez dit et vous avez la vie sauve ? Ou est-ce que vous confirmez ce que vous avez dit et vous êtes condamnés à mort ? », que répondriez-vous ? On vous laisse deviner comment Socrate se défend… On a sélectionné ici l’Apologie de Socrate, mais l’œuvre de Platon est immense. Ce sont presque toujours des discours qui mettent en scène son maître Socrate. D’un point de vue de la forme, c’est assez amusant et plutôt unique. Vous connaissez beaucoup de livres de philosophies qui ne sont que des dialogues ? C’est donc également assez sympathique en lire, et vous pouvez tout à fait vous imaginer avec vos amis discuter autour d’une table, au coin du feu, tout comme les personnages dont vous lirez les paroles. Enfin, on touche là non seulement à un trésor historique inimaginable, mais aussi à la naissance de la philosophie occidentale. Toutes les pensées, tous les auteurs, tous les philosophes en Occident se sont penchés un jour ou l’autre sur Platon. Tous ont lu un jour ou l’autre Platon. Et d’ailleurs, jusqu’au Moyen-Âge les textes étaient étudiés par TOUS, et nous espérons que vous rejoindrez très vite cette communauté, si ce n’est pas déjà fait.
  9. Aristote - L'Éthique à Nicomaque - IVe siècle avant J-C. : avec beaucoup de parti pris, c’est-à-dire de manière pas du tout impartiale, nous vous dirions qu’Aristote, c’est tout comme Platon : la naissance de la philosophie… mais en beaucoup mieux ! Aristote, c’est la pertinence à tous les mots (bon un peu moins quand il affirme que l’esclave n’a pas de volonté, et la femme en a une de sous-ordre) et dans tous les domaines : physique, métaphysique, politique, éthique, langage, poésie et… biologie. Oui car Aristote avait une passion : observer les animaux, et il leur a consacré d’énormes ouvrages. C’est également à Aristote que l’on doit le Lycée, raison de plus pour l’aimer, n’est-ce pas ? Au sein de cette considérable œuvre, nous avons sélectionné l’Éthique à Nicomaque. On pourrait décrire ce livre comme son traité sur le bonheur, qui pour Aristote était la fin de la vie. Pour arriver à ce bonheur, il parle entre autres de politique, de vertu, de justice… Autant de thèmes sur lesquels Aristote fait encore figure d’autorité de nos jours. Lorsqu’Aristote écrit « Il n’y a point de génie sans un grain de folie. » dans Poétique, savait-il qu’il parlait de lui-même ?
  10. Multiples auteurs - L’Évangile - Ier siècle après J-C. : Texte sacré également, les Evangiles sont le cœur de la Bible. Il n’est pas besoin là encore de rappeler l’influence extraordinaire que les Evangiles exercent encore aujourd’hui. Le Christianisme est de nos jours la plus grande religion du monde, puisqu’elle compte pas moins de 2 milliards de membres. L’influence sur les arts et sur la culture est exceptionnelle, voire oserons-nous dire, la plus importante de l’histoire. Certains chefs d’œuvre forcent encore l’admiration de tous : de la Chapelle Sixtine à la cathédrale de Paris en passant par les églises orthodoxes d’Europe de l’est et de Turquie. Vous l’avez donc compris : il faut ab-so-lu-ment vous penchez sur ces écrits ! Il est toujours difficile d’établir des statistiques, mais la Bible est sans aucun doute l’ouvrage de tous les records d’à peu près tous les classements : livre le plus lu, le plus répandu, le plus influent, etc. Les Évangiles représentent une toute petite partie de la Bible, et sont au nombre de 4. Vous pouvez vous contenter d’en lire un seul, car ils racontent nécessairement tous la même histoire : la vie de Jésus. Si vous hésitez, nous vous conseillons l’évangile de Saint Luc, qui a l’avantage de raconter également la naissance. Faites attention également à la traduction que vous choisissez, puisque ce sont dans ces variations de traduction que bien se trouvent les différences entre les religions.
  11. Multiples auteurs - Le Coran - VIIe siècle après J-C. : le dernier des textes sacrés que nous vous présentons dans cette liste. L’islam, qui compte plus d’un milliard et demi de membres, est centré autour du Coran. Pour les musulmans, le Coran la mise en écrit de ce que Dieu a révélé à Mahomet par l’intermédiaire de l’ange Gabriel. Le Coran est également généralement considéré comme le plus grand chef-d’œuvre de littérature écrit en langues arabes. Les interprétations du Coran sont si décisives encore de nos jours que vous ne pouvez pas passer à côté. En plus, le Coran n’est pas très long et peut donc se lire assez rapidement. Il est à noter que le Coran s’inscrit totalement dans la continuité de la Torah et de la Bible, et par exemple Moïse et Jésus sont mentionnés encore plus souvent que Mahomet lui-même.
  12. Chrétien de Troyes  - Yvain ou le Chevalier au lion - vers 1176 après J-C. : qui n’a jamais entendu parlé des chevaliers de la Table Ronde ? Vous retrouverez grâce à Yvain ou le Chevalier au lion, la tradition celte, la Bretagne, la légende arthurienne. C’est aussi un des meilleurs exemples de Roman courtois, genre populaire du Moyen-Âge, idée que partageait son auteur selon Jean-Pierre Foucher. Il est écrit en vers octosyllabiques, c’est donc également un sacré travail. Mais soyons honnête, pour nous francophones du XXIe siècle, le français de cette époque est à peu près aussi compréhensible que le Chinois d’aujourd’hui. On exagère, ça reste possible, mais si vous avez accès à des versions modernisées, ça vous soulagera.
  13. Dante Alighieri - Divina Commedia - 1320 : le sommet de la vision chrétienne médiévale. Cette œuvre est tellement extraordinaire qu’elle a valu à son auteur d’entrer dans le dictionnaire français grâce à l’adjectif : dantesque. « Par référence à la description de l'enfer dans la Divine Comédie. Grandiose et terrifiant. », c’est la définition qu’en donne le dictionnaire de l’Académie française. La Comédie, de son nom originel, fut maintes et maintes fois étudiées, tant l’œuvre est riche et fournie. Voici ce qu’en disait Balzac, dont la « Comédie humaine » est directement une référence à la « Divine Comédie » :  « la merveilleuse charpente d'idées sur laquelle le plus grand poète italien a construit son poème, le seul que les modernes puissent opposer à celui d’Homère ».
  14. Nicolas Machiavel - Le Prince - 1532 : voici une autre œuvre qui valut à son auteur d’entrer dans le dictionnaire : machiavélique. L’Académie française en donne la définition suivante : « Qui a recours à la ruse, à la dissimulation, et ne s'embarrasse pas de scrupules pour parvenir à ses fins. », en précisant : terme péjoratif. La réputation n’est pas flatteuse, il faut dire que Machiavel laisse de côté la morale, pour s’intéresser à un seul objectif : maintenir le pouvoir du Prince, c’est-à-dire du chef d’État - aujourd’hui ce serait le Président. Son œuvre est encore riche d’enseignement, à la fois pour les gouvernants mais aussi pour les gouvernés. Comme l’explique Rousseau, « en feignant de donner des leçons aux Rois il en a donné de grandes aux peuples. ». Si vous voulez voir de la vraie politique pure et cruelle pour certains, réaliste pour d’autres, alors allez-y. En plus le livre se lit très bien et vite ! Juste, si vous n’êtes pas passionnés par l’histoire, vous avez le droit de passer les nombreux exemples historiques que Machiavel, en grand érudit, ne se prive pas de détailler.
  15. Rabelais - Gargantua - 1534 : « il n'y a rien de tel comme torchecul qu'un oisillon bien duveteux, pourvu qu'on lui tienne bien la tête entre les jambes. Et croyez-moi sur mon honneur. Car vous sentez au trou du cul une volupté mirifique » Ça vous donne une idée de la poésie de Rabelais ! un langage cru, de l’humour, de la critique acerbe, du progressisme… Ca ne vous donne pas envie ?
  16. Michel de Montaigne - Les Essais - 1580 : Sans conteste un des esprits les plus brillants, Montaigne est l’auteur qui aura le plus décortiqué son propre moi. « je suis moi-même la matière de mon livre ». Mais ne vous y trompez pas : cette œuvre de toute une vie (Montaigne l’a travaillée jusqu’à sa mort et il y écrit notamment la célèbre formule « Que philosopher, c'est apprendre à mourir ») est un trésor pour votre vie à vous. N’est-ce pas une chance incroyable de se dire que vous tenez entre les mains toutes les réflexions, toute la sagesse d’un homme exceptionnellement intelligent condensée en juste trois livres ? Car oui, il y a trois tomes, ce qui peut paraître beaucoup à certains, mais il faut savoir qu’ils sont tous organisés en petits chapitres indépendants les uns des autres, et vous pouvez vous amusez à picorer ça et là dans les thèmes qui vous intéressent le plus. Là aussi, le texte en français modernisé sera plus facile à lire que le texte originel.
  17. William Shakespeare - Hamlet - 1603 : To be or not to be. Ces 6 mots auront déjà suffi nombre d’entre vous à s’attaquer à cette immense œuvre de la littérature. Pour les autres, on peut préciser que Shakespeare a tout de même écrit cette œuvre à l’âge de 21 ans seulement (!), en la remaniant jusqu’à ses 36 ans, cette nouvelle version comportant presque le double de pages. Shakespeare aura également défendu son œuvre sur scène, puisqu’il interpréta lui-même le rôle du spectre du père. Si vous n’avez jamais lu ou vu une œuvre de Shakespeare, alors c’est le moment !
  18. Cervantes - Don Quichotte - 1605 : grâce à l’humour et la parodie, Don Quichotte est une critique de la société espagnole. Si pour certains cette œuvre est tout simplement très drôle, il y en a d’autres qui sont très, très sérieux à propos de l’ouvrage, comme le célèbre philosophe Michel Foucault qui voit dans cette œuvre - attention c’est du lourd, mieux vaut bien vous accrocher - : 1. « la raison cruelle des identités et des différences (qui se joue) à l’infini des signes et des similitudes » 2. « le langage (qui) y rompt sa vieille parenté avec les choses » et 3. « la ressemblance (qui) entre là dans un âge qui est pour elle celui de la déraison et de l’imagination. ». Bref, sinon vous pouvez le lire normalement et avec plaisir, ça se lit beaucoup plus facilement que l’idée qu’en donne Michel Foucault.
  19. Pierre Corneille - Le Cid - 1637 : en bonne tragédie, Corneille respecte les 3 règles : unité de l’action (en glissant tout de même une intrigue secondaire), unité de temps (même si Corneille l’a trouvée incommode) et unité de lieu (sauf que Corneille y déroge puisqu’il utilise 3 lieux différents). Vous l’avez compris, c’est pas parfait au niveau du des codes qu’avaient théorisé Aristote pour la tragédie. Mais pour le reste, tout est parfait : l’histoire est palpitante, la tension est palpable, et tout autre adjectif en palp-. Le Cid n’est pas seulement une tragédie, c’est une tragi-comédie. On y trouve également deux des plus célèbres citations du théâtre : « Ô rage! ô désespoir! ô vieillesse ennemie! N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? », et encore la gradation : « Va, cours, vole, et nous venge ».
  20. René Descartes - Discours de la méthode - 1637 : René Descartes, c’est en quelque sorte le plus grand paranoïaque que vous avez jamais lu. C’est celui qui se dit : et si depuis que je suis né tout le monde m’a menti ? et si tous les professeurs que j’ai eu m’ont raconté n’importe quoi ? et si tout ce qui se passe est un énorme complot contre moi, fomenté par l’esprit le plus diabolique au monde ? Le Discours de la méthode est une réponse géniale et écrite dans un style exemplaire de clarté et de simplicité. Ici, il n’est pas question de longues logorrhées obscures et confuses. Le langage au contraire est clair, précis, et puissant. Tout le monde peut s’y retrouver et se mettre à la place de René Descartes. C’est aussi ici que se trouve la formule la plus célèbre de la philosophie française : « Cogito ergo sum ».
  21. Thomas Hobbes - Le Léviathan - 1651 : Alors disons-le tout de suite, autant on vante la simplicité et la brièveté de certains ouvrages de cette liste, autant ici c’est un monument, un énorme pavais. Les deux premières parties sont les plus intéressantes et vous suffiront : « De l’homme » et « De l’Etat ». N’hésitez pas à sauter les chapitres qui ne vous passionnent pas. Dans ces deux parties, Hobbes explique pourquoi les hommes vivent en société, pourquoi il y a un Etat, et qu’est-ce qu’un Etat. Sa thèse est extraordinairement percutante, si l’on résume vite : à l’état de nature, tous les hommes sont livrés à leur pulsion et c’est le chaos. Pour sortir de cette « guerre de tous contre tous », tous les hommes se réunissent et décident de canaliser toute leur violence, en faisant un pacte. Ce pacte social, par lequel chacun promet la paix, c’est ce qui fonde l’Etat.
  22. Molière - Dom Juan ou Le Festin de pierre - 1665 : festival d’humour et de profondeur, cette pièce de théâtre est surtout portée par les répliques impertinentes de Dom Juan, grand amateur de femmes. Si Molière prend beaucoup de libertés sur la forme, Dom Juan en prend encore plus sur le fond du discours. Alors qu’il était probablement voué à être un caractère haïssable, Dom Juan devient en fait attachant, surtout lu depuis notre siècle, où l’athéisme est beaucoup plus commun. Encore une fois, si vous aimez l’impertinence et la pensée contradictoire, ce livre est pour vous.
  23. Blaise Pascal - Les Pensées - 1669 : chaque pensée est un régal pour l’esprit, et peut se méditer des heures. Vous trouverez là un condensé posthume des réflexions de Pascal, autrement connu pour avoir créé la calculette (à 19 ans !), et participé à la fondation des probabilités. Car Pascal est à la fois un grand philosophe, un grand scientifique (mathématicien et physicien), et un grand homme religieux. Il expérimenta notamment un moment mystique, dont on a encore les traces puisqu’il l’a mis en écrit, et se tourna vers la doctrine du jansénisme (christianisme réformé par Jansen). Vous aurez un véritable plaisir à piocher chaque soir dans les Pensées ! Florilège :
« Le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé. »
« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point »
« Le moi est haïssable. » (Il détestait Montaigne en cela)
« Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. »
  24. Molière - Le Malade imaginaire - 1673 : vous allez éclater de rire. Si vous ne riez pas en découvrant cette pièce de théâtre, c’est que vous n’avez pas mis le ton en la lisant ou que vous l’avez regardé avec les mauvais acteurs. Cette pièce fut peut-être l’occasion d’une des morts les plus ironiques de l’histoire : en effet, la douleur de Molière ne fut pas du tout imaginaire lorsqu’il s’évanouit sur scène alors qu’il jouait le rôle d’Argan, décédant peu après.
  25. Spinoza - Éthique - 1677 : avec une précision géométrique (si, si, on insiste, Spinoza procède de façon mathématique), Spinoza démontre Dieu, la nature, et les sentiments. Rien que ça. Mais il a une vision un peu spéciale de Dieu. Dieu est parfait, et par conséquent il englobe tout, vous comme moi et tout le reste du monde. Tout se fait par nécessité. Spinoza est un auteur brillant qui a pensé contre son temps. Vous aurez un plaisir particulier à lire les scolies, où Spinoza fait ses commentaires et règle au passage ses comptes.

 

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